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Emiliano Sala, un an plus tard

C’est donc un 21 Janvier 2019 qu’Emiliano Sala nous a quitté, à l’âge de 28 ans. L’histoire de son décès est encore très vive dans l’esprit de toutes et tous et plutôt que de raconter des faits déjà connus, la rédaction du CCS rend hommage au buteur italo-argentin en vous racontant une anecdote, un souvenir, qui lorsque l’on pense à Emiliano Sala, nous vient tout de suite à l’esprit. Pensées également à David Ibbotson, pilote de l’avion qui est aussi décédé dans l’accident.

Clem : un pénalty, une libération…

Nous sommes encore à l’éveil de la saison 2014/2015. « Emi » revient d’un prêt tonitruant aux Chamois Niortais en Ligue 2 où son passage marque encore les esprits. Sala vient donc à Bordeaux avec un capital confiance certain et une envie de réussir dans le club qui est venu le chercher lui, étant encore au Proyecto Crecer en Argentine. Willy Sagnol décide de le lancer dans le grand bain à domicile face à l’AS Monaco, une équipe avec des Falcao, Berbatov, Bernardo Silva, Fabinho, Carrasco, etc…

61e minute : Contento sert Sala dans la profondeur qui combine avec Nicolas Maurice-Belay. Ce dernier trouve Khazri entre deux joueurs et le talent du tunisien parle. Il s’engouffre dans une brèche et provoque le penalty. « Emi » s’empare du ballon et fait trembler tout Chaban-Delmas. Il semble terrifié ! Pâle à la télévision, pâle vu du stade, l’italo-argentin va t-il transformer cette offrande ? Sala s’élance, envoie un missile plein milieu et c’est la délivrance. Il se libère alors d’un poids immense et célèbre ce but comme s’il avait remporté la Coupe du Monde. C’est aussi ça, Emiliano Sala. À Bordeaux, en tous cas, personne n’a oublié ce but.

Sam : des tribunes de René Gaillard

Il fait froid, mais on s’en fout. C’est un mardi soir, et le lycée emmène ses internes au stade à côté du lycée. Chamois Niortais-RC Lens, une belle affiche de Ligue 2. Les quelques ultras niortais donnent de la voix et nous on tremblote, emmitouflés dans nos manteaux. Mais d’un coup, le stade s’échauffe. N°9 dans le dos, Sala profite d’une erreur de la défense pour s’offrir un premier but en piquant un ballon devant Alphonse Aréola. En deuxième mi temps, il en inscrira un deuxième, une reprise de volée qui nous fera croire que le score est acquis. A 5 minutes de la fin, on quitte le stade, sur le score de 2-0. Y’a école demain. Puis on entend le stade gronder une première fois. Lens a marqué. 2-1. Pas grave. 400 mètres plus loin, on rentend le stade gronder. 2-2. Match nul, et déception pour les supporters Niortais. Mais ce que je retiens de ce soir là, outre le froid, c’est ce n°9, qui se battait sur chaque ballon et qui a dominé cette rencontre. Ce n°9, c’était Emiliano.

Julien : Le héros de d’Ornano

Emiliano Sala n’a passé que six mois en Normandie, pourtant son passage marquera pour longtemps les mémoires des supporters Caennais. Arrivé en prêt de Bordeaux à l’hiver 2015, Sala intègre un Stade Malherbe dernier du championnat, qui semble déjà condamné à un retour en Ligue 2. Au bord du gouffre, les Normands vont pourtant réaliser un miracle en arrachant le maintien au terme de la saison, se permettant au passage de battre Marseille au Vélodrome, Lyon et Saint-Etienne à d’Ornano, et d’arracher un nul au Parc des Princes. Symbole d’une équipe acharnée, combattante et obstinée, l’Argentin lance enfin sa carrière en Ligue 1 sous les couleurs caennaises avec 5 buts en 13 rencontres.

Si pour beaucoup de supporters malherbiste, le plus symbolique d’entre eux reste sa frappe de 30 mètres contre Lens, celui que je retiens est plus personnel. En ce 27 février 2015, Caen va réussir l’impossible en remontant un handicap de deux buts à 20 minutes de la fin, pour s’imposer au Vélodrome face à l’OM de Bielsa (2-3). L’Argentin trompant Mandanda pour le but de l’égalisation, après un serveur idéal de N’golo Kanté. Un succès qui permet à Caen d’afficher une dynamique incroyable de six victoires en sept matchs, la meilleure d’Europe à ce moment-là. En Normandie en tout cas, personne n’oubliera que tu as fait partie de cette épopée-là, Emiliano.

Romain : Une générosité sans faille

Été 2013, après de rudes négociations et en ayant longuement insisté, Karim Fradin, alors Manager Général du Chamois Niortais FC, parvient à obtenir le prêt d’Emiliano Sala pour une saison. Cependant lors de son arrivée à Niort, comme dans chacun des clubs dont il a porté les couleurs, c’est tout d’abord le scepticisme qui l’emporte. « Bourrin », « Sans technique », plusieurs adjectifs peu flatteurs qualifient le jeune argentin. Mais son caractère hors du commun fera basculer les pensées.

Après un début de saison en demie teinte, Sala commence à enchainer et termine même la saison en boulet de canon avec 12 réalisations sur les….12 derniers matches. Mais au-delà du simple aspect comptable, c’est son attitude qui marque. À l’heure où les critiques vont bon train envers des Neymar ou Mbappe, fustigeant leur faible apport défensif, Emiliano Sala, lui, se faisait tancer ouvertement car il défendait trop et perdait donc de la lucidité pour les phases offensives. Il n’hésitait pas à répéter les courses de 60 mètres en sprint pour aider ses coéquipiers. Tout comme il n’hésitait pas à répondre positivement à toutes les demandes d’interviews ou autres sollicitations, dans une langue qui n’était pas la sienne. Parce que Emiliano Sala c’était aussi ça, l’allégorie de la générosité dans sa forme la plus pure.

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