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Barcelone – Dortmund : Pourquoi Dortmund à le plus à perdre ?

DORTMUND, GERMANY - SEPTEMBER 17: Jadon Sancho of Borussia Dortmund is fouled by Nelson Semedo of FC Barcelona for a penalty during the UEFA Champions League group F match between Borussia Dortmund and FC Barcelona at Signal Iduna Park on September 17, 2019 in Dortmund, Germany. (Photo by Christian Kaspar-Bartke/Bongarts/Getty Images)

Choc du groupe F de la Ligue des Champions, ce Barcelone – Dortmund se montre déterminant pour la suite de la saison des deux équipes. Jusqu’ici leaders invaincus mais loin d’être brillants (Deux victoires, deux nuls), les Catalans reçoivent des Borussens sur courant alternatif. Le vainqueur de la rencontre obtiendra son billet pour les huitièmes de finale et surtout une échappatoire à une crise qui semblent guetter les deux institutions. Depuis le match aller (0-0), marqué par la domination du Borussia au Signal Iduna Park, l’une comme l’autre connaissant une période de turbulence. Analyse d’un match qui cache plus d’enjeux qu’il n’en parait.

Une dynamique sportive contrastée

Deuxième du groupe, les Allemands comptent 7 points avec deux victoires (Inter, Slavia), un nul (Barça) et une défaite (Inter à San Siro), possédant ainsi trois points d’avance sur les Milanais. Un bilan comptable satisfaisant qui laisse les Borussens totalement maître de leur destin avant ce déplacement en terre catalane. Cependant, la situation sportive en championnat est plus contrastée. Après un mois d’octobre de bonne facture, à l’image des victoires contre M’Gladbach (1-0) et Wolfsburg (3-0), le BVB n’a pris qu’un point sur les deux dernières rencontres. Humiliés à l’Allianz Arena par le Bayern (4-0), les coéquipiers de Marco Reus ont frôlé la catastrophe en arrachant un match nul miraculeux contre la lanterne rouge Paderborn, vendredi (3-3).

Dans une position favorable en Ligue des Champions, Dortmund multiplie les contre-performances en Bundesliga (Photo : Imago-images)

Plus que les résultats c’est surtout la manière qui pose question, l’équipe se montrant très perfectible dans le contenu. Invaincu dans son antre toutes compétitions confondues (6 victoires et 3 nuls), le Borussia ne montre pas le même visage à l’extérieur (2 victoires, 3 nuls et 3 défaites). Malgré un football attrayant et offensif, il ne parvient pas à réaliser 90 minutes de haute intensité, concédant tantôt l’ouverture du score ou étant incapable de garder un résultat. Un responsable est tout désigné par la presse outre-Rhin, Lucien Favre.

Lucien Favre en danger

S’ils analysent la situation froidement, ils doivent arriver à une conclusion : Favre n’est pas un entraîneur pour le titre ! Dortmund est à des années-lumière de son objectif de titre ! » matraque Bild. «Le registre de Favre est limité : il lui manque les moyens verbaux et émotionnels pour titiller l’équipe, pour la pousser ou même pour la mettre en colère », pour Kicker.

Le coach helvétique est critiqué de toute part depuis le début de saison et les sifflets à son encontre et envers ces joueurs lors de l’assemblée générale du club, samedi dernier, sont la preuve de la tension présente dans la Rhur. Vice-champion malgré une avance de neuf points la saison passée, cet échec à remporter le titre lui colle à la peau, d’autant que la situation sportive ne suit pas les espérances prévues (6ème à cinq points du leader).

Pressé par sa direction, Lucien n’a que deux matchs pour redresser la situation (Photo : Getty Image)

Malgré le soutien de ses hommes, Marco Reus et Mats Hummels en tête, « C’est nous, sur la pelouse, qui faisons les erreurs. Je veux dire très clairement que ça n’a rien à voir avec l’entraîneur lorsque nous rendons la balle à l’adversaire sans aucune pression. », l’ancien coach de l’OGC Nice est sur un siège éjectable. En effet, la confiance renouvelée de ses dirigeants, par la voix d’Hans-Joachim Watzke, laisse cependant planer la perspective d’un départ, ce dernier le mettant au défi de redresser la barre au plus vite.

Lucien Favre continue de bénéficier de notre confiance, mais le football est toujours une question de résultats. Nous devons maintenant nous rassembler pour les matches de Barcelone et de Berlin.

Une qualification obligatoire ?

Car Dortmund s’est montré très actif sur le marché des transferts cet été. Les achats d’Hazard, Schulz et Brandt – pour la somme de 75 millions d’euros – ainsi que le retour de Mats Hummels, répondent à l’ambition de mettre fin à l’instabilité sportive qui suit le club depuis le départ de Jürgen Klopp. L’actuel coach de Liverpool, par ses résultats et sa personnalité, a laissé un fantôme qui hante toujours les coulisses des Schwarzgelben. À l’instar de Tüchel avant lui, Favre subit cette vérité et le moindre faux pas apparait comme rédhibitoire. À la question du maintien des objectifs initiaux, Hummels préfère temporiser.

Nous n’avons pas besoin de parler de choses aussi importantes à ce stade. Voyons comment tout se passe jusqu’à la trêve hivernale. Nous devons simplement mieux jouer maintenant. 

Cependant une non-qualification pour les huitièmes de finale sera un véritable échec sportif aux vues des investissements et du passif du club sur la scène européenne. Finaliste malheureux en 2013, le Borussia compte cinq qualifications dans le top 16 européens sur les sept dernières années. Une élimination prématurée, malgré le groupe très relevé, marquerait la fin d’un cycle dont la signification pourrait être le départ de plusieurs cadres. Sancho et Hakimi sont susceptibles de quitter la Ruhr cet été, le dernier étant seulement prêté par le Real Madrid qui souhaite le rapatrier. Pour l’international Anglais, la perspective d’une grosse rentrée d’argent pourrait faire céder les dirigeants, les cadors Anglais et Espagnols sont déjà à l’affut.

En ballotage favorable en Ligue des Champions, Dortmund jouera un peu plus qu’une qualification ce soir au Camp Nou. Face à la pression populaire et médiatique, Lucien Favre défendra avant tout son poste d’entraineur, tandis que les joueurs auront en ligne de mire de lancer définitivement une saison jusqu’ici mitigée.

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