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#RetroGiro Episode 1 : Ivan Basso

Pour tous les amateurs de cyclisme, le mois de mai rime habituellement avec l’arrivée du premier grand tour de la saison, le Giro. Pour cette année, pas de Tour d’Italie en cette fin de printemps. Mais le CCS a tout prévu ! A travers divers épisodes, nous retracerons le parcours de coureurs qui ont fait l’histoire de cette course mythique. Aujourd’hui premier épisode avec Ivan Basso.

Ivan Basso est un coureur italien né le 26 Novembre 1977 dans la petite ville de Gallarate en Lombardie. Il obtient ses premiers résultats dans les catégories jeunes, en remportant notamment la médaille d’argent au championnat du monde sur route junior en 1995. Fraichement médaillé, il atterrit dès la saison suivante chez l’équipe amateur Zalf Euromobil Fior. Cette équipe a vu passer de nombreux grands coureurs italiens au fil du temps comme Alessandro Ballan, Damiano Cunego, Domenico Pozzovivo ou encore le regretté Michel Scarponi. Durant ces trois années, il remporte diverses courses amateurs sur son territoire. En 1998, il devient champion du monde espoir devant deux autres italiens, Rinaldo Nocentini et Danilo Di Luca.

Une progression linéaire

Sa carrière professionnelle débute alors en 1999. Allant d’équipe en équipe, il faut attendre 2002 pour que Basso commence à avoir des résultats probants. Il réalise une belle 3e place de la classique Liège Bastonne Liège. Après avoir abandonné lors de sa première participation au Tour de France en 2001, il obtient à 24 ans le maillot blanc de meilleur jeune. L’italien sera alors chaque année en constante progression (7e en 2003, 3e en 2004, 2e en 2005) dans une grande boucle encore sous l’emprise de l’américain Lance Armstrong. Peu de temps avant cette deuxième place lors du Tour de France 2005, Basso avait déjà brillé sur le Giro en remportant deux étapes et possédant le maillot rose durant deux jours.

Ivan Basso, Lance Armstrong et Jan Ullrich sur le podium du Tour de France 2005. (Photo : Robert Laberge/Getty Images Sport)

La consécration

Ce Giro, Ivan le terrible en fait son objectif pour la saison 2006. Après une 6e place sur Tirreno Adriatico et une victoire sur le Critérium Internationale, il s’élance pour son quatrième Tour d’Italie. Basso fait partie des favoris avec les anciens vainqueur Simoni (2001, 2003), Salvodelli (2002, 2005) et le jeune Damiano Cunego (2004). Il compte bien prolonger l’hégémonie italienne qui règne sur le Giro depuis 1997 en gravant son nom sur l’une des plus belles courses du monde. Avec la Team CSC, Basso possède une équipe expérimentée avec entre autres Jens Voigt, Nicky Sorensen, Bobby Julich et Carlos Sastre (récent 3e de la Vuelta 2005). Ce tour d’Italie s’élance en Belgique. Il perd du temps dans la troisième étape en direction de Namur mais parvient à revenir dans les premières positions lors de la cinquième étape. Profitant d’un contre-la-montre de 38km par équipes où son équipe est logiquement favorite avec les machines à rouler Jens Voigt et Bobby Julich, il revient à la 5e place du classement général, à 20 secondes du leader Serhiy Honchar. Trois jours plus tard, il remporte en solitaire la huitième devant Cunego et Gutiérrez. Cette étape menant à Maillelleta lui permet de s’emparer de la tunique de leader. Il enchaîne quelques jours après une très belle performance lors de la onzième étape, en terminant 2e d’un contre-la-montre individuel remporté par l’allemand Ulrich (qui sera ensuite déclassé pour dopage). Basso se retrouve alors avec une avance confortable de 2min08 d’avance sur Gutiérrez et 3min24 d’Honchar.

Il renforce son avance au général par la suite en créant de gros écarts après ses victoires sur les étapes 16 et 20. Finalement, il termine ce Giro avec une avance considérable (plus de neuf minutes sur le second) et remporte son premier grand tour devant Guttiérez et Simoni à l’âge de 28 ans, dégoutant ses adversaires et faisant naître quelques suspicions. En plus du classement général, il s’est adjugé quatre étapes et a su dominer ses concurrents de bout en bout sans jamais trembler. Cette victoire symbolise l’arrivée à maturité d’Ivan Basso. En constante progression depuis 2002, le formidable grimpeur a aussi su acquérir de belles qualités de rouleurs, qui lui ont permis de prendre du temps sur des adversaires directs au classement général.

Ivan Basso et son rival Gilberto Simoni lors de la 20e étape du Giro 2006 les menant à Aprica. (Photo Lars Ronbog/Getty Images).

Affaire Puerto et suspension

Ayant initialement l’ambition de réaliser le doublé Giro-Tour, il n’est pas autorisé à prendre le départ de la grande boucle à la suite de ces implications de la célèbre affaire Puerto. Cette affaire commencé en mai est un véritable scandale de dopage qui contraint ASO à exclure Vinokourov, Ulrich et Basso la veille du départ du 93e Tour de France. Plusieurs mois après et alors chez la Discovery Channel, il met un terme à son contrat avec son équipe et est suspendu 2 ans par la justice italienne dans cette affaire éclaboussant le monde du cyclisme et du sport en général.

Retour à la compétition et nouveau triomphe

Pour son retour dans le peloton World Tour, il choisit l’équipe italienne de la Liquigas. Il fait une nouvelle fois du Giro son objectif principal et compte également participer au Tour d’Espagne. Au terme de trois semaines de course, il signe une belle 3e (initialement 5e) à la suite des exclusions de Di Luca et de son coéquipier Pellizotti pour dopage. Plus tard dans la saison, il termine 4e de la Vuelta.

En 2010, Ivan Basso revient sur le Giro. Il peut compter sur un atout de poids dans son équipe, le jeune Vincenzo Nibali, récent 6e du dernier Tour de France. La Liquigas frappe fort dès la 4e étape. Elle remporte le contre-la-montre par équipe et voit Nibali endosser la tunique rose devant ses coéquipiers Basso et Agnoli. Lors de la septième étape amenant les coureurs à Montacilno, Nibali (dès suite d’une chute) cède son maillot à Alexandre Vinoukorov. Basso, lui, accuse un retard conséquent de 1min51. La onzième étape rabat les cartes de ce Giro. Théâtre d’une échappée de 56 coureurs, cette étape de moyenne montagne voit le jeune Richie Porte s’emparer de la tête du classement général. Mais la menace vient du second, David Arroyo, qui a montré quelques capacités en montagne en terminant 8e de l’édition précédente. Ivan Basso doit désormais rattraper le temps perdu s’il veut remporter son second Giro. Dès l’étape de montagne suivante, Nibali l’emporte et reprend du temps, tout comme Basso qui termine deuxième à 23 secondes. Le lendemain, ce dernier dompte de manière magistrale le terrible Monte Zoncolan (10km à 11.9% de moyenne). Dans cette ascension, il s’envole après avoir lâché successivement Scarponi et Evans en franchissant la ligne avec 1min19 d’avance sur l’australien second de l’étape. A trois jours de l’arrivée à Vérone, Basso est encore à 2min27 de l’espagnol Arroyo. Il peut compter sur les deux étapes de montagne qui arrivent pour tenter de rattraper son retard. Il termine 2e de l’étape d’Aprica remporté par Scarponi et endosse la tunique de leader. Le lendemain, il conserve sa tunique lors de la dernière étape montagnarde. A 32 ans, Ivan Basso remporte son deuxième Giro. Son coéquipier Vincenzo Nibali finit troisième. Plus tard dans la saison, ce dernier remporte la Vuelta, ce qui sonne le glas d’un passage de témoin dans le cyclisme italien.

Ivan Basso fuoriclasse durant l’ascension du Monte Zoncolan.

Ivan Basso porté en triomphe par ses équipiers de la Liquigas après sa victoire sur le Giro 2010. (Photo : RTBF)

Places d’honneur et retraite

Après sa victoire sur le Giro, Basso continue de réaliser des performances honorables sur les grands tours en terminant 7e de la grande boucle 2011 et 5e du Giro 2012. Pour la saison 2015, il rejoint l’équipe Tinkoff-Saxo afin de devenir équipier de Contador sur les grands tours. Ivan le terrible participe à la victoire d’El Pistolero lors du Giro 2015. Présent également sur le Tour de France avec ce dernier, il abandonne de manière malheureuse en annonçant qu’il souffre d’un cancer des testicules. Soigné, il décide néanmoins de prendre sa retraite sportive durant le mois d’octobre.

Progressant sur le Tour de France dans l’ombre du règne d’Armstrong, Ivan Basso a su attendre son heure et est allé triompher dans son pays natal, jusqu’à en écœurer certains de ses adversaires. Il restera comme l’un des protagonistes qui a écrit, à travers ses coups d’éclats, l’histoire du Giro.

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