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Richard Gasquet : Le petit Mozart du tennis français

Depuis tout petit, il était programmé : Il devait être le successeur de Yannick Noah. Il devait devenir le premier français numéro 1 mondial de l’ère Open. Il devait être la tête d’affiche du tennis français et devenir le patron du tennis mondial. Mais allier précocité et domination à haut niveau est sans aucun doute une des choses les plus difficile à accomplir dans le sport de haut niveau. Pourtant, Richard Gasquet aura, quoi qu’on en dise, magnifiquement répondu aux attentes placés en lui.

« – Qu’est ce que les joueurs du big four ont eu de plus que toi ?

– Beaucoup de choses. Beaucoup de choses…Déjà réfléchir à ce qu’ils ont de plus que toi, c’est déjà pas mal. ».

Podcast « Échange » d’Eurosport, présenté par Antoine Benneteau

Cette discussion est tiré du podcast « Échange » d’Eurosport, présenté par Antoine Benneteau. L’invité du jour, Richard Gasquet, se livrant sans détour sur l’ensemble de sa carrière. Cette réponse, mêlant humilité et franchise, est un bon résumé du Bitterois. Catalogué tantôt génie, tantôt gâchis, la carrière de « Ritchie » est sans aucun doute l’une des plus belles du tennis français depuis 50 ans. Pourtant, elle laisse à bon nombre de suiveurs un goût d’inachevé. Alors, au crépuscule de sa carrière, quel bilan peut on réellement faire de ces 16 ans ?

31 finales. 15 titres. Triple demi-finaliste de Grand Chelem, 2 qualifications au Masters et 7ème mondial. Voilà, de façon brut et purement statistique, le résumé de la carrière de Richard Gasquet. Des chiffres se situant, évidemment, dans la moyenne haute du tennis français. Avec 147 semaines passés dans le top 10, et 4 top 10 en fin d’année, il est devancé uniquement par Jo-Wilfried Tsonga et Yannick Noah. Pourtant, le fait que ses titres ait été tous acquis en ATP 250, ou encore qu’il se soit incliné lors de 17 de ses 22 huitième de finale en Grand Chelem n’incite pas à le mettre sur le podium des meilleurs joueurs français de l’Ére Open.

Couverture de « Tennis Magazine » sur R. Gasquet à 9 ans.

« Richard.G – Le champion que la France attend ? » La Une est connu. En 1996, Tennis Magazine fait du petit génie français sa couverture. Dans « Échange », le français revient sur cette épisode. A aucun moment, il n’avait été question de le mettre en couverture. Mais quand on a des supers pouvoirs, on se doit d’avoir des super responsabilités. Même lorsqu’on est encore qu’un gamin. Voilà comment commence l’histoire de Gasquet avec le public français. 3 ans plus tard, il remporte les Petits As (le championnat du monde officieux des 13-14 ans) en s’offrant en demi-finale Rafael Nadal. En 2002, il devient numéro 1 mondial junior en remportant 2 Grand Chelem, Roland Garros et l’US Open. A 15 ans et 10 mois, il remporte a Monte Carlo son premier sucés sur le grand circuit, devenant le plus jeune joueur de l’histoire à remporter un match dans ce qui s’appelle encore les Masters Séries.

Ces sucés ne freinent pas la folie médiatique qui entoure le jeune prodige. Rarement un tennisman a été autant encensé et a autant fait parler de lui. Et puis l’année 2005 arrive. Sur la terre battue de Monte Carlo, a 18 ans, il bat Roger Federer en Quart de finale. Un Roger Federer au sommet de son art et quasi imbattable. Il sauve 2 balles de matchs puis, d’un passing gagnant de revers insensé, terrasse le Maestro. En demi-finale, contre Rafael Nadal, le circuit offre le premier duel entre les 2 rivaux de toujours. Gasquet prend la première manche, s’offre des balles de break a 3/3 dans le deuxième set mais fini par s’incliner. Un match de haute volée que l’on pense un futur classique. Pourtant, jamais plus il ne rivalisera. Sur la route de son premier Grand Chelem, Nadal lui laissera aucune chance 1 mois après à Paris. Les choses auraient elles étaient différentes si Gasquet c’était imposé ?

Première rencontre à Roland-Garros en 2005 (Source : Le Parisien)

Autant le dire tout de suite, la réponse est non. Comme il l’a si bien dit, le français ne peut être comparer a ceux qu’il appelle « les 3 meilleurs joueurs de l’histoire ». Nadal, comme Federer et Djokovic, font parti des légendes du tennis. Aussi fort soit il, le français n’a jamais pu rivaliser avec eux. Lui, lucide, n’a pas de honte à le dire. Physiquement, et mentalement, il était inférieur aux 3 hommes. Tennistiquement, bien sur, Gasquet a toujours été un génie. Techniquement, le gamin du sud de la France était au dessus du lot, et il l’aura été durant toute sa carrière. Son revers à une main, véritable merveille, aura ébloui tout les amoureux du tennis. Dans ses plus belles joutes, contre Wawrinka à Wimbledon ou encore contre Ferrer à l’US Open, à chaque fois en Quart de Finale, il su développer un tennis offensif, se rapprochant de la ligne de fond de court, lui qui a toujours eu tendance à s’en éloigner, se privant d’un des revers d’attaque les plus efficaces de sa génération. Sans véritable point faible, il a toujours proposé un tennis « propre » et académique, manquant en revanche de panache et de folie. Gasquet savait ce qu’il était capable de faire, et n’ai jamais sorti de sa zone de confort.

Des grands matchs, une grande régularité, malgré des blessures, ainsi que des problèmes extra sportif sur lesquels nous ne reviendrons pas. Mais également des déceptions, bon nombres de match frustrant et ce sentiment, qui nous a tous fait demander un jour comment ce gamin au tennis si parfait et a qui tout parait si facile a fait pour ne jamais gagner de Grand Chelem. Voilà le résumé d’une carrière de plus de 15 ans, émaillé de haut et de bas.

A 34 ans, le Bitterois veut jouer « pour se faire plaisir », puis pourquoi pas devenir entraîneur. Lui, le joueur français avec le plus de matchs remporté sur le Grand Circuit se verrait bien transmettre son immense savoir. Du gamin sur la Une de Tennis Mag’ au joueur en fin de carrière, une chose n’a pas changé : Son amour du jeu, et sa faim de tennis. A l’instar de Tsonga, son image et son niveau sont faussés par une lecture des résultats à travers le prisme du big three. Il est bien, pourtant, l’un des 5 meilleurs joueurs français de ces 50 dernières années.

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