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Lewis Hamilton, itinéraire d’un champion hors du commun. (1ère partie)

Le 3 Novembre dernier, à l’issue d’un GP des États-Unis remporté par Valtteri Bottas, Lewis Hamilton est devenu pour la sixième fois de sa carrière champion du monde de Formule 1. Devenant par la même occasion, le seul deuxième pilote de l’histoire avec le plus grand nombre de championnats du Monde à son actif, devant Juan Manuel Fangio (5), Alain Prost (4) et Sebastian Vettel (4) et à “seulement” une unité de la légende Michael Schumacher (7).

Retour sur une carrière mouvementée et hors norme…

Des débuts classiques mais extrêmement prometteurs

Lewis Carl Davidson Hamilton est né le 7 Janvier 1985 à Stevenage (Hertfordshire), d’un père originaire de la Grenade et d’une mère britannique.

À l’âge de 8 ans, le jeune Lewis Hamilton débute le karting. Son talent ne met pas longtemps à éclabousser le petit monde du karting puisqu’un an plus tard, il remporte son premier championnat national. Grâce à ses belles performances, il est invité au dîner de gala de fin d’année de l’hebdomadaire britannique Autosport. C’est le début de l’ascension pour la future star de la Formule 1, puisque lors de ce dîner, plein de culot, il aborde un certain Ron Dennis (le patron de l’écurie McLaren, en F1), rien que ça (!) et lui aurait confié qu’il aimerait piloter pour son écurie, un jour…

L’âme de champion du jeune Lewis Hamilton, à 9 ans.
Source : https://www.pinterest.fr/pin/685743480732167235

Le boss de McLaren va le suivre de très près et en 1997, ce dernier fait signer à Hamilton un contrat à long terme et accepte de financer sa carrière. À partir de là, tout va s’accélérer pour le jeune prodige puisqu’en 2000 il remporte le championnat d’Europe de Formula A en karting avec l’équipe CRG-Parilla. Les succès s’enchaînent et en 2002, Lewis Hamilton franchit une autre étape, en intégrant le championnat britannique de Formule Renault… qu’il va évidemment remporter l’année suivante avec l’écurie Manor Motorsport. À la fin de la même année, il dispute également deux courses du championnat britannique de Formule 3 ainsi que les deux courses internationales de F3 à Macao et en Corée, réalisant, au passage, la pole lors de cette dernière, toujours pour Manor Motorsport.

Le phénomène est définitivement lancé en 2004 lorsqu’il réalise sa première saison complète en F3, encore et toujours pour le compte de Manor mais cette fois-ci à l’échelle européenne, dans le championnat Euroseries. Il réalise une première saison prometteuse mais à l’issue de cette saison il est engagé par l’écurie française, ASM (qui fusionna par la suite en 2007 avec l’écurie ART GP, deux écuries fondées par Frédéric Vasseur). En 2005 il écrase littéralement le championnat en gagnant 15 des 20 courses ainsi que le Masters de Zandvoort. Suite à cette réussite il intègre, en 2006, le championnat de GP2 (rebaptisé Formule 2, en 2017) et remplace le tenant du titre dans l’écurie ART GP, un certain Nico Rosberg, ce dernier étant parti en F1, chez Williams. Dès sa première saison, il remporte le titre de champion du monde de GP2, en dominant des pilotes plus expérimentés. La suite s’annonce radieuse…

Plus jeune champion du monde de Formule 1

Arrive, donc, l’année 2007. Cette année là, il est promu en Formule 1 dans l’écurie anglo-allemande… McLaren-Mercedes, comme il l’avait prédit 13 ans plus tôt. Mais cette année là, il n’est pas le seul “nouveau” chez McLaren-Mercedes, il est accompagné par nul autre que le double champion du monde de F1 en titre, Fernando Alonso. À noter également qu’il devient le premier pilote noir à participer au championnat du monde de Formule 1.

Présentation de Lewis Hamilton et Fernando Alonso chez McLaren-Mercedes
Source : https://fr.motorsport.com/f1/photos/lewis-hamilton-et-fernando-alonso-5/10048576/

Ses débuts sont sans conteste les plus exceptionnels de l’histoire de la Formule 1. Lors de son premier week-end de course, à Melbourne, pour le GP d’Australie, il termine les qualifications à une honorable 4e place et le lendemain, il termine sa première course sur le podium, à la troisième place. Il marque, une nouvelle fois l’histoire, en devenant le premier pilote (depuis Jacques Villeneuve, en 1996) à monter sur le podium dès sa première course de Formule 1. Et ce n’est que le début…

Pour son deuxième GP, en Malaisie, il termine une nouvelle fois sur le podium, à la deuxième place, derrière son coéquipier, Fernando Alonso et après avoir doublé les deux Ferrari de Felipe Massa et Kimi Räikkönen, excusez du peu ! À Bahreïn ? Rebelotte, il termine deuxième, derrière Felipe Massa et marque (encore une fois) l’histoire en devenant le premier débutant à conquérir trois podiums lors de ces trois premières courses. Après une nouvelle deuxième place au GP d’Espagne, il devient le plus jeune pilote à mener le championnat du monde de F1. Sa série de podium va s’étendre jusqu’au GP de Grande-Bretagne, où il termine troisième, malgré une course un peu plus fade qu’à l’accoutumé. Il porte donc son total à neuf podiums en… neuf courses et domine le championnat du monde des pilotes devant Alonso et Räikkönen. Du jamais vu pour un débutant !

Le 21 Juillet, lors des qualifications du GP d’Europe au Nürburgring, il est victime d’un accident assez grave dû à un éclatement d’un de ses pneus qui était mal fixé suite à la défaillance d’un pistolet pneumatique. Il est évacué par ambulance et contre toute attente, il s’en sort sans la moindre égratignure. Le lendemain les délégués médicaux de la FIA, lui permette de prendre le départ de la course mais malheureusement pour lui plusieurs faits de courses vont se succéder en sa défaveur, dès le début de course et il termine la course hors des points, à la neuvième place. Premier accroc pour le jeune prodige.

Au GP suivant, en Hongrie, la tension monte entre Lewis Hamilton et Fernando Alonso, alors que l’écurie doit déjà gérer des soupçons d’espionnage émis par Ferrari, l’équipe de Ron Dennis arrive de moins en moins à entretenir une entente cordiale entre le britannique et l’espagnol. Le double champion du monde étant persuadé que Dennis favorise Lewis Hamilton. Lors des qualifications, l’abcès crève : pendant la Q3, Hamilton part des stands devant Alonso et désobéi aux ordres de Dennis, ce qui aurait provoqué des problèmes de stratégies. Dennis, afin de prouver qu’il traite ses pilotes avec équité, ordonne alors à Alonso de bloquer son équipier aux stands pour lui rendre la pareille.

Le résultat est catastrophique : Hamilton, perd la pole car il n’a pas eu le temps d’effectuer un tour rapide, se fâche durement avec son patron tandis qu’Alonso, pourtant poleman, est disqualifié. Le lendemain, débarrassé de l’Espagnol, Hamilton n’a aucun mal à décrocher sa troisième victoire qui conforte sa place de leader au championnat. Mais la guerre avec Alonso est déclarée.

Tension entre Hamilton et Alonso
Source : https://f1i.auto-moto.com/infos/revelations/alonso-a-exige-sabotage-de-mclaren-dhamilton/

Après la trêve estivale, vient le GP de Turquie. Cette course est dominée par les Ferrari et Hamilton doit se contenter de les suivre. Le sort le frappe à quelques tours du but avec une crevaison qui le relègue au cinquième rang, offrant ainsi sa troisième place à Alonso.

À Monza, l’Espagnol remporte facilement la course et reprend encore deux points à son équipier qui assure le doublé des McLaren. Peu avant le GP de Belgique, la FIA rend son verdict sur l’affaire d’espionnage Coughlan-Stepney: McLaren, reconnue coupable, perd tous ses points au championnat constructeurs. Cependant, les pilotes gardant leurs unités, leur duel peut donc continuer. À Spa, Räikkönen l’emporte et revient ainsi sur Alonso et Hamilton, respectivement 3ème et 4ème. À trois manches du but, le rookie compte deux points d’avance sur son équipier et treize sur Räikkönen.

Viennent ensuite les courses asiatiques, avec leurs lots de coups de théâtre. D’abord, le GP du Japon à Fuji. Hamilton part en pole le dimanche sous la pluie et le brouillard. Après un début de course sous Safety Car, le pilote britannique va garder la tête jusqu’à l’arrivée tandis qu’Alonso, victime d’un accident, ne marque aucun point ! Avec douze longueurs d’avance sur l’Espagnol, Lewis peut être sacré champion du monde en Chine. Mais il va tout perdre lors des deux dernières manches.

Encore en pole position à Shangaï, il garde longtemps la tête sur une piste détrempée mais à l’attaque du dernier tiers de la course, la piste s’assèche progressivement et Lewis, toujours en pneus pluie, perd littéralement pied sans pour autant rentrer pour changer ses gommes. Quand il s’y décide enfin, il est trop tard : les pneus sont morts et la McLaren, inconduisible, rate l’entrée des stands pour s’échouer dans les graviers : c’est l’abandon ! Räikkönen vainqueur et Alonso deuxième reviennent à respectivement sept et quatre points d’Hamilton avant la dernière manche qui se déroulera à Sao Paulo.

Le GP du Brésil s’annonce comme étant celui de la consécration pour Lewis. Les essais se déroulent bien, puisqu’il se qualifie second devant ses deux rivaux. Mais cette épreuve décisive tourne ensuite au cauchemar. Il connaît un premier tour chaotique où, sous la pression de Alonso, il sort de la piste et perd six places. Il a à peine commencé à remonter qu’il est victime d’un problème électronique (simple panne ou erreur de manipulation ?) qui le laisse pendant plusieurs secondes au ralenti. Il parvient à repartir, mais en queue de peloton. Il perd ainsi le titre car il ne peut remonter qu’au septième rang tandis que Kimi Räikkönen, vainqueur de la course, est sacré champion du monde avec un petit point d’avance sur le Britannique et Alonso.

Lewis Hamilton n’est donc pas le premier débutant à être sacré dès sa première saison. Il court toujours pour McLaren-Mercedes en 2008, aux côtés de Heikki Kovalainen, Alonso ayant décidé de retourner chez Renault.

Nouveau duo, pour une nouvelle vie… chez McLaren-Mercedes
Source : https://www.gettyimages.fr/photos/lewis-hamilton-heikki-kovalainen?family=editorial&sort=mostpopular&phrase=lewis%20hamilton%20heikki%20kovalainen

Il commence cette nouvelle saison par une facile victoire en Australie. Mais il connaît ensuite quatre courses difficiles, sa McLaren devant subir la loi des Ferrari. Piètre cinquième en Malaisie, il finit hors des points à Bahreïn après un accrochage avec Alonso, puis troisième en Espagne et second à Istanbul après avoir menacé le vainqueur Massa. Puis vient le GP de Monaco. Parti troisième, le Britannique heurte le rail sous la pluie dès le cinquième tour, mais heureusement pour lui s’en sort par une simple crevaison. Il ne fait ensuite aucune erreur, parvient à prendre la tête de la course et remporte ainsi une superbe victoire dans des conditions difficiles. Il prend par la même occasion la tête du championnat.

Mais au Canada il commet la plus belle bourde de sa jeune carrière. Après avoir signé la pôle, il mène l’épreuve avant que l’abandon de Sutil n’entraîne l’intervention de la voiture de sécurité. Lewis rentre alors aux stands mais son ravitaillement se passe mal et il se fait passer par Raïkkönen et Kubica. Le feu étant au rouge, ces derniers s’immobilisent à la sortie des stands mais Hamilton, sans doute énervé, remarque trop tard la signalisation et percute Raïkkönen immobilisé. La course s’arrête là pour les deux hommes, et Lewis en est quitte pour une pénalité de dix places en moins sur la prochaine grille de départ. Ainsi handicapé, il ne peut finir que dixième à Magny-Cours.

Il retrouve tous ses moyens chez lui à Silverstone. Sur un circuit noyé par les eaux, il réalise une course excellente, digne d’Ayrton Senna, et remporte sa troisième victoire de la saison, reprenant ainsi la tête au général. Il enchaîne par un nouveau succès à Hockenheim, rendu certes difficile par une stratégie aberrante de McLaren. En Hongrie, il est victime d’une crevaison et ne termine que cinquième, mais il prend encore des points d’avance sur son principal rival, Felipe Massa.

Second à Valence derrière le Brésilien, Hamilton remporte le GP de Belgique grâce à un dépassement litigieux sur Raïkkönen après avoir court-circuiter une chicane. A cause de cela, il perd ses lauriers sur tapis vert et n’est classé que troisième. Septième sous la pluie italienne alors qu’il partait quinzième, Hamilton n’a plus qu’un petit point d’avance sur Massa à quatre épreuves du but. A Singapour, il réalise une belle opération en décrochant la troisième place tandis que Massa ne marque pas. Mais au Mont Fuji, il mène une course catastrophique : bien que partant en pôle, il fait un mauvais départ et se met dehors avec Raïkkönen, puis est percuté quelques boucles plus loin par Massa. Il termine douzième. Toutefois, il se rattrape superbement à Shangaï en signant une vraie démonstration : pole position, victoire et meilleur tour en course.

Lorsqu’il arrive au Brésil, Lewis Hamilton compte sept points d’avance sur Massa au championnat. Le titre peut sembler acquis mais, instruit par son échec de 2007, le Britannique est prudent. Trop prudent même car il se montrera crispé tout le week-end. Seulement cinquième sur la grille alors que Massa est en pôle, il réalise une course difficile mais évite tous les pièges, à savoir la pluie du début de course et les dépassements de retardataires. Massa caracole en tête mais en vain. A cinq tours de la fin, Hamilton est quatrième et champion du monde. Soudain, la pluie fait sa réapparition sur le circuit. Massa, Hamilton et les autres rentrent aux stands chausser des pneus adéquats, mais une fois de retour en piste, Lewis rencontre des difficultés. Reparti cinquième, il est harcelé par Vettel qui finit par le dépasser à deux tours du but. Massa, toujours leader, est alors champion du monde.

Lewis tente avec l’énergie du désespoir de repasser Vettel mais sans succès. Massa coupe la ligne d’arrivée sacré. Hamilton entame lui son avant-dernier virage quand il voit partir en travers la Toyota de Glock alors quatrième. L’Allemand, resté en pneus secs, est en effet à l’agonie tandis que la pluie redouble d’intensité. Lewis le passe et termine finalement cinquième, arrachant ainsi des mains de Massa le titre de champion du monde 2008, pour un petit point ! Pour la seconde fois consécutive, Lewis a joué le championnat sur un petit rien, mais cette fois-ci tout se termine bien pour lui. A 23 ans il devient le plus jeune champion du monde de l’Histoire de la Formule 1.

Premier titre d’une longue série pour Lewis Hamilton !
Source : https://www.ballecourbe.ca/ephemeride-lewis-hamilton-devient-le-plus-jeune-champion

À suivre…

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