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Stéphane Moulin, l’homme providentiel du SCO d’Angers.

Il y a cinq ans maintenant, à peu près à la même période, le SCO d’Angers allait retrouver la Ligue 1, 21 ans après l’avoir quitté. Pourtant à l’époque, peu de gens croyait véritablement au maintien du club au plus haut niveau. Mais après 5 saisons et demie en Ligue 1, on peut dire, sans prendre trop de risque, que le SCO est devenu une équipe fidèle du championnat français. Et cela en grande partie grâce à leur entraîneur, Stéphane Moulin.

Si l’on revient quelques années en arrière, lorsque que le SCO d’Angers évoluait encore en Ligue 2, il est évident de constater que certaines choses ont changé. Le stade s’est agrandi, il a même changé de nom (en 2017, le Stade d’Angers, auparavant nommé Stade Jean-Bouin, devient le Stade Raymond Koppa), et les moyens financiers ont légèrement gonflé. Pourtant, naïvement, on a cette impression que le club n’a pas changé. Sûrement parce qu’un homme est resté en place, l’entraîneur Stéphane Moulin.

Arrivé sur le banc en 2011, l’ancien joueur de Châtellerault remplace Jean-Louis Garcia, parti exercer ses fonctions au RC Lens. Cette passation semble à l’époque parfaite puisque l’enfant du club, celui formé en tant que joueur mais aussi en tant qu’entraîneur, prendra désormais les reines de l’équipe première. Mieux qu’un pari risqué, c’est un pari calculé de la part des dirigeants du club. De 2005 à 2011, Stéphane Moulin entraînait l’équipe B du SCO d’Angers en CFA. Une première expérience qui lui sera bénéfique, et qui lui permettra d’apprendre les premiers jalons du métier d’entraîneur.

Une entrée dans l’élite pour être véritablement jugé.

Car c’est bien lors de son arrivée en Ligue 1 que le natif de Paris sera véritablement jugé. Pour sa première saison dans l’élite, Moulin se frottera à des grands, comme Laurent Blanc au PSG ou encore Leonardo Jardim à Monaco. Mais pour l’entraîneur angevin, le duel ne sera pas face à eux, il l’a bien compris. Le SCO d’Angers, 3ème plus petit budget du championnat lors de son entrée dans l’élite, devra se consacrer aux équipes de bas de tableau si il veut se maintenir.

Cette stratégie est bénéfique puisque le SCO d’Angers terminera 9ème à la fin de la saison, une place inatteignable au début du championnat. Pour la belle histoire, Stéphane Moulin peut se réjouir d’être à la tête de l’équipe première au classement général lors de la première journée (à la fin de la 1er journée de la saison 2015-2016, le SCO d’Angers est premier du championnat après sa victoire contre Montpellier, 2 – 0). Une première saison donc réussie, et de bonne augure pour la suite.

Source: L’Express

Un coaching signé Stéphane Moulin.

En réalité, cette réussite lors de sa première saison en Ligue 1 est tout sauf un hasard. Les résultats des autres saisons le montreront (12ème lors de la saison 2016-2017, 14ème en 2017-2018, 13ème en 2018-2019). Car si on approfondi, c’est bien un style de coaching qui doit être mis en avant. L’entraîneur du SCO sait tirer, au maximum, le positif d’un effectif qu’on pourrait jugé de « moyen ». Tout en mettant ses joueurs en confiance, Stéphane Moulin s’appuie sur un système de jeu qui correspond à son équipe. Un système qui, certes, est légèrement tourné vers la défense. Un point important car ce coaching a pu ne pas plaire. Il n’a, par exemple, pas convaincu un certain Pierre Menès. Interrogé sur le jeu des Scoïstes lors de leur première année en Ligue 1, le célèbre chroniqueur regrettait le manque d’envie offensive de cette équipe qui, selon lui, privilégiait trop le jeu défensif.

Manque de spectacle alors ? Pour être honnête, certainement un peu. Mais comment en vouloir à une équipe qui, par manque de budget, a du trouver un système qui lui correspondait au mieux pour se maintenir. On pourrait même valoriser un club qui tente de se forger une identité de jeu, à l’heure où l’on reproche encore à beaucoup d’autres de ne pas en avoir. Des avis négatifs qui semblent, malgré tout, de plus en plus minimes, notamment lorsqu’on voit que 4 ans après, la stratégie de Moulin fonctionne. Pierre Menès a lui aussi revu à la baisse ses jugements et à même saluer « le bon boulot de Stéphane Moulin » au journal Ouest France, en 2016.

On peut également saluer sa manière de « gérer » ses joueurs. Car, quoi qu’on en dise, au SCO d’Angers, il y a de bons joueurs. Les meilleurs partent rapidement, certes, mais ce club qui a su faire émerger quelques pépites : Nicolas Pépé, Jeff Reine-Adélaïde, Jonathan Bamba et j’en passe. Par son environnement sain et familial, ce club attire les jeunes. Et peut même servir de tremplin pour démarrer une belle carrière. Alors merci qui ? Merci Moulin !

Maintenant, reste à savoir jusqu’à quand cette stratégie fonctionnera. Cette saison, avant que la saison soit interrompue, le SCO d’Angers se trouvait dans le creux mou du tableau, à la 10ème place. Un stratégie qui semblait être une nouvelle fois gagnante, alors que le club fête cette saison les 100 ans de sa création. Mais attention, car cet environnement familial a été perturbé il y a quelques mois par les accusations d’agressions sexuelles contre son président, Saïd Chabane. De quoi rendre le cadre du club beaucoup moins charmant …

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