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Las Vegas : le nouvel eldorado du sport américain ?

Avec presque deux millions d’habitants, Las Vegas était l’une des plus grandes villes des États-Unis sans franchise sportive dans les ligues majeures américaines avant l’entrée des Golden Knights en NHL. Un tournant pour cette ville longtemps mise à l’écart par les dirigeants de la NBA ou de la NFL, jugeant « toxique » la présence de cette Sin City dans le monde très policé du sport américain. L’entrée fracassante de Vegas dans l’univers des sports US mérite toute l’attention du CCS et nous interroge sur les relations culturelles entre la ville et le sport. Focus sur la réputation de Las Vegas qui l’éloigna longtemps du monde du sport, l’épopée incroyable des Golden Knights, l’installation des Raiders et le futur sportif de la capitale économique du Nevada. 

Le Sport & la Ville

Analyse des relations perturbées entre Las Vegas et les sports américains

Démesures, dérives, mariages officiés par Elvis Presley, luxure, Céline Dion, jeux d’argent… Les images que nous associons à la ville de Las Vegas sont nombreuses et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles ne sont glorieuses que pour celles et ceux fascinés par les fantasmes en tout genre. Pour comprendre la genèse des relations conflictuelles entre Vegas et le sport, il est crucial d’apporter quelques éléments de contexte sur la dimension urbaine et sociale de cette ville.

Image aérienne de la Strip de Las Vegas – The Telegraph

Construite ex-nihiloà la fin du 19ème siècle dans le désert de Mojave, le plus aride des États-Unis, Las Vegas connaît un réel bouleversement économique à partir des années 1930.En cause, le développement des chemins de fer et la construction du barrage Hoover en 1936 à 50 km au sud de la ville, permettent de désenclaver la ville. Vegas profite surtout des lois ultra-libérales mise en place par l’État du Nevada en matière de jeux à partir de 1931. Depuis, la ville a acquis une renommée internationale en matière de divertissement. Si les années 1950’ riment avec l’implantation des premiers casinos et une première économie dite « toxique » tournant autour de la prostitution et la mafia. Progressivement, à partir des années 1970, Vegas  profite de l’émergence du tourisme de masse pour devenir la ville que nous connaissons, celle des loisirs, des jeux d’argents et des rencontres en tout genre. Aujourd’hui, nous retrouvons sur la Strip, la célèbre avenue, des répliques des palais vénitiens et du Rialto, de la Tour Eiffel et du luxe parisien, de la Statue de la Liberté et des décors en carton-pâte : une architecture du fantasme, où l’unique objectif du bâti est d’attirer les regards.

Et ne vous y trompez pas, ce fonctionnement économique si particulier de Las Vegas n’est absolument pas étranger aux relations tumultueuses qu’elle entretient avec les grands sports nationaux.

Le plus grand mur d’affichage indoor de paris sportifs du monde à Las Vegas – Digital Instore

C’est principalement le statut de « Capitale des jeux d’argent » attribué à Las Vegas qui a longtemps égratigné les ligues sportives majeures en Amérique. Au premier rang : les paris sportifs légaux. Historiquement, la NBA, la NHL, la NFL ou encore la MLB mènent une politique antijeu rigoureuse en interdisant notamment à leurs employés de jouer aux jeux de hasard (il faut reconnaître que de nombreuses affaires ont tout de même ébranlé ces ligues…). Autre élément déterminant : la concurrence des divertissements. Beaucoup de dirigeants susceptibles d’implanter une franchise à Vegas ont estimé que les nombreux divertissements proposés dans la ville peuvent empêcher une équipe d’avoir une base de fans conséquente. Enfin, l’organisation urbaine et essentiellement privée de Vegas semble également poser problème pour le sport américain. Avant l’ouverture de la T-Mobile Arena en 2016 pour les Golden Knights, aucune salle n’était en mesure d’accueillir une équipe professionnelle. Seule la boxe semble avoir sa place à Las Vegas. En adéquation avec cette philosophie des paris sportifs, les fédérations de boxe ont organisé quelques combats mémorables. Souvenons-nous du prétendu « Combat du Siècle » entre Floyd « Money » Mayweather et Many Pacquiao au MGM Grand Garden Arena, le 2 mai 2015. Ou plus récemment, le 22 février dernier, le deuxième volet de l’affrontement spectaculaire entre Wilder et Fury.

L’affiche entre Money Mayweather et Manny Pacquiao – MHL

Si l’image de Vegas n’a pas réellement changé, les pratiques ont évolué. Avec le développement et la place prépondérante prise par les Fantasy Leagues ainsi que l’accroissement conséquent des paris sportifs sur mobile, les ligues majeures américaines ont quelque peu changé leur regard sur Las Vegas. Des propriétaires influents, comme Mark Cuban (Dallas Mavericks) ou Jeffrey Loria (Miami Marlins), ont exprimé leurs sentiments sur le potentiel sportif de Las Vegas.

La démesure qui caractérise Vegas a longtemps tenu la ville à l’écart des grandes ligues sportives américaines. La NHL sera la première ligue à briser le plafond de verre et prendre le pari d’installer une franchise à Las Vegas pour le plus grand bonheur des oubliés, ceux qui n’ont jamais été considéré dans les discussions jusqu’à présent, les Las Vegans, les locaux.

Les Golden Knights de Las Vegas

Une épopée inédite faisant passer Vegas d’une Sin City à une Win City

L’aventure des Golden Knights est tout simplement l’un des plus beaux et surprenants moment de sport du vingt-et-unième siècle. Jamais une équipe d’expansion n’avait réalisé un si beau parcours lors de sa première année. Une épopée qui fera résonner le cœur sportif de Las Vegas et initie la transformation sportive de la ville.

Comme à chaque époque et comme dans toutes les ligues majeures de sport américain, une team expansion commence toujours par des rumeurs. Tout commence à l’été 2014, où des bruits circulent sur la construction d’une salle sur la Strip. En novembre, un accord non officiel dévoile le nom du propriétaire : il s’agirait du milliardaire Bill Foley et la famille Maloof (anciennement propriétaire de l’équipe des Kings de Sacramento). En juin 2015, la NHL ouvre officiellement la porte pour une expansion. Deux villes sont en concurrence : l’entreprise Quebecor qui souhaite faire renaître les Nordiques de Québec et Bill Foley avec son équipe de Las Vegas. Après une année de campagne de communication et la constitution d’un dossier exhaustif, les propriétaires de la NHL sélectionnent Las Vegas à l’unanimité le 22 juin 2016 pour accueillir une nouvelle franchise de hockey sur glace sur le sol américain.  Le 22 novembre suivant, Las Vegas dévoile son identité sportive, les Golden Knights sont nés :

(Superbe) Identité visuelle des Golden Knights

Les débuts sportifs de Vegas en NHL sont prévus pour la saison 2017-2018. Le 13 avril 2017, l’équipe annonce le nom de son nouvel entraîneur-chef : Gerard Gallant. Ancien joueur emblématique des Red Wings dans les années 1980, il a déjà dirigé l’équipe de Columbus et de Floride mais son meilleur résultat n’est qu’une élimination en première ronde des Séries en 2016 avec les Panthers, seule saison où il emmène son équipe au tournoi printanier. Le repêchage d’expansion se tient le 21 juin 2017. Comme il est de coutume en NHL, chacune des 30 équipes dévoile une liste de joueurs disponibles et la nouvelle franchise en choisi un par équipe pour constituer son effectif. Et comme à l’habitude, c’est le flou qui entoure les équipes d’expansion. Mise à part l’attaquant James Neal arrivant des Predators de Nashville, David Perron ou encore Nate Schmidt, rares sont ceux qui ont réellement prouvé dans la ligue. Le point de satisfaction est assurément le poste de gardien où l’on retrouve l’ancien champion avec Pittsburgh mais qualifié de vieillissant, Marc-André Fleury.

Regardons avec attention les projections des analystes à la veille de cette saison 2017-2018. Aucun des 15 experts de NHL.com ne voyaient les Golden Knights aux Séries Eliminatoires. Pire encore, le média américain ESPN ouvrait un paragraphe preview sur Vegas de cette manière : « Un pro du poker a de meilleures chances de toucher une quinte flush sur la rivière que les Golden Knights ont de faire les séries éliminatoires.» Vous en voulez encore ? Le journaliste du blog sportif indépendant Deadspin, Barry Petchesky déclarait : « Cette équipe va être mauvaise, potentiellement historiquement. Ils seront mauvais pendant quelques années ? Ils ne seront même pas agréables à regarder une fois que la nouveauté des nouveaux uniformes disparaîtra, sauf si vous considérez les pertes 4-1 comme agréables. » Voilà, une équipe vouée à l’échec qui n’a pour solution que d’essayer d’être compétitif dans les 5 à 10 ans.

La saison s’ouvre le 4 octobre 2017, et personne n’aurait pu prévoir une telle aventure pour Vegas. Après deux victoires à l’extérieur, les Golden Knights allaient disputer leur premier match à domicile et ainsi inaugurer la T-Mobile Arena, le 10 octobre 2017 contre les Coyotes de l’Arizona. Mais voilà, la ville et toute l’Amérique doit faire face à un tragique évènement survenu le 1er octobre : la fusillade de Las Vegas lors du festival de musique country, la Route 91 Harvest. 59 morts dont le tireur, la tuerie de masse la plus meurtrière de toute l’histoire des États-Unis. L’inauguration de la patinoire de Vegas devait être une fête, elle sera un deuil et surtout le point de départ d’une merveilleuse histoire d’amour entre les Golden Knights et leur ville.

Les Golden Knights remportent ce match 5-2 et commence la saison par trois victoires consécutives, un record pour une équipe d’expansion. Les records, Vegas va les écraser un à un. 8 victoires sur les 9 premiers matchs de la saison, nouveau record pour une nouvelle franchise. En décembre, les Golden Knights établissent un nouveau record d’équipe d’expansion de la NHL avec six victoires consécutives. Le 1er février 2018, les Golden Knights remportent leur 34ème match, et battent le record de victoires dans une première saison après seulement 50 matchs. Le 21 février 2018, ils réalisent un nouveau record de points pour une équipe d’expansion avec 84 ! Impossible n’est pas Vegas, tel est leur slogan. Le 26 mars, Vegas décroche officiellement sa place aux Séries, une première depuis les Oilers d’Edmonton et les Whalers de Hartford lors de la saison 1979-1980. En tête de la Division Pacifique depuis le 23 décembre, les Golden Knights remportent leur division et deviennent la première franchise d’expansion, toutes grandes ligues majeures confondues, à réaliser un tel exploit. Personne n’avait anticipé le niveau de certains joueurs : Jonathan Marchessault établi son record de point en carrière avec 75 points, il en va de même pour David Perron (66 points), Reilly Smith (60 points) ou encore Erik Haula (55 points). Derrière Nate Schmidt et Brayden McNabb sont presque parfaits avec des évaluations respectives de +19 et +26 sur la saison. Et que dire du « vieillissant » Fleury qui, à 33 ans, réalise sa meilleure saison : .927% au sauvetage et seulement 2,24 buts alloués par match. Symbole absolu de la réussite de Vegas, un joueur : William Karlsson. Lui qui avait plafonné à seulement 25 points avec les Blue Jackets réalise une saison stratosphérique : 78 points dont 43 buts et une évaluation de… tenez-vous bien… de +49 !!! Pour le plaisir des yeux, son chef d’œuvre contre les Sharks :

Où s’arrêteront les Golden Knights ? Les analystes sont déboussolés et peinent à envisager l’avenir de Vegas en Séries. Les hommes de Gallant balayent 4 matchs à 0 les Kings de Los Angeles au premier tour. Ensuite ? Une victoire contre San José 4-2. Enfin, Vegas écrase les Jets de Winnipeg, 4-1 en Finales de la Conférence Ouest et se hisse en sur la dernière marche pour toucher du bout des doigts la Coupe Stanley. La ville de Las Vegas est en ébullition pour son équipe de hockey. Avec 12 500 abonnements vendus sur 17 000 places disponibles, la Sin City est envahi par la fièvre de la rondelle. Dans un article écrit la vielle du premier match pour la Coupe Stanley face aux Washington Capitals, le journal canadien La Presse relate les propos d’un chauffeur de taxi, Brian, qui déclare sans hésiter que Vegas est désormais une « ville de hockey ». Les symboles d’appartenances pullulent à Las Vegas et l’on voit des maillots et des « Go Knights » partout sur la Strip. Le hastag #nocaps (« Caps » étant le surnom de l’équipe de Washington) apparait partout et les plus grands symboles de Vegas retirent les lettres capitales comme c’est le cas sur le célèbre tableau d’accueil de la ville.

Après un premier match remporté 6-4 à la T-Mobile Arena, Vegas y croit. Mais voilà, face à un Aleksander Ovechkin de gala et un Braden Holtby en mode muraille, les Caps remportent la Coupe Stanley 4-1. Le conte de fée s’arrête ici pour les Golden Knights mais cette saison 2017-2018 de NHL restera comme un formidable message d’harmonie entre une population et son équipe de sport.

Après la tuerie du 1er octobre, Las Vegas a trouvé chez les Golden Knights un véritable catalyseur d’émotions. Une manière de se retrouver pour chaque match, pour vivre ensemble après la tragédie. Contrairement à la NFL et à l’installation des Raiders que nous allons aborder dans quelques instants, les Golden Knights ont été créé de toute pièce, pour la ville. Pour ces riverains, ces locaux qui vivent en dehors de l’économie démesurée de Vegas et ses casinos. Les Golden Knights : une diversion pour guérir une ville meurtrie, voilà la leçon qu’il faut retenir. Et c’est bien cela qui traverse ce mini-documentaire réalisé par la ville de Las Vegas sur ses Chevaliers Dorés : https://sports.yahoo.com/knights-ours-152103450.html

Une nouvelle étape : l’arrivée des Raiders

Investir à Vegas, une décision lucrative

Franchise historique de la NFL grâce à ses trois superbowls remportées, les Raiders ont fait le pari de déménager dans le Nevada. Une décision actée en 2017 mais qui, en raison de la construction d’une nouvelle enceinte, ne s’effectuera qu’à partir de la saison 2020. Longtemps ces derniers ont flirté avec Los Angeles, orpheline de franchise jusqu’aux retours des Rams et des Chargers en 2017, pour effectuer leur déménagement. Si cette dernière est originellement liée à Oakland -lieu de leur domicile de 1960 à 1981 puis de 1994 à 2020-, la concurrence des Niners dans la baie de San Francisco et le manque d’attractivité ont eu raison de leurs racines. Entre temps les Raiders ont connu LA avec à la clé leur dernière victoire au Superbowl (1984). Vous l’aurez compris, le manque de rentabilité, la mauvaise réputation du Coliseum, stade vétuste et partagé avec l’équipe locale de MLB, et l’absence de résultats significatifs (4 qualifications en PO depuis la relocalisation en 1994) sont les raisons de leur départ. Laissant dès lors l’une des fans bases les plus excentrique de NFL sans équipe.

« Malgré tous les efforts, les nôtres et vôtres, nous n’avons toujours pas identifié de solution viable. Il est décevant pour moi et les franchises d’en être arrivé à cette conclusion », explique le patron de la NFL dans le courrier obtenu par le East Bay Times à propos du départ probable des Raiders en 2017.

Pour les attirer, Las Vegas a mis les petits plats dans les grands avec un projet originel prévoyant : une enveloppe de 750 millions de dollars d’argent public pour la construction d’un stade couvert de 65 000 places, grâce à l’augmentation d’une taxe hôtelière. Une politique courante dans le monde de la NFL, puisque 6,7 milliards d’argents publics ont été investi dans les différents stades de la ligue depuis 1997. Le milliardaire Sheldon Adelson, propriétaire de plusieurs casinos, promet de mettre la main à la poche, à hauteur de 650 millions. Enfin la Franchise ajoutera 500 millions. Une somme globale et conséquente de près de 2 milliards de dollars, qui marque le réel intérêt de la ville pour accueillir une franchise de NFL. Cependant si le projet paraissait solide, il fallait convaincre le gouverneur de l’Etat, les élus locaux et les ¾ des propriétaires de la NFL pour valider ce déménagement.

Les Raiders arrivent à Vegas ! (Photo : NFL)

Ceux-ci, réticents à l’idée d’une délocalisation à Vegas et plus favorables à la recherche de nouvelles options à Oakland et ces alentours, ont finalement été convaincu par les perspectives économiques et la volonté des pouvoirs publics locaux. Il faut dire que Mark Davis, propriétaire des Raiders, s’est démené pour mener à bien son projet, lui qui a déposé la marque Las Vegas Raiders dès 1998. Entre temps, Adelson et son partenaire, la banque Goldman Sachs, se sont retirés. Un nouveau financeur à hauteur de 650 millions devait être trouvé. D’autant que San Diego tente, dans le même temps, de contre-carrer les projets de Las Vegas grâce à une offre portant sur un stade de 20 000 places et pouvant être utilisé en cohabitation par une équipe de MLS. Finalement c’est Bank of America qui s’engage, rendant le projet de nouveau crédible.

Enfin, Jerry Jones, patron des Dallas Cowboys, et Robert Kraft, propriétaire des Patriots, ont usé de leur influence afin que le NFL soit favorable à cette délocalisation. Et c’est chose faite le 31 mars 2017 avec 31 voix pour une seule contre (celle des Dolphins). Il faut dire que le premier gagne plusieurs millions de dollars grâce à cette décision, car sa société, Legends, aura la charge du naming et des loges du nouveau stade des Raiders. C’est déjà le cas pour le SoFi Stadium (nouvelle enceinte des Rams et Charges à LA) et du Levi’s Stadium de San Francisco. De plus, les franchises qui se délocalisent doivent payer une taxe aux autres franchises. Une somme qui se porte à 378 millions de dollars pour les Raiders, qui se rajoute aux 645 millions demandés pour les Chargers et les Rams. En somme, donc, près d’1 milliard à se partager sur 10 ans pour les 31 autres franchises.

Pour les fans historiques, dont la plupart supportent la franchise à cause de sa localisation, c’est un crève cœur et nombre d’entre-eux ont manifesté leur hostilité (pour le dernier match, jet de détritus, sifflets et insultent ont accompagnés la sortie des joueurs). Le plus célèbre étant Tom Hanks, fan inconditionnel, qui a pris la parole publiquement pour désapprouver ce changement. À l’inverse les habitants de la Sin City, ont accueilli la nouvelle avec ferveur. Le Front Office souhaite par ailleurs changer l’atmosphère lors des matchs, passant de l’ambiance passionné et excentrique d’Oakland à un rendez-vous familial à Las Vegas. Le but recherché étant de présenter une bonne image de la ville, loin de sa réputation de la « Sodome et Gomorrhe » de l’Amérique. Pour ce faire, le prix de la place nominative à l’année est passé de 500 à 7500 dollars et l’abonnement comprend une fourchette allant de 600 à 3500. Une augmentation certes radicale mais efficace, 86 % des abonnements étant déjà vendus en janvier.

S’imposer sur le long terme

Les Sports US font all-in sur Las Vegas

Quelles craintes aujourd’hui ? La ville possède toujours la réputation de ville instable pour un sportif professionnel à cause de ses activités économiques et touristiques (casino, boite de nuit, strip club et surtout paris sportifs). Cependant, plusieurs voix, comme celle du Quarterback des Saints, Drew Brees, s’élèvent pour combattre ce préjugé. Pour lui, peu de choses diffèrent réellement avec la Nouvelle-Orléans, comme il l’explique : « Le truc, c’est que vous pourriez dire la même chose pour la Nouvelle Orléans. Une ville touristique, nous avons des casinos, beaucoup d’activités nocturnes, nous avons tous ces trucs-là. Vous devez trouver des gars qui savent bosser quand c’est le moment de bosser, et qui savent s’amuser de manière responsable quand c’est le moment de s’amuser. ». Un discours anti préjugés qui peut s’accompagner d’autres exemples, à l’image des mégapoles de New York et Los Angeles, ou encore de la réputation toutes aussi sulfureuse de Houston, en raison de ses strip clubs.

Fort heureusement, à l’instar d’André Agassi, Floyd Mayweather, le golfeur Adam Scott ou la star de MLB, Bryce Harper, plusieurs sportifs majeurs sont natifs de la ville et y vivent encore. L’expérience des Golden Knights démontre également que la ville a développé une vraie fan base et que les fans adverses se déplacent pour y supporter leurs équipes et non pour profiter d’un séjour touristique de moyenne durée en allant jouer au casino.

« Nous avons passé toute notre vie à choisir d’autres équipes sportives à encourager. Je pense que cela consolide vraiment notre réputation de ville pour que tout le monde puisse assister à de grands événements, sportifs et de divertissement. » Déclare Stan Powell, habitant de la ville.

Grace à ses nouvelles infrastructures, Las Vegas représente un marché éminemment attractif. Les arrivées de deux franchises de Ligues majeures, renforce-le coté prisée et touristiques de la Sin City. Par conséquent, propriétaires et prospecteurs immobiliers s’arrachent le marché afin d’investir dans des résidences de luxe et les nouveaux quartiers résidentiels de la summerlin.

La communication représente l’un des vecteurs de ce changement de dimension. Lors de la construction de l’Allegiant Staidum, afin de se montrer rassurant sur la viabilité du projet, plusieurs propriétaires de franchise comme Kroenke ou Kraft, ainsi que le commissaire de la NFL, Roger Goodell étaient présents pour le début des travaux. Les Raiders ont un bail de 30 ans pour le site et l’enceinte accueillera 30 à 60 événements en supplément des matchs de football, à travers des concerts, et les rencontres universitaires des Rebels du Nevada. Autre élément, la Draft 2020 de NFL devait se dérouler à Las Vegas.  Un moment important pour une saison en NFL, qui rassemble plusieurs centaines de milliers de fans, comme à Nashville l’an passé (200 000 présents). Chose d’autant plus extraordinaire que la NFL a permis les délocalisations de la Draft depuis 2015, après près de 50 ans passés à New-York. La Draft se déroulant sur 3 jours complets, elle présente un intérêt aussi sportif, qu’économique.

L’Allegiant Stadium, enceinte ultra moderne de 65 000 places qui accueillera les Raiders et les Rebels du Nevada (Photo : TouchdownActu).

En misant sur des infrastructures ultra modernes et adaptées à un public familiale, Las Vegas peut, à terme, représenter la ville la plus attractives pour d’autres franchises. En basket-ball, la ville accueille déjà une équipe de WNBA, les Las Vegas Aces de la star Kelsey Plum et coaché par Bill Laimbeer. La T-Mobiles Arena organise également, avec succès, une compétition de Summer League pour la NBA. Si une expansion de la Ligue n’est pas envisagée à court terme, le possible déménagement d’une franchise actuelle n’est pas exclu, notamment en ce qui concerne des petits marchés comme Memphis ou la Nouvelle-Orléans. En Baseball, les Las Vegas 51’s sont une équipe de Ligue Mineure et sont affiliées aux New-York Mets mais le projet d’un stade de 10 000 places renforce également l’idée d’une expansion ou d’un déménagement dans un futur plus ou moins lointain. Passer par des étapes intermédiaires pour se montrer attractif, c’est également le cas en Soccer. La MLS est encore loin de ses grandes sœurs mais petit à petit, ce sport arrive à faire sa place. Ainsi le Las Vegas Lights FC a intégré le nouveau championnat de deuxième division en 2017.

Las Vegas a toujours servi de plaque tournante dans le monde du sport américain grâce aux paris sportifs. Soufrant de l’image négative qui en découle, elle est longtemps restée sans franchises de sport majeur. Grâce à des investissements massifs, une communication maitrisée et des premières expériences concluantes (NASCAR, Golf, Boxe, MMA, rodéo), elle a peu à peu changé cet apriori de ville inadaptée au sport professionnel. Conséquence depuis 4 ans, de nombreux projets d’expansion et de délocalisation à Vegas ont vu le jour. Offrant aujourd’hui une offre variée et attractive dans les cinq sports majeurs aux Etats-Unis, elle représente dès lors la ville du futur en matière de politique sportive. Maintenant Las Vegas est bien plus qu’une ville du jeu et du divertissement. « Peut-être que certaines des grandes ligues sportives ont été en retard à la fête, mais je pense que tout cela réussira. Rien de tout cela ne m’a surpris, et ça va vraiment s’intensifier avec les Raiders. Je pense que la NBA et la Ligue majeure de baseball seront finalement là. » déclare Sam Powell, confiant. Vous pouvez peut-être parier là-dessus.

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