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Atlanta Hawks : que vaut vraiment Clint Capela ?

Il est LA victime du « tout pour le spacing » des Rockets. Dans la volonté de la franchise texane de tout axer sur un 5 autour de la ligne en attaque, en full-switch en défense, il faut absolument ne pas avoir un pivot aux qualités les plus pures de ce poste. Clint Capela paye son poste mais surtout ses qualités intrinsèques. Justement parlons-en de ce joueur, bien connu en France car passé par Chalon. Que vaut vraiment Clint Capela ?

Clint Capela : les +

La qualité première de Clint Capela c’est sa mobilité comparée à son physique. Pour sa taille (2m08) et son poids (109kg) il est très utile dans sa capacité à se déplacer sur plusieurs phases de jeu différentes.
Un ball-handler est bien heureux d’avoir un Capela à la suite d’un P&R où le pivot suisse sait se retourner très vite et ainsi créer de l’incertitude en défense. Moralité, Clint Capela est un très bon rim-runner en NBA. Cette incertitude intervient dans les moments suivants :

  • Au tout début du roll de Capela. Vu sa vitesse, il y a toujours un espace entre les deux défenseurs
  • Lorsqu’il descend vers le cercle, faut-il faire une aide de l’aide et donc sacrifier son joueur pour densifier la raquette et limiter la relation porteur/intérieur.

Sa mobilité n’est pas intéressante que dans des phases de pick and roll, même si c’est là qu’on l’a le plus utilisé à Houston. En défense cette fois-ci, la vitesse naturelle de Clint Capela est utile lorsqu’un mi-smash le concerne. Capela face à un arrière/ailier à trois points, ce n’est pas forcément un cassage de chevilles assuré. La rapidité latérale du pivot est assez bonne, ce qui lui permet d’être un client sérieux lorsqu’il s’éloigne de la raquette. Main sur le visage, avec les bons fondamentaux de placement des jambes, Capela a rendu de fiers services à Houston qui opte depuis longtemps pour la solution de switcher sur tous les écrans.

Sur l’utilité de rapidité en défense, il y a dans une autre configuration que Capela peut exceller, c’est sur la défense des Hedge. Le Hedge est un leurre, un faux écran posé par un joueur (peu importe sa corpulence) sur le porteur de balle et qui vise a créer une place encore plus importante sur la relation de passe. Capela est un joueur assez concentré sur le jeu et qui peut lire ces feintes et ainsi gêner. Un joueur comme Al Horford, grand fan d’un Hedge qui lui permet de créer la distance sur un « faux » Pick & Pop, peut être embêté par un joueur comme Capela.

Sa vitesse est d’ailleurs précieuse dans une équipe à grosse pace – comme celle des Hawks, 3e en NBA dans le domaine avec 107.7 possessions/match – pour la simple et bonne raison que lorsqu’un meneur tire la balle vite vers l’avant comme le fait très bien Trae Young, Capela n’est pas largué. Il sait arriver en trailer, comprenez axe panier-panier avec rapidité, recevoir la balle avec de la vitesse et finir au près même si sa main gauche n’est vraiment pas bonne. Sur ce point très précis, l’association Collins-Capela est une aubaine pour le meneur sophomore des Hawks.

Son physique est aussi très utile en attaque où lorsqu’une bombe est lancée dans les airs pour un alley-oop, Capela sait reprendre et finir avec une puissance suffisante pour ne pas être dérangé.

Autre avantage de ce joueur, surtout dans une équipe d’Atlanta où ce sont surtout les arrières qui ont le pouvoir du ballon, c’est sa capacité à vivre off-ball. Capela, moins il a le ballon longtemps dans les mains, mieux il se porte. Traditionnel dans ses qualités de pivot, l’ex-chalonais a une approche minimaliste du temps de jeu passé avec la balle. Il sait très bien se mettre au service du collectif pour libérer de la place pour les autres.

Enfin, bien évidemment, Clint Capela est très utile dans la protection du rebond. Il aspire près de 14 rebonds/match (13.9) mais dans ce total prime le nombre de prises offensives, qui est excellent et totalement élite en NBA. En effet, le Suisse prend 4,3 rebonds offensifs/match, il n’y a que Drummond qui fait mieux (4,6) mais Capela fait mieux que d’autres pivots mobiles comme Gobert (3,72), T. Thompson (4,12) ou Jarrett Allen (3,08). Comment expliquer cela ? Sa mobilité d’abord, qui lui permet de fuir les écrans-retard, mais aussi sa lecture de la trajectoire-tir. Un autre argument qui montre que même s’il n’est pas le meilleur joueur au monde, Clint Capela est un joueur concentré.

Clint Capela : les –

Le premier point négatif dans le CV de Clint Capela, et surtout dans cette NBA qui en demande de plus en plus à ses intérieurs et donc à ses pivots, c’est son shoot d’une manière générale. La gestuelle n’est pas belle, le geste n’est pas fluide et on sait que la fluidité dans un tir est primordiale (demandez à Giannis…). Le tir extérieur fait souvent office de dernier recours pour le suisse qui n’a pas confiance en son tir et ça se ressent. Au rayon des « points positifs dans le négatif » c’est que ça rend le duo Capela-Collins très complémentaire. John Collins sait, lui, s’écarter. Et dans cette configuration avec un Collins en tête de ligne à trois points, dans l’axe, le high-low devient une vraie possibilité. Imaginez Collins en possession du ballon et un Capela qui enroule son défenseur, se retrouvant à 1m du panier derrière lui… C’est très intéressant à condition qu’il soit servi dans de bonnes conditions. Cette carence (importante dans la NBA actuelle) n’est donc pas un problème de poids si le PF avec qui il combine à les qualités correspondant à celles de John Collins.

Là où son shoot extérieur est un problème majeur, c’est dans la conversion des lancers francs. On n’est pas loin du « hack-a-Clint » puisque la meilleure saison de Capela sur la ligne des LF, c’est l’an dernier avec un % de 61.1… C’est très très moyen pour un pivot qui peut très vite se retrouver avec régularité sur la ligne sur une transition offensive ou sur une continuité de P&R. Cette saison, c’est tout juste au-dessus du shoot marqué sur deux tentatives (52,7%). Ce n’est pas DeAndre Jordan, mais ce n’est vraiment pas terrible.

Ensuite, Clint Capela n’est pas un bon passeur. Cela reste relatif dans une NBA où tous les pivots ne sont pas de bons passeurs. Tout le monde n’est pas Jokic, Towns, Sabonis, Horford ou Adebayo… Mais Clint Capela n’est pas à l’aise lorsqu’il s’agit de changer sa première décision (le cercle) pour ressortir la balle. D’ailleurs, pour aller dans un point négatif qui découle du premier, Capela est un joueur a la lecture de jeu trop verticale. La vision périphérique, ce n’est pas son fort. C’est un vrai joueur de périmètre donc le passing-game n’est pas une qualité qu’il présente. D’ailleurs, son ratio assist/turnover est un bon révélateur puisqu’il est à 0.8 cette saison. C’est à dire qu’il perd plus de ballons qu’il ne fait de passe décisive. À titre comparatif chez les pivots :

  • Al Horford : 3.7 ast/to
  • Marc Gasol : 2.8 ast/to
  • Nikola Vucevic : 2.3 ast/to
  • Nikola Jokic : 2.3 ast/to
  • Jakob Poeltl : 2.2 ast/to

Pour un pivot, ce n’est pas un très bon rim-protecter. En dehors de la statistique pure des contres, Capela n’est pas un très bon dernier rempart pour accéder au cercle. N’ayant pas une grande explosivité verticale, l’ex-Rocket n’est pas le plus dissuasif des pivots. Il contre peu mais en dehors de cette statistique pure, où certains sont de bons contreurs sont pour autant de pauvres protecteurs de cercle (tout se joue dans le timing, hein Thybulle ?), il est friable lorsqu’il est le dernier rempart.

Ensuite, parlons un instant de sa main gauche. Autant être clair, elle n’est pas bonne. Il a les pires difficultés du monde pour finir au près ou pour orienter la balle avec sa main faible mais au-delà de sa main gauche, il est important de dire que d’une manière générale, sa finition au près (hors-dunk) est faible. Combien de situations où Westbrook ou Harden vont au drive, passe dans le petit corner et Capela n’arrive pas à finir ? Ce défaut est préjudiciable lorsqu’une défense a la capacité de replacer vite sur le nouveau porteur de balle. Salut Milwaukee, salut Denver, salut les Lakers etc…

En somme, Clint Capela est un joueur de qualité mais très perfectible. Il n’en demeure pas moins que le « feat » avec les Hawks demeure intéressant. Pour qu’il retrouve un impact réel en NBA il doit compter sur une équipe qui adopte le pick & roll de manière régulière, et ce dans le coeur du jeu. C’est là qu’il est le plus intéressant et ça tombe bien, il risque d’être bien souvent trouvé par un meneur à la vision du jeu (et à la lecture des défenses) comme celle de Trae Young.

À vous de vous faire votre propre opinion du joueur mais d’ailleurs, lequel est-il ?

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