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Phoenix Suns : pourquoi ça fonctionne

5 victoires, 2 défaites. C’est le bilan actuel des Suns de Phoenix qui réussissent leur début d’exercice alors que le début de calendrier leur promettait l’enfer. État des lieux rapide sur les raisons de start réussi par les Suns.

Depuis le début des années 2010, les Suns sont en galère. Ils n’arrêtent pas de changer de coach, de joueurs, n’ont ni hype ni projet séduisant, deux arguments favorables à la venue de pointures lors de la free agency. Rien de tout ça. Pourtant, cette année, il a l’air de se passer quelque chose qui sort du cadre.

Une équipe construite avec cohérence

L’intersaison a été mouvementée du côté de Phoenix avec, d’entrée, un adieu de fait à Igor Kokoskov et un bonjour à l’ex-head coach des Pels, Monty Williams. À la limite, pourquoi pas… Même s’il est difficile d’exercer en NBA sans un meneur un minimum « capable », sans manquer de respect à Melton ou Okobo. Passons maintenant aux joueurs.

Arrivées : Ricky Rubio / Dario Saric / Aron Baynes / Frank Kaminsky / Cheick Diallo / Ty Jerome / Cam Johnson (+ prolongation Kelly Oubre Jr.)

Départs : Josh Jackson / TJ Warren / Dragan Bender / Richaun Holmes / Kyle Korver / De’Anthony Melton / Troy Daniels / Ray Spalding / Jamal Crawford / Jimmer Fredette

Au niveau des arrivées, il y a :

  • PG : Rubio & Jerome
  • SG : –
  • SF : Johnson & Oubre
  • PF : Saric & Kaminsky
  • C : Baynes & Diallo

Le board, mené par James Jones, a fait le choix d’équilibrer l’effectif plutôt que d’avoir une balance énorme entre le petit frontcourt et le reste des postes. L’an dernier, les Suns avaient un potentiel conséquent sur les postes 2/3 avec Booker, Oubre, Warren, etc… Mais derrière, hormis DeAndre Ayton, c’était très faible aux postes 1/4. Aujourd’hui, l’effectif présente un très bon meneur passeur-gestionnaire avec Rubio, un joueur de rupture au poste 4 (Saric) capable de shooter de loin, de close-out, de servir un bon cut-backdoor en attaque, capable d’aller au contre, de faire preuve de vice pour aller chercher un passage en force, etc etc… Bref, l’apport simple de ces deux européens est une bouffée d’oxygène au playmaking dont Phoenix avait grand besoin.

Le fait que Pheonix dispose de vraies rotations sur les postes intérieurs est un luxe. Aron Baynes est un pur poste 5 mais a la possibilité de démarrer comme de sortir du banc avec un apport assez équivalent. Ses caractéristiques de jeu font toujours ravage contre des équipes small-ball et ses écrans… bon, on ne va pas vous faire un dessin.

Et dans le jeu, alors ?

Comme ç’a été dit en introduction, les Suns sont à cinq victoires pour deux défaites. Voici le tableau :

  • 124-95, victoire contre Sacramento
  • 107-108, défaite à Denver
  • 130-122, victoire contre les Clippers
  • 95-96, défaite contre le Jazz
  • 121-110, victoire à Golden State
  • 114-105, victoire à Memphis
  • 114-109, victoire contre Philadelphie

Deux défaites avec un seul point de déficit. Les Suns étonnent dans la constance d’une rencontre et voici les raisons de ce début d’exercice réussi.

Le ballon circule à Phoenix !

Aussi étonnant que cela puisse paraître quand on parle des Suns, oui, le ballon est constamment en mouvement. La première raison est bien entendue le sens du collectif de Ricky Rubio, véritable playmaker numéro 1 de cette équipe. Autrement, il y a aussi la présence d’un Dario Saric qui est un vrai stretch-4. En effet, l’ex-Wolves n’est pas un joueur qui vit beaucoup dans la raquette, il a tendance à préférer se placer au niveau de la ligne à trois points ou à 4/5 mètres pour faire parler son tir. Ce poste 4 qui apporte du spacing permet à un duo de faire merveille en l’absence prolongée d’Ayton. Et ce duo, c’est Booker/Baynes.

Encore un duo extérieur-intérieur ! Mais il fonctionne. Avec ses écrans de la largeur d’une armoire du XVIIIe, Aron Baynes libère forcément le porteur de balle du marquage, du moins pendant un temps suffisant pour que l’attaquant ait le temps de choisir son option. Exemple avec le match tout récent contre les Warriors avec un système complet opéré par Monty Williams.

Étape 1 : libération de Booker grâce à un pick de Saric, Booker partant du petit corner et remontant à la verticale pour recevoir le ballon d’un Rubio qui s’est décalé.
Étape 2 : pick de Baynes pour Booker, un P&R pour être précis
Étape 3 : sur le bon roll de Baynes, Booker profite d’une mini-trappe des Warriors pour servir l’australien qui finit sur un tir de près.

C’est un système très simple mais bien utilisé, pertinent lorsque la défense en face opte pour un petit 5, avec Draymond Green qui défend directement sur Baynes. Un pari risqué, quand on sait que l’australien donne des centimètres et du poids au n°23 des Warriors.

Un joueur comme Kelly Oubre Jr. est lui plus dans un jeu d’isolation mais ses très longs segments lui permettent de se jeter pour passer sous les bras des intérieurs et finir au près. En réussite au tir, le début de saison de l’ex-wizard est tout simplement excellent dans le style Phoenix, d’autant qu’il est aussi bon en demi-terrain qu’en transition, même s’il est plus simple pour lui de jouer avec de la vitesse.

Plusieurs exemples auraient pu prouver que Phoenix prend le temps de poser les actions et de faire l’étalage d’un jeu collectif réussi mais le meilleur argument reste statistique. En effet, après sept rencontres, les Suns sont la deuxième équipe de NBA au niveau des passes décisives avec 27,7 offrandes par rencontre. Conclusion : c’est beaucoup moins le bordel en attaque.

Des joueurs de devoir qui assurent

Pour rester encore dans les statistiques, là où le Phoenix 2019/2020 tranche vraiment avec le Phoenix de l’an passé, c’est sur la défense. 10e meilleure défense de NBA, les Suns montrent de la consistance et surtout de la constance. Trop souvent l’an passé, les Suns accusaient un déficit irrémédiable à la mi-temps. -15, -20 points, peu d’envie dans les courses de démarquage, des tirs trop peu contestés et une aptitude trop moyenne au rebond. Aujourd’hui, la donne change notamment grâce au recrutement.

Jevon Carter est par exemple une très belle surprise lorsqu’il s’agit de défendre son terrain. Habile, rapide latéralement, l’arrière a de vrais appuis explosifs qui lui permettent de bondir vers l’avant/arrière et quand il s’agit de défendre, passer au-dessus des écrans, ça aide. Par ailleurs, son step-back offensif est une vraie douceur…

Mais Carter n’est pas le seul. Les longs segments d’Oubre Jr. l’aident aussi pour protéger le cercle et son implication actuelle aide vraiment Phoenix. Mikal Bridges, dont on connaissait déjà les capacités défensives, s’exprime bien cette saison où il a gagné du temps de jeu. Enfin, dans l’enjeu du rebond, même si la franchise est encore un mauvais élève dans l’exercice, l’apport du duo Saric-Baynes dans la pose d’écrans retards sont une vraie bénediction. Tout ça sans DeAndre Ayton, n’empêche…

Bref, on ne sait pas combien de temps va durer l’idylle aux Suns mais force est de constater que le début de saison séduit, dans le jeu et dans les intentions. L’équipe prend le pas sur le joueur et Devin Booker n’a pas la terre entière à soulever à chaque rencontre. Comme par hasard, ses 40pts (15/19 au tir!!!) la nuit dernière face à Philadelphie ont permis la victoire des siens… Pourvu qu’elle dure, cette belle histoire.

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