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Dinwiddie : on the road to All-Star Game

Il fait partie des joueurs au talent particulier, qui éclosent sur le tard et qui, en dépit d’un physique et d’une agilité très NBA-compatible, doivent forcer les portes de la Grande Ligue pour pouvoir se faire une place. G-League, remplaçant aux Pistons, 6th man et désormais titulaire indiscutable aux Nets, Spencer Dinwiddie a un parcours atypique en NBA qui force le respect. Aujourd’hui dans une phase ultra positive, le meneur/arrière des Nets peut prétendre au All-Star Game mais quelles en sont les raisons ? Analyse.

La plupart des meneurs back-up en NBA ont des profils-type qui se ressemblent. Ils sont en général assez petits en taille, énergiques, capable de scorer avec efficacité ou alors d’être assez bons gestionnaires pour distribuer des caviars en un temps réduit. Ces deux profils-type permettent de continuer d’alimenter une attaque voire même de poser le jeu en cas de moment faible. Spencer Dinwiddie est lui plus complet, et utilise sa grande taille (1m98) pour son poste à bon escient.

Un « avaleur d’espace » et un Q.I basket très élevé

Nous y reviendrons en fil rouge mais Spencer Dinwiddie est un joueur sacrément intelligent balle en main. Il peut être à la fois un meneur demi-terrain comme un meneur fort en transition rapide. La pace ? Il n’en a pas besoin. L’un de ses principaux atouts, qui n’est pour autant pas visible d’un premier abord, c’est sa lecture de la défense.

Son physique élancé, longiligne, lui permettent lorsqu’il a crée un décalage positif avec son vis-à-vis, d’utiliser son corps et ses appuis pour consolider son avance et aller facilement au panier. Voici un exemple parmi d’autres sur le Nets/Spurs.

Quand tu peux transpercer la ligne à trois points en trois appuis maximum, forcément…

La pose d’un « hedge » par Joe Harris force Derrick White à lâcher un minimum de concentration sur Dinwiddie pour se préparer à passer devant un écran. Écran qui, au final, n’en est pas un puisqu’un « hegde » n’est rien d’autre qu’un leurre. Pendant ce « hedge », Dinwiddie utilise la création d’un espace sur l’extérieur pour attaquer le panier. Ses appuis très longs lui permettent d’écarter White et dans un deuxième temps, lorsqu’Aldridge arrive (timidement) pour contester son attaque, le meneur des Nets réalise un double-pas très précoce mais à la fois rapide, long, pour effacer ce soutien et finir tout en finesse. Il s’agit d’une action individuelle avec une valeur tactique très réduite (le « hedge » devient assez commun en NBA avec la normalisation des physiques/poids) mais très efficace. Dinwiddie utilise à 200% ses atouts propres pour faire une large différence.

D’une manière générale, Spencer Dinwiddie est un joueur d’instinct qui sait très bien percer une défense adverse. Son atout est son physique particulier pour un meneur, vous l’avez compris. Grand, filiforme, habile, il est très souvent trop grand pour un vis-à-vis ou alors trop rapide pour un physique équivalent. Sa némésis aurait pu être un Shawn Livingston mais coup de bol, l’ancien meneur des Warriors a pris sa retraite. Depuis deux saisons et demi, Dinwiddie prend confiance en ses capacités et ne cesse d’avoir un impact grandissant aux Nets. Très bien coaché par Kenny Atkinson, un coach qui l’a d’abord utilisé en tant que 6th man et qui le serait resté si Kyrie Irving ne s’était pas blessé assez durement pour l’installer dans la durée au poste 1.

Voici l’évolution de ses stats pures entre l’an passé et cette année :

Tableau signé CCS, source : basketball-reference.com

Ceux qui vont dire que ses pourcentages au tir baissent, on vous voit venir et il faut souligner que le combo-guard a pris 12.2 tirs/match l’an dernier, contre 17.3 tirs/match cette année. Plus on tire, plus on a de chances de manquer la cible…

Voici un autre exemple dans la faculté de Dinwiddie à créer un espace favorable pour scorer.

OK c’est les Hawks. Et alors ?

Cette fois-ci pas de « hedge » mais un véritable écran de la part de Jarrett Allen. L’action est rondement menée par Dinwiddie puisqu’en effaçant à ce point Reddish sur la sortie d’écran, il s’ouvre la voie d’un tir à trois points sans conteste. Au lieu de se réfugier dans un secteur où il n’est pas le plus à l’aise, Dinwiddie attaque le panier grâce à un espace béant en face de lui. Là où son intelligence rentre en ligne de compte, c’est lorsqu’il réalise un euro-step (un pas vers la gauche, un pas vers la droite. Si vous ne connaissez pas, tapez Manu Ginobili sur YouTube) qui ne sert même pas à effacer un défenseur frontalement positionné en face de lui. L’utilisation générique de ce move. Le premier pas de son euro-step lui permet de garder derrière lui un Reddish qui a tenté de revenir, l’empêchant d’intervenir sous peine de faire faute. Le deuxième pas lui permet de libérer sa main droite, mise en danger par le bon positionnement défensif de Bruno Fernando. La main bien protégée par le corps, c’est une augmentation des chances de réussite. Dinwiddie abuse de ce genre de moves pour faciliter son tir ou l’espace pour son partenaire. Et il a bien raison.

Spencer Dinwiddie est donc un joueur fort, dominant dans le 1v1 offensif puisqu’il sait se servir de l’adversité pour créer son propre tir. Mais… ce serait réduire le combo-guard des Nets à un simple rôle de scoreur. Il sait aussi utiliser son corps, se servir de l’espace pour servir les copains qui gravitent autour.

Voici une action-type où une nouvelle fois, Dinwiddie utilise l’espace en étant alerte mais montre ses qualités de passeur.

Good D LaMarcus.

Sa course irrégulière dans le rythme comme dans les directions rend sa décision indécise pour la défense qui ne sait pas comment l’appréhender. Volonté du joueur ? Sans aucun doute. Avec l’aspiration, Dinwiddie aurait pu attaquer de front Aldridge et aller chercher le panier main gauche/main droite. Au lieu de se précipiter, il profite de l’écran d’Allen conjugué au retard de Murray pour lire une trajectoire de passe qui ne peut être autre qu’un alley-oop, étant donné qu’Allen met du temps à se retourner. Au fil des instants, Aldridge fait le choix de s’engager et tombe dans le piège du meneur, qui sert sur un plateau le n°31 local.

D’une manière générale, Spencer Dinwiddie fait peu de mauvais choix et est efficace. Et ce, depuis bientôt deux ans mais deux choses font grimper sa côte de popularité : le bilan des Nets, excellent depuis qu’il a pris les rênes de la mène (désolé Kyrie) et sa belle progression statistique. Son jeu n’a pas fondamentalement changé depuis les Pistons, dans la lecture du jeu sous les angles que nous avons essayé de souligner. Une progression à trois points ne serait pas de trop, puisqu’en dehors des spots 60° (les diagonales droites/gauche), Dinwiddie n’est pas très très fiable mais ce n’est pas son jeu. En prime, il défend de tout… On l’a vu défendre sur des postes 1 mais aussi sur des postes 4, comme par exemple LaMarcus Aldridge. Bref, Spencer Dinwiddie a le niveau All-Star depuis le début de saison et le prouve chaque soir.

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