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Boxe : Jean-Claude Bouttier est décédé

C'est un immanquable de l'Histoire de la boxe en France qui est parti rejoindre d'autres légendes. Jean-Claude Bouttier est décédé, à l'âge de 74 ans des suites d'une maladie et pour vous, le CCS raconte la carrière d'une grande figure du "noble art".

C’est un immanquable de l’Histoire de la boxe en France qui est parti rejoindre d’autres légendes. Jean-Claude Bouttier est décédé à l’âge de 74 ans des suites d’une maladie et pour vous, le CCS raconte la carrière d’une grande figure du « noble art ».

Une belle carrière sportive

Sa carrière professionnelle (exclusivement en catégorie poids moyens) démarre en 1965. Son premier combat s’est déroulé le 23 Octobre 1965 à Laval contre Claude Philippot, combat qu’il remporte à la faveur des juges. À cette époque, il faut engranger le maximum d’expérience pour prétendre, ensuite, à des combats de plus grande ampleur et c’est cette route qu’à suivi Jean-Claude Bouttier. C’est à son 50e combat pro (!) que le boxeur a concouru pour une ceinture. Une ceinture, qui plus est, d’échelle nationale.

Jean-Claude Bouttier (à gauche) à la veille de son combat du 25 Mai 1970 contre le brésilien Juarez de Lima (à droite). Bouttier s’impose aux points.

Dans ces 50 combats figurent tout de même certains boxeurs de qualité pour l’époque, comme Pedro Miranda (46-10-2 en carrière). Jean-Claude Bouttier les a écarté. Sa réussite, ses qualités et sa capacité à terminer un combat avant la limite lui permettent d’attirer les lumières pour un fameux combat pour la ceinture nationale des poids moyens. L’affiche est alors la suivante : Jean-Claude Bouttier (45-3-1) vs Pascal di Benedetto (35-9-5).

Ce premier grand rendez-vous, Bouttier ne le manque pas et à l’usure, il crée la différence et s’impose par K.O lors du 6e round. Ce succès a été un vrai tremplin puisque que cinq mois plus tard, seulement, le français défie l’italien Carlo Duran (sa carte avant le combat : 57-7-7) pour la ceinture européenne des poids moyens ! Cette fois-ci, le combat est allé à son terme mais le succès n’a pas échappé au boxeur d’origine Mayennaise, mettant au sol à deux reprises son adversaire. Nous sommes alors en 1971 et Jean-Claude Bouttier est au sommet de son art.

Carlos Monzon, deux combats pour la légende

Le fait marquant de la carrière de Jean-Claude Bouttier reste ce double affrontement contre le légendaire argentin Carlos Monzon. Nous sommes alors en 1972 et les deux boxeurs sont en pleine possession de leurs moyens. Monzon est Champion du monde WBC et WBA depuis 1970 et est, à la veille du combat contre Bouttier, sur une série de 19 succès consécutifs. Autant dire que face au français se dresse une montagne presque infranchissable. Mais le Mayennais prend le pari de l’exigence et tente sa chance, fort de son titre européen qui lui donne la légitimité nécessaire.

Le premier combat, en date du 17 Juin 1972 dans la salle de Colombes, possède un contexte atypique. C’est l’acteur Alain Delon, proche du boxeur, qui a payé l’organisation de ce combat. Malheureusement, ce combat a tourné court à cause d’un coup de vice de l’Argentin qui a mis un doigt dans l’oeil fatal. Incapable de reprendre, Bouttier doit abandonner mais demande immédiatement une revanche.

L’acte 2, qui s’est déroulé quinze mois plus tard au Stade Roland Garros de Paris, a réuni près de 14.000 personnes. Un total très important pour l’époque. Le combat a été cette fois-ci jusqu’à son terme et c’est une nouvelle fois Monzon qui l’a emporté, par décision unanime. Jean-Claude Bouttier a tout donné, s’est battu et a opposé une rare résistance à l’invincible Monzon. Ce dernier déclarait après l’annonce de son succès : « C’était mon plus ardu challenger« . C’est dire. Jean-Claude Bouttier n’est pas n’importe qui.

Une voix et un homme d’action

Après sa carrière professionnelle, Jean-Claude Bouttier est resté proche du ring. Il a rejoint Charles Biétry lors de la création de Canal+ en 1984 pour officier en tant que consultant-commentateur. Il apporte d’entrée une patte dont la chaîne codée avait besoin : qualité d’analyse, proximité avec les boxeurs, franc-parler, Bouttier a tout pour donner une autre dimension à un sport déjà très télégénique. Après sa séparation avec Canal+, il a gardé ce statut mais sous d’autres pavillons, comme lorsqu’il commenta en 2011, aux côtés du grand Jean-Philippe Lustyk, le combat entre Manny Pacquiao et Juan Manuel Marquez.

En parallèle de ce rôle de consultant, Jean-Claude Bouttier s’installe dans la vie « politique » de la boxe. Il fait par exemple partie de la commission crée en 1988 pour étudier l’ensemble des dossiers de boxeurs français souhaitant participer à un championnat d’Europe ou à un titre mondial par dérogation. Au final, cette commission n’a jamais existé et le premier a avoir utilisé sa franchise pour condamner des pratiques douteuses, c’est Jean-Claude Bouttier :

Jean-Claude Bouttier, le vendredi 3 Mars 1989 pour L’Equipe :

« Tout est redevenu comme avant, on fait n’importe quoi. Avec une locomotive propre, exemplaire comme René Jacquot, la boxe aurait dû repartir sur des bases saines. Je n’ai rien contre le petit Bénichou. Je lui souhaite de battre Sanabria. Mais je le crains aussi, parce que son titre dévaluerait tout. Demain, on pourra encore prendre un type dans la rue et l’emmener au Championnat du monde. C’est affligeant. » 

Enfin, Bouttier c’est aussi le créateur en 1987 du « Gant d’Or », titre qui avait pour but de récompenser le meilleur boxeur professionnel français de l’année. S’il ne croyait pas en la réussite de ce titre, ç’a a pourtant très bien fonctionné. Les boxeurs se plaignaient de ne pas avoir gagné quand ils n’étaient pas sacré, d’autres s’affichaient avec le trophée dans la presse.

Vous l’aurez compris, Jean-Claude Bouttier est un très grand personnage de la boxe en France. Dans toute son Histoire. Comme beaucoup de légendes avant lui (dont Carlos Monzon, décédé en 1995), il rejoint le panthéon avec une grande carrière mais surtout un style, un panache et une classe naturelle hors du commun.

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