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Tireurs de coups francs : espèce en voie de disparition?

Demain, l’affrontement entre le Barca et le Real ravira tous les fans de foot. S’ils sont tous deux alignés, Messi et Toni Kroos représentent 2 écoles différents de coups de pieds arrêtés. L’argentin tente souvent sa chance directement, quand l’allemand, grâce à des stratégies définies et travaillées, tente de trouver un partenaire. Messi est d’ailleurs aujourd’hui le meilleur tireur de coups francs au monde, et ne possède que très peu de concurrence. L’évolution du football tend-elle à une disparition de cette caste si particulière des tireurs de coup francs ?

Les années 2000, eldorado des snipers.

66 coups francs directs marqués en carrière, Beckham a marqué son époque.(Photo: football-wallpapers.com)

« Un coup franc, c’est comme un pénalty pour lui ». Qui n’as jamais entendu cette phrase prononcée devant la télé un soir de Ligue des Champions, quand Juninho, Beckham ou Cristiano Ronaldo s’apprêtaient à s’élancer. Les années 2000 ont vu de très grands spécialistes de la question, une génération exceptionnelle qui, hormis les noms susmentionnés, comptaient aussi dans ses rangs des Rogerio Ceni, Mihajlovic, Alvaro Recoba, Marcos Assuncao et autres Rui Costa. Alors que nous attaquons la décennie 2020, il est aujourd’hui plus compliqué de définir les meilleurs tireurs de coups francs au monde. Hors Messi, aucun ne semble être aussi fort. Cristiano Ronaldo ne marque quasiment plus sur coup franc, Pjanic et Dybala lui laissent souvent les coups francs, Schone et Eriksen sont très bons, sans pour autant pouvoir concurrencer des joueurs comme Juninho ou Recoba. Mais pourquoi cette tendance ? Est-elle chiffrée ou est-ce seulement un sentiment global?

L’avènement de l’analyse vidéo.

Véritable évolution voire révolution dans le football moderne, la vidéo permet aux gardiens d’analyser les frappes des tireurs de coups de chaque équipe, ce qui permet de préparer au mieux son mur, son placement et son déplacement afin de faire échouer la tentative adverse. Cependant, cet argument peut être inversé. Pourquoi un attaquant ne pourrait-il pas s’appuyer sur les faiblesses du gardien adverse ? Ce travail est-il fait en amont?
L’impact est-il si important que ça? Sur les 5 dernières années de Premier League, il y a environ 23 buts de moyenne sur coup franc. Entre 2006/2007 et 2011/2012, la moyenne était autour de 28,5 buts, et surtout des joueurs qui marquent 3-4 fois par an, ce qui est beaucoup plus rare aujourd’hui. Sur des stats aussi précises, il est difficile d’obtenir une grande variété d’exemples, mais l’exemple de la Premier League est frappant.
La vidéo a aussi poussé les équipes à développer de nouvelles tactiques, de nouvelles stratégies afin de rendre les CF dangereux, mais de manière indirecte, en centrant ou en décalant un coéquipier. Si bien qu’aujourd’hui Toni Kroos est un maître en la matière mais ne prend pas souvent sa chance. Juan Mata, Santi Cazorla sont eux aussi de brillants tireurs, capable de viser un point précis et de s’y tenir. Cette capacité, cette volonté de trouver le joueur libre est peut être la nouvelle tendance des coups francs. A voir si cela tient sur le temps long ou non.

Le changement de profil.

CR7, exemple de l’évolution de l’attribution des coups francs.

Les années 2000 ont vu défiler de véritables spécialistes du poste, et l’on trouvait dans cet exercice spécifique des joueurs qui brillaient notamment par cette capacité là. Les temps ont changés, et désormais l’on n’accorde plus les responsabilités des coups francs aux spécialistes de l’exercice, mais bien plus au statut d’un joueur. Par exemple, Ronaldo à la Juve, comme Dembélé à l’OL, ou encore Mbappé (que ce soit au PSG ou en EdF) montrent bien cette tendance, n’étant pas les meilleurs de leurs équipes respectives. La starification du foot y est sûrement pour quelque chose.
Il faudrait aussi étudier l’impact de la formation dans cet exercice-là. La complexité technique et tactique du foot amène les formateurs de tout niveau d’axer leur exercices sur ce qui est le plus important: le jeu. Travailler les coups de pieds arrêtés n’est que secondaire, notamment si l’on cherche un degré de précision aussi important dans un exercice si complet, si compliqué.

En attendant, une nouvelle génération pointe le bout de son nez. Harry Wilson (qui s’est inspiré de Beckham), Enis Bardhi ou encore Ruslan Malinovskyi sont amenés à prendre la succession initiée par Pelé, Zico, Platini, Roberto Carlos ou encore Koeman. Dans quelle direction vont-ils se diriger ? Réussirons t’ils à s’affirmer devant des joueurs plus affirmés qu’eux ? L’évolution des coups francs sera en tout cas, exaltante et passionnante.

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