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Kobe : mes joies, mes frustrations, mes larmes

Impossible. Il m’est impossible d’imaginer que la plus grande des légendes que je porte dans mon coeur, dans mon sport préféré, est décédée tragiquement. Toi, Kobe. Impossible encore, comme lorsqu’il s’agit d’expliquer aux gens pourquoi je t’aime autant. Impossible toujours, d’expliquer mes larmes lors de ton dernier match. Impossible, enfin, de mettre des mots sur la peine qui m’envahit aujourd’hui de te savoir aux cieux. Kobe Bryant, ma légende ultime (avec Roger Federer) du sport, nous a quitté tragiquement ce soir.

Il m’a fallu une demi-heure vissé sur mon portable et un tweet du Woj pour comprendre l’ampleur de la douleur qui m’attendait. Kobe Bryant est mort dans un accident d’hélicoptère. Ma personnalité me force à toujours avoir un semblant de positif même dans le pire et l’une des premières choses que je me suis dit, de manière ironique, c’est « heureusement que ta deuxième idole n’est pas Daniel Balavoine ». Très vite, l’ironie à laissé place à la réalité des choses. Désemparé, je comprends que l’un des trois seuls sportifs qui m’a fait pleurer en direct vient de décéder et que je n’aurais aucune chance, de mon vivant, de le voir « en vrai ». Tout remonte très progressivement dans mon esprit. Je me souviens de cette année 2006 où, alors que j’ai commencé le basket depuis trois ans, je tombe sur un match des Lakers. Immédiatement, mon amour pour cette franchise se conjugue à la Kobe. « Woah, mais il est fort ! » se dit ce petit garçon de 10 ans, les rêves plein les yeux. L’amour pour les Lakers n’a depuis que pris de l’ampleur au fur et à mesure des exploits de Kobe. Je me souviens d’avoir entendu par les grands au basket quelques jours plus tard dire que Kobe avait mis 81 points contre Toronto. Immédiatement, ça fait tilt. Il faut que je vois ça. Ce plaisir n’a été pris que quelques mois plus tard mais qu’importe, il faut savoir attendre pour déguster les meilleurs plats. Les semaines passent et je me dis que malgré Jordan, Kobe Bryant est le meilleur joueur de tous les temps. Je me souviens même, et j’en rigole encore aujourd’hui, que j’ai très longtemps détesté LeBron parce que Kobe. Il a fallu attendre que le King rentre à Cleveland pour l’adorer et l’idolâtrer mais qu’importe. Mon idole, MON idole, c’est Kobe.

En 2006 toujours, et l’adolescence pointant le bout de son nez, je commence à voir des résumés de matchs NBA sans arriver à voir un match entier. Je ne vois donc que le meilleur de Kobe. Mon choix numéro 1 dans les jeux de basket est tout trouvé, et je savoure chez panier marqué ou vu par le Mamba en me disant avec ce regard d’enfant qu’il ne sait pas manquer un tir. « Le dieu du basket », en somme. Je me souviens commencer à vouloir shooter comme Kobe mais ayant une détente de boucher-charcutier, j’ai vite compris qu’il serait impossible de shooter comme lui. Alors j’apprends, je regarde, je pense à Kobe tout en cherchant ma mécanique de tir.
Ma première véritable grosse émotion avec Kobe c’est bien évidemment 2008 avec les finales NBA opposant les Lakers aux ennemis de toujours, les Celtics de Boston. Arf, cet upset avec ses 24 (tiens donc) points de retard comblés par les C’s dans un match à couper le souffle. Voici, deux ans après le début de notre relation passionnée, ma première déception. Cette défaite est dure à accepter mais la suite, ah la suite… Qu’elle fût belle.

2009 et 2010. Je suis encore trop jeune pour voir les matchs en direct et surtout trop peu téméraire à l’époque pour tenter de tromper la vigilance de mes parents. Je me noie donc dans mon abonnement au « 5 Majeur«  pour trouver poster, articles, photos… mais surtout des poster de Kobe. J’arrive à voir des résumés plus complets en rentrant de l’école avec trois franchises que j’aimais à l’époque, Detroit (Rip Hamilton <3), Washington (Agent 0 <3) et Houston (T-Mac <3). Enfin bon, personne n’arrive à la cheville de Kobe en terme d’admiration. Ces deux années sont synonymes de titre pour les Lakers et pour Kobe, qui montre qu’il est le leader capable de gagner sans Shaq. Comme disent les gens qui ont 3/4 ans de moins que moi, « Sah, quel plaisir ». C’est à ce moment-là donc que je déteste le plus LeBron parce qu’il me fait peur, en fait. Mais j’ai confiance en Kobe, à tel point que je finis par avoir aussi faim de titre que lui. J’arrive à profiter des Finals face à Orlando et j’en suis tellement content. Le game 1 est un récital, on arrive à contenir Dwight Howard, alors une terreur, on endort Rashard Lewis et Jameer Nelson. Kobe, dans le même temps, plante 40 points. Quel régal, la passion du joueur prend un pallier supplémentaire. 2009 est un long fleuve tranquille même si la victoire d’Orlando me laisse, arf, un peu d’inquiétudes. Il y a aussi en 2009 cette photo, ultra iconique, qui a habillé magnifiquement NBA 2k10, jeu vidéo de basket que j’ai probablement le plus poncé d’ailleurs. Je vous laisse juger la beauté de cette photo.

2010, c’est tellement fort. Les Finals de la revanche face à une équipe monumentale des Celtics. À 3-2 pour Boston, j’avoue ne plus trop y croire mais « mes Lakers » et « mon Kobe », puisque c’est comme ça que je les appelle maintenant, s’en sortent. La joie est immense. Je ne saurais même pas trop comment l’expliquer mais ces deux titres consécutifs me font me souvenir de ces quelques années auparavant où Kobe ne savait pas manquer un tir. Eh bien maintenant, je souris en me disant que Kobe ne peut pas manquer une année sans titre. Cette domination est forte, passionnante et haletante.

Viennent ensuite les années 2010, où de l’admiration on passe à un moment où l’on cherche avant tout à profiter de la légende Kobe. Ses blessures le rendent humain et même lorsqu’il perd un peu de sa magnificence, il arrive à shooter des lancers francs avec un tendon d’achille bousillé en mille morceaux. La dalle de Kobe, son envie de marquer les esprits et l’Histoire n’a pas d’égal.

Il y a enfin, puisque je ne vais pas non plus tout raconter, ce fameux match de 2016 que je suis en train de regarder en même temps que j’écris ces quelques lignes. Ce match, vu en direct enfin… pas tout. En 2016 j’ai 19 ans et quelques, j’ai donc plus d’indépendance et la vraie chance d’avoir un ordinateur portable perso. Quelques réflexes commençaient déjà à venir, comme celui de mettre un réveil pour regarder un match NBA tard la nuit. Je me souviens à avoir mis ce réveil à 3h30 et ouvrir les yeux à 4h30. Merde, je me suis rendormi… Par chance, il reste une fin de première mi-temps et une deuxième mi-temps à voir. Heureusement, je m’en serais tellement voulu de manquer ça. Je dévore donc plus de 50% du match en direct, avec le coeur qui bat fort, très fort. Comme ses dernières saisons ont été un calvers, j’accepte l’idée de ne plus jamais revoir Kobe Bryant sur un terrain après ce match. Je savoure à 150% le match, en mettant de côté le téléphone un maximum. C’est mon moment. Le 4e QT débute et le coeur bat de plus en plus, mes mains sont moites et mes yeux commencent à sentir la chanli des poussières qui se collent, me faisant lâcher quelques larmes et là c’est le coup de grâce. L’explication de mon amour inconditionnel pour Kobe sur sa fin de match. Complètement bouillant, il artille, plante shoot sur shoot sur la tête de qui veut prendre. En point d’orgue, je me souviens d’avoir ouvertement pleuré à grosses gouttes à partir de son « face » sur Trey Lyles. Là, c’était trop. Trop d’émotions et plus de dix ans d’amour réunis en un shoot, en fait. Il permet aux Lakers de remonter un déficit de points, de rendre toute la salle du Staples Center FOUS FURIEUX – Jack Nickolson en tête – et de faire pleurer pour raisons diverses la fanbase du basket mondial. LAKERS WIN, MAMBA OUT.


À la suite du match viennent les hommages, les câlins, le discours, et une phrase qui va conclure ces mots, très personnels et qui puent la tristesse et la nostalgie. Une phrase qui résume à elle seule la douleur de savoir que ma légende, mon GOAT (si l’on peut dire ça comme ça) du basket est décédée ce soir : « What can I say… »

Love you for ever Kobe.

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