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Les sportifs qui doivent leur carrière à un seul coach

Chaque sportif, individuellement, doit savoir s’appuyer sur un entraîneur capable de tirer le meilleur de lui même. Cette combinaison, sportif-coatch, a pu être, dans l’histoire du sport, déclencheur de belles carrières. Explications.

L’histoire qui lie le sportif à son entraîneur peut s’apparenter à celle d’une histoire d’amour. Parfois conflictuelle, souvent passionnée, généralement de bonnes attentions, le sportif ne peut s’affranchir de son coach. Sûrement car il l’a bien compris, c’est ensemble qu’ils gagneront. En clair, la sauce doit prendre. Chez certains, elle a très bien prise.

Tony Parker et le boss Popovich

Dans la carrière de Tony Parker, tout aurait pu se passer différemment si il n’avait pas croisé la route d’un certain Gregg Popovich. En 2001, alors qu’il est fraîchement drafté en 21ème position par les Spurs, Tony Parker est encore loin de s’imaginer ce qu’il l’attend. Sûr de son potentiel, il doit attendre le feu vert du maître à diriger, Gregg Popovich. Il ne tardera pas à lui donner, puisque c’est face au Clippers, quelques mois après son arrivée, que Parker foule pour la première fois les parquets de la NBA. Une entrée prometteuse, mais le français l’a bien compris, il devra faire plus pour attendrir les yeux de son entraîneur.

Face à cette réussite, Gregg Popovich n’a finalement pas d’autre choix que de le titulariser. Une belle marque de confiance, mais Pop continuera de titiller le français à qui il demandera toujours d’en faire plus. Un pari gagné puisqu’ils remporteront ensemble 4 titres NBA avant que TP parte terminer sa carrière du côté des Hornets de Charlotte.

Sans doute l’un des plus beaux tandem de l’histoire du sport, il aura permis à TP de devenir le meilleur basketteur français de tous les temps. Il le dit lui même, Pop a fait figure de deuxième père pour lui, et il lui en remercie « Tu m’as aidé, tu m’as rendu meilleur. Tu as misé sur moi ». Bravo Pop !

Rafael Nadal et Toni Nadal, une réussite familiale

Tout est censé être plus simple lorsque ton oncle, entraîneur de tennis, décide de te prendre sous ses ailes dès l’âge de 12 ans. C’est ce qui est arrivé à Rafael Nadal. Ensemble, ils soulèveront 16 trophées du Grand Chelem sur les 19 remportés par l’espagnol, dont 10 à Roland Garros. Un palmarès monumental que Rafa a su construire dans la durée en faisant face à la forte personnalité de son oncle.

La clé du coaching de Toni Nadal selon Toni Nadal: l’exigence. Il le dit lui même « Il était plus difficile pour lui [Rafael Ndal] de s’entraîner avec moi que de gagner un tournoi et au final, cette grande exigence quotidienne lui a permis de développer son potentiel au maximum » (propos recueillis par l’agence EFE). Une collaboration stricte, qui laisse très peu de place à l’affectif, mais qui permet à Rafa d’acquérir un degré de rigueur inconditionnel. Rafael Nadal en est bien conscient, son oncle a été l’une des clé de sa réussite.

Toni Nadal décide de laisser sa place au poste d’entraîneur en février 2017 à un ancien joueur du circuit, Carlos Moyà. Une passation qui ne bousculera pas le rendement de Rafa. Comme quoi, le talent brut d’un joueur reste sûrement le plus important.

Rafael Nadal et Toni Nadal, complices, lors d’une dixième sacre de l’espagnol à Roland-Garros (Source: Ouest-France).

Vincent Clerc et son beau père, Guy Novès

En avril 2018, alors que Vincent Clerc annonçait prendre sa retraite à la fin de la saison, Guy Novès, son beau-père et son entraîneur durant quatorze saisons au Stade Toulousain, n’a pas pu s’empêcher de s’exprimer sur ce départ. Dans un entretien exclusif accordé à L’Équipe, l’ex-sélectionneur de l’équipe de France avait déclaré « J’ai pleins d’étoiles dans les yeux quand je pense à Vincent ». Ensemble, ils remporteront 3 coupes d’Europe ainsi que 3 championnats de France et participeront à une des plus belle période du club Toulousain.

Pour Guy Novès, le plus beau moment passé avec Vincent Clerc est cette demie finale face à Castres en 2012 où l’ailier avait empêché l’adversaire de marquer un essai, pendant que son équipe jouait à 14. Une victoire qui permettra à Toulouse de se hisser en finale et de remporter le championnat. Car même en détenant le record du plus grand nombre d’essais marqués (101 essais), Vincent Clerc s’est révélé, sous la tutelle de Novès, être un défenseur exemplaire. Un doublon gagnant, pour le plus grand bonheur des supporters toulousains.

Monsieur Sir Ferguson et Paul Scholes

Dans le sport, il y a des tandems qui auraient pu ne jamais voir le jour. C’est le cas de Sir Alex Ferguson et Paul Scholes. Célèbre entraîneur de Manchester United de 1986 à 2013, Alex Ferguson ne pensait pas un instant miser sur ce jeune milieu de terrain. Lorsque le technicien voit Paul Scholes jouer pour la première fois dans l’équipe des jeunes de United, il s’adresse à Jimmy Ryan, l’entraîneur de l’équipe des jeunes à l’époque « Il n’a aucune chance, c’est un midget ». Mais Ferguson reverra son jugement à la baisse, puisqu’il fera intégrer le joueur à l’équipe première en 1993.

Ils gonfleront ensemble le palmarès de Manchester United en remportant onze Premier League, trois coupes d’Angleterre et deux Ligue des Champions. Paul Scholes fera d’ailleurs l’ensemble de sa carrière sous les ordres de Ferguson, avant de prendre sa retraite en mai 2013. Il est aujourd’hui considéré comme l’un des meilleur milieu de terrain que la ligue ait connu. Il est également apprécié pour sa fidélité accordée à son club: avec Manchester United, Paul Scholes remportera 23 titres toutes compétitions confondues.

Paul Scholes et Alex Fergusson lors d’un entraînement (Source: Telegraph).

Laure Manaudou et Philippe Lucas

Probablement l’un des tandem le plus célèbre, celui de Laure Manaudou et son entraîneur Philippe Lucas montre toute l’ambiguïté de cette relation. En clair, quand tout marche pour le mieux, tout va bien, quand ça casse, tout va mal. Repérée par Philippe Lucas dès l’adolescence, Laure Manaudou passera la majeure partie de sa carrière sous ses ordres. Du moins, la plus belle. Ils remporteront ensemble l’une des plus belle victoire de Laure, la médaille d’or sur 400m nage libre aux Jeux Olympiques d’Athènes en 2004.

Mais trois ans plus tard, la situation vire au cauchemar. La nageuse quitte son entraîneur et son centre d’entraînement pour s’installer en Italie. Malheureusement, la relation avec son nouvel entraîneur, Paolo Penso, ne fonctionnera pas. Elle sera licenciée quelques mois seulement après son arrivée. La suite n’est qu’une série de mésaventures où Laure Manaudou ne parviendra jamais à retrouver son niveau d’avant, celui avec Philippe Lucas. Les championnats d’Europe en novembre 2012 mettront fin à sa carrière de nageuse. Laure Manaudou constitue sans doute le palmarès le plus impressionnant de la natation française, mais qui laisse un petit goût d’inachevé après sa séparation avec son entraîneur Philippe Lucas. Que se serait-il passé si Laure Manaudou avait continué de nager auprès de Philippe Lucas ?

Laure Manaudou et son entraîneur, Philippe Lucas, lors d’une session d’entrainement en Australie (Source: L’express).

Évidement, des exemples comme cela, il en existe pleins d’autres. Ils montrent à quel point une carrière au plus haut niveau ne dépend pas seulement du talent brut du sportif, mais également de sa relation avec son entraîneur. Ensemble, ils parviennent à se tirer vers le haut, vers les mêmes objectifs.

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