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C'était le… 23 Mars 1995 : Éric Cantona écopait de deux semaines de prison ferme !

Il y a 25 ans jour pour jour, la justice anglaise rendait son verdict pour l’un des scandales les plus importants de l’histoire de la Premier League. Retour sur le high-kick le plus célèbre de l’histoire du football !

« Enculé de bâtard de français »

25 janvier 1995, Crystal Palace reçoit Manchester United, pour le compte de la 26e journée de Premier League, il est environ 22h15 en France, une heure plus tôt, en Angleterre quand Éric Cantona écope d’un carton rouge pour un énième accrochage avec le défenseur adverse, Richard Shaw. Ce n’est pas le premier carton rouge de sa carrière et ce ne sera pas le dernier non plus, il baisse le col de son maillot, se dirige vers les vestiaires pendant que ses coéquipiers tentent de raisonner l’arbitre, Alan Wilkie, quand soudain la caméra nous montre à nouveau l’attaquant français… ce dernier s’envole dans la tribune de Selhurst Park et envoie son pied droit s’écraser sur le torse d’un supporter. Déséquilibré par la balustrade, Cantona tombe, mais se relève et parvient à assainer un coup de poing à ce même supporter avant d’être stoppé par Norman Davies, l’intendant du club de Manchester et quelques stadiers.

Ce supporter, un certain Matthew Simmons, un partisan de l’extrême droite anglaise s’est tout de suite précipité près du bord du terrain à la vue de l’attaquant mancunien pour lui hurler aux oreilles : « Enculé de bâtard de français ». Le sang n’a fait qu’un tour dans le corps du français avant de commettre l’irréparable. La scène ne dure pas plus de 10 secondes, suffisant pour plonger tout un pays dans le scandale, les tabloïds et les médias anglais n’en demandaient pas tant…

Cantona dans la tourmente

À la suite de cet événement le marathon médiatique et judiciaire va faire les choux gras de tous les tabloïds du Royaume. Manchester United réagit rapidement et dès le lendemain, le président du club mancunien, Martin Edwards, annonce la suspension de son joueur jusqu’à la fin de la saison ainsi qu’une amende de 10 800 livres, soit deux semaines de salaires et ajoute :

« Le football est plus important que Manchester United, et Manchester United est plus important qu’Éric CantonaNous venons de prouver que la réputation de Manchester United est au-dessus des trophées. »

Martin Edwards

Les semaines passent, mais pas la polémique et le 21 février, New Scotland Yard convoque le joueur français, ce dernier est officiellement inculpé pour agression et encourt jusqu’à six mois de prison ferme. Le 24 février, la F.A rend son verdict : Éric Cantona est suspendu huit mois, soit jusqu’au 30 septembre 1995.

Le 23 mars Éric Cantona doit comparaitre au tribunal, la veille il est invité à un concert privé de Prince, à Londres. À la sortie, vers 3h du matin, la presse l’attend de pied ferme et fait ses gros titres sur cette sortie. « Voilà où était Éric Cantona à 3h du matin » titrent certains journaux le jour de la comparution de l’attaquant français au tribunal. Cette affaire ne connaît quasiment aucun précédent, en Angleterre et comme le racontait Jean-Jacques Bertrand, avocat du joueur, à nos confrères de SoFoot, il y a quelques années :

« À l’époque, cette affaire était le deuxième événement le plus couvert dans l’histoire des médias en Angleterre. Le premier événement dans l’histoire était la mort de Kennedy. Depuis, seule la mort de Lady Diana a été aussi médiatisée. Je n’avais jamais vu tant de médias pour une affaire. »

Jean-Jacques Bertrand

Le 23 mars, la sentence tombe : deux semaines de prison ferme sont encourus à l’encontre de l’attaquant français de Manchester United. Finalement, Cantona et son avocat font appel de la décision et font les démarches nécessaires pour éviter au mancunien de terminer la journée en prison. En fin de journée, alors qu’un fourgon attendait le joueur pour l’emmener en cellule, les démarches aboutissent et le joueur peut rentrer chez lui.

Remise de peine

Une semaine après le premier verdict, la justice anglaise condamne en appel, Éric Cantona, à 120 heures de travaux collectifs,- qu’il effectuera en allant entraîner de jeunes joueurs anglais – 40 000 livres d’amendes ainsi que sept mois de suspensions (clubs et sélection). Cette dernière sanction mettra un terme à sa carrière en bleus, puisque Aimé Jacquet ne le rappellera plus, même après sa suspension.

En conférence de presse, Canto nous gratifiera d’une punchline dont lui seul a le secret et prendra à contre-pied tous les journalistes ainsi que tous ses détracteurs.

Il faut aussi noter que le hooligan victime du high-kick du « king », Matthew Simmons, a également était condamné et a passé quelques jours en prison.

25 ans après, cet événement fait toujours autant parler outre-manche. Même s’il est évident que ce geste est incongrus et n’a rien à faire sur un terrain de football, il faut tout de même admettre que tout ce tapage médiatique ainsi que les différentes punchlines de Cantona auront forgés un peu plus le mythe de l’un des plus grands joueurs de l’histoire de la Premier League.

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