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L’Europa League, ou quand football et passion se séparent

Que faire de vos jeudi soir ? Soirées étudiantes, rendez-vous galant ou raclette en famille ? Non, bien sûr que non ! Le jeudi soir, c’est Europa League ! Préparez les pizzas, les chips et le pack de Kro, il vous faudra au moins ça pour passer une soirée frissonnante.

Si vous êtes fan de football, alors l’Europa League ne doit pas vous être inconnue. Monstre sacré du football européen, la C3 est le cauchemar de n’importe quel joueur professionnel. Alors que le mardi et le mercredi les meilleures équipes s’affrontent pour la prestigieuse « coupe aux grandes oreilles », les moins bons des meilleurs, eux, se contentent du jeudi soir pour aller souffrir à l’autre bout de l’Europe. Entre matchs nuls tristes à mourir et affrontements aussi déséquilibrés qu’un Classique OM-PSG, regarder l’Europa League est devenu une épreuve si éprouvante que Denis Brogniart ne saurait tarder à l’instaurer dans sa célèbre émission.

Alors essayons de comprendre ensemble, pourquoi cette compétition existe-t-elle encore ? Ne nous mentons pas, ce n’est certainement pas pour promouvoir le football aux yeux de l’Europe entière. Peut-être est-ce pour punir ceux qui n’ont pas su accéder à la Ligue des Champions… 4ème de Ligue 1 derrière l’OM de Valère Germain et le Lyon de Maxwell Cornet ? Va donc faire un tour à Chypre ou en Sibérie tiens ! Les supporters sont très contents de participer à une compétition européenne, les dirigeants se félicitent devant les caméras et puis une fois sur le terrain… eh bien c’est l’occasion de faire tourner l’effectif après tout !

Qui peut placer Dudelange, Rosenborg et Ferencvaros sur une carte ?

C’est bien beau de nous vendre des matchs avec Arsenal, la Lazio, Manchester United ou encore le FC Séville, mais c’est une publicité mensongère. En réalité, il y a bien plus d’Astana, de Cluj et de Qarabag ! Soyons objectifs, ces équipes méritent de jouer une coupe d’Europe, ne serait-ce que pour nous rappeler l’existence de certains pays, et ainsi éduquer la brillante jeunesse européenne. Mais honnêtement, qui peut placer Dudelange, Rosenborg et Ferencvaros sur une carte ? Ne mens pas, s’il te plaît.

Si l’intérêt est d’aller jouer un match dans le froid, sur une pelouse moisie et devant 736 spectateurs, il y a bien des matchs de Domino’s Ligue 2 tous les week-ends, rien ne sert de partir en Azerbaïdjan en milieu de semaine. On entend partout que cette compétition est chronophage, énergivore, voire ennuyeuse. Pourquoi s’évertuer à passer quinze tours de barrages pour aller perdre un match à Ludogorets en y laissant deux tibias, un fémur et une clavicule ? Faut pas s’étonner que les clubs français balance cette compétition.

Laissons Jesse Lingard jouer au foot une ou deux fois dans l’année !

D’ailleurs, les clubs français sont-ils les seuls à la balancer ? Pas vraiment. En réalité, les « gros » européens qui disputent l’Europa League la balance tout autant que nous, mais simplement leur banc est de bien meilleur niveau. Du moins, leur banc est un peu meilleur que le reste des équipes. Et oui, il faut bien permettre à Jesse Lingard de jouer au football une ou deux fois dans l’année, même s’il perd contre Astana entouré des U15 de United. Tous les clubs un peu prestigieux profitent de l’Europa League pour faire tourner, et comme les clubs français n’ont pas de marge en championnat et risquent à tout moment la relégation, et bien on a l’impression qu’ils balancent.

Et comme si la médiocrité ambiante des équipes légitimement qualifiées ne suffisait pas, il fallait que les mauvais élèves de Ligue de Champions viennent s’immiscer là-dedans ! Laissez les équipes semi-pros entre elles nom de dieu ! Pourquoi intégrer des équipes supérieures à celles qui ont réussi l’exploit de sortir de laborieuses phases de poule ? Si c’est comme ça, ça ne sert à rien de se qualifier ! Ah… C’est donc pour ça que les clubs français ne la jouent pas à fond… En fait ils sont juste plus malins que tout le monde! La French Touch on vous dit.

L’Europa League est-elle alors une si mauvaise compétition ? Non, évidemment que non. Mais la comparaison avec la Ligue des Champions n’est pas flatteuse. Les Marseillais peuvent se targuer d’être arrivés en finale « d’une Coupe d’Europe » mais ils sont bien inspirés de ne pas mentionner l’Europa League, qui, ne nous mentons pas, a une image bien écornée par les tristes spectacles qu’elle nous offre bien souvent. Généralement, il faut attendre le mois d’avril pour que cette belle coupe mette des paillettes dans la vie des fans de foot. Attendons de voir les applications des dernières réformes des coupes d’Europe décidées par l’UEFA…

Avec les bisous du chef…

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