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AS Saint-Etienne, année de transition ou rendez-vous manqué ?

Après une saison 2018/2019 aboutie sous les ordres de Jean-Louis Gasset, l’AS Saint-Etienne pouvait légitimement afficher des objectifs élevés cette année. Même si Printant avait remplacé son ami à la tête de l’équipe première, les joueurs étaient les mêmes, les supporters derrière leur équipe, et l’Europa League comme bonus de luxe. Tout était réuni pour voir les Verts continuer leur progression. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu. Retour sur le début d’année des Stéphanois.

Après une saison 2018/2019 aboutie sous les ordres de Jean-Louis Gasset, l’AS Saint-Etienne pouvait légitimement afficher des objectifs élevés cette année. Même si Printant avait remplacé son ami à la tête de l’équipe première, les joueurs étaient les mêmes, les supporters derrière leur équipe, et l’Europa League comme bonus de luxe. Tout était réuni pour voir les Verts continuer leur progression. Mais tout ne s’est pas passé comme prévu. Retour sur le début d’année des Stéphanois.

L’après Gasset

Les Verts de Saint-Etienne terminent la saison 2018/2019 à une belle 4ème place, juste derrière l’Olympique Lyonnais. Khazri, Cabella et Saliba mènent les leurs en Europa League en devançant notamment l’OM, Monaco ou encore les Rennais vainqueurs de la Coupe de France. L’inter-saison s’annonce belle dans le Forez. Alors que Gasset annonce son départ, Ghislain Printant est plébiscité par le vestiaire et notamment les hommes forts de la saison écoulée comme Yann M’Vila et Wahbi Khazri par exemple. Les dirigeants optent alors pour cette solution-là ; Printant est intronisé et tout le monde en est ravi. Fidèle aux préceptes de Jean-Louis Gasset, Ghislain Printant peut donc compter sur des joueurs qu’il connaît bien ainsi que sur de nombreuses recrues.

Le mercato est bien mené. Animé par le dossier Saliba, vendu à Arsenal puis prêté à l’ASSE, l’été vert est également marqué par le départ de Rémy Cabella remplacé par Ryad Boudebouz. Une bonne affaire sur le plan financier, mais pas vraiment sur le plan sportif aux vues de son début de saison. Denis Bouanga arrive également dans le Chaudron après une saison convaincante du côté de Nîmes (8 buts en 35 matchs). Harold Moukoudi et Yohan Cabaye arrivent libres. Zaydou Youssouf débarque en provenance de Bordeaux pour seulement 2 millions d’euros. Il est suivi par son coéquipier chez les Girondins Sergi Palencia, acheté au FC Barcelone pour la même somme. Pour renforcer un peu plus le milieu et compenser les départs d’Aït-Benasser et Vada, les dirigeants stéphanois obtiennent le prêt de Jean-Eudes Aholou (AS Monaco). Enfin, Miguel Trauco, latéral gauche péruvien vient découvrir la Ligue 1 Conforama après avoir disputé la finale de la Copa America (défaite face au Brésil).

Successeur de Jean-Louis Gasset, Ghislain Printant n’a pas connu la même réussite (Photo : 365 Football)

L’échec de Ghislain Printant

L’ASSE entame la saison 2019/2020 par un déplacement à Dijon. Au Stade Gaston Gérard, les Verts s’imposent grâce à des buts de Romain Hamouma et Jean-Eudes Aholou pour une victoire finale 2 buts à 1. La saison est bien lancée mais va rapidement prendre un tournant bien plus compliqué. Aucun des 6 matchs suivants n’est remporté. La défense qui avait permis à Saint-Etienne de se classer 4ème l’an dernier est bien moins performante, notamment à cause de l’absence de William Saliba blessé. De nombreux joueurs sont à cours de forme à commencer par le meilleur buteur de la saison précédente Wahbi Khazri. Après un été éprouvant au cours duquel il a disputé la CAN avec la sélection tunisienne, Khazri n’a pas la condition physique nécessaire. Malgré les performances encourageantes de certains joueurs dont Bouanga et Trauco, les Verts n’avancent plus. Pire encore, certains joueurs semblent lâcher Ghislain Printant. Pourtant à un niveau plus que correct la saison passée, Yann M’Vila n’y est plus. Loïc Perrin, historique capitaine de l’ASSE éprouve lui aussi de plus en plus de difficultés devant les attaquants vifs de Ligue 1.

La campagne d’Europa League n’est pas favorable non plus à l’entraîneur corse. Après une défaite face à La Gantoise en ouverture (3-2 en Belgique), les Verts sont tenus en échec à domicile par Wolfsburg (1-1 à Saint-Etienne). Même si la qualification est encore tout à fait envisageable à ce moment-là, Printant semble épuiser ses jokers les uns après les autres. Malgré une victoire à Nîmes dans la douleur, Ghislain Printant est démis de ses fonctions par les dirigeants stéphanois. Même si son éviction est logique, le déroulement de celle-ci a énormément agacé les supporters. En effet, Roland Romeyer et consort auraient décidé de le « licencier pour faute grave, et donc sans indemnités, après qu’une tentative de conciliation devant la commission juridique de la Ligue a échoué ». Une décision cruelle pour celui qui a toujours tout donné pour l’ASSE, en tant qu’adjoint de Gasset puis comme entraîneur principal.

Histoire de Derby

Printant limogé, c’est à Claude Puel que le destin de l’ASSE est confié. Et l’ex-coach lyonnais a droit à un affrontement de taille pour lancer son aventure stéphanoise : le Derby. Comme l’ASSE, l’OL est en grande difficulté avant ce match. Dans une ambiance des grands soirs, les historiques rivaux se livrent une partie tendue et peu spectaculaire. Mais en toute fin de match, Robert Beric est à la réception d’un centre millimétré de Ryad Boudebouz et crucifie les Lyonnais. Ce succès a des conséquences formidables sur l’effectif stéphanois. S’en suivent 8 matchs sans défaites (toutes compétitions confondues) et une confiance retrouvée. Puel n’hésite pas à lancer des jeunes. Charles Abi en attaque, mais aussi Madhi Camara au milieu et Wesley Fofana en défense. Il installe également Youssouf dans l’entre-jeu. Transfuge des Girondins de Bordeaux, Youssouf monte en puissance et incarne le renouveau stéphanois. L’autre homme fort de Saint-Etienne, c’est William Saliba. A seulement 18 ans, le jeune défenseur central est le maillon indispensable de l’ASSE. Mais malheureusement pour les Stéphanois, Saliba joue trop peu. En raison de plusieurs blessures, Saliba n’a joué que 7 matchs cette saison. Le résultat ? Sur cette série de 7 matchs consécutifs, l’ASSE n’a jamais perdu (4 victoires, 3 matchs nuls) et n’a encaissé que 4 buts. Crucial.

A 18 ans, William Saliba est déjà indispensable à l’ASSE (Photo : Le Progrès)

Plus encore que Youssouf, c’est Denis Bouanga qui se révèle aux yeux du public vert. Avec 7 buts en 18 matchs, l’attaquant gabonais imite son illustre prédécesseur dans le Chaudron, un certain Pierre-Emerick Aubameyang. Capable d’évoluer sur le côté gauche dans un 3-2-2, Bouanga évolue aussi en pointe à certaines occasions comme lors du match à la Beaujoire. Grâce à son doublé, les Verts viennent à bout de solides Nantais. Décisif, il l’est. Mais les absences de Khazri, d’Hamouma et l’inconstance de Boudebouz font de Bouanga le seul élément capable de convertir les mouvements stéphanois. Trop faibles offensivement, les Stéphanois patinent. Mais à l’image de leur saison en dents de scie, ils sont aussi capables de très bonnes performances à l’image du match contre Nice (victoire 4-1). Même si l’ASSE remonte en Ligue 1, elle enchaîne les contre-performances en Europa League et voit finalement ses rêves européens avortés. Une fois l’effervescence retombée, « l’effet Claude Puel » s’essouffle et les joueurs de Saint-Etienne retombent dans leurs travers. Incapables de remporter un match d’Europa League en 6 rencontres, les Verts terminent derniers de leur groupe. Point positif ? Ils pourront se concentrer sur le championnat.

Les raisons d’y croire

L’AS Saint-Etienne a donc terminé la phase aller avec 25 points pris en 19 matchs. Nul doute que la 14ème place n’était pas l’objectif défini en début de saison. Mais il serait bien malvenu de se focaliser exclusivement sur ce chiffre brut : 14. Et cela pour plusieurs raisons. La première étant l’hyper homogénéité de la Ligue 1 Conforama. En effet, l’ASSE est à 3 points seulement de Reims… 6ème du championnat ! Aucun écart n’est fait au classement. Il y a néanmoins beaucoup d’équipes capables de remonter au classement et rien ne sera facile pour l’ASSE.

De plus, l’ASSE possède un atout majeur dans sa poche : Claude Puel. Arrivé en cours de route sans avoir défini personnellement son effectif, le technicien a su redresser la barre de belle manière avant de connaître une période plus compliquée. Mais qu’en sera-t-il après le mercato ? L’ASSE ne va pas investir 30 millions, mais tout de même. Quelques départs, une ou deux arrivées, et la machine sera lancée. Claude Puel a l’habitude de compter sur des hommes expérimentés et de lancer des jeunes pépites. Laissons-lui le temps de dessiner lui-même son effectif, et rappelons-nous de ce que le natif de Castres a su faire dans un passé récent, à Nice et Leicester.

Claude Puel aura l’occasion de redéfinir un effectif compétitif (Photo : Peuple-Vert.fr)

Cette saison serait-elle alors un épisode de transition ? Le modèle économique stéphanois tend à évoluer, la preuve étant le ménage fait dans les postes à hautes responsabilités. Pour continuer à progresser, l’ASSE doit se recentrer autour d’un homme fort comme l’a été Jean-Louis Gasset l’an dernier. Claude Puel a toutes les armes pour être cet homme. Avec un peu de temps (et un peu d’argent), nul doute qu’il saura bâtir une équipe. Une vraie équipe. Certains joueurs n’ont plus leur place à l’ASSE, pour diverses raisons. Loïs Diony est amené à partir, Yann M’Vila ne fera pas de vieux os non plus, et le départ définitif de William Saliba est déjà (malheureusement) acté. Alors oui, cette saison est une vraie saison de transition, entre un exercice 2018/2019 très abouti et une saison 2020/2021 qui s’annonce cruciale pour les finances du club.

Toutefois, la déception est présente. Et logique ! L’irrégularité de l’équipe et l’investissement fluctuant de certains joueurs est extrêmement agaçant pour les fans. Les déclarations et les actions des dirigeants frisent le ridicule par moment. Enfin, clou du spectacle, l’ASSE est sanctionnée d’un huis clos jusqu’à nouvel ordre pour avoir usé d’engins pyrotechniques lors de la réception du PSG (0-4). Pour toutes ces raisons, la saison 2019/2020 est d’ores et déjà tâchée.

Le Derby, rare nuit d’ivresse pour le peuple vert (Photo : Le Progrès)

Les rendez-vous importants de 2020

  • PSG-ASSE (Coupe de la Ligue), le 8 janvier
  • ASSE-OM, le 5 février
  • OL-ASSE, le 1 mars
  • Monaco-ASSE, le 14 mars
  • PSG-ASSE, le 18 avril

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