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Comment s’est construit le palmarès de l’équipe de France de Basket ?

Jeudi dernier, le service de presse de la FFBB l’officialisait sur son site internet. Les contrats du sélectionneur Vincent Collet et de son homologue, Valérie Garnier, ont été prolongés jusqu’en 2021. En ligne de mire: une médaille lors des Jeux Olympiques de Tokyo, initialement prévus à l’été 2020, mais repoussés en 2021, en raison de la crise sanitaire liée au Covid-19. Pour les bleus, cette nouvelle échéance sera l’occasion de remporter une troisième médaille olympique, après l’échec des JO 2016. Le CCS a décidé de revenir sur la manière dont s’est construit le palmarès des Bleus en sélection nationale.

La réussite aux Jeux Olympiques de Sydney en 2000

Avant de s’affirmer sur le devant du basket international, l’équipe de France en a bavé. Désormais sixième au classement de la FIBA, les bleus ont dû attendre le début des années 2000, et une médaille aux Jeux Olympiques de Sydney, pour commencer à entrevoir une réussite sur le plan mondial. En 2000, la génération Parker n’est pas encore aux commandes de l’équipe. Ils participent d’ailleurs, cette même année, aux championnats d’Europe des moins de 18 ans avec la France qu’ils remporteront en finale face à la Croatie, 65-64. Et pour l’équipe première, ce sont les Jeux Olympiques qui se profilent. Faut dire que pour ce tournois olympique, personne n’avait osé miser sur nos français. Après un premier tour poussif où elle finit 4ème de son groupe, la France parviendra à atteindre la finale de la compétition face aux Américains de Vincent Carter.

Mais rien n’a été évident sur la route de Sydney pour nos Bleus. Dès les quarts de finale, se dresse le Canada de Steve Nash, célèbre meneur des Suns de Phoenix. Sous l’impulsion de Laurent Sciarra, les Français se hissent en demi-finale. Pourtant, le plus grand exploit de nos basketteurs dans cette compétition est encore à venir: éliminer le pays organisateur de ces JO, l’Australie. Dans le SuperDome de Syndey et ses 20 000 spectateurs, les Français viendront affronter les Boomers devant leur public sans aucun complexe. Les hommes de Jean-Pierre de Vincenzi parviennent à maintenir l’écart de quinze points qui les séparaient dès la mi-temps. À la fin de la rencontre, c’est bien le style de jeu physique des bleus qui est mis en avant lors de cette victoire. Impeccables aux rebonds, précis aux tirs, les bleus ont mis KO leurs adversaires, pourtant quatrièmes des JO d’Atlanta en 1996. Grâce à un style de jeu quelque peu « américanisé », certains experts parlent pour la première fois de la « Dream Team française ». Antoine Rigaudeau, le meneur de cette équipe, soulignera aussi l’importance du jeu physique des Bleus « Nos grands ont remporté le challenge au niveau de la masse physique ».

Mais le physique ne suffira malheureusement pas pour les coéquipiers de A. Rigaudeau face aux Américains. En finale, les bleus s’inclinent 75-85 contre les États-Unis, malgré une belle remontée lors du dernier quart-temps (4 points d’écarts à 4 minutes de la fin du match).

Cette rencontre France/ États-Unis avait déjà eu lieu lors des matchs de poule de cette même compétition. On se souvient du fameux dunk de Vince Carter, en sautant par dessus le pivot français, Frédéric Weis. Un dunk légendaire, que George Eddy nomme en direct « le dunk de ces Jeux Olympiques ».

Le dunk de Vince Carter, face à la France (Source: The Daily Dunk)

Ce geste indescriptible, et sa portée médiatique qui s’en suit, ne gâchera heureusement pas la fête de nos bleus, qui remportent pour la deuxième fois de son histoire, une médaille d’argent aux Jeux Olympiques (l’équipe de France de Basket remporte en 1948 sa première médaille olympique). Ce beau parcours des bleus lors de ces JO est alors précurseur de nouvelles victoires à l’avenir.

L’arrivée de la génération dorée

Après ce succès, les choses semblent aller dans le bon sens. C’est alors que l’équipe accueille un tout nouveau meneur de jeu, fraichement drafté par les Spurs de San Antonio: Tony Parker. Vainqueur de l’Euro des moins de 18 ans lors de l’été 2000 avec ses amis d’enfance Boris Diaw et Rony Turiaf, TP honore sa première sélection quelques mois après, en novembre, contre la Turquie. La relève semble alors toute trouvée pour cette équipe vice championne olympique. Pourtant, au départ, cette histoire d’amour qui liera Tony Parker et la sélection nationale est loin d’être évidente.

En effet, sous la direction d’Alain Weizs, le nouveau sélectionneur de l’équipe, les bleus ne capitaliseront pas sur ce succès. Ils échoueront notamment lors de l’Euro 2003. L’arrivée de Claude Bergeaud sur le banc des bleus améliora quelque peu la situation puisqu’ils remporteront la médaille de bronze lors du championnat d’Europe en 2005. Cette médaille permet à l’équipe de se qualifier pour sa première participation aux championnats du monde depuis 1986. Mais la qualité du jeu de Tony Parker ne flambe toujours pas sur le collectif français. Il est d’ailleurs remplacé par le vétéran, Antoine Rigaudau, lors des matchs à éliminations directs. Une preuve que dans les années 2000, la génération Parker n’a pas encore pris le dessus et que le basket français peine encore à s’imposer.

Le tournant va avoir lieu après l’arrivée de Vincent Collet au poste de sélectionneur en 2009. Ils remportent une nouvelle médaille de bronze lors du championnat d’Europe en 2011. Deux ans plus tard, lors de cette même compétition, les bleus décrochent leur première médaille d’or, face à la Lituanie (80-66). Une finale maîtrisée de la tête et des épaules, qui survient après une demi-finale plus disputée face à leurs meilleurs ennemis Espagnols. Menés de 14 points à la mi-temps, Tony Parker harangue ses coéquipiers à la mi-temps, pour qu’ils fassent ensemble, « la meilleure deuxième mi-temps de l’histoire du basket français ». Le message est passé, puisqu’ils parviendront à renverser les espagnols en s’imposant 75-72 après prolongation.

Lors des championnats du monde 2014, sans Tony Parker absent, les bleus remporteront une nouvelle médaille, cette fois-ci en bronze. Le capitaine de l’équipe, Boris Diaw, l’avait annoncé avant le début de la compétition, même sans sa star NBA Tony Parker, la France veut ramener quelque chose « On vise une médaille. On y va pour ça. Sinon, autant rester à la maison« . Pas loupé pour Captain Babac, les bleus décrocheront bien une nouvelle médaille. Cette dernière n’est pas sans rappeler l’exploit d’éliminer les Espagnols en quart de finale, chez eux, devant leur public. Ils seront éliminés par la Serbie en demie avant de remporter la petite finale face à la Lituanie.

Cette génération dorée prendra fin après les JO de Londres en 2016, et l’arrêt de la carrière internationale de Tony Parker. Florent Piétrus et Mickaël Gélabale décident eux aussi de raccrocher les baskets. Une dernière sortie gâchée par l’élimination en quarts de finale, face à l’Espagne, 92 à 67. Deux ans plus tard, c’est au tour de Boris Diaw de mettre un terme à sa carrière en équipe de France. La fin de cette génération aux commandes de l’équipe laisse alors le leadership aux deux nouveaux leaders techniques de l’équipe, Nicolas Batum et Nando de Colo.

La Team France « post-Parker »

Évidemment, lorsqu’une équipe perd l’un de ses meilleurs éléments, elle doit absolument se réinventer, se réorganiser, trouver sa nouvelle force collective. Et c’est ce qu’ont particulièrement réussi à faire les bleus. L’Euro 2017 est plutôt positif. L’équipe de France, sans Batum et Gobert, avait atteint les quarts de finale face à l’Allemagne. Mais c’est bien lors du mondial 2019 que les Bleus ont prouvé qu’il y aura bien une succession à la génération dorée.

Cette nouvelle génération, qu’on appelle désormais la Team Basket, va se révéler en tant qu’équipe lors du dernier mondial en Chine. La France sait s’appuyer sur ces forces NBA (Nicolas Batum, Rudy Gobert, Evan Fournier …) en complément d’un effectif très « européen » (Louis Labery, Adrien Moerman …). Lorsqu’elle élimine les États-Unis en quarts de finale, son 5 majeur est constitué à 80% de joueurs NBA (seul Amath M’Baye joue pour le championnat de Turquie). Ce 5 aux allures de franchise NBA a nettement rivalisé avec celui des Américains. Auteur de 27 points, Evan Fournier a su emmener l’attaque des Bleus, tandis que Rudy Gobert a tenu la baraque défensivement (La France a pris 16 rebonds de plus que les américains: 44, dont 13 offensifs, à 28).

Un exploit XXL qui marque un peu plus la philosophie du jeu de l’équipe. Avec une défense individuelle agressive et une réussite au tir, la Team Basket est capable de renverser n’importe quelle équipe. Malheureusement dans cette compétition, la France s’arrêtera aux portes de la finale, comme en 2014. Elle décrochera une nouvelle fois la médaille de bronze après sa victoire lors de la petite finale face à l’Australie (67-59). Une nouvelle médaille, sans la « bande à Parker », synonyme que l’équipe de France remportera de nouveaux titres, et pourquoi pas lors des Jeux Olympiques de Tokyo.

Les Bleus célèbrent leur médaille de bronze lors du championnat du monde en Chine en 2019 (Source: L’Express)

On peut ainsi dire que le palmarès du basket français s’est construit dans la durée. Incapable de remporter un titre avant les années 2000, la médaille d’argent aux JO de Sydney montre la voie à suivre. Menée par la génération Parker au début des années 2010, l’Équipe de France remporte son premier titre majeur en 2013. La dernière médaille de bronze obtenue lors de la coupe du Monde en Chine, après avoir battu les États-Unis est sûrement annonciateur de nouveaux titres.

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