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Edito Rugby : la défaite des Bleus vue par Julien

La semaine dernière durant l’émission, j’exprimais mon exaspération vis-à-vis des critiques sur le jeu sans saveur de l’Equipe de France de Didier Deschamps qui résultent de la mentalité française, celle du beau perdant. En ce dimanche matin, la rencontre entre la France et le Pays de Galles s’inscrit dans la même lignée.

La semaine dernière durant l’émission, j’exprimais mon exaspération vis-à-vis des critiques sur le jeu sans saveur de l’Equipe de France de Didier Deschamps qui résultent de la mentalité française, celle du beau perdant. En ce dimanche, le scénario de la rencontre entre la France et le Pays de Galles s’inscrit dans la même lignée.

Battue par le XV du Poireau (20-19), l’Equipe de France quitte le mondial Japonais avec des larmes et des regrets au vu du déroulement de la partie. Si on écoute la majorité des spectateurs du match et des retours médias, que retient-on de la défaite sur le fil du XV du Coq dans ce quart de finale ? « Un scénario cruel » marqué par l’expulsion complètement stupide de Vahaamahina qui le propulse aux côtés du double Z, au panthéon des « What if » du sport français. Des poteaux qui s’ils avaient été carrés, auraient vu l’EDF avec 5 pts de plus ? Une « erreur d’arbitrage » sur fond de rivalité franco-britannique qui permet à un Pays de Galles, pas franchement méritant, de finir vainqueur pour un petit point. En somme les définitions de l’injustice et de la fatalité du destin qui s’écrivent encore et toujours contre le magnifique perdant.

Pourtant au regard des faits de jeu, cette défaite n’est que la conclusion d’un rugby français en perpétuel reconstruction depuis 8 ans maintenant. Ce match marque d’ailleurs l’écart qui existe aujourd’hui entre les très grandes nations du rugby mondial et l’EDF. Car oui le scénario du jour n’a rien de cruel et semble même prévisible pour une équipe qui s’est elle-même sabordée :

Expulsé pour un coup de coude à la 48ème minute, Vahaamahina laisse ses coéquipiers à 14. Un des nombreux facteurs de la défaite française (Photo : Naoya Masuda / Yomiuri / The Yomiuri Shimbun)

D’une part, les perches reflètent une réalité implacable, notre XV manque d’un buteur fiable. Ntamack, pourtant excellent dans l’organisation du jeu, a raté plusieurs tentatives au pied, comme ce fut déjà le cas face à l’Argentine. Difficilement concevable dans un match d’une telle importance. Parallèlement, notre conquête, excellente elle aussi, a manqué de réalisme dans les moments forts à travers des choix contestables. Trop sûr de leur domination, nos bleus ont préféré des pénaltouches ou des mêlées sans parvenir à concrétiser, plutôt que prendre les 3 points à plusieurs reprises en fin de 1ère et durant toute la 2ème mi-temps. Des choix qu’ont su faire les Gallois pour ne pas lâcher et se maintenir à 6 points des coéquipiers de Vakatawa avant de venir tuer ces derniers sur une décision contestable mais pourtant bien valable d’après les lois du jeu. Ainsi, la France n’a pas saisi les opportunités de tuer la rencontre par manque de lucidité et de rigueur, dont le point d’orgue reste l’acte inconscient de Vahaamahina. Une expulsion suicidaire alors que les Français étaient proche de marquer un essai qui aurait pu faire basculer la partie définitivement de leur côté. Par la suite héroïques, à l’image du rentrant Camille Lopez, ceux-ci ont mieux défendu à XIV qu’à XV. Une conclusion qui vient rappeler que notre indiscipline (huit fautes de main) et notre déconcentration (un essai offert, 16 placages ratés sur 111) du début de match ont maintenu le XV du Poireau à notre portée.

En définitive, c’est bien le favori qui l’emporte pour un petit point, celui de l’expérience, du réalisme, du travail effectué depuis 4 ans. Un travail qui a porté ces Gallois au Grand Chelem en février dernier et au 1er rang mondial il y a quelques semaines. À l’inverse, Minés par des conflits internes et des projets de jeu sans fondement, nos Bleus s’enfonçaient dans la médiocrité et l’incertitude que seule la prestation du jour vient quelque peu masquer. Si celle-ci laisse des regrets, elle ne doit pas nous faire oublier le chemin à parcourir pour espérer mieux en 2023 à domicile. Bilan, comme le résume Warren Gatland à la fin du match, « la meilleure équipe a perdu », mais qu’importe la manière tant que la finalité est présente ?

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