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Comment Mikel Arteta va refaire d’Arsenal un club qui compte ?

Suite au limogeage d’Unai Emery fin novembre, puis à l’intérim assuré par Freddie Ljungberg, Arsenal a nommé à la tête de l’équipe un novice, en la personne de Mikel Arteta. L’ancien adjoint de Pep Guardiola s’est donc émancipé de l’entraîneur catalan (après plus de trois ans de collaboration) pour prendre, seul, les rênes d’un club. Pour une première expérience il n’est pas “dépaysé” puisque qu’il retourne dans un club qu’il connaît bien, Arsenal. En effet, il a porté les couleurs rouges et blanches durant cinq saisons (de 2011 à 2016), au cours desquelles il aura remporté deux F.A Cup (2014 et 2015) ainsi que deux Community Shields (2014 et 2015), il aura également porté le brassard de capitaine à plusieurs reprises malgré ses différentes blessures, lors de ses deux dernières saisons. Le chantier qu’il a déjà entrepris est immense, et même si ses premiers pas sont plutôt intéressants, avec en point d’orgue une victoire face à Manchester Utd, on a également entraperçu quelques lacunes, qui sont normales au vu des faiblesses de l’effectif mais qu’il faudra estomper le plus possible d’ici à la prochaine saison. Et pour ce faire nous avons établis cinq principes ou résultats pour redonner un peu de prestige à ce club qui en manque cruellement depuis quelques années.

1.Remobiliser les troupes

Le mental, c’est quelque chose qui peut nous paraître abstrait mais qui, à ce niveau là, est absolument prépondérant pour gagner des matchs et remporter des titres. Le problème est que depuis la fin de l’ère Arsène Wenger, on ne sent pas cette équipe capable de rivaliser sur le plan mental avec les meilleures équipes du Royaume (même si il n’y a pas que ça, évidemment). Sous Unai Emery, hormis les premières semaines et malgré un discours plutôt ambitieux, nous n’avions pas non plus sentis cette envie de dominer l’adversaire coûte que coûte, quelque soit l’adversaire. 

Depuis l’intronisation de Mikel Arteta, les choses ont l’air d’avoir changées, au moins de ce point de vue là, car même si les résultats sont plutôt mitigés, pour le moment, on sent un réel apport sur le plan mental, ceci dit il ne faut pas non plus s’enflammer (cf le match du week-end dernier, face à Crystal Palace). Lors de ce match les joueurs ont dominés de la tête et des épaules les 30 premières minutes avant de disparaître petit à petit et de concéder l’égalisation sur une erreur de concentration mais comme l’a souligné le technicien basque, il va tout faire pour inverser cette tendance : « À ce niveau en Premier League, si vous vous éteignez deux secondes, cinq secondes, vous allez encaisser un but immédiatement. Je vais trouver un moyen d’essayer d’éviter ce genre de situations. Ça s’est passé aujourd’hui et ça nous coe deux points. »

Nul doute que Mikel Arteta voudra absolument que son équipe devienne une équipe résiliente, à tout épreuve, à l’image de ce qu’il a pus faire, avec Pep Guardiola, à Manchester City. Ceci dit, les joueurs devront être réceptifs, pour l’instant c’est le cas et c’est là tout l’enjeu de la suite de la saison.

Le rouge dont a écopé Aubam face à crystal Palace, traduisant une certaine fragilité.
Source : https://www.standard.co.uk/sport/football/mikel-arteta-blasts-arsenal-defence-switching-off-crystal-palace-a4332091.html

2.Retour d’un jeu offensif

Cela peut paraître assez évident, surtout pour un club comme Arsenal mais soyons honnête, la période Unai Emery n’aura pas été des plus jouissive et intense, en terme de jeu, malgré quelques buts d’anthologies ou quelques belles prestations, les ¾ du règne du technicien basque nous aurons surtout montré que ce dernier n’avait pas les épaules et/ou le charisme pour pouvoir imposer à ses joueurs, les principes de jeu que nous avions entraperçu, lors des premières semaines/mois.

Pour sa part, Mikel Arteta, souhaite redonner une identité clair à cette équipe et ce club, comme il a pus le dire lors de la conférence de presse pour son intronisation au sein du club : « La première chose est d’insuffler une nouvelle énergie. Les joueurs doivent commencer à accepter une façon de penser différente. Je veux que tout le monde au club ait le même état d’esprit. […] C’est ce que je ressens de l’extérieur (perte d’identité de jeu). Je veux en comprendre les raisons, mettre en oeuvre certaines choses qui seront un gain rapide pour les joueurs, le staff technique et tout le monde. J’ai mes idées que je vais garder pour moi. Je veux faire les choses à ma façon en convaincant les joueurs que c’est la bonne manière. »

De ce que l’on a pus voir lors de ses cinq premiers matchs à la tête d’Arsenal, Mikel Arteta semble aller sur la bonne voie. Le bloc équipe est beaucoup plus haut sur le terrain, la possession est de retour au centre de l’équation et des idées bien définis sont mises en place lors des phases offensives et défensives, bien que ces dernières soient encore à travailler… on y reviendra plus tard. 

Le plus gros bouleversement se situe donc, au niveau des phases offensives. Là ou Unai Emery fonctionnait plus ou moins en contre-attaque, avec un bloc assez bas sur le terrain et des récupérateur qui, à la récupération du ballon, envoyaient très vite ce dernier aux flèches de devant (Aubameyang, Pépé, Nelson, Martinelli…); Mikel Arteta, lui, fonctionne différemment. Tout d’abord son équipe joue plus haut sur le terrain et si son équipe est disposé en 4-2-3-1 sur le papier, cette dernière se transforme très vite en 3-2-4-1 ou 3-2-5 en possession du ballon, permettant au latéral gauche (ici, Kolasinac) de jouer beaucoup plus haut et permettant le surnombre constamment dans le camp adverse. Granit Xhaka profite également de ce système puisque cela lui permet de redescendre d’un cran et de jouer aux côtés de David Luiz et Sokratis ce qui facilite les sorties de balles et permet également à Maitland-Niles de rentrer à l’intérieur du jeu et grâce à ses grosses qualités physique, il peut ainsi récupérer plus de ballons qu’un Xhaka et mettre plus d’impact à la récupération. 

L’autre gros point fort de cette “transformation” est cette ligne de 5 joueurs offensifs qui permet à Arsenal de maintenir la pression très haut sur le terrain. La montée du latéral gauche permet ainsi à Aubameyang de se recentrer et d’être plus proche d’Özil et Lacazette pour combiner (belle démonstration sur le but d’Arsenal contre Crystal Palace). Comme dit plus haut, le fait d’avoir Kolasinac positionné aussi haut sur le terrain permet d’avoir plus de densité dans le dernier tier du terrain et quand vous avez de tels joueurs sur le plan offensif, cela crée des déséquilibre presque en permanence comme le montre parfaitement ces deux images juste avant le premier but d’Arsenal contre Manchester Utd. Kolasinac est trouvé dans le half-space, ce dernier, seul, a tout le temps d’ajuster son centre, Pépé est trouvé et ajuste De Gea. 

1ère image : Kolasinac, esseulé dans le half-space, est servi par Aubameyang dans la profondeur.
Source : Chaîne YouTube : « The 12th Man »
2ème image : Kolasinac a tout le temps pour ajuster son centre, Lacazette « aspire » deux défenseurs, Pépé, seul aux 6m trompe De Gea.
Source : Chaîne YouTube : « The 12th Man »

3.Stabiliser l’équipe

La contrepartie de ce système est que les défenseurs et milieux doivent être irréprochables tant sur le plan physique qu’au niveau de la concentration et c’est là où le bât blesse puisque beaucoup de joueurs ne sont pas assez fiables et sont connus pour leur sautes de concentrations, notamment David Luiz, Maitland-Niles, Kolasinac voire Granit Xhaka. Sans compter les blessures de plus ou moins longue durée ou les méformes de Chambers, Tierney, Holding et Bellerin et le fait que des joueurs comme Mustafi ou Sokratis n’ont clairement pas (ou plus) le niveau pour permettre au club d’atteindre une place parmi les quatre premiers du championnat.

Le mercato actuel (et le prochain) seront déterminants pour réussir à stabiliser l’équipe et améliorer l’effectif en qualité, plus qu’en quantité. Tout d’abord l’arrivé du jeune William Saliba, acheté la saison dernière pour 30M€ mais prêté dans la foulée à l’ASSE, fera sûrement le plus grand bien. Ensuite plusieurs rumeurs ressortent, depuis quelques semaines/mois, faisant état d’un intérêt plus que insistant pour le jeune défenseur central français du RB Leipzig, Dayot Upamecano. Ce qui est sûr c’est qu’Arsenal doit investir sur des défenseurs, à moins que Holding fasse un retour tonitruant.

Autre rumeur, plus étrange celle-là, mais bel et bien très proche d’aboutir, il s’agit de la piste menant à Layvin Kurzawa, ce dernier pourrait s’engager en faveur du club londonien. Assez étrange quand on sait que le club possède déjà deux latéraux gauche d’un bon niveau (Tierney et Kolasinac). Ceci étant Mikel Arteta aurait validé la piste, il a peut être une idée derrière la tête pour permettre au parisien de se relancer.

4. S’appuyer sur la jeune génération

Autre point positif pour Mikel Arteta, la jeune génération qui pointe le bout de son nez depuis quelques saisons est extrêmement prometteuse, probablement la plus prometteuse depuis fort longtemps. Certains ont déjà fait leur trous et accumulent du temps jeu comme Maitland-Niles (22 ans), Mattéo Guendouzi (21), Joe Willock (20) voire Reiss Nelson (20), d’autres ont eu leur chance et l’ont bien saisis comme Gabriel Martinelli (18) et Bukayo Saka (18), 8 buts et 1 passe décisive toutes compétitions confondus pour le premier, 2 buts et 6 passes décisives pour le second.

D’autres pourraient également devenir des joueurs récurrents de l’équipe première, notamment Eddie Nketiah, après un prêt de 6 mois à Leeds il est revenus cet hiver du côté de Colney. Malgré ses 5 buts marqués avec un temps de jeu réduits, Marcelo Bielsa ne lui a pas suffisamment fait confiance, c’est pourquoi il finira la saison au club et devra épauler Aubameyang, Lacazette, Pépé et Martinelli en attaque.

Émile Smith-Rowe est également un joueur à surveiller et son prêt à Huddersfield pourrait lui faire le plus grand bien, en espérant qu’il ait du temps de jeu car ce jeune milieu offensif a du feu dans les jambes et pourrait très bien être le remplaçant naturel de Mesüt Özil après son départ.

Parmi les joueurs encore à l’Academy, notez les noms de John-Jules (en prêt à Lincoln), Folarin Balogun, Miguel Azeez, Sam Greenwood, James Olayinka ou encore Zech Medley. Ces joueurs pourraient bien devenir des futurs membres de l’équipe première.

(De gauche à droite) : Martinelli, Saka, Nketiah et Joe Willock, quelques jeunes de cette génerations dorées.

5.Retrouver la ligue des champions

Retrouver la ligue des champions est une condition sine qua non pour remettre Arsenal sur la carte des clubs qui compte, en revanche, la retrouver dès la saison prochaine paraît être une mission assez délicate pour Mikel Arteta. En effet, Arsenal est 10e de Premier League, à 11 points (!) du 4e, Chelsea, et le match à Stamford Bridge, mercredi prochain fera office de dernière chance. Se qualifier via l’Europa League paraît être la solution la plus « simple » mais là encore, la concurrence sera très rude. L’Inter Milan, l’Ajax Amsterdam et le Bayer Leverkusen ont été revérsés après leur 3e place en ligue des champions et des clubs comme le FC Séville, Manchester Utd, Benfica ou l’AS Rome seront de redoutables adversaires et gagner l’Europa League, même avec l’arrivée de Mikel Arteta sera loin d’être une chose aisée.

En revanche la qualification pour cette C1 est vitale pour l’avenir du club et ne pas être qualifié à l’issue des 18 prochains mois pourrait avoir des effets dramatique pour le club. D’un point de vue financier, déjà, sur les deux dernières années les revenus du club ont baissés de près de 80M€, alors qu’à l’inverse la masse salariale a augmentée de plus de 16% sur la dernière année et les investissements sur les mercatos augmentent également de plus en plus. La C1 est aussi vitale d’un point de vue attractivité, la Premier League est, certes, une bonne raison pour attirer certains joueurs mais les grands joueurs, eux, veulent jouer la plus grandes des compétions de club et sans C1 c’est mission impossible pour les attirer.

Classement de la Premier League, à la 22e journée… et Arsenal est mal embarqué dans cette saison

Tout porte à croire que Mikel Arteta réussira son paris : qu’Arsenal retrouve la C1 tout en retrouvant une identité de jeu qui l’a quitté en même temps qu’avec le départ d’Arsène Wenger. Mais le coach basque a certainement des ambitions bien supérieur il voudra probablement faire d’Arsenal un ogre européen et ses années à Man. City lui seront d’une grande aide car la situation actuelle et l’effectif actuel ne sont clairement pas au niveau d’un club voulant retrouver les sommets. Le chemin sera probablement long mais nous nous croyons en Mikel Arteta !

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