Cyclisme

Vuelta 2019 : Que la fête commence !

Ce mercredi commence la bataille pour le classement général avec une arrivée à l’Alto de Javalambre et ses 11.1 km de montée à 7.8 %. Après quatre jours de course et quelques surprises, le peloton rentre dans le vif du sujet avec la première arrivée en altitude de cette édition.

Sans être une grande journée de montagne, cette étape va permettre de prendre la température de favoris et outsiders de cette 74e édition de la Vuelta. L’occasion pour nous de faire un focus sur les acteurs qui risquent de dynamiter les étapes difficiles de ce tour même si certain comme Steven Kruijswijk (abandon) ou Wout Poels (très loin au général) ne sont déjà plus là.

2 grands favoris

Primoz Roglic

Il est le grand favori de cette Vuelta 2019. Excellent grimpeur et très bon rouleur, Primoz Roglic est en constante progression depuis deux saisons. 4e du Tour de France en 2018 après avoir été éjecté du podium lors du dernier contre-la montre, il a cette année obtenu une 3e place sur le Giro 2019 (même si en étant aussi ultra favori, il aurait pu espérer mieux).

Il revient sur cette Vuelta après n’avoir couru qu’un jour de course (son championnat national) depuis son dernier grand tour. Après avoir perdu 40 secondes sur Miguel Angel Lopez à cause d’une chute collective de la Jumbo Visma causé par une fuite d’eau sur le parcours du contre-la-montre par équipe, il a tout de suite réagi en se montrant opportuniste lors d’une 2e étape accidentée. Régulièrement actif dans cette course en allant chercher diverses bonifications aux sprints intermédiaires, on sent le slovène très appliqué en ce début de tour. Il bénéficie d’une équipe compétitive malgré l’abandon de Steven Kruisjwijk à cause d’une blessure au genou (consécutive à sa chute lors de la première étape). Après avoir beaucoup couru et remporté de belles épreuves World Tour (UAE Tour, Tirreno-Adriatico et Tour de Romandie), il s’est reposé, semble frais et toutes les conditions sont réunies pour le voir faire un grand Tour d’Espagne.

Miguel Angel Lopez

Après un Giro décevant où il a fini 7e du classement général, “Superman” revient sur un grand tour avec le couteau entre les temps. Il sera aussi déterminé à montrer à son patron (Alexandre Vinokourov) qu’il peut être le leader numéro un d’Astana et être aligné sur le Tour de France.

Miguel Angel Lopez affectionne particulièrement la Vuelta. C’est là qu’il fut révélé en 2017 avec une belle 8e place et deux étapes remportées en tant qu’équipier du sarde Fabio Aru. 3e du Giro et de la Vuelta en 2018, le colombien a montré qu’il avait la capacité de remporter un grand tour. Même s’il n’a que 25 ans, ce talent précoce a déjà fait ses dents et est déterminé à monter sur la plus haute marche du podium, avec sur le papier une équipe très solide. Il a pour l’instant goûté au maillot rouge dès la première étape avant de le perdre dans une 2e journée où il s’est fait piéger par la fougue de quelques coureurs bien décidés à saisir chaque opportunité pour gagner du temps.

Les outsiders

Nairo Quintana

Vainqueur de l’édition 2016 après un magnifique duel contre le britannique Chris Froome, Quintana revient une nouvelle fois sur la Vuelta après avoir participé au Tour de France. A l’aise sur les routes espagnoles et après le forfait du vainqueur du Giro Richard Carapaz, il semble le plus à même de prendre le leadership chez Movistar, après un Tour de France terminé à une correcte 8e place (avec une chute durant les trois semaines de course) et une belle victoire d’étape à Valloire.

Après un chrono par équipe convenable de la part de Movistar, il a remporté en solitaire la 2e étape avec un certain panache dont il lui était souvent reproché d’en manquer. Il pointe aujourd’hui à la 2e place du classement général à deux petites secondes du leader Nicolas Roche. Quintana en rouge ce mercredi soir ? Pas impossible.

Alejandro Valverde

Vainqueur en 2009, le vieillissement Alejandro Valverde (39 ans) semble toujours aussi affûté. Souvent performant sur son tour national avec 11 victoires d’étapes et où il a terminé 9 fois sur 12 dans le top 5, il n’apparaît encore pas honteux de le citer parmi les prétendants à un podium. L’an dernier, il a été surprenant en se classant 2e jusqu’à la dernière étape de montagne (il a finalement terminé 5e). Cette année, avec un plateau plutôt faible, il pourrait bien terminer à une place honorable tout en travaillant pour Nairo Quintana. Cela fut le cas en 2015 où les deux coureurs se sont retrouvés sur le podium du Tour de France (Quintana 2e et Valverde 3e).

Rigoberto Uran

Après 4 ans sans courir le Tour d’Espagne, Rigoberto Uran est revenu sur la Vuelta l’année dernière en y faisant une belle 7e place après avoir abandonné quelques semaines plus tôt sur le Tour de France . A 32 ans, le plus vieux coureur d’une belle génération de grimpeurs colombiens (Quintana, Lopez, Bernal,etc) est un candidat crédible à un podium. Et ça tombe bien, car celui de la Vuelta est le seul qui manque à son palmarès. Après avoir été 2 fois deuxième du Giro (2013, 2014) et terminé à la 2e place du Tour de France 2017 (à moins d’une minute de Froome), il a montré par le passé qu’il avait les qualités nécessaires pour performer sur trois semaines.

Rafal Majka

Souvent en vue sur le Tour de France en tant que chasseur d’étapes et en ayant remporté deux fois le classement de la montagne (2014 et 2016), le polonais est aussi capable de jouer sa carte au classement général. Quatre fois dans le top 7 du Giro (dont la dernière fois en Mai dernier) et sur le podium de la Vuelta 2015, il ne faudra pas sous-estimer Majka qui peut raisonnablement envisager un top 5.

A ne pas sous-estimer …

D’autres grimpeurs pourraient avoir leur mot à dire durant cette Vuelta. Fabio Aru espère y retrouver sa forme d’antan, lui qui avait remporté l’édition 2015. Son coéquipier, Tadej Pogacar sera une des attractions. Vainqueur du Tour de l’Avenir en 2018, ce jeune grimpeur slovène de seulement 20 ans est promis à un beau futur et pourrait nous démontrer tout son talent. Esteban Chaves espère aussi revivre sur cette course ses belles heures du passé. Après avoir été en 2016 sur le podium de 2 grands tours (2e du Giro et 3e de la Vuelta), il a connu des saisons difficiles. Sans un des frères Yates dans les pattes, il aura toute la liberté de viser une bonne place au général et pourquoi pas décrocher une étape. Wilco Kelderman, Oscar Rodriguez ou le jeune colombien (encore un !) Sergio Higuita seront aussi à suivre durant cette Vuelta.

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