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Dortmund – Leipzig : le match des prétendants

Le Borussia Dortmund et le RB s'affrontent mardi au Signal Iduna Park pour le compte de la 16ème journée de Bundesliga. L'actuel leader (33 points) et le troisième (29 points) du classement partagent la même ambition, celle de mettre fin à la domination d'un Bayern Munich plus que jamais détrônable depuis sept ans.

Le Borussia Dortmund et le RB s’affrontent mardi au Signal Iduna Park pour le compte de la 16ème journée de Bundesliga. L’actuel leader (33 points) et le troisième (29 points) du classement partagent la même ambition, celle de mettre fin à la domination d’un Bayern Munich plus que jamais détrônable depuis sept ans.

Duel d’identité culturelle

Sur le plan culturel Dortmund fait partie des Traditionvereins et reste l’un des clubs les plus appréciés d’Allemagne voir d’Europe, à l’inverse le RB est l’un des plus détestés sur le plan national. Il faut dire qu’un siècle d’histoire sépare les deux clubs, le BVB ayant été fondé en 1909, quand le RB s’est vu naitre en 2009 avec le rachat du SSV Markrandstädt (D5) par la firme RedBull. Dopés grâce aux investissements de la firme autrichienne, les Roten Bullen ont gravis les échelons rapidement en accédant à la Bundesliga en seulement sept ans (2016) ! À l’issue de leur première saison dans l’élite, ils se payent même le luxe de terminer vice-champion d’Allemagne, derrière l’intouchable Bayern. Un exploit que seul Kaiserslautern a surpassé en 1997/98 en terminant champion avec le statut de promu.

Le mur jaune, symbole de la ferveur du Borussia Dortmund (Photo : DFL)

Depuis le RB s’est pérennisé dans le top 4, intégrant le groupe des prétendants au titre dont fait partie le Borussia depuis longtemps. Si l’âge n’est pas un marqueur de qualité, Dortmund possède cependant de solides arguments pour affirmer son statut. Avec huit titres de champion d’Allemagne -cinq depuis 1963- et une UEFA Champions League remportée en 1996/97, le BVB représente bien un géant du football Allemand. Membre fondateur de l’ère Bundesliga (1963), il domine le classement mondial en terme d’affluence moyenne à domicile. Pouvant accueillir plus de 80 000 personnes, le Signal Iduna Park se targue de posséder 55 000 abonnés, soit plus que la capacité totale de la RedBull Arena de Leipzig, dont l’affluence reste solide avec 40 000 spectateurs de moyenne.

Des philosophies similaires

Le spectacle étant au rendez-vous en Saxe, en effet seul le FC Barcelone (43) et Manchester City (44) ont marqué plus de but que les Roten Bullen (42) cette saison. Comme le déclare le milieu offensif, Emil Forsberg, Leipzig « pratique un grand football« . Si le principal artilleur, Timo Werner (16 unités) représente une menace non négligeable, le reste de l’effectif démontre une philosophie de jeu offensive et collective avec pas moins de 13 scoreurs différents. Une caractéristique semblable du côté des Schwarzgelben avec 37 buts répartis sur 10 joueurs dont Reus (9) et Sancho (8), qui s’explique par le profil des deux entraineurs.

Timo Werner – Julian Nagelsmann, le duo qui porte le RB Leipzig vers son ambition de titre (Photo : imagoimages)

Malgré 30 ans de différence d’âge, les parcours de Lucien Favre et de Julian Nagelsmann sont sensiblement similaires. L’un comme l’autre ayant débuté par des équipes de jeune avant de performer avec des équipes de seconde zone -Zurich puis le Hertha BSC pour l’helvète, Hoffenheim pour le jeune prodige- connaissant comme principal fait d’arme d’avoir sauvé un club de la relégation avant de l’emmener en Ligue des Champions -M’Gladbach pour Favre entre 2011 et 2012 et toujours Hoffenheim pour Nagelsmann entre 2015 et 2017- amenant un autre point de comparaison. Intensif, attrayant et réaliste, sont les trois qualificatifs que se partagent les styles Favre et Nagelsmann. Comme le déclare ce dernier, »il est important de toujours garder à l’esprit que le football est quelque chose de beau et d’amusant », une philosophie qui s’applique également du côté de Favre comme l’atteste son « Borussia Barcelone » de 2012 mené par un Marco Reus prometteur. Un style comparé au jeu pratiqué par le Barça de Pep Guardiola, que l’entraineur de Leipzig prend également comme modèle.

En danger il y a trois semaines, Lucien Favre a redressé la barre de son Borussia (Photo : imago-images/Moritz Müller)

Mais réduire les philosophies des deux équipes à une attaque totale serait une erreur. « Mes joueurs doivent être prêt à souffrir à l’entrainement » pour Favre tandis que Nagelsmann déclare « pour avoir la possession du ballon vous devez avoir un plan« , sous-entendant l’un comme l’autre l’importance du travail tactique et physique afin d’exercer un pressing permettant une récupération de balle rapide. Bien que leur élan vers l’avant soit ce qui attire le plus l’attention, il faut souligner le travail de l’ombre pour empêcher l’adversaire de marquer. Ainsi Leipzig et Dortmund parcours entre 117 et 115 km de moyenne par match, remportant 51% de leur duel. L’ensemble donnant deux des meilleurs défenses du championnat (seul Wolfsburg fait mieux que Leipzig dans le domaine), dont le dispositif est là encore similaire avec trois défenseurs. Ajouter à cela des gardiens efficaces (38 arrêts pour Gulasci, 46 pour le duo Bürki-Hitz).

Un match à détail ?

Dans un sens général, les deux équipes se ressemblent beaucoup, l’issue du match repose donc sur des facteurs individuels. Recruté au Bayer Leverkusen cet été, Julian Brandt s’est imposé comme un élément incontournable du milieu de terrain des Borussens. L’ailier de formation a été repositionné en n°8 par Lucien Favre afin d’apporter de la profondeur et de la créativité au milieu de terrain. L’équipe se base aujourd’hui sur son tempo comme le souligne Matz Hummels « il nous a donné une valeur ajoutée significative depuis qu’il a commencé à jouer en tant que n°8« . Son apport défensif sera également déterminant dans son duel avec Marcel Sabitzer, l’autre maitre à jouer des Taureaux.

Julian Brandt sera l’élément clé du match pour le BVB (Photo : imago images/Kirchner-Media)

Leipzig disposant également de son valuable player en la personne de Patrik Schick. L’international Tchèque arrivé cet été en provenance de l’AS Roma est le remplaçant de Jean-Kévin Augustin, parti à l’AS Monaco. Blessé durant plusieurs semaines, l’attaquant s’est enfin adapté à son nouvel environnement sur les dernières sorties. Titulaires contre Düsseldorf et Hoffenheim, il a démontré que son profil de pivot était essentiel pour permettre à Werner de laisser s’exprimer ses qualités de finition. En effet son mètre 85 est un défi physique permanent pour les défenses adverses, ce qui libère de l’espace pour son coéquipier. Mais le joueur formé au Sparta Pargue possède aussi un touché de balle intéressant et reste très mobile malgré sa morphologie.

Si l’issue du match ne déterminera pas l’équipe qui soulèvera le Meisterschale en mai prochain, elle donnera une bonne indication sur les chances de chacune. Dortmund reste l’une des meilleures formations d’Allemagne à domicile y compris face à ses concurrents directs. À l’inverse Leipzig déroule en dehors de son antre et reste sur six succès consécutifs avec un total de 25 buts inscrits sur la période. L’opposition de ce soir promet donc d’être explosive.

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