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LOSC : où en sont les Dogues ?

Après de longues années d’inconstance, le LOSC est sorti de l’ombre des grosses écuries de Ligue 1 pour s’offrir la saison dernière une deuxième place aussi inattendue que méritée. Guidé par un projet structuré et ambitieux, le club poursuit sa route avec une 4ème place à mi-saison. Pourquoi semblent-ils moins forts ? Quels objectifs pour cette fin de saison ? Beaucoup de questions autour d’un club qui veut s’installer durablement dans le top du football français. 

Un été agité

La politique de trading initiée par le président Gerard Lopez implique un effectif changeant dont les meilleurs joueurs sont vendus à prix d’or régulièrement. L’été dernier n’a pas dérogé à la règle et le LOSC a perdu son meilleur joueur, Nicolas Pépé, parti se perdre dans un club d’Arsenal en pleine crise. Plus qu’un simple buteur il était le fer de lance de l’attaque lilloise (22 buts – 11 passes d.) et a mené cette équipe tout au long de la saison avec une régularité impressionnante. Le milieu référence Thiago Mendes ainsi que le latéral gauche Youssouf Koné sont eux partis garnir les rangs lyonnais. Malgré des départs qui pouvait initier un coup d’arrêt au projet lillois, le recrutement a permis d’enregistrer de nombreuses arrivées dont notamment des jeunes amenés à exploser (Victor Osimhen, Timothy Weah), un milieu rodé à la Ligue 1 (Benjamin André) et deux énigmes (Yusuf Yazici, Renato Sanches). Le mix semble parfait si on rajoute à ça des jeunes renforts défensifs : l’équipe est armée pour faire bonne figure en championnat.

Une phase aller mitigée

Le LOSC fait moins rêver que la saison dernière, mais cela implique-t-il qu’il a régressé ?

Les retombées du recrutement n’ont pas mis longtemps à être visible sur le terrain. Le jeune nigérian Osimhen incarne toute la réussite de la stratégie de trading, il enchaîne les buts depuis son arrivée et les écuries européennes ont déjà un œil sur l’ancien joueur de Charleroi. Acheté 12 millions, la plus-value s’annonce plus qu’intéressante. Il prend le relais de Nicolas Pépé sur le plan statistique et c’est une première satisfaction. Cependant, l’équipe souffre d’un manque créatif en attaque incarné par la baisse de régime de Jonathan Ikoné pourtant devenu international. Derrière on attendait du turc Yazici qu’il prenne cette responsabilité, en vain puisqu’il a tardé à se libérer et sa récente rupture des ligaments croisés l’éloigne des terrains jusqu’à la fin de la saison. 

Victor Osimhen fête un but en championnat (LFP)

Moins de folie offensive implique-t-il plus de solidité derrière ? Pas dans ce cas puisque le LOSC souffre énormément dans une zone qui faisait sa force la saison dernière. Cette différence est principalement due au niveau en berne de José Fonte dont les années (36 ans) se font logiquement sentir. Gabriel, Çelik et Maignan sont moins tranchants que lors de l’exercice précédent tandis que les recrues Bradaric, Reinildo ou encore Djalo manquent encore de repères. Benjamin André est sûrement celui qui, dans l’ombre, tient la baraque des Dogues en effectuant le travail ingrat du milieu de terrain à merveille. Il prend une vraie posture de cadre après seulement 4 mois dans l’effectif. 

Avec un effectif très changeant au gré du mercato et des blessures, Christophe Galtier s’adapte à merveille et fait de ce club un candidat naturel au podium. Son temps de passage est inférieur de trois points par rapport à la saison dernière à la même période et tout reste possible. Cependant, les Dogues semblent avoir perdu la régularité qui leur réussissait et leur deuxième partie de saison n’est pas la plus aisée à prévoir.

Quelles ambitions pour la phase retour ?

4ème de Ligue 1 à la trêve, c’est une place qui peut laisser entrevoir un beau printemps. Derrière l’ogre PSG, la deuxième place (objectif affiché par le président) semble difficile à accrocher avec 7 points de retard sur un Olympique de Marseille bien parti pour exceller encore sur la deuxième partie de saison. Juste devant c’est le Stade Rennais avec deux points d’avance et un match de moins qui se dresse sur le podium. Sans faire offense aux Bretons, ils sont largement à la portée du club du Nord qui jouit d’un effectif plus riche et plus mûre à ce niveau. Reste à édifier une défense solide qui reste la clé de la réussite lilloise de la dernière saison. 

« Si on part du principe que le PSG reste intouchable, c’est le top 2 ou top 3 qu’on doit viser« 

Gerard Lopez

Comme depuis des années, ce club est une grande énigme et beaucoup ont du mal à savoir où sera le LOSC en mai prochain. Cette saison ne déroge pas à la règle et le facteur X de cette énigme semble bien être Renato Sanches. Le jeune portugais (22 ans) est apparu tardivement sur les terrains et a démontré qu’il n’avait pas volé son trophée de Golden Boy 2016. Une prestation majeure face à Montpellier est venue rappeler à quel point le joueur est talentueux. Il semble libéré dans cet environnement lillois sain et il compte bien rappeler au monde qui il est et qu’il n’est pas un de ces potentiels gâchés comme on en a trop vu. Il peut emmener cette équipe loin et s’il parvient à atteindre une vraie constance dans son jeu, les Dogues pourront s’appuyer offensivement sur lui ainsi que Victor Osimhen pour espérer concurrencer l’OM. 

La Ligue des Champions : quels enseignements ?

C’est un point clé de la saison d’un tel club mais pourtant l’épisode européen lillois semble être une simple parenthèse. Pourtant cette compétition incarne toute l’ambition du projet initial et est beaucoup plus qu’une simple rentrée d’argent. 

Dans un groupe relevé (Ajax, Chelsea et Valence), les Dogues n’auront ramené qu’un tout petit point. Une performance qui pourrait sembler proche du ridicule mais le contenu des matchs laisse fortement penser que ce LOSC est capable de grandes choses. Des confrontations pleines d’intensité ont permis aux joueurs et à l’entraîneur d’engranger beaucoup d’expérience au plus haut niveau du football européen. Une parenthèse inutile pour certains, le club a grandi en cet automne 2019 et cette expérience va leur apporter beaucoup dans les matchs qui vont compter lors de la phase retour. Et pourquoi pour la prochaine échéance continentale dès l’année prochaine.

Les joueurs lillois écoutant l’hymne de la Ligue des Champions (©Maxppp)

Le LOSC a payé pour apprendre en Ligue des Champions et le projet avance très sereinement. L’enjeu pour les Dogues réside principalement dans les transitions intersaisons : il faut maintenir l’équilibre entre départs et arrivées pour rester compétitif malgré la perte de talents. Gerard Lopez semble en avoir pris la pleine mesure. Un projet sain, une communication limpide, tout est réuni pour que Lille poursuive sa route et continue son ascension pour s’installer comme un gros du championnat de France.

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