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Profil NBA Draft 2020 : Jaden McDaniels, un diamant encore trop brut ?

Évènements indissociables des sports aux États-Unis, les drafts sont le moteur du renouvellement perpétuel des grandes ligues sportives nord-américaines. Coup de théâtre, coup du destin, déceptions, interrogations… Les drafts sont des éléments essentiels de la culture sportive américaine. Alors que les incertitudes planent toujours autour de la reprise de la NBA, la draft est toujours au programme et ce, malgré l’interruption du championnat universitaire ainsi que l’annulation de la célèbre March Madness. S’il semble logique que la date sera déplacée en fonction de la reprise ou non du championnat, la draft NBA 2020 aura bien lieu. L’occasion pour le CCS de se mobiliser pour vous proposer un profil détaillé des meilleurs prospects du pays. Sans hiérarchie particulière, vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour connaître les futurs rookies, voire même les futures stars de la NBA.

JADEN MCDANIELS

Date de naissance : 29 septembre 2000 – Classe : Freshman

Université : Washington Huskies (Pac-12) – Bilan 2019/2020 : 15v/17d

Poste : Ailier-Fort/Ailier (#0)

Mensurations*
Taille : 208 cm – Poids : 84 kg – Envergure : 211 cm
(source : scooting report du 18 février 2020 – gohuskies.com)

Statistiques saison
31 matchs joués (21 GS) // 13 pts // 5,8 reb // 2,1 ast // 0,8 stl // 1,4 blk
31,1 minutes joués/match // 40,5% FG // 33,9% 3Pts // 76,3% FT // 3,2 Tov // 3,3 PF

PROFIL

Après deux saisons plus qu’encourageantes, Mike Hopkins et ses Huskies abordent cette saison 2019-2020 avec de belles ambitions. Exit le meilleur défenseur de l’année, Matisse Thybulle qui brille avec les Sixers et Jaylen Nowell, joueur de l’année de la Pac-12, dont on attend beaucoup plus en NBA, bienvenue aux deux recrues cinq étoiles : Jaden McDaniels et Isaiah Stewart. Ajoutez à ce duo d’intérieurs, le guard Quade Green en provenance de Kentucky, et vous obtenez une équipe qui vise les premières places de Conférence Pac-12. Une équipe jeune, où seul Sam Timmins est un joueur de dernière année, mais une équipe prometteuse. La campagne des Huskies hors-conférence débute plutôt bien avec une victoire contre la tête de série numéro 16, Baylor, deux revers contre Tennessee et Gonzaga avant de tomber en finale du Diamond Head Classic face à Houston le 25 décembre. Alors qu’une certaine hype grandissait autour de l’Université de Washington, les choses se sont rapidement dégradées. En janvier, Quade Green est déclaré inéligible académiquement et aurait dû revenir pour la post-season. Avec cette absence, les Huskies perdent leur principal playmaker (5,3 ast/match). Et malgré la bonne révélation Naziah Carter à l’arrière, Washington n’a pas retrouvé son dynamisme pour exister dans la Pac-12. Entre le 18 janvier et le 20 février, les Huskies perdent 9 matchs consécutifs, portant leur bilan de conférence à 2-12… Malgré un léger regain en fin d’exercice avec deux victoires successives face à Arizona State et Arizona, Washington termine avec un bilan décevant de 5-13 en Pac-12. Sans réel organisateur, titulaire et sur le banc, pouvant servir les deux principales armes intérieures de l’équipe, les Huskies ne pouvaient pas véritablement réaliser mieux cette saison. Mais, individuellement, il y a des motifs de satisfaction. Si Isaiah Stewart a réalisé une énorme saison statistique, notre regard se porte aujourd’hui sur son coéquipier : Jaden McDaniels.

Le petit frère de Jalen McDaniels (super simple pour ne pas faire de coquilles…), joueur des Hornets, jouit d’une très belle cote en Amérique depuis le lycée. Jaden possède de belles références sur le circuit antérieur à la NCAA : élu dans la troisième équipe du Jam All-Peach 2018, dans la première de l’All-EYBL 2018, meilleur performance dans la Nike EYBL Breakout 2018, il participe à la Jordan Brand Classic 2019 ainsi qu’à l’All-American McDonald’s 2019. Classé 7ème meilleur prospect de sa classe à son arrivée en NCAA par le média ESPN, Jaden McDaniels arrive avec ce statut de joueur athlétique élancé, polyvalent et à l’efficacité potentielle des deux côtés du terrain. Construit dans le même moule qu’un Brandon Ingram ou qu’un Jonathan Isaac, McDaniels possède un physique avantageux avec ses 2m08 et 2m11 d’envergure, qu’il combine avec une très bonne vitesse pour ces mensurations. Grâce à ses avantages naturels et une bonne détente verticale, il peut s’élever facilement au-dessus du cercle pour finir les actions. Une bonne finition des deux mains, avec un touché doux et précis, en plus d’une bonne gestion des floaters : McDaniels possède une belle palette offensive à l’intérieur. Toujours pour sa taille, il manipule habillement le ballon ce qui lui permet de créer son propre tir sur les trois niveaux. Bien évidemment, sa création de tir n’est pas son arme principale et McDaniels semble plus efficace sur les catch-and-shoot, mais le potentiel d’en faire un ailier/scoreur individuel est bien présent (plus que pour un Isaac par exemple). Avec une belle mécanique sans gestes inutiles, il possède cet instinct que les grands scoreurs se partagent. Son handle lui a aussi permis de prendre par moment les reines de l’organisation des Huskies, même si cette compétence semble un peu forcée en raison de l’absence de gestionnaire dans son équipe. Actif et utile en attaque, McDaniels a également brillé en défense cette saison. Capable de défendre plusieurs positions, très remuant et agressif près de son panier, l’ailier des Huskies s’est montré très performant en défense off-ball. Bénéficiant de la défense de zone de Washington, comme Thybulle a pu le faire la saison dernière, McDaniels a été très performant dans ce domaine avec sa 4ème position au nombre de tirs contrés au sein de la Pac-12. Très souvent bien placé sur les lignes de passes, il perturbe l’organisation adverse grâce son envergure et son instinct. Complet, polyvalent et doté d’un gros potentiel, McDaniels coche beaucoup de cases mais il manque encore, et c’est normal, d’une certaine maturité.
C’est évident, comme chaque prospect, McDaniels possède des défauts. Si le manque de maturité est peut-être le point commun de tous les prospects se présentant à la draft, cette problématique est encore plus vraie pour l’ailier des Huskies. Le premier point défaillant pour McDaniels, le plus apparent en somme, est son manque de force physique. À l’instar d’Ingram et Isaac, il manque cruellement de poids et cela se ressent dans son jeu. Si McDaniels n’est pas effrayé par le contact dans le trafic, il est souvent repoussé et peine à trouver une sortie intelligente face à des joueurs plus mûrs physiquement. Les autres failles de McDaniels tournent autour de ce manque de maturité. Agressif en défense on l’a dit, mais peut-être trop. McDaniels fait souvent des fautes inutiles, ce qui le classe parmi les joueurs ayant le plus de fautes cette saison (3,3 PF/match), et manque de mémoire à court terme, répétant les mêmes erreurs sur des séquences rapprochées. Des séquences qui peuvent le sortir de son match, comme ce fut le cas contre Houston, où McDaniels a complètement disparu de la rencontre, entraînant une faute technique et de l’incohérence en attaque. Une incohérence bien trop récurrente encore pour le jeune ailier. Il tente souvent des tirs facilement contestables et devra mieux choisir ses spots pour être davantage efficace derrière la ligne à 3pts. Enfin, même si McDaniels a montré de belles choses dans l’organisation, il peine a trouvé ses coéquipiers démarqués et ses isolations sont souvent mal positionnées, le forçant à perdre la balle. Avec 3,2 turnovers par match, McDaniels devra prendre plus soin du ballon au niveau supérieur.

Du potentiel, beaucoup de potentiel en attaque et en défense mais, pour l’instant, McDaniels n’excelle pas véritablement dans un domaine particulier. Tous les secteurs sont prometteurs, mais tous sont à travailler. Mais c’est bien l’objectif de la draft ? Parier sur un joueur à fort potentiel, et à ce jeu, McDaniels aura sûrement de nombreux courtisans.

✔️ FORCES

  • Athlète longiligne avec une bonne vitesse et bonne détente.
  • Envergure excellente.
  • Bon marqueur en mouvement, belle palette offensive dans la raquette.
  • Mentalité de scoreur.  
  • Bon défenseur off-ball : bonne lecture des lignes de passes.
  • Capable de marquer en sortie de dribble.
  • Capable de créer pour les autres et pour lui-même.
  • Bon jump-shooteur : bon tireur sur trois niveaux à gros potentiel.
  • Rebondeur correct.
  • Polyvalent : peut jouer et défendre plusieurs positions.
  • Jeune pour sa classe de draft.

FAIBLESSES

  • Manque de force physique, trop léger et trop mince.
  • Manque de maturité en défense et dans la sélection des tirs.
  • Doit travailler à sa mémoire défensive à court terme.
  • Vision du jeu offensif à travailler.
  • Choix des spots de tir à revoir.
  • Doit prendre davantage soin du ballon.
  • Attention aux fautes.
  • Doit travailler son mental pour rester constant lors des matchs.
  • Manque de régularité.

PRÉDICTION DRAFT 2020

Premier tour (places 5-15)

Hypothèse : #11 – San Antonio Spurs

Avec son potentiel choix numéro 11, les Spurs pourraient bien trouver chez Jaden McDaniels un diamant brut à polir comme ils savent si bien le faire. Sa polyvalence, capable de jouer ailier et ailier-fort, serait clairement une aubaine pour les Spurs, eux qui possèdent déjà un backourt prometteur, mais peinent à renouveler leurs postes 3-4-5. L’école Spurs serait effectivement l’idéal pour combler les lacunes de McDaniels. S’il est difficile d’imaginer que Jaden McDaniels entre dans le top 5, il semble invraisemblable qu’il soit sélectionné hors de la lottery. Il faut surtout prendre en compte les besoins des équipes et à ce jeu, beaucoup possèdent déjà ce style sur leurs ailes. Cette configuration pourrait avoir raison de sa place à la draft, mais il y a peu de chance que les Spurs laissent passer l’occasion. Plus loin, des équipes comme les Wolves, Dallas ou Memphis pourraient bien faire de McDaniels leur objectif.

NOTE DU CCS

Il y en a chaque année, en 2020, l’étiquette de « diamant brut » revient à Jaden McDaniels. Prometteur dans tous les domaines, mais loin d’être élite dans un en particulier, l’ailier des Huskies peut devenir un très bon ailier polyvalent et scoreur au niveau supérieur s’il travaille sur ses acquis avec un staff compétent. Le plus gros obstacle pour lui portera sur sa concentration en match. Du potentiel en défense et une belle mentalité offensive, McDaniels possède les armes, à lui de les développer.

Retrouvez ici les derniers profils de la Draft NBA 2020 :

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(18 commentaires)

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