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Premier League : Pourquoi Sheffield Utd ira en coupe d’Europe l’an prochain ?

Promus cette saison en Premier League, après près de 15 années passées au sein des échelons inférieurs (Championship, League One), le club de Sheffield Utd étonne cette saison et est en passe de réaliser un véritable exploit. En effet, les hommes de Chris Wilder occupent actuellement une magnifique 7e place, à égalité de points avec le 6e, Wolverhampton, avec un match en plus à disputer, contre Aston Villa et donc la possibilité de passer devant Manchester United, 5e. Comment se fait-il, alors, qu’une équipe promus, avec un effectif “limité” et dans un championnat aussi concurrentiel que la Premier League soit en passe de se qualifier pour une coupe d’Europe, la saison prochaine ? Explications !

Car il est probable qu’une place se libère

Si la suspension de Manchester City de toutes compétitions européennes n’est évidemment pas encore actée, le TAS (Tribunal Arbitral du Sport) devrait rendre son verdict avant la fin de la saison et il y a de fortes chances que la condamnation soit en défaveur des Citizens. Si la suspension est validée, le 5e de Premier League sera, alors, automatiquement qualifié pour la prochaine édition de la Ligue des Champions et en fonction du vainqueur de la F.A Cup (compétition où Sheffield est encore en lice), les places qualificatives pour l’Europa League pourraient s’étendre jusqu’à la 8e place du classement.

Surtout qu’au regard des différentes saisons réalisées par leur concurrents directs, que son Tottenham (8e), Arsenal (9e) où Manchester Utd (5e), on peut tout à fait imaginer que les Blades seront capables de tenir la cadence imposée par ces équipes jusqu’à la fin de la saison. D’autant que même devant Chelsea et surtout Leicester commencent à marquer le pas (même si ces derniers se sont imposés hier soir face à Aston Villa, 4-0). 

Classement du Top 10 de Premier League
(Source : sofascore.com)

Car Sheffield a à sa tête un amoureux du club

Arrivé, de Northampton, sur le banc des Blades, en 2016, l’entraîneur britannique de 51 ans, Chris Wilder avait déjà réalisé un petit exploit en transformant Northampton, club de milieu de tableau de League Two (D4) en brillant champion de ce même championnat avant de rejoindre Sheffield Utd, son club de toujours.

En effet, avant d’être entraîneur, Chris Wilder était un arrière droit ayant pas mal bourlingué dans les divisions inférieures anglaises, totalisant plus de 400 matchs pour différent club de Championship et de League One mais son club de coeur, le club où il a été formé, le club dont il a un tatouage sur la peau… ce club-là, c’est bel et bien Sheffield Utd. 

En juillet 2016, Chris Wilder débarque, donc, dans le club de sa vie et à l’époque Sheffield Utd sort d’une saison galère et termine l’exercice 2015/2016, à une décevante 11e place. Cela ne durera pas puisqu’une saison plus tard, il parvient à faire remonter Sheffield en Championship grâce à un système de jeu innovant.

Chris Wilder, entraîneur de Sheffield Utd
(Photo : BBC Sport)

Car Chris Wilder est également un novateur

Dès ses premiers matchs à la tête de Sheffield, on remarque quelque chose qui est toujours d’actualités ; un schéma de jeu assez atypique voire novateur. Il met en place un 3-5-2 qui ressemble plus à un 3-3-2-2 et parmi les joueurs récurrents qui jouaient déjà en D3, il y a près de quatre ans, on peut citer des joueurs comme Chris Basham, Jack O’Connell, John Fleck ou encore Billy Sharp qui sont encore des titulaires indiscutables, aujourd’hui, alors que le club joue les places européennes en Premier League.

Voici le XI aligné, samedi dernier face à Norwich (victoire 1-0)

Le principe de jeu clé de ce 3-5-2 est simple, mais terriblement difficile à mettre en pratique : rechercher la supériorité numérique en permanence et avoir des joueurs en perpétuel mouvement ce qui explique cette ambition tactique qui laisse beaucoup de libertés aux défenseurs centraux désaxés leur permettant de faire le surnombre dans le camp adverse puis de dédoubler sur les côtés, permettant ainsi aux deux attaquants (Billy Sharp et Lys Mousset) de rester dans la surface adverse, ou en tout cas le plus proche possible ce qui a pour effet de mettre un véritable tourbillon d’intensité lors des phases offensives, qui fonctionne très bien contre les équipes en difficultés défensivement ou lors des transitions rapides.

Si ce système marche aussi bien et depuis aussi longtemps c’est aussi parce que le rôle joué par les milieux de terrains est primordial. Ces derniers compensent les montées des centraux lors des phases offensives permettant ainsi à l’équipe d’avoir de la stabilité même lorsque les défenseurs sont aux poteaux de corners adverse.

Voici l’exemple parfait du dédoublement ammené par le central droit et de la compensation du milieu central droit.
(Source : Telepraph)

Autre point intéressant, ce système permet également de créer des triangles de passes et de pressing assez facilement, accentuant ce sentiment de “rouleau compresseur” lors des phases offensives. Grâce à ces triangles les joueurs peuvent également permuter de manières plus fluide.

En jaune et bleu, les « triangles » de passes et les permutations possibles grâce à ce système.
(Source : Chaîne YT Statman Dave)

Cela étant dit chaque système a ses failles et ses défauts, celui de Chris Wilder ne déroge pas à la règle et les demandes énergétiques et mentales que demandent cette philosophie de jeu coûtent beaucoup de buts, en fin de match. Cette saison les Blades ont encaissés 12 buts dans les 30 dernières minutes même si on peut aussi argumenter que cette dépense d’énergie met les adversaires en danger dans les dernières minutes puisque Sheffield a également marqué à 10 reprises dans les 30 dernières minutes, cette saison. 

La possession est également un point intéressant à soulever, cette saison les joueurs de Chris Wilder ont une moyenne de 43.6% de possession, l’une des plus faibles de Premier League, ce qui explique, en partie, l’arrivée pour plus de 25 M€, cet hiver, du milieu défensif norvégien, Sander Berge, ce dernier est capable de contrôler le tempo d’une équipe et également de mettre le pied sur le ballon, quand il le faut et ainsi permettre à son équipe de plus procéder par attaque placé et de moins accuser le coup lors des fins de matchs. Pour le moment ces premiers matchs sont prometteurs il pourrait être l’une des révélations de la Premier League, la saison prochaine. 

Sander Berge sous ses nouvelle couleurs
(Photo : Transfermarkt.fr)

Car Sheffield possède la 2e meilleure défense de PL

En effet, les rouges et blanc sont actuellement deuxième meilleure défense de Premier League devant des clubs comme Manchester City, Chelsea ou Wolverhampton, avec seulement 25 buts encaissés, seul Liverpool fait mieux (21 buts encaissés). Et on le sait, “une bonne attaque fait gagner des matchs tandis qu’une bonne défense fait gagner des titres”, en l’occurrence, pour Sheffield, la bonne défense fait gagner des places aux classements et des places extrêmement précieuse pour une possible qualification en Coupe d’Europe.

En revanche, si sa défense est un véritable point fort, son attaque l’est un peu moins et l’efficacité de Billy Sharp, Lys Mousset et Oliver McBurnie n’est, pour l’instant, pas au mieux. Les trois hommes totalisent à eux trois, 14 buts et on pourrait même imaginer qu’avec plus de réalisme et d’efficacité devant le but, Sheffield Utd soit mieux classé.

Quoi qu’il arrive, cette saison sera à marquer dans les annales du club du Yorkshire et comme l’a dit Billy Sharp après la montée du club en Premier League : “Chris Wilder est le meilleur entraîneur de l’histoire du club”. Si une place en Coupe d’Europe la saison prochaine serait une magnifique cerise sur un gâteau déjà bien calorique, pour les joueurs de Chris Wilder, il ne faut pas négliger la progression du club qui est constante depuis l’arrivée à sa tête du fils prodigue.

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