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NFL, NBA, NHL, MLB : Pourquoi faut-il suivre les sports US ?

Ce dimanche 2 février, la 100ème saison de l’histoire de la NFL se clôturera avec le Superbowl LIV qui se tient à l’Hard Rock Stadium de Miami. Un spectacle qui sera suivi par plus de 110 millions de téléspectateurs aux Etats-Unis et près d’un milliard de personne à travers le monde. Un paradoxe pour un sport qui ne rassemble que peu de licencié en dehors des frontières du pays de l’oncle Sam. Pourtant de telles audiences, sont la preuve de l’attractivité culturelle qui émane des sports made in USA. Focus sur les recettes du succès !

Les ligues fermées et leur fonctionnement

Le sport aux Etats-Unis représente l’une des caractéristiques de la sphère d’influence culturelle américaine, le Soft Power. Les quatre plus populaires sur le sol américain étant, le Football américain (37 % des américains le considère comme leur sport favoris en 2018), le Basket ball (11 %), le Baseball (9 %), le Hockey sur glace (4 %). À un niveau professionnel, ces derniers s’organisent autour de Ligues majeures (NFL, NBA, MLB, NHL), dont la popularité à l’international s’accroit de plus en plus.

Un phénomène visible à travers les opérations de délocalisation de rencontre en dehors des frontières territoriales de ces Ligues afin de toucher des « marchés » plus lointains et attractifs comme l’Europe, à l’image du NBA Paris Games qui s’est déroulé le 24 janvier dernier à l’hôtel accord Arena de Bercy.

Le Grec, Giannis Antetokounmpo, MVP de la saison 2018-19 en NBA, à l’occasion du NBA Paris Game (Photo : Bein Sport)

Toutefois leur particularisme est singulier sur deux plans. Le premier est le mode fonctionnement de ces organisations. Par exemple, le Superbowl fait office de finale pour la Ligue Nationale de Football Américain (NFL). Elle oppose les vainqueurs des conférences Nationale et Américaine. Celles-ci regroupent chacune 16 franchises réparties en 4 divisions (4 franchises par division et 4 divisions par conférence) qui s’affrontent au cours de la saison régulière en disputant 16 matchs.

Suivent alors les Play-offs, où les quatre vainqueurs de division et les deux meilleurs bilans restants de chaque conférence, se départagent au cours de match à élimination directe (barrage, demi-finale, finale), afin de déterminer les deux finalistes du Superbowl. Ce modèle de saison régulière en format championnat, sans système de promotion/relégation, puis de tournoi éliminatoire, appelés Play-Offs, s’applique à l’ensemble des ligues majeurs.

Seconde singularité, le terme de « club » dans son sens européen n’existe pas, on parle de franchise. Celles-ci appartiennent à des propriétaires et sont localisées dans des « marchés », terme utilisé pour désigner une ville à forte attractivité économique et démographique. Une franchise n’est rattachée à un marché de manière intemporel et une délocalisation peut intervenir à tous moments (Ex : déménagement des Sonics de Seattle en 2008 à Oklahoma City).

Afin de réguler ces ligues et d’éviter une hégémonie sans partage de la part d’une franchise sur un temps long, un système de Salary Cap est en vigueur et son montant est déterminé par les revenus générés par la Ligue. Celui-ci est valable et identique pour l’ensemble des franchises qui la composent. Toutefois des différences existent, en NBA une franchise peut dépasser le plafond salarial mais elle doit payer des sanctions financières à la Ligue. En NFL, dépasser celui-ci est rigoureusement interdit.

Le système universitaire : l’Americain Dream moderne

Pour entretenir l’attractivité autour des championnats de sport américain, la première puissance culturelle mondiale à instaurer un formidable système éducatif aussi formateur que lucratif : la NCAA ou National Collegiate Athletic Association. Peut-être méconnu en France, cette fédération universitaire représente à elle seule tous les éléments qui constituent la culture du sport, que dis-je, des sports aux Etats-Unis. En 2017, l’organisation regroupait plus de 460 000 étudiants-athlètes dans un réseau de 1 280 universités ou collèges à travers tout le pays.

Dans l’esprit des Américains, la NCAA est une véritable fédération. Dans les faits aussi. C’est elle qui assure le dialogue entre les institutions universitaires et les ligues ou conférences. La NCAA supervise et réglemente les compétitions ainsi que le jeu lui-même. Effectivement, c’est bien l’organisation qui fixe les règles, qui détermine les calendriers et nomme les arbitres. La NCAA est une sorte de main invisible qui contrôle absolument tout, y compris les droits commerciaux… Nous y reviendrons dans quelques instants. Cette organisation veille également, et c’est son principal argument de séduction, à installer un équilibre rigoureux entre sport et études afin de garantir à un développement académique aux athlétiques. C’est cet encadrement si particulier, si omniprésent de la part de la NCAA (on peut même dire paternaliste) qui fait son succès et lie, à jamais, les étudiants à leurs universités.

Kris Jenkins, auteur du panier victorieux pour Villanova lors du championnat de basket universitaire en 2016, se laisse aller dans un bain de foule auprès de ses supporters (Photo by Scott Halleran/Getty Images)

La popularité du sport universitaire américain est démentielle. Chaque université entretient le sentiment d’appartenance des étudiants, nouveaux comme anciens, sportifs ou non-sportifs afin de créer une véritable sphère familiale où les occasions de se retrouver et de célébrer le succès de son établissement sont précieux. Les associations de partisans, les chorégraphies, les chants… Tous ces soutiens prennent un dimension disproportionnée, surnaturelle. Regardez plutôt cette compilation des meilleurs chants de supporters pour le football universitaire :

La NCAA exploite à merveille ses forces. Entre le spectacle proposé et l’admiration des fans, l’organisation amasse des sommes d’argent considérable qui lui permettent d’entretenir des équipes compétitives, des infrastructures et ainsi une attractivité permanente. En 2016, les revenus de la NCAA se montaient à 1 milliard de dollars pour l’association nationale, et à 12 milliards de dollars pour l’ensemble du sport universitaire. Selon une étude publiée en 2016, 24 universités américaines ont dégagé plus de 100 millions de dollars de revenus annuels tirés de leurs divers programmes sportifs. Mais ce système renferme un grands nombres de vices, avec au premier rang, la question de la rémunération des étudiants-athlètes. Au cœur des débats depuis des années, cette problématique est caillou dans la grande chaussure de la NCAA. Si les revenus des deux sports les plus lucratifs de NCAA, à savoir le football et le basket, sont principalement redistribués vers l’entretien des autres disciplines (la NCAA compte 23 sports différents), il semble que les recettes publicitaires et l’ensemble des droits commerciaux soient suffisant pour rémunérer les plus célèbres étudiants-athlètes. Ce sujet est loin d’être tranché, mais la NCAA semble de plus en plus ouverte à discuter.

De manière plus globale, le système sportif universitaire américain représente une formidable opportunité pour les étudiants. L’université est très chère aux Etats-Unis, il faut compter entre 25 000 et 60 000 dollars l’année. Les compétences sportives d’un étudiant peuvent être récompensés par une bourse universitaire de presque 300 000 dollars. De quoi assurer les frais de scolarité et autres pour un certains nombres d’années. Les équipes de football américaines en financent 85 chacune et 13 pour les équipes de basketball. Ainsi certains jeunes joueurs issus de milieux défavorisés peuvent faire carrière et aller à l’université grâce à leurs talents sportifs. Mais attention, comme souvent aux Etats-Unis, on louange ceux qui réussissent mais nombreux sont ceux qui se brûlent les ailes. Les belles histoires se vendent mieux.

A l’instar des colons du XVII et XVIIIème siècle, ou des industriels du XIXème, les jeunes américains trouvent dans le système universitaire une nouvelle formule de l’American Dream. En partant de rien, à force de travail et de détermination, la vie de superstar, d’icône est à portée de main. Cet American Dream sportif est entretenu par la NCAA, seule porte d’accès vers les étoiles.

Un renouvellement permanent et le culte de l’excellence

De la NCAA aux ligues professionnelles, il n’y a qu’un pas certes, mais un pas de géant. Pour assurer leur pérennité, les grandes ligues ont mis en place un système permettant de renouveler chaque année l’intérêt des fans : la Draft. Il s’agit d’un événement majeur suivit pas des millions d’observateurs, reprenant un cérémonial pointilleux et cristallisant tous les espoirs des fans d’une franchise. C’est lors de cette cérémonie que les franchises choisissent les meilleurs jeunes joueurs ayant évolués et prouvés leurs compétences en NCAA.

Chaque ligue possède son propre système, mais globalement les drafts servent toutes à permettre aux ligues de se « régénérer ». En somme, le système est construit de manière à ce que les équipes les plus faibles puissent récupérer les meilleurs espoirs chaque année. En NBA et en NHL, il existe un système de loterie où les franchises ayant les plus faibles bilans à la fin de la saison régulière ont le plus de chance d’obtenir les premiers choix de la draft. L’ordre de draft est déterminé par des calculs complexes et présente l’avantage de réduire au maximum ce que les Américains appellent le « tanking ». Il s’agit d’une stratégie mise en place par certaines franchises pour obtenir le meilleur choix de la draft, pour cela ils privilégient la défaite aux dépends des victoires et du bonheur de leurs partisans. En NFL et en MLB, le système est plus, la dernière équipe du classement obtient le premier choix, l’avant-dernière, le second et ainsi de suite. Dans ces deux ligues, le problème du « tanking » n’est pas atténué par les loteries ce qui pousse parfois certaines franchises à rechercher la défaite à tout prix. Les besoins d’une équipe de basket sont complètement différents d’une équipe de baseball. Ainsi, le nombre de joueurs sélectionnés ainsi que le nombre de tour de draft varient en fonction des sports. Seulement deux tours en NBA (2 fois 30 joueurs), alors qu’en 2015, en MLB, 1 215 joueurs de baseball ont été appelés sur 42 tours de draft.

Sidney Crosby choisit en première position de la Draft NHL 2005 par les Pittsburgh Penguins. Il remportera trois Coupes Stanley avec cette franchise, ainsi qu’une multitude de trophées individuels – Source : Sports Illustrated

Ces drafts sont le moteur des ligues professionnelles. Une franchise peut voir son destin basculé le soir de la draft. Que ce soit la draft de Connor McDavid aux Oilers d’Edmonton en 2015, celle de LeBron James aux Cavaliers de Cleveland en 2003, en passant par celle de Zion Williamson aux Pelicans en 2019, ou encore la probable draft de Joe Burrow aux Bengals de Cincinnati en 2020… Beaucoup de 1er choix de draft peuvent bouleverser une franchise aussi bien sportivement que médiatiquement. Si la draft représente l’aboutissement de tout le travail effectué par les étudiants-athlètes pour enfin pouvoir gagner de l’argent dans les grandes ligues et vivre décemment de sa passion, elle est également une parfaite représentation de la culture de l’excellence implantée aux Etats-Unis.

Depuis leurs premières années de collège, les jeunes sportifs sont classés par des observateurs extérieurs appartenant à des franchises sportives ou à de grands médias américains. La pression engendrée par ce système est loin d’être négligeable pour des jeunes âgés de 12 ou 13 ans et certains se brisent les ailes au cours de leur parcours. Être le premier, être le meilleur… Voilà les mots qui hantent les esprits des jeunes sportifs. La recherche permanente de l’excellence dans le sport américain tire constamment les joueurs et leurs performances vers le haut. L’exemple le plus parlant est probablement celui du basketball. Bien que l’écart entre les USA et le reste du monde se réduit peu à peu aux fils des années, la sélection américaine, encore plus chez les femmes que chez les hommes, écrase outrageusement la concurrence dans les tournois mondiaux. L’événement le plus représentatif est probablement les Jeux Olympiques de 1992 où les Etats-Unis ont envoyé leur fameuse « Dream Team ». Les plus grands étaient présents pour montrer la suprématie du basket américain. Une force collective incroyable qui a conduit la NBA vers dimension internationale sans égal avec comme maître mot : le spectacle.

Le divertissement avant tout

L’engouement pour le sport aux Etats-Unis, ne s’explique pas uniquement par le facteur culturel, l’industrie qui entoure le sport possède également sa part de responsabilité. Le sport est devenu au fil des décennies, un véritable business avec des sommes toujours plus exponentielles en terme de contrat, de salaire pour les joueurs, de sponsoring, de droits de diffusion (télé et internet). L’ensemble étant boosté par des audiences croissantes (Ex : 41 des 50 meilleures audiences télévisuelles aux EUA en 2019 ont concerné des matchs de NFL) malgré une légère baisse sur ces dernières années.

L’exemple le plus criant de ce constat étant le Superbowl. Vue de l’international, celui-ci ne se définit plus par son enjeu sportif mais bien par ses enjeux économiques, à travers tout d’abord son show musical de mi-temps. Un divertissement extravagant qui dure près de 30 minutes qui rassemble chaque les années les stars de la pop culture. Cette édition 2020 ne faisant pas exception avec Jennifer Lopez et Shakira, en têtes d’affiche.

Spectacle du Superbowl en 2018 (Photo : Le Point)

À travers son aspect mercantile, les publicités représentent l’autre aspect du folklore du Superbowl. Présentes pendant près 1/3 du temps sur les 4 heures de direct, elles sont une manne financière exceptionnelle pour n’importe quel publicitaire. Le spot de 30 secondes étant vendu 5 millions de dollars, de quoi rapporter près de 400 millions de recette en tout. Quel intérêt ? Vendre des exclusivités tel que des bandes annonces de film, aux 110 millions de téléspectateurs à travers les Etats-Unis et au milliard de personne de manière globale.

En soit un système qui vend très bien son image, même si celle-ci peut de temps en temps être entaché par des affaires à caractère politique (Ex : l’affaire Colin Kaepernick en NFL) ou privé (scandales sexuels, dopage). Aux Etats-Unis, l’argent n’est pas n’est une crispation, un complexe qui permet de stigmatiser les rémunérations des joueurs bien au contraire. Pour preuve, malgré des couvertures médiatiques importantes, le sport américain dans son ensemble réalise des affluences quasiment pleines partout où il y a une rencontre ou un événement.

Le stade ou la salle, représente une aire de divertissement avec ses lieux de restauration et de consommation (boutique, loisirs, etc…), le tout dans une atmosphère familiale. S’ajoute à cela le fait que le problème du hooliganisme n’existe pas aux Etats-Unis et d’autre part car le mode de fonctionnement des Ligues permet de désacraliser les enjeux autres que celui du sportif. Ainsi à l’image du Madison Square Garden à New-York, son affluence reste intacte malgré le manque de résultats probants pour les Knicks en NBA depuis 1999.

Le « show » devient l’élément central de l’industrie sportive et tout est fait pour le maintenir dans ce sens. À l’image du All Star Game, présent dans toutes les ligues majeures, qui permet de rassembler les stars de chaque discipline dans un événement unique. Ce dernier étant aujourd’hui pourtant dépourvu d’un réel intérêt sportif outre, personnel pour les acteurs.

La réussite, le succès et le rayonnement du sport américain n’a jamais été aussi fort. Il existe de nombreux facteurs externes à ce constat. Nous, jeunes habitant(e)s du monde occidentale, nous ne connaissons qu’une terre en paix où le divertissement a prit une place prépondérante. Comme si nous avions besoin de combler un ennui quotidien. Le sport américain possède tous les arguments pour nous satisfaire. De l’université aux patinoires de NHL, aux terrains de NFL et de MLB, aux parquets de NBA… Le système américain est une représentation fidèle de la culture de ce pays où l’excellence et le mérite prime sur tout autre concept. Avec une augmentation constante de la vitesse des communications et une globalisation qui a atteint son point de stabilité, l’Amérique et sa culture n’a jamais été autant à porté de main pour nous. Apprécions ensemble ces hommes et ces femmes qui marquent et qui marqueront l’histoire. Jalousons leur succès, inspirons nous de leur réussite.

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