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Bruno Fernandes, itinéraire d’un Conquistador

Alors que Bruno Fernandes était destiné à quitter le Sporting à l’été 2019, c’est finalement cet hiver que le meneur de jeu s’est envolé pour la partie rouge de Manchester, destination où les Portugais ont laissé un bon souvenir. Va-t-il aider les Red Devils à renouer avec les premières places ?

Trequartista à l’italienne

Avez vous déjà eu ce petit sourire, ce sentiment de faire une bonne affaire en achetant quelque chose ? Ce sentiment, tous les dirigeants de Bruno Fernandes l’ont eu avant de signer son transfert dans leur club. Ce sont les scouts de Novare, pensionnaire de Serie B, qui, en 2012 flairent le bon coup en allant chercher Bruno Fernandes dans son centre de formation de Boavista. Montant de l’opération ? 40 000 euros pour le jeune joueur de 18 ans. C’est donc en Italie que le jeune natif de Maia, une petite ville de la région de Porto, continue son apprentissage. Après une bonne saison en Serie B, Novara multiplie sa mise par 75 en le cédant à l’Udinese pour 3 millions. Aux cotés de Piotr Zelinski, Allan, Roberto Pereyra ou Antonio Di Natale, Bruno Fernandes joue 95 matchs en trois ans, pour 11 buts et 13 passes décisives.

Il est finalement prêté en 2016 puis acheté pour 6 millions en 2017 par la Sampdoria. Et durant ce même été 2017, les Génois prêtent le meneur portugais au Sporting Portugal. Bruno Fernandes effectue toute sa post-formation en Italie avant de retourner dans son pays d’origine. Ce passage en Italie va être prépondérant. Sur cette période italienne, de ses 18 à ses 23 ans, Bruno Fernandes se transforme en Trequartista, un concept très italien qui désigne un meneur de jeu très mobile, qui joue entre les lignes et finit les actions. C’est donc sur des modèles comme Del Piero, Totti ou Zidane que Bruno Fernandes calque son jeu afin de devenir ce qui se fait de mieux au monde dans ce domaine, juste derrière des Kevin de Bruyne, Marco Reus et autres Paulo Dybala.

La naissance du Lion

C’est donc dans son pays que Bruno Fernandes éclot et éclabousse la Liga NOS de son talent. Le joueur tatoué du numéro 8 en l’honneur de son père évolue à tous les postes offensifs durant cette saison 2017/2018. Mais au-delà de sa polyvalence, ce qui frappe tous les observateurs, c’est cette capacité à créer ses propres occasions et à finir toutes les opportunités d’attaque. Durant sa première saison chez les Leões, le meneur portugais marque 16 buts et délivre 20 passes décisives. Il n’a donc eu besoin que d’une saison pour s’imposer comme le leader technique de l’équipe. À l’été 2018, il conquiert définitivement les cœurs des supporters.

Bruno Fernandes

Précédemment dans cette saison, de nombreuses tensions avaient commencé à poindre entre Bruno de Carvalho et les joueurs. Le président avait entrepris de les suspendre suite à un mauvais résultat face à l’Atlético de Madrid en Europa League. Le point de non-retour fut atteint le lundi 15 mai 2018. Ce jour-là, alors que l’équipe professionnelle s’entraine sur ses terrains d’Alcochete, 40 hommes cagoulés font irruption et agressent violemment les joueurs qui avaient perdu le week-end précédent. Ce sont ces agressions ainsi que les tensions avec le président du club qui amènent de nombreux joueurs – dont Rui Patricio, Gelson Martins ou Rafael Leão – à résilier leur contrat avec le Sporting.

Bruno Fernandes leur emboîte le pas et entame les démarches de résiliation, mais à la suite de l’éviction de Bruno de Carvalho, Bruno Fernandes prolonge finalement l’aventure au Sporting. Aux cotés de Bas Dost et de Rodrigo Battaglia, qui sont aussi restés, Bruno réalise une saison 2018/2019 encore plus monstrueuse que la précédente. En 53 matchs joués, le Trequartista marque 32 buts et 18 passes, ce qui contribue au succès des Leões en Taça de Portugal et à la qualification en Europa League. Une saison qui permet d’être comparé à des légendes comme Luis Figo, Nani ou Cristiano Ronaldo.

Sur les pas de Nani et Cristiano Ronaldo ?

« C’est un très bon joueur, mais marquer autant de buts pour un milieu de terrain […] Cela montre qu’il faut avoir de l’instinct et des qualités pour marquer autant, et il a tout ça […] Il a une bonne frappe, un bon jeu de tête, est bon dans les duels face au gardien, il trouve de l’espace dans la surface, tout est là… » José Mourinho aurait pu parler de son ancien numéro 8 à Chelsea, Frank Lampard, en ces termes. Mais c’est bien Bruno Fernandes qui est évoqué par l’ancien manager de Manchester United. Le meneur portugais est d’ailleurs devenu le milieu de terrain le plus prolifique de l’histoire devant l’actuel coach de Chelsea (27 buts) grâce à ses 32 buts la saison dernière.

Le joyau lusitanien était parti sur les mêmes bases cette saison avec 15 buts et 14 passes décisives en 29 matchs, avant d’être transféré à Manchester United en fin de mercato hivernal. Bruno Fernandes a donc choisi de poursuivre sa carrière dans un club où son idole Cristiano Ronaldo et son premier capitaine au Sporting, Nani, ont tous les deux brillé. Et même si Manchester City, Liverpool, Chelsea et Everton étaient prêt à sauter sur l’occasion, le mariage entre Bruno Fernandes et Manchester United était écrit, suite aux échanges que le joueur a pu avoir avec ses aînés portugais passés par le Sporting et MU. Pour les Red Devils, ce choix fut également logique puisque les Red Devils recherchaient un milieu offensif capable de mener leurs offensives.

Après avoir tenté cet été d’obtenir la pépite anglaise James Maddison puis de débaucher le numéro 8 portugais, les dirigeants mancuniens ont décidé de casser la tirelire cet hiver avec ce transfert de 55 millions + 25 de bonus. Une somme conséquente mais nécessaire pour redonner le sourire à une attaque qui ne marque que 1,44 but par match et qui a besoin d’un joueur apte à prendre le jeu à son compte en l’absence de Paul Pogba. Capable de dépanner sur les côtés, Bruno Fernandes apportera également plus de flexibilité à Ole Gunnar Solskjær, qui ne disposait que de six joueurs (Mata, James, Lingard, Rashford, Martial et Greenwood) pour quatre postes.

Enfin, et comme évoqué précédemment, le principal apport de Bruno sera très certainement ce leadership et cette grinta qu’il a su apporter à toutes les équipes par lesquelles il est passé. Leadership dont il a fait montre trois jours après son arrivée lors de la rencontre face à Wolverhampton. On l’a déjà vu directif auprès de Harry Maguire ou Aaron Wan-Bissaka. Un aperçu de l’étendue de ses talents qui lui a valu d’être élu homme du match, malgré un nul. Première étape de la conquête de l’île britannique ?

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