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Thomas Partey est-il devenu le meilleur milieu défensif au monde?

Pour la première fois depuis le début de la décennie 2010, l’Atlético Madrid a sous-performé. Le départ de certains cadres (Griezmann, Juanfran, Filipe Luis, Godin, etc), ainsi que certaines limites du Cholismo ont affectés les performances des pensionnaires du Wanda Metropolitano. Mais au milieu de ce qui a souvent été un marasme collectif, seul quelques joueurs ont tiré leur épingle du jeu, et parmi eux, Thomas Partey. Le Ghanéen a impressionné cette saison, si bien que plusieurs clubs Européens cherchent à lever sa clause libératoire de 50 millions d’euros. Peut-il désormais être considéré comme le meilleur milieu défensif mondial ? Eléments de réponses.

Comprendre le « Cholismo ».

Thomas Partey arrive en Europe en 2012, en provenance du Odometah FC, un club Ghanéen. Durant sa première année en Espagne, il évoluera en réserve et sera même convoqué avec l’équipe première. Preuve que Simeone a remarqué quelque chose chez le milieu défensif. Mais une étape reste à franchir afin d’être titulaire dans le 11 colchonero. Mais, à l’inverse de beaucoup de clubs, l’Atlético va prêter le joueur dans une équipe au style similaire. En effet, Partey sera intégré à Mallorca, qui joue la grande majorité de la saison dans un 4-4-2 assez défensif.

Thomas Partey époque Mallorca, époque Logobi GT aussi. (Crédits: @FuriaLiga)

Durant cette saison en prêt, le jeune colchonero va démontrer quelques qualités, notamment sur le plan défensif. Très bon tacleur, surtout debout, il démontre aussi une certaine force dans la gestion du 1 contre 2. Il apprend au fur et à mesure la compréhension de comment le jeu coulisse, des placements qu’il doit occuper en fonction des situations, et compense aussi énormément les courses offensives de ses coéquipiers, lui qui ne se projette pas ou peu. En revanche, il doit encore comprendre quelques données afin d’intégrer le projet de jeu du Cholismo, comme le montrent les extraits ci-dessous.

Sur cette action, Partey suit son marquage au lieu de monter sur le porteur de balle qui s’apprête à tirer.
Partey, qui perd la balle assez haut sur le terrain, est assez passif sur le repli défensif, et la sanction tombe : but.

Avec ces différents errements, l’Atlético va décider de le prêter une fois de plus, cette fois-ci du côté d’Almeria. Il y démontre alors une capacité à s’imposer en Liga, en faisant briller sa science défensive, quand, par exemple, il couvre ses défenseurs lors des 1 contre 1 en étant prêt à se projeter dans leur zone pour prendre leur place. Malgré quelques justesses techniques, notamment dans la passe longue, le joueur d’1m86 paraît tout de même capable d’être à la première relance et à la première base de la construction d’une action.

Retour progressif à Madrid.

A l’été 2015, le ghanéen revient au sein des colchoneros, où il doit alors faire face à une concurrence féroce : Gabi, Tiago, Saul, Koke, Kranevitter… En Liga, il ne jouera que 13% des minutes jouées par l’Atléti. La saison suivante, même rengaine. Avec son profil particulier de milieu très défensif, un rôle occupé par Gabi, Partey ne dispute que 19% des minutes jouées en Liga. Malgré tout, il brille tout de même dans les matchs auxquels il participe : excellent timing de pressing ou d’interceptions sur les lignes de passes, excellente conservation de balle en raison de son physique, de sa résistance aux chocs, ce qui lui donne souvent le temps de trouver une solution en conservant le ballon loin de son adversaire.

Sur cette image (datée de 2019), Partey fait étalage de sa capacité à être performant dans le 1v1 tout en bloquant les lignes de passes. (Crédits : laliganalysis)

En revanche, ses quelques défauts, notamment sur les feintes adverses où il a tendance à se jeter un peu facilement, le laissent majoritairement sur la touche. Mais là où beaucoup auraient été chercher du temps de jeu ailleurs, le natif de Krobo Odumase ne lâche rien. Et la saison suivante, avec 70% de temps de jeu en Liga (33 matchs disputés), lui donne raison. Afin de finir sa formation, El Cholo le positionne devant Godin, qui le dirige souvent (la communication visuelle et vocale est omniprésente dans les équipes de Diego Simeone). Partey fait alors briller encore plus ses qualités : première rampe de lancement à la récupération, il est aussi le compensateur de toutes les courses offensives de ses coéquipiers. En effet, en ayant Koke ou Saul à ses côtés, il est libéré de toutes tâches offensives et l’on ne le voit que rarement dans le dernier tiers. Sa polyvalence est aussi intéressante, notamment en match : lors de la demi-finale d’Europa League contre Arsenal, Vrsaljko reçoit un carton rouge à la 14e minute, et Partey prend alors le couloir droit. Sa prestation est très propre, et mets même en avant son potentiel offensif, notamment sur sa conservation de balle. En fin de match, l’entrée de Savic lui fait retrouver son poste initial.

Après une récupération haute, Partey se lance dans un run solo qui débouche sur une grosse occasion.

La saison 2018-2019 est un peu moins réussie : la venue de Rodri l’empêche d’avoir autant de temps de jeu. Mais le départ de l’Espagnol à City marquera le début de la meilleure saison du colchonero à Madrid.

Un des meilleurs milieux d’Europe.

Paradoxalement à la saison des hommes de Simeone, Partey réalisait son meilleur exercice jusqu’à ce que la saison soit interrompue. Véritable patron et force tranquille du milieu, il récolte les fruits de son travail, comme le souligne son entraîneur : « Thomas est avec nous depuis 5 ou 6 ans et je suis content qu’il soit aujourd’hui reconnu pour son travail et son talent. » En effet, il est désormais totalement intégré au 4-4-2, ce qu’on peut voir sur l’image ci-dessous.

Les lignes de l’Atlético, dont celle du milieu régulée par le n°5 Ghanéen. (Crédits : laliganalysis)

Tout en conservant toutes les qualités acquises durant les années précédentes, le joueur aux 27 sélections a aussi acquis la capacité à ralentir les contre-attaques adverses, en orientant bien son corps et en se plaçant de telle manière a ralentir les adversaires, ou par des fautes tactiques. Son positionnement est bien au-dessus de la moyenne : avec plus de 8 ballons récupérés, 1,5 interceptions, 2,5 tacles réussis par match, Partey frise l’excellence. Sa science du 1v1 est toujours aussi importante : 7,73 duels remportés par match, dont 2 duels aériens. Pour être clair : il ne se fait passer qu’une fois par match. Mais ses forces sont désormais aussi intéressantes dans l’utilisation du ballon : c’est le seul joueur de Liga à avoir 60% de duels remportés, 65% de duels aériens gagnés, 80% de dribbles réussis et 80% de passes réussies. Si bien qu’il a le meilleur pourcentage de dribbles réussis en Europe derrière Thiago Alcantara, même s’il en tente beaucoup moins que l’Espagnol, mais aussi des Saint-Maximin, Neymar Messi qui ont plus de dribbles réussis mais moins de pourcentage. Même si son jeu long est encore perfectible, son pied gauche assez faible, le Ghanéen possède aujourd’hui tellement de qualités qu’il lui serait possible de le voir s’imposer dans n’importe quel effectif Européen.

En devenant de plus en plus complet, le n°5 de l’Atléti est devenu un des meilleurs milieux défensifs au monde. Bien qu’il soit difficile de dire qui est le meilleur, notamment en raison des différents rôles qui leurs sont demandés, Partey est unanimement dans la discussion. Si aujourd’hui, la question d’un départ se pose, il pourrait être bénéfique. En effet, parmi les clubs qui lui font la cour se trouvent Arsenal et le PSG, deux équipes aimant avoir le ballon dans lequel il pourrait faire briller un peu plus ses qualités offensives, notamment sa conservation ou sa frappe de balle qui a su, à quelques reprises, faire mouche. Tout en gardant cette solidité défensive. En tout cas, la Partey est loin d’être finie.

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