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Joyeux anniversaire à… Stan Wawrinka

« On ne nait pas champion, on le devient ». Cette maxime, très souvent utilisée, colle à la perfection à la carrière de Stan Wawrinka. Joueur de qualité jusqu’à l’année de ses 28 ans, celui qui se faisait encore appeler Stanislas n’arrivait pas à percer le top 10 et à se libérer complètement. A un âge où beaucoup commencent à décliner, lui a explosé. Retour sur la carrière de « l’autre suisse ».

Dans le tennis, beaucoup de choses se jouent dans la tête et c’est souvent mentalement que se fait la différence. Un soir de Janvier 2013, sur un Rod Laver arena surchauffé, la carrière du Vaudois a basculé. Dans un 8ème de finale titanesque, il livre un combat mémorable contre Novak Djokovic. Battu 12-10 au 5ème set en plus de 5h, il joue le meilleur tennis de sa vie. Si il a récemment déclaré avoir beaucoup pleuré après cette défaite, Stan The Man a aussi compris une chose : il peut jouer yeux dans les yeux avec les meilleurs joueurs de la planète.
Désormais coaché par Magnus Norman, le suisse va entrer dans la meilleure période se sa carrière. Plus encore, il va totalement se métamorphoser. Gros frappeur, mais irrégulier, aussi bien tactiquement que mentalement, il va devenir une machine froide et inébranlable. Entre 2002 et 2013, Wawrinka va jouer 2 quarts de finale en grand chelem en 31 tentatives, soit 6% de présence. Entre 2013 et 2020, ce pourcentage monte à 57%, avec 16 quarts de finale en 28 majeurs.

Surtout, c’est plus que des deuxième semaine que va vivre le Stanimal. En 2014, il s’offre une revanche contre Novak Djokovic à Melbourne, jouant un tennis démentiel pour s’imposer 9-7 au 5ème set. En finale, il ne montre aucune pression et détruit Rafael Nadal dans la première manche. L’espagnol, blessé dans le deuxième set, résiste tant bien que mal mais ne peut que s’incliner contre Wawrinka. En battant pour la première fois un numéro 1 mondial, il rentre dans la sphère des vainqueurs en Grand Chelem.

L’année suivante, c’est à Roland Garros qu’il va faire tomber la foudre. Après une première semaine tranquille, il retrouve Roger Federer en quart de finale. Il n’a jamais battu son compatriote en majeur. Pourtant, des les premiers jeux, la donne est clair : Le vaudois est plus fort que le balois. Terrassé en 3 sets, le Maître laisse son ami filer vers le dernier carré. Après avoir briser les rêves de la France entière en triomphant de Jo-Wilfried Tsonga en demi finale, il retrouve un Novak Djokovic en route pour le grand chelem en carrière. Le serbe remporte la première manche et la logique semble prévoir une victoire du numéro 1 mondial. Mais des lors, Wawrinka va jouer un tennis de rêve. Physiquement et mentalement, il va concasser Novak Djokovic. Plus offensif, plus solide, il break son adversaire sur un passing de revers gagnant. Puis, comme dans un rêve, il s’offre le titre sur un revers long de ligne magistral. Doigt sur la tempe, comme souvent, il n’explose pas de joie mais mesure le chemin accompli. Vainqueur à Paris chez les juniors, il récidive donc chez les « grands ».

En Grand Chelem, la patte Wawrinka est reconnaissable. Le suisse peut se faire piéger dans les premiers tours. Mal réglé, bousculé, il peut dévisser. Mais lorsque qu’il arrive en deuxième semaine, le joueur de transforme. Encore plus lorsque qu’il est passé près du précipice. A New York en 2016, il doit sauver une balle de match en première semaine contre Daniel Evans. Vous connaissez la chanson ? 10 jours plus tard, il joue un tennis d’une perfection absolu, sans aucun doute son plus grand match, et peut être l’un des niveaux de tennis les plus haut affiché par un joueur dans l’histoire de ce sport. Là encore il perd la première manche. Mais sa force mentale et son bras colossal inversent la tendance il s’impose une nouvelle fois contre le numéro 1 mondial, Novak Djokovic. A 31 ans, et en 3 ans, il est passé d’un joueur du top 20 mondial au petit chelem en carrière.

Il y’a tant à dire sur le joueur et sur l’homme. Stan est un peu le joueur que le tennis français aurait aimé avoir. Talentueux, tueur sur le terrain, sympathique en dehors, il dégage une image de joueur accessible et de champion simple. A 35 ans, le suisse continue de performer, avec 3 quarts de finale sur les 4 derniers majeurs, et des performances XXL contre Stefanos Tsitsipas, Novak Djokovic et Daniil Medvedev.

Seul joueur, hors big four, multi-titré en Grand Chelem depuis 2005, le Stanimal est un véritable ovni dans cette génération. A 35 ans, rien ne dit que la bête n’est pas prêt à rugir de nouveau à la prochaine demi-occasion.

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