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Boston Celtics, tous les feux sont au vert

11 victoire, 3 défaites. Premier de la conférence Est, deuxième bilan de la ligue avec une série de 10 victoires consécutives, Boston impressionne en ce début de saison. Peuvent-ils tenir ce rythme tout au long de la régulière? Sont-ils taillés pour les Playoffs? Décryptage d’un début de saison canon du côté du Massachussets.

Après un exercice 2018-2019 en demi teinte et décevant de façon générale, les Celtics ont retrouvé leur intensité et leur hargne qui les avait propulsés en finale de conférence. Quels éléments ont permis à cette équipe de Boston de retrouver les sommets de la ligue?

Table Rase: on efface presque tout et on recommence

Après une saison 2018-2019 teintée de déception et d’incompréhension, l’été des Celtics a été particulièrement mouvementé.

Arrivées : Kemba Walker/ Vincent Poirier/ Enes Kanter/ Carsen Edwards (Draft)/ Tacko Fall (Two-way contract)/ Grant Williams (Draft)/ Romeo Langford (Draft)

Départs : Kyrie Irving/ Al Horford/ Terry Rozier/ Aron Baynes/ Marcus Morris/ P.J Dozier/ Guerschon Yabusele

Exit Kyrie Irving, parti aux Nets de Brooklyn, remplacé par Kemba Walker en provenance de Charlotte. C’est l’une des grosses signatures de cet été, un contrat de 141 millions sur 4 ans, pour relancer la machine verte. Danny Ainge a décidé de miser sur l’ancien de UCONN pour ramener ces Celtics au sommet de la hiérarchie NBA. L’expérience Kyrie irving a tourné court malgré des performances lumineuses par séquence, ses déclarations et ses soucis liés au vestiaire ont mis à mal l’équipe l’an dernier.

Parallèlement, on a conservé les jeunes talents qui avait menés cette équipe loin en Playoffs il y a deux ans. Jayson Tatum, Marcus Smart et Jaylen Brown (prolongé pour 115 millions sur 4 ans).

Kemba Walker, le feat idéal

Avec Kemba Walker, un meneur calibre All-Star, Boston se dote d’un joueur qui se fond plus facilement dans le collectif de Brad Stevens et qui est prêt à tout pour permettre à la franchise de retrouver le très haut niveau. Avide de victoires et désireux de retrouver les Playoffs, Kemba a trouvé la franchise idoine pour exprimer son talent indéniable accompagné d’un coach talentueux et de joueurs désireux de prouver leur vraie valeur.

Dans la série de 10 victoires consécutives, on a pu observer que Kemba a rapidement trouvé ses marques dans le système de Brad Stevens et s’éclate dans ce collectif. Ses statistiques parlent pour lui : 23,4 pts, 4,5 reb et 5 pds. Il s’épanouit, il est performant et il gagne.

Sa capacité à scorer, son enthousiasme dans le jeu et son envie de prouver qu’il peut tout à fait s’imposer dans une franchise ambitieuse sont les ingrédients qui font de ce mariage la rencontre parfaite. De plus, Kemba est un joueur d’équipe avant toute chose dans sa mentalité et sa déclaration de présaison va dans ce sens:

« Je veux qu’on s’entende bien. Je veux que la camaraderie soit très forte. Je veux qu’on ait une bonne entente dans l’équipe, parce que ça va se traduire en victoires sur le terrain. »

Et le début de saison confirme cet état d’esprit, celui de faire passer le collectif avant tout pour amasser le plus de victoires. C’est ce qui manquait probablement l’an dernier aux Celtics et avec Kemba Walker, Boston retrouve ses valeurs fondamentales c’est à dire joueur au service de l’équipe.

Une identité verte retrouvée

Les verts ont retrouvé leur hargne et leur intensité, cette rage de vaincre qui leur permet d’emballer un match. Ce collectif huilé à la perfection par Brad Stevens retrouve toutes ses sensations à l’image de ces deux jeunes stars Jayson Tatum et Jaylen Brown.

Le premier, après une saison rookie extrêmement prometteuse, a déçu l’an dernier aussi bien individuellement que collectivement. Il n’a pas continué à exploser comme espérer mais force est de constater que l’ancien Dukie a retrouvé tous ses moyens. 20,2 pts, et 7,5 reb sur les treizes premiers matchs indique que Jayson Tatum est bien de retour même si ces pourcentages sont encore perfectibles (40,3%), son apport et son énergie permettent clairement à l’équipe de Boston d’enchaîner les victoires en ce début de saison. C’est un talent brut qui a déjà montré ses qualités offensives exceptionnelles et cette année il doit passer un cap et atteindre un niveau digne d’un All-Star pour permettre à son équipe de voir grand.

Jaylen Brown est l’exemple même de Celtics retrouvés. Après les doutes émis suite à son extension, le garçon a prouvé qu’il pouvait s’inscrire dans le futur de Boston. Impliqué aussi bien offensivement que défensivement, son début de saison tonitruant rassure et présage d’une grande saison pour l’ancien de Berkeley. Avec 19,5 pts et 7,3 reb de moyenne en 10 matchs et quasiment 50% de réussite aux shoots, Brown montre sa solidité et peut devenir un réel candidat au titre de MIP s’il continue sur sa lancée. Redevenu un titulaire indiscutable, il doit s’élever au rang d’un two-way player.

En plus de ces deux éléments, Boston peut compter sur son joueur de devoir par excellence. Marcus Smart est le joueur qui incarne remarquablement cette identité verte de par son leadership défensif mais aussi par sa rage de vaincre sans commune mesure. Voir ci-dessous la vidéo montrant l’état d’esprit et la hargne défensif qui anime ce joueur.

Retour au premier plan de Gordon Hayward ?

Il y a deux ans, Gordon Hayward subissait tristement, à Cleveland, l’une des blessures les plus tragiques de ces dernières années. Un match d’ouverture durant lequel, après seulement six minutes de jeu, Gordon se casse la jambe. Après une année d’indisponibilité, le retour d’Hayward a été chaotique la saison passée. C’est logique après une telle blessure mais on n’avait le sentiment qu’il ne pourrait jamais retrouver son niveau All-Star de Utah. Malgré 72 matchs l’an dernier, seulement 11 petits points de moyenne et la sensation de voir l’ancien Jazzman complètement fantomatique sur certaines rencontres.

Mais son début de saison montre un véritable retour en forme de l’ancien Bulldogs de Butler (coaché par un certain Brad Stevens à l’époque):

  • 25 pts, 5 reb vs Phila
  • 15 pts, 8 reb vs Toronto
  • 9 pts, 6 reb vs Knicks
  • 21 pts, 10 reb et 7 pds vs Milwaukee
  • 13 pts , 9 reb vs Knicks
  • 39 pts, 7 reb et 8 pds vs Cavs
  • 20 pts, 10 reb et 6 pds vs Hornets

Avec une performance magique contre Cleveland et un match abouti pour Gordon Hayward avec ses 39 points à 17/20, 7 rebonds et 8 passes en 34 minutes, les fans des Celtics et du joueur ont pu entrevoir un retour au premier plan. Et si Boston veut pouvoir aller loin cette saison, l’équipe a grandement besoin d’Hayward qui retrouve toutes ses sensations et son basket. Coaché par Brad Stevens en NCAA, il connaît déjà l’académie de jeu car il a été bercé avec et si la confiance revient au plus haut, Gordon est le joueur idéal dans le système Stevens.

Malheureusement, Gordon Hayward s’est fracturé la main gauche contre San Antonio le 9 novembre et son indisponibilité est de l’ordre de 6 semaines. Cette blessure reste moins grave que l’équipe pouvait imaginer mais elle stoppe le beau début de saison d’Hayward. S’il revient en forme et repart sur les mêmes bases que ses premiers matchs, Gordon Hayward sera la surprise du chef pour cette équipe de Boston et un élément important pour envisager d’aller très loin cette saison.

Le secteur intérieur, le point faible de Boston ?

L’été a ouvert un chantier problématique pour les C’s : le secteur intérieur. Al Horford a décidé de rejoindre le rival , les 76ers de Philadelphie. C’est évidemment une énorme perte pour Boston, et elle a été compensé que très timidement par l’arrivée d’Enes Kanter et de Vincent Poirier. Véritable taulier défensif, Horford de par son expérience et son QI basket était une assurance pour les C’s dans la raquette.

Bien qu’Enes Kanter peut apporter offensivement, sa contribution défensive quasi inexistante va poser de véritables soucis surtout durant les Playoffs. Et même si Robert Williams, avec ses qualités athlétiques exceptionnelles et un potentiel à éclore peut apporter dans ce secteur du jeu, il est encore trop tendre fasse à des pivots dominants. Ajouter à ça, Daniel Theis qui est clairement un poste 4 fuyant et Boston se trouve démuni dans ce secteur de jeu pour rivaliser avec les meilleures équipes en vue des Playoffs. Seul l’ancien de Tennessee, Grant Williams (#22 de la Draft) a démontré par séquences de véritables aptitudes défensives et peut devenir un véritable défenseur référencé dans la ligue (dans la lignée d’un Draymond Green).

Ceci est bien mince pour des Celtics extrêmement ambitieux après leur gros démarrage et ils vont devoir opérer des mouvements au cours de la saison pour combler ce manque dans ce secteur. Bien sûr qu’un trade est envisageable pour récupérer un pivot défensif mais si l’on regarde le marché des agents libres, un joueur comme Joakim Noah pourrait être un élément de choix pour les C’s. Son expérience, sa mentalité qui colle parfaitement à celle de l’équipe et ses aptitudes défensives reconnues font de l’ancien défenseur de l’année un ajout clairement intéressant. D’autant plus que sa pige aux Grizzlies de Memphis l’an dernier, a permis de prouver qu’il avait encore tout à fait sa place au sein d’un effectif NBA.

Boston possède toutes les armes pour jouer les premiers rôles dans la Conférence Est et envisager d’aller loin en Playoffs. Après un démarrage canon grâce à un calendrier très favorable, si les interrogations persistantes (secteur intérieur, le niveau de Gordon Hayward) trouvent des réponses alors les Celtics pourront envisager une saison pleine d’ambition.

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