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Open d’Australie : c’est très grave, docteur

Ce n’est un secret pour personne : l’Australie brûle sur l’entièreté de ses côtes depuis plusieurs semaines. Les chaleurs insoutenables n’arrangent en rien les conditions et l’air devient tantôt irrespirable, tantôt nocif à la santé des citoyens locaux. Ces citoyens ne sont pas seuls puisqu’en ce moment se déroule l’OA, comprenez Open d’Australie, dans des conditions honteuses et sans que cela ne choque dans les grandes instances du tennis mondial.

Pour commencer et pour bien comprendre l’ampleur de la situation ubuesque que le gratin du tennis mondial est en train de subir, voici quelques tweets de Quentin Moynet, journaliste spécialisé tennis au journal l’Equipe.

Inutile de vous faire un dessin : la situation humaine est dramatique à Melbourne et dans toute l’Australie. Les conditions de vie sont affreuses pour celles et ceux qui souhaitent simplement circuler dans les rues de la deuxième ville d’Australie. Les politiques de la ville demandent, comme vous l’avez vu, au peuple de rester cloîtré chez lui à cause de la pollution de l’air. Depuis plusieurs jours, la ville et ses environs sont recouverts d’une forme de nuage de fumée toxique lié aux incendies qui font des ravages à l’est. Comment peut-on donc décemment demander à des joueuses et des joueurs de pratiquer une discipline sportive, quand on sait que même dans un climat classique, à cette période de l’année, le tournoi de l’Open d’Australie est très éprouvant physiquement car les températures dépassent aisément les 35/40° ressentis au sol ?

Résultat :

  • une première joueuse a déclaré forfait et il s’agit de la méconnue (et alors ?) Dalila Jakupovic. La joueuse a confié, une fois qu’elle se sentait mieux, que « ça n’allait pas du tout (…). Au sol, c’était plus facile de respirer »
  • un ramasseur de balle (rappelons-le, ce sont des personnes qui passent une majeure partie du match debout, immobiles et qui sprintent pour récupérer la balle) a fait un malaise en plein match.
  • Maria Sharapova a abandonné lors d’un match exhibition (donc, sans enjeu) à cause de conditions extrêmes.

Le gros problème : la non-anticipation

Une fois que le tournoi est lancé, il est trop compliqué d’annuler un tournoi de tennis – qui plus-est, de cette envergure – même si les raisons ne sont pas financières. En effet, l’Open d’Australie est « assuré » à hauteur de 62 millions d’euros. Mais que dire à celles et ceux qui ont joué plus de matchs que d’autre ? Des polémiques peuvent très vite rentrer en ligne de compte si des grands joueurs, à la réputation et aux finances bien plus importantes que d’autres, sont « protégés » rien qu’indirectement. Quel tôlée ce serait si Roger Federer est mis dans les moins pires conditions au profit d’un ou une 160e mondiale ?

Le vrai problème est que l’Open d’Australie aurait dû être tout simplement annulé ou reporté pour des raisons qui ne souffrent d’aucune contestation.

Chers dirigeants internationaux, il serait peut-être bon de voir que ceux qui rincent indirectement vos poches sont en train de mettre à mal leurs santés et même leurs vies. Pour le simple plaisir du jeu ? Ils n’ont tout simplement pas le choix. Mais où sont les valeurs du sport ? Où va le sport ? Tant de questions désolantes à poser pour entrer dans la nouvelle décennie…

Source : Le Monde

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