Basket Europe

Dossier : le magnifique début de saison de l’ASVEL

Cette saison est une saison charnière pour le basket français. L’hexagone est en effet privé d’EuroLeague depuis plusieurs années et le passage de la compétition dans le format quasi-fermé, dès la saison 2015-2016, s’inspirant du modèle du sport US. Depuis cette année, l’ASVEL est un des clubs à avoir obtenu une Wild Card de deux ans pour participer à la plus prestigieuse des compétitions européennes. Entre arrivée de l’EuroLeague et défense de son titre de champion de France, le club fait face à de nombreux défis.

Géant en France, nain en Europe

Malgré un budget en net augmentation depuis quelques années, le club se doit encore de progresser afin de se donner les armes pour exister sur le long terme. Pour la première fois, un club français a passé les 10 millions de budget pour atteindre un prévisionnel de 11,44 millions. Si ce chiffre est impressionnant au niveau hexagonal où le club se classe en tête devant l’AS Monaco Basket ou la SIG Strasbourg, le club reste encore un tout petit en Europe quand on sait que le budget moyen dans cette compétition est d’environ 25 millions. Difficile encore pour l’ASVEL de rivaliser au niveau européen face à des clubs aux fiscalités avantageuses et ou bien aidé par le statut omnisport qui leur permettent de combler les déficits via les ressources d’autres sports (avec comme exemple les plus connus le Real Madrid Baloncesto et le FC Barcelone Lassa).

L’ASVEL a donc opté pour un modèle économique fiable et maîtrisé. Sa masse salariale reste stable depuis l’année dernière avec un chiffre de 3,5 millions, encore bien loin des 12,6 de moyenne de la plus grande des compétitions européennes (pour la saison 2018-2019).

Aujourd’hui, le club rhodanien n’est qu’au début de son ambitieux projet. Avec divers piliers soutenant ce dernier comme la Tony Parker Academy, une nouvelle salle multifonction de 10 000 places (qui va permettre une diversification des ressources) et l’arrivée du club de football Olympique Lyonnais dans le capital du club, l’ASVEL montre qu’il compte bien au fil du temps se faire une place importante sur l’échiquier du basket-ball européen.

Un effectif soigneusement construit

Sous la houlette d’un coach référencé de notre championnat, le monténégrin Zvezdan Mitrovic, l’ASVEL a choisi de se construire un effectif cohérent en alliant jeunesse et expérience.

Réputé club formateur, les rhodaniens peuvent compter sur la pépite Théo Maledon. Ce jeune pousse de 18 ans a fait l’année dernière une excellente première saison complète en tant que professionnel. Annoncé comme futur joueur NBA, le natif de Rouen a terminé logiquement meilleur jeune du championnat et MVP des finales de la Coupe de France. Il a aussi connu ses premières sélections en Équipe de France. D’autres jeunes français sont présents dans cet effectif comme l’aillier fort de 22 ans Amine Noua qui reste sur une saison à un peu plus de 10 points de moyennes en Jeep Elite en sortant très souvent du banc.

Afin d’entourer cette jeunesse, le club peut compter sur l’importantissime Charles Kahudi, au club depuis 2015, et multiple médaillé avec l’équipe de France. D’autres internationaux et anciens joueurs du championnat rejoignent le navire après avoir pris de l’expérience en Europe. C’est le cas de Edwin Jackson, formé au club et qui après avoir voyager un peu partout en Europe (et même jusqu’en Chine !) a été séduit par le projet Parker. Antoine Diot (92 sélections) a aussi choisi de revenir en France après quatre saisons à Valence où il a notamment obtenu un magnifique titre de champion d’Espagne en 2017.

Arrivé durant la saison dernière, Adreian Payne (ex Panathinaïkos) apportera son expérience et sa hargne qu’on lui connait. Jordan Taylor lui débarque du CSP Limoges. Le triple champion de France David Lighty sera encore de la partie.

D’autres joueurs en pleine progression complètent l’effectif comme Rihards Lomazs (23 ans), Livio Jean-Charles (25 ans), Ismael Nako (23 ans) et Tonye Jekiri (25 ans).

Des débuts européens plus qu’encourageants

Avec une arrivée dans le monde des géants européens, l’ASVEL pouvait avoir comme objectif de réaliser au minimum 8 victoires, ce qui aurait été honorable pour une entrée dans la compétition. Cependant, à la surprise générale, le club n’a pas attendu 2020 pour atteindre ce seuil. Avec un bilan après 17 journées de 8 victoires pour 9 défaites, le club fait preuve d’une incroyable résistance qui peut s’expliquer en plusieurs points.

Tout d’abord, l’ASVEL a su faire de l’Astroballe une forteresse difficilement prenable. Avec un bilan de 7 victoires pour 3 petites défaites, le club peut compter sur ses performances devant un sixième homme répondant toujours présent afin de voir plus grand dans cette EuroLeague. De plus, Lyon – Villeurbanne a déjà fait tomber des clubs prestigieux comme l’Olympiakos, la Panathinaïkos, ou le CSKA Moscou, champion d’Europe en 2019. Rien que ça. Vendredi dernier, il a longtemps résisté au grand Real Madrid avant de s’incliner de 10 points. Chez lui, l’ASVEL sait regarder l’adversaire dans les yeux, quel que soit son statut.

Ce beau début de saison du club du Rhône est dû à un esprit d’équipe remarquable, souvent visible et essentiel dans chaque victoire. Tout l’effectif se sent concerné. Le joueur le plus utilisé dans la compétition est Tonye Jekiri avec à peine 25 minutes de temps de jeu (on retrouve treize joueurs à plus de 10 minutes de moyenne par match). Cela est aussi visible sur la répartition du scoring où l’on retrouve neuf joueurs à plus de 6 points par matchs, le maximum étant « seulement » David Lighty avec 10,6 points par match.

Les victoires de l’ASVEL sont donc collectives ! Mention spéciale pour le nigérian Tonye Jekiri (9,4 points et deuxième meilleur rebondeur de la compétition avec 8,8 prises par match). Véritable révélation de cette EuroLeague, ce pivot mobile montre de bonnes aptitudes des deux côtés du terrain et ne devrait pas faire long feu sur la cité rhodanienne (sous contrat jusqu’à la fin de la saison, il attire les convoitises de nombreuses grandes écuries européennes).

S’il est aujourd’hui bien installé en milieu de tableau (11e), le club du président Parker pourrait néanmoins vite redescendre avec ce mois-ci des déplacements difficiles où le club a encore du mal à aller chercher de précieuses victoires à l’extérieur. Et l’on sait que l’ASVEL va beaucoup voyager en cette deuxième partie de saison avec pas moins de dix déplacements.

L’ASVEL peut-il se mettre à rêver du top 8 ? Cela semble dur à imaginer. Mais l’on a bien vu depuis le début de la compétition, cette équipe n’a pas fini de nous surprendre !

Un départ historique en Jeep Elite

Le calendrier est important, mais cela n’empêche pas le club de ne pas négliger la Jeep Elite, chose qui aurait pu être envisageable. L’ASVEL a réalisé un début de saison historique avec 14 victoires d’affilées ! Il a fallu une défaite chez les champions de France 2018, Le Mans, pour mettre fin à cette incroyable série.

Solide des deux côtés du terrain (3e attaque et 3e défense), le champion de France en titre présente donc un bilan exceptionnel de 15 victoires et 2 défaites et se situe en première position, à égalité avec Monaco. Et c’est cette équipe qui a fait chuter chez elle ce dimanche (79-59) un ASVEL qui commence à ressentir la fatigue d’un calendrier assez chargé. C’est sa deuxième défaite d’affilée hors de ses bases en Jeep Elite.

En championnat encore, l’ASVEL tire une nouvelle fois la quintessence de son effectif. Le premier marqueur est Edwin Jackson avec 12,7 points et se classe à la 30e place des tops scoreurs de la ligue. Aucun joueur de l’ASVEL n’est présent dans le top 10 des rebondeurs ou passeurs de Jeep Elite. Une nouvelle fois, la force collective de cette équipe est mise en avant. L’absence d’un joueur n’est jamais préjudiciable pour l’équipe et les objectifs collectifs communs prennent le pas sur l’intérêt individuel.

De nombreux challenges attendent le club Villeurbannais. Si l’équipe fait un début de saison très solide, elle n’a pour l’instant rien gagné. Eliminé en Coupe de France, l’EuroLeague va puiser de l’énergie et la lutte pour le titre national est loin d’être garantie pour un ASVEL faisant face à des équipes de qualité comme l’AS Monaco Basket, la JDA Dijon ou encore Boulogne – Levallois.

Et vous, où voyez vous l’ASVEL en fin de saison ? A vos pronos !

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