A l'affiche News Omnisport Tennis

Mouratoglou lance l’Ultimate Tennis Showdown

Alors que la date d’une reprise des circuits ATP et WTA est aujourd’hui inconnue – certains comme Dominic Thiem ou Frances Tiafoe parlent même d’un retour sur les courts début 2021 pour la tournée australienne – Patrick Mouratoglou a confirmé ce jeudi le début de son nouveau tournoi pour le week-end du 13 juin. Décryptage de l’Ultimate Tennis Showdown, ou comment tenter de réinventer la manière de vivre une rencontre de tennis. 

Aller plus loin dans le sport-spectacle

Patrick Mouratoglou, en collaboration avec Alex Popyrin (le père d’Alexei, 103ème mondial), est parti d’un constat simple : « L’âge moyen d’un fan de tennis est plutôt âgé, car c’est un sport extrêmement traditionnel. Pourtant, la société a tellement changé, mais pas le tennis ». L’idée est donc de vouloir séduire un public plus jeune. L’actuel entraineur de Serena Williams et Stéfanos Tsitsipás, propose une alternative à ce que l’on connait aujourd’hui. Dans une interview donnée à Josh Cohen de Tennis Majors – le média Tennis qu’il vient de co-créer avec Serena Williams, il explique : « Au tennis, nous avons des personnalités incroyables, mais beaucoup ne s’expriment pas. On regarde le sport parce qu’on veut ressentir quelque chose. C’est comme pour un film. Je veux que les gens aiment ou détestent les joueurs parce qu’ils les connaissent mieux. C’est exactement l’objectif de l’UTS ». Le format des rencontres n’a pas encore été dévoilé à l’heure où nous parlons – même s’il devrait s’agir de short sets comme au tournoi Next Gen (en 4 jeux gagnants avec tie-break à 3/3) – mais nous savons d’ores et déjà que les fans de tennis pourront interagir en temps réel avec les joueurs et écouter chacune des conversations entre les joueurs et leur coach. Pour vivre le match de l’intérieur. Vous l’aurez compris, le but est de mieux connaître les joueurs en étant au plus près d’eux et de leurs émotions lors de ces confrontations, à l’image du tennis des années 80 avec des joueurs comme John McEnroe et Jimmy Connors qui s’exprimaient bien davantage sur les courts.

« Je veux que les joueurs soient encouragés à montrer leurs émotions. Je veux des entraîneurs sur le terrain, je veux une interaction avec le public » 

Patrick Mouratoglou, Tennis Major, 2020.

Pas une guerre contre l’ATP ni la WTA

« Finalement c’est peut-être le moment de profiter de cette période un peu sinistre pour proposer le tennis de demain, ce tennis-spectacle ». Comme Patrick Mouratoglou l’explique à Tennis Actu, la situation actuelle due au Covid-19, fait que le grand public est en manque de live sportif. L’Ultimate Tennis Showdown va permettre de pallier ce manque en proposant pas moins de cinquante matchs, dix par week-end, à commencer par la rencontre reprogrammée le samedi 13 juin opposant le dixième mondial, David Goffin – qui a récemment perdu en finale du tournoi virtuel de Madrid face à Andy Murray – au jeune (20 ans) Alexei Popyrin, aujourd’hui classé à la 103ème place ATP. Également officialisées courant avril, les participations de deux personnalités détonantes du circuit, à savoir Fabio Fognini et Benoit Paire, respectivement N°11 et N°22 à l’ATP. Le plateau vient de s’enrichir d’un des meilleurs joueurs français en la personne de Lucas Pouille (N°58 ATP) ainsi que du fantasque Dustin Brown (N°239 ATP, notamment connu pour avoir battu Nadal à Wimbledon en 2015). Les participations du canadien Félix Auger-Aliassime (N°20 ATP), du grecque Stéfanos Tsitsipás (N°6 ATP) ou encore du russe Daniil Medvedev (N°5 ATP) – trois des tous meilleurs joueurs au monde – ont également été évoquées. Sacré casting ! Cela permettra de connaitre les points forts ainsi que les faiblesses de cette nouvelle ligue. « Après cette cinquantaine de matchs, nous allons nous poser et nous verrons ce que les gens ont apprécié et ce qu’ils ont détesté pour nous adapter ». Les cinq premiers week-end de compétitions auront lieu à la Mouratoglou Academy, basée à Sophia Antipolis, près de Nice. Mais le technicien français voit plus loin : « Ce n’est pas un one shot. L’UTS est un championnat qui va durer toute la saison et pour les années à venir. La ligue UTS continuera ainsi dans d’autres lieux, aux États-Unis, en Australie et en Asie. Car ce n’est pas une tournée européenne, mais une tournée mondiale ». Les joueurs et joueuses gagneront des points – ainsi que du prize money – et il y aura un classement mondial UTS qui décernera à la fin de la saison un champion du monde ainsi qu’une championne du monde. Mais concrètement, comment cette ligue UTS va-t-elle pouvoir s’intégrer au calendrier ATP/WTA sans le surcharger davantage ? « En prenant l’exemple du Tournoi de Madrid qui se joue en semaine, les meilleurs mondiaux sont déjà sur place lors du week-end de qualification précédant le tournoi pour s’acclimater aux conditions. Nous pouvons donc tout à fait imaginer organiser, directement à Madrid, un week-end de compétition intense pour les tous meilleurs mondiaux, remplaçant les traditionnels matchs d’entrainement. De plus, cela pourrait leur servir de préparation pour le tournoi ATP ». Ambitieux.

Comment regarder ce nouveau format ?

Covid-19 oblige, l’Ultimate Tennis Showdown respectera les exigences sanitaires fixées par la réglementation, afin de garantir au maximum la sécurité de tous. « La dernière chose que nous voulons, c’est que quiconque tombe malade, que ce soit un joueur, un ramasseur de balle ou un arbitre de chaise. Nous allons tester tout le monde, puis ils devront subir une mise en quarantaine de quinze jours avant que nous les testions à nouveau juste avant de commencer. Pour des raisons de sécurité, nous ne pourrons, pour le moment, pas avoir d’entraîneurs ni de familles sur le terrain, mais nous trouverons différentes façons de les faire interagir, avec des écouteurs par exemple. Les joueurs, au lieu de passer du même côté du terrain lors du changement, seront assis chacun d’un côté. Tous les ramasseurs de balle porteront des gants. Les balles seront distinctes selon les joueurs, reconnaissables grâce à une marque ». Concernant la diffusion de cette nouvelle ligue, l’entraineur tricolore, qui a l’habitude de collaborer avec les plus grandes chaines de sport dans le monde, n’est pas très inquiet. « Je travaille depuis plus de dix ans avec Eurosport, ESPN ou encore Fox Asie. Il y a beaucoup de diffuseurs. J’ai parlé aux patrons de quelques-unes des plus grandes chaines de sport et je pense qu’ils vont s’arracher ce nouveau programme. De plus, je rappelle qu’il s’agira d’un des seuls sports live du moment. Je veux travailler en collaboration avec les diffuseurs, qu’ils apportent leurs idées, pour que l’on construise ensemble le tennis 2.0 ». Pour l’homme à succès – tout comme son père, Pâris Mouratoglou, fondateur d’EDF Énergies Nouvelles – l’idée est, bien entendu, que ce nouveau contenu soit disponible pour le plus grand nombre et cela, dans le monde entier.

Au CCS on en salive d’avance. Connaissant Patrick Mouratoglou, les moyens financiers, matériels et humains seront à la hauteur du projet. Il ne reste plus qu’à attendre le match inaugural de cette nouvelle compétition prévu le samedi 13 juin entre David Goffin et Alexei Popyrin afin de se forger une véritable première opinion. Avant de voir dans les prochains mois un « FEDAL » comme on ne l’a jamais vécu ?  

(Source image de couverture : Tennis Majors)

(1 commentaire)

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :