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C’était le… 17 Mars 1996 : Laurent Jalabert remporte Paris-Nice

En cette période d’arrêt des courses cyclistes, le CCS a choisi de vous plonger dans l’histoire de ce sport. Aujourd’hui, nous revenons sur Laurent Jalabert et sa victoire lors de la 54e édition de Paris – Nice.

La naissance d’une superstar

En 1996, Laurent Jalabert a 27 ans. Il est alors au sommet du cyclisme mondial. La saison 1995 a été pour lui couronné de succès. Cette saison avait commencé par un succès à Paris – Nice, qu’il remporta pour la première fois de sa carrière devant Vladislav Bobrik et son coéquipier, le suisse Alex Zülle. Quelques jours après, il enchaîna en remportant sa première grande classique : Milan – San Remo, puis la Flèche wallonne.

Plus tard dans la saison, il remporta pour la 2e fois le classement par points du Tour de France en finissant 4e de l’épreuve. Décidant de s’aligner sur un autre grand tour quelques semaines après la grande boucle, il survole le Tour d’Espagne en remportant la course, 6 étapes, et tous les maillots distinctifs possibles pour lui (du classement général, par points et de la montagne). Il est d’ailleurs à ce jour le dernier coureur français vainqueur d’un grand tour. Cette saison 1995 et ses nombreuses victoires (on peut rajouter aussi le Critérium International et le Tour de Catalogne) font de lui un coureur unique dans ce peloton. Capable d’avoir une belle pointe de vitesse tout en jouant le général d’un grand tour, l’enfant de Mazamet est extrêmement complet. Il terminera premier du classement UCI pour la première fois de sa carrière.

Laurent Jalabert célébrant sa victoire sur le Tour d’Espagne 1995.

Une étiquette de favori

Pour ce Paris – Nice 1996, le vainqueur sortant fait donc fort logiquement figure de favori avec son équipe espagnole ONCE, une des meilleures du peloton. Dès la troisième étape entre Vassivière et Chalvignac, Jalabert estoque le jeune Lance Armstrong (champion du monde 1993). Il gagne et empoche la tunique de leader en terminant 16 secondes devant Armstrong et le britannique Chris Boardman. Le lendemain, Jaja récidive à Millau. Les faits se répètent et Jalabert se défait une nouvelle fois de l’américain, remporte l’étape et voit son avance grandir. Le français survole cette édition mais ne loupe pas l’occasion de prendre du temps sur ses adversaires en remportant le sprint de la deuxième place lors de la cinquième après la victoire en solitaire de l’italien Stefano Casagranda. Contrôlant parfaitement la course avec une ONCE dominatrice, rien ne semble pouvoir arriver au coureur de Mazamet. Mais dès le lendemain dans l’étape allant de Vitrolles à Saint Tropez, Jalabert se retrouve à terre mais se relève en remontant sur son vélo de façon admirable malgré des blessures apparentes à la pommette et au genou. Se battant à coup de secondes lors des étapes suivantes face au rouleur Boardman, le suspense reste présent pour la victoire finale avant le contre-la-montre finale de 19,9 km entre Antibes et Nice. Jalabert ne perd « que » 29 secondes sur Boardman et remporte pour la seconde fois consécutive Paris – Nice, continuant sur la lancée de sa saison précédente. Il termine cette épreuve 43 secondes devant Armstrong et 47 secondes devant Boardman. Jalabert remporta moins de succès prestigieux que l’an dernier (difficile de faire mieux) mais termina une nouvelle fois en tête du classement UCI durant la saison 1996.

Jalabert en une du quotidien « L’équipe » après sa victoire lors de Paris-Nice 1996.

Une machine à gagner

Laurent Jalabert fait parti des grands coureurs de l’histoire du cyclisme. Coureur phare du peloton pendant plus d’une dizaine d’année, Jaja a su mettre à profit ses qualités exceptionnelles de coureur et son profil atypique pour remporter un nombre impressionnant de victoires. Au total, ce n’est pas moins de 138 bouquets que Jalabert a soulevé durant sa magnifique carrière. Son palmarès manque de qualificatif. Il a remporté 4 fois le classement UCI (1995,1996,1997 et 1999), fut vainqueur du Tour d’Espagne en 1995, gagna 8 fois les classements par points des grands tours (2 sur le Tour de France, 1 sur le Giro et 4 sur le Tour d’Espagne) et 3 fois ceux de la montagne (sur le Tour d’Espagne 1995 et sur le Tour de France 2001 et 2002). Ajoutons à cela 25 étapes sur les courses de trois semaines dont 18 juste sur la Vuelta, et ça vous classe un coureur ! En plus de ces succès lors des courses de trois semaines, Jaja a aussi su performer sur de nombreuses grandes courses d’un jour (Classique de Saint-Sébastien, Flèche Walonne, Milan-San Remo, Tour de Lombardie). Il a également été champion du monde du contre-la-montre en 1997.

Jalabert laissa la trace d’un coureur ne calculant pas ses coups de pédales. Se définissant lui-même comme un coureur à l’ancienne (à l’époque où certains grands leaders comme Eddy Merckx ou Bernard Hinault pouvaient gagner sur n’importe quel terrain), Jaja essayait de gagner chaque courses pour lesquelles il participait sans cibler de grands objectifs. C’est donc cette fraicheur et cette envie de faire la course qui ont fait de lui un coureur grandiose brillant par son panache.

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