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NHL – Canadiens de Montréal : que révèle la nouvelle saison décevante du CH ?

Absents des séries éliminatoires depuis 2017 et leur défaite au premier tour contre les Rangers, les Canadiens sont aujourd’hui 13ème de la Conférence Est. Les Séries semblent s’éloigner une nouvelle fois pour Montréal et le style de jeu comme le projet inquiètent de plus en plus les fans du Tricolore. Comme un iceberg, les problèmes visibles du CH tiennent en un mot : l’inconstance. Pourtant, en profondeur, il semble que les lacunes de Montréal soient bien plus structurelles qu’il n’y paraît. Décryptage d’une équipe aux bords de la crise.

En apparence : le manque de régularité

  • Des séries de défaites inquiétantes

À l’heure d’écrire ces lignes, le CH a disputé 49 matchs, un chiffre qui correspond également à son nombre de point au classement. Le bilan des hommes de Claude Julien est de 21 victoires, 21 défaites et 7 défaites après prolongation. Le CH compte 7 points de retard sur Columbus, première équipe repêchée. En apparence rien d’insurmontable mais en regardant de plus près, la tâche s’avère compliquée pour les Habs. Le Tricolore est à la lutte avec pas moins de 6 équipes pour accéder aux Séries et il a joué deux ou trois rencontres de plus que ses adversaires.
Le maître mot qui définit le plus la saison des Canadiens est bien l’inconstance. Les séries de victoires se font rares, seulement 3 séries de 3 gains cette saison, avec tout de même des succès prestigieux en début de saison comme les deux victoires contre les Blues de Saint-Louis (12/10 et 19/10) en octobre ou celle contre les Capitals en novembre (15/11). Mais les séries de défaites marquent davantage les esprits. Le CH a rendu deux séries terribles de 8 défaites consécutives cette saison. Au cours de la première, en novembre, les Canadiens ont même encaissé 20 buts en 3 matchs… Terrifiant. Autre inquiétude marquante, c’est les difficultés éprouvées par le CH dans son antre du Center Bell : 9 petites victoires en 25 matchs. Se déplacer à Montréal ne fait plus peur à personne.

  • Un calendrier qui réduit les chances de participation aux Séries

Dans ce contexte, la question qui revient sur toutes les bouches des analystes de NHL est la suivante : les Canadiens peuvent-ils encore espérer se qualifier pour les Séries ? Avant d’analyser les carences de l’effectif du CH, il est bon de chercher quelques éléments de réponses dans le calendrier à venir pour les Habs. Il reste 33 matchs à disputés et il serait aventureux de parler d’un calendrier facile pour Montréal. Sur ces 33 matchs, le CH ne disputera que 13 rencontres contre des équipes au bilan négatif. Presque autant que contre les cadors de la Ligue, les Habs joueront consécutivement Boston, Pittsburgh et Dallas au mois de février. En analysant de près le calendrier des Canadiens, on remarque qu’ils joueront contre cinq de leurs concurrents directs pour les Séries. Le CH rencontrera une fois les Hurricanes, les Blues Jackets et les Rangers. Les matchs les plus déterminants auront lieu contre les Sabres de Buffalo (#11) et les Panthers de Floride (#10). Montréal rencontrera trois fois ces deux équipes sur la fin de saison. Le CH n’a plus le droit à l’erreur et une seule défaite contre l’un de ces deux franchises de la Division Atlantique pourra être préjudiciable pour l’accession au tournoi printanier. Difficile de penser que les Canadiens fassent un 6 sur 6 face aux équipes de Jack Eichel et d’Aleksander Barkov, mais bon l’espoir fait vivre comme le pense Bergevin…

L’instabilité chronique du CH est sans appel. Elle nous donne aussi une raison objective de penser que les Séries ne sont qu’un mirage, surtout au vue de calendrier brûlant qui attendent les hommes de Claude Julien. Mais l’inconstance d’une équipe n’est pas le fruit du hasard. Qu’est-ce que cela nous apprend les lacunes profondes du Tricolore ?

En profondeur : un déficit de talent offensif et de densité défensive ?

Thomas Tatar est actuellement le meilleur pointeur du CH
  • Qui effraie les défenses adverses au CH ?

En novembre certains médias québécois, que nous ne citerons pas, annonçaient que l’attaque du CH était probablement la plus sous-estimée de NHL… Aujourd’hui, nous sommes bien loin de ce constat idyllique. Après la belle victoire contre les Caps en Novembre, l’attaque du CH a fondu comme neige au soleil. Aujourd’hui 14ème de NHL, les lignes offensives du Tricolore sont en difficulté. Bien évidemment, les blessures n’ont pas arrangé les affaires du CH. Successivement, Montréal a perdu Drouin, Byron puis Armia, Gallager et enfin Peca. 6ème meilleure attaque au 16 novembre, le CH est tombé à la 20ème position après cette date…
Toutes ces absences ont eu le mérite de mettre en avant le manque de profondeur de l’attaque des Canadiens. Si Thomas Tatar en profite pour performer et s’installer durablement en tête du classement des meilleurs pointeurs de son équipe (43pts), derrière c’est l’instabilité qui règne. Max Domi et Nick Suzuki sont probablement les plus réguliers sur les derniers matchs, mais c’est tout de même assez léger pour une équipe qui prétend encore jouer sa chance pour les Séries. Jesper Kotkaniemi déçoit après sa première saison prometteuse et des attaquants comme Cousins ou Lehkonen sont bien loin d’assumer leurs rôles dans la rotation. Ces jeunes joueurs ne parviennent pas à profiter des opportunités laissées par la situation du CH et le constat est sans appel : Montréal souffre d’un réel manque de talent offensif. Seul Nick Suzuki semble être en mesure de devenir une star offensive, mais ce n’est pas le premier Habs qui étonne lors de ses débuts et beaucoup se sont ensuite brûlés les ailes. Même si Phillip Danault réalise une belle saison, dans ses standards, il n’a pas le potentiel pour incarner le visage offensif d’une franchise. Voilà des années que les Canadiens sont en manque d’un réel buteur, d’un game changer, d’un attaquant d’élite… Et lorsque l’on voit les pépites de moins de 25 ans qui occupent aujourd’hui les devants de la scène dans certaines franchises, nous sommes en mesure de nous interroger sur la politique menée par le CH.

Le capitaine Shea Weber semble sans issu cette saison
  • Qui derrière le trio Weber/Petry/Chiarot ?

Si l’attaque est en chantier, la défense n’est pas au mieux non plus du côté de Montréal. Claude Julien peine à trouver une rotation claire, notamment à gauche. Shae Weber, Jeff Petry et Ben Chiarot disputent plus de 23 minutes en moyenne par match. Derrière, il faut l’avouer, c’est le flou le plus total. C’est simple, depuis le départ d’Andrei Markov en 2017, le CH a employé par moins de 15 défenseurs à gauche, un record dans la Ligue selon une enquête du média québécois LaPresse. Même si Victor Mete semble de plus en plus à l’aise et complète la seconde ligne défensive du CH, la troisième est pour le moment dans le flou le plus total. Si le rookie Cale Fleury tient la corde à droit, à gauche c’est beaucoup plus confus. Reilly, Kulak, ou plus récemment Olofsson et Leskinen… Tous ne semblent pas faire l’affaire pour Claude Julien, et on peut le comprendre. Aucun n’a apporté de réelles garanties sur les derniers matchs. Et si ce manque de profondeur est criant, les performances des piliers de la défense ne sont pas satisfaisantes. Le trio Weber/Petry/Chiarot est compétent certes, mais il manque clairement de vitesse et leurs contributions offensives sont trop aléatoires. Le CH est aujourd’hui la 24ème attaque de NHL avec 153 buts encaissés. Beaucoup critiqué pour ses performances en dent de scie, le gardien emblématique du CH Carey Price n’est pas franchement aidé par sa défense.

Une attaque en manque de talent et une défense en manque de profondeur, n’est-ce pas les symptômes d’une équipe en difficulté ? Une sombre réalité qui touche le CH depuis plusieurs années déjà. Mais alors quelles solutions apportées à la franchise Bleu-Blanc-Rouge ? Les espoirs aveuglent le duo Marc Bergevin/Claude Julien. Le Directeur Général applique une sorte de « politique du pansement » depuis quelques saisons déjà. Grossièrement, le DG va chercher des joueurs à faible prix pour combler numériquement certaines lacunes de l’effectif mais aucun changement radical de stratégie n’est envisagé. Le dernier exemple en date est évidemment celui d’Ilya Kovalchuck. Le vétéran de 36 ans surprend depuis son arrivé sous le chandail du CH, une manœuvre déjà bénéfique qui va conforter « Bergy » dans sa politique… Une situation qui exaspère de plus en plus les partisans des Canadiens de Montréal.  

Le ras le bol des fans : un discours unanime pour la reconstruction du CH

L’avenir de Carey Price est plus qu’incertain du côté de Montréal
  • Deux joueurs ciblés pour leurs contrats « toxiques » : Shea Weber & Carey Price

Les fans de Montréal se sont déjà montrés suffisamment patients avec leur équipe favorite. Au centre des critiques, deux joueurs : D’un côté, Shea Weber, le capitaine de 34 ans touche plus de 12M$ cette saison pour des performances encore et toujours loin des attentes. De l’autre, le gardien emblématique Carey Price au salaire mirobolant de 15M$ ! Il est le troisième joueur le mieux payé de toute la ligue, derrière Auston Matthews et John Tavarez. Déjà lorsque l’on compare l’apport de ces deux attaquants avec celui de Price, c’est sûr qu’il y a des raisons de grincer des dents… Carey Price est bien loin de son niveau de 2015 et le divorce amorcé la saison dernière avec les fans, semble bien être consommé cette année. Avec un petit 90,9% de sauvetage cette saison, Carey Price n’est plus aussi décisif qu’auparavant et ne justifie plus son salaire. Deux gros salaires, deux joueurs emblématiques que Marc Bergevin semble décidé à conserver. Lors d’une récente conférence de presse, le DG a déclaré que Shae Weber et Carey Price n’allait surtout pas être échangé… À la suite de cette déclaration, un sondage du Réseau des Sport (RDS) révèle que sur plus de 1600 participants, 54% étaient contre les propos de Bergevin et souhaitent transférer ces joueurs. Ils possèdent effectivement encoreune belle valeur marchande et leur expérience pourrait clairement renforcer une équipe aspirante à la Coupe Stanley. Si Carey Price semble être pole position pour partir, un destin à la Marc-André Fleury n’est pas à écarter…

Alexis Lafrenière, premier choix annoncé du repêchage 2020
  • Montréal doit-il viser le repêchage de 2020 ?

Le repêchage 2020 s’annonce d’une formidable densité et plein de talent à exploiter. Si Bergevin ouvre enfin les yeux et s’attèle dès maintenant à amorcer la reconstruction du CH, cette Draft 2020 peut s’avérer être un excellent point de départ. Échanger Price, Weber et même le nouveau venu Kovalchuk contre des tours de repêchage pourrait être une solution pour remonter un peu dans les tours. Effectivement, le premier choix semble déjà être acquis au Red Wings de Detroit. Un premier choix qui sera doute le prodige canadien Alexis Lafrenière, déterminant dans la victoire du Canada aux Championnats du monde junior il y a quelques semaines. Les partisans du CH aimeraient que Bergevin monte un trade pour le récupérer mais soyons honnête, il sera très difficile d’aller le chercher le premier tour de repêchage de Detroit. Actuellement en 9ème position pour le repêchage 2020, les Canadiens auront tout intérêt à remonter dans ce classement car il y a du beau monde dans cette classe. Le jeune centre et géant Quinton Byfield pourrait bien correspondre aux manques du CH. Avec ses 1m93 pour 97kg, il possède un profil d’attaquant déménageur qui pourrait bien être efficace dès sa première année. Même des joueurs comme Marco Rossi ou Anton Lundell pourraient bien incarner le futur des centres du CH. Des options il y en a pour les Canadiens… Mais Bergevin parviendra-t-il à les saisir ? Une question ouverte pour tous les partisans de cette grande et magnifique ligue qu’est la NHL.

Ce soir, samedi 18 janvier 2020, le CH reçoit les Golden Knights de Las Vegas au Center Bell pour la 50ème rencontre de la saison. Il paraît évident de rappeler que la victoire est impérative pour les troupes de Claude Julien. Las Vegas est dans une spirale opposé à celle du CH. Le bilan et la saison sont plutôt satisfaisants mais l’entraîneur Gerard Gallant a été évincé de son poste il y a trois jours. Une défaite serait synonyme d’un adieu définitif aux Séries. Si cette saison rime une nouvelle fois avec « déception » pour les Canadiens, nous pouvons espérer un retour sur le devant de la scène si les dirigeants ouvrent enfin les yeux et se concentrent sur la reconstruction durable de l’une des franchises les plus iconiques de NHL.

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