Formule 1

70 ans de la Formule 1 : retour sur une histoire mouvementée !

Soixante-dix ans… cela fait désormais 70 ans que le championnat automobile le plus célèbre et prestigieux au monde parcourt les différentes pistes du globe. Au fil des années, la Formule 1 a fait ressentir aux pilotes et aux fans de nombreux moments de joie, des drames, des instants épiques ou de terribles désillusions… le CCS vous propose donc de revenir sur les moments les plus marquants de ces 70 dernières années !

Juan Manuel Fangio, la première star

Après sa fondation en 1948 et plusieurs Grands Prix courus hors-championnat, la Formule 1 est enfin prête à se lancer, en 1950. Ce projet paraît audacieux voire trop ambitieux puisque cela se passe quelques années après la fin de la seconde guerre mondiale alors que l’économie européenne est encore à genoux. Ceci étant, le 13 mai 1950, à Silverstone (Angleterre), a lieu le premier Grand Prix comptant pour le championnat du monde de Formule 1 de l’histoire. À l’époque les points sont décernés aux cinq premiers (8/6/4/3/2) et un point est accordé au pilote réalisant le meilleur tour (règle qui a fait son retour en 2019). Pour l’occasion, les Italiens viennent en nombre, Alfa-Romeo place quatre voitures sur la grille tandis que Maserati parvient à en placer six. Les essais sont dominés par Alfa-Romeo et Giuseppe Farina devient le premier « poleman » devant ses coéquipiers Luigi Fagiolli et Juan Manuel Fangio.

Giuseppe Farina sur son Alfa-Romeo 158 (statsf1.com)

La course, quant à elle, est dominée de la tête et des épaules par Alfa-Romeo et malgré l’abandon en fin de course de Juan Manuel Fangio, les trois autres voitures italiennes terminent sur le podium et après sa pole position, Giuseppe Farina devient le premier vainqueur d’un GP de Formule 1. Toute la famille royale anglaise est là pour assister à cette première course, cela étant l’absence de Ferrari enlève beaucoup d’intérêt puisque l’écurie au cheval cabré est l’étoile montante du sport automobile et ne pas la voir à Silverstone en déçoit plus d’un.

Image de la première grille de départ (statsf1.com)

Après avoir été le premier poleman puis le premier vainqueur d’un Grand Prix, Giuseppe Farina devient le premier champion du monde de Formule 1 et remporte trois des sept courses de la saison, il termine la saison avec 30 points au compteur soit trois de plus que coéquipier… Juan Manuel Fangio. Ce dernier prend sa revanche la saison suivante et devient champion du monde en 1951, cela marquera le début d’une quasi hégémonie pour le pilote argentin puisqu’entre 1951 et 1957, Fangio remporte cinq titres de champion du monde avec quatre écuries différentes : Alfa Romeo (1951), Mercedes-Benz (1954 et 1955), Ferrari (1956) et Maserati (1957). À l’époque c’est LA star du paddock, toutes les écuries se l’arrachent et malgré deux saisons compliquées en 1952 et 1953, ses victoires à Monaco, en Allemagne, en France et à travers toute l’Europe restent ancrés dans les esprits des supporters de la première heure.

Poster représantant Juan Manuel Fangio sur sa Maserati 250F

Fangio prend, finalement, sa retraite progressivement au cours de la saison 1958, alors qu’il est âgé de 47 ans.

1958, année charnière

En effet lors de l’année 1958, la Coupe des Constructeurs (renommé championnat du monde des constructeurs en 1982) est créé, cette dernière permet de sacrer les écuries en fin de saison comme cela est fait pour les pilotes. Cette année-là, le pilote Ferrari, Mike Hawthorn, est couronné champion du monde mais l’écurie vainqueur de la première Coupe des Constructeurs est l’écurie britannique Vanwall, profitant des deuxième et troisième place au championnat du monde des pilotes de ses deux coureurs, Stirling Moss et Tony Brooks.

Tony Brooks au volant de sa VW5, lors de sa victoir à Monza, en 1958

Les rivalités les plus mythiques

Les rivalités sont inhérentes au sport et bien évidemment la Formule 1 ne fait pas exception à la règle, qu’il s’agisse de coéquipiers ou de pilotes d’écuries différentes luttant pour le titre mondial, les plus grandes rivalités en F1 ont toujours été marquantes !

L’une des plus célèbres et des plus anciennes est celle opposant Niky Lauda (Ferrari) à James Hunt (McLaren), cette rivalité a même eu droit à son adaptation cinématographique. En effet, en 2013, le cinéaste Ron Howard réalise le film « Rush » avec Chris Hemsworth (James Hunt) et Daniel Brühl (Niky Lauda), ce film retrace l’incroyable saison 1976 où le pilote britannique, James Hunt remporte le titre devant son rival autrichien. Ce dernier perdant le titre dans des circonstances dramatiques puisque sa voiture et lui prendront feu à la suite d’un accident, lors du GP d’Allemagne (10e GP de la saison). Le pilote autrichien s’en sort miraculeusement, mais gardera de graves brûlures, notamment à la tête. Ceci étant, seulement deux courses plus tard, le pilote Ferrari remonte dans sa monoplace et participe au GP d’Italie, malheureusement pour lui, James Hunt reste sur sa lancée et termine la saison en boulet de canon devançant son rival d’un petit point. Cela marquera l’apogée de la carrière du pilote britannique, quant à Lauda, il triomphera la saison suivante (après avoir déjà été champion en 1975) et sera de nouveau sacré en 1984.

Affiche du film Rush (AlloCiné)

Au cours des années 80 et 90 plusieurs rivalités naissent, notamment celle opposant Nigel Mansell à Nelson Piquet ou celle opposant ce même Nigel Mansell au français Alain Prost. Durant cette période faste pour la Formule 1 où les pilotes deviennent de véritables rockstars et des idoles pour les plus jeunes, LA rivalité qui tiendra en haleine la planète entière et qui restera légendaire à jamais est bien celle opposant Alain Prost au pilote brésilien Ayrton Senna. En effet entre 1985 et 1993, les deux pilotes se partagent sept des neuf titres de champions du monde (les deux autres étant remportés par Nelson Piquet en 1987 et Nigel Mansell en 1992) et se livrent une bataille sans merci durant plusieurs saisons. Ils deviendront même coéquipiers l’espace de deux saisons (1988 et 1989), chez McLaren, la première année étant remporté par Senna, la seconde par Prost. La rivalité entre les deux hommes allaient au-delà des pistes, Alain Prost qualifiera même son ancien coéquipier « d’homme sans valeurs » après le sacre du pilote brésilien, en 1990. Cette rivalité mériterait, à elle seule un article à part entière, mais s’il y a bien un geste à retenir c’est celui d’Ayrton Senna envers le pilote français, lors du dernier GP de la carrière de ce dernier, à Adelaïde, en Australie. Senna remporte la course et Prost termine second et alors que le pilote Williams peut savourer son quatrième et dernier titre de champion du monde, Ayrton Senna l’invite sur la plus haute marche du podium et les deux ennemis s’embrassent et se tombent dans les bras.

Alain Prost et Ayrton Senna lors du dernier GP de la carrière du Français (planetf1.com)

Malheureusement, le sort sera bien plus funeste pour le pilote brésilien ; la saison suivante, lors du GP de Saint-Marin, à Imola, ce dernier est victime d’un accident mortel à la tête et meurt des suites de ses blessures, quelques heures plus tard. Il faut également rappeler qu’en 70 ans de Formule 1, une trentaine de pilotes ont perdus la vie durant une course (ou lors d’essais/qualifications), fort heureusement depuis le tragique accident de Senna, en 1994, il n’y a eu « qu’un » seul décès (un de trop), celui de Jules Bianchi, en 2015 et l’avancée des dispositifs de sécurité permettent d’être plus serein, même si le risque zéro n’existe pas.

Michael Schumacher laissera une trace immense dans l’histoire de notre sport. Il en a aussi laissé une belle sur les flancs de ma Williams à Adélaïde en 1994. 

Damon Hill, ancien pilote Williams, 2006

Revenons en aux rivalités et difficile de parler Formule 1 sans parler du pilote le plus titré de l’histoire : Michael Schumacher, mais il est également difficile de parler de Michael Schumacher dans un sujet comme celui-ci, tant le pilote allemand a dominé sa génération. S’il a tout de même rencontré de solides rivaux, tout au long de sa carrière, comme Jacques Villeneuve, Mika Häkkinen ou Fernando Alonso entre autres, sa saison 1994 et son mano à mano avec Damon Hill resteront dans la légende de la Formule 1, notamment grâce à son final. Durant toute la saison, les deux hommes se livrent une véritable bataille et se rendent coup pour coup. Avant le début de la dernière course, le pilote Benetton posséde un point d’avance sur son rival, pilote chez Williams. Durant la dernière course, alors que Hill tente de dépasser Schumi, ce dernier craque et part au large, cependant il réussit à revenir sur la piste, mais le pilote Williams ne peut l’éviter, Schumacher file dans le mur et doit abandonner tandis que Hill est également contraint d’abandonner après que son triangle de suspension ait été brisé par l’impact. En 2006, Damon Hill accuse explicitement Michael Schumacher d’avoir volontairement causé la collision. À l’annonce de la première retraite sportive de Michael Schumacher, il déclare : Michael Schumacher laissera une trace immense dans l’histoire de notre sport. Il en a aussi laissé une belle sur les flancs de ma Williams à Adélaïde en 1994. Preuve que la pilule n’est toujours pas passée pour l’ancien pilote de chez Williams.

Image de l’accrochage entre Schumacher et Hill lors du dernier GP de la saison 1994.

Un XXIe siècle marqué par les hégémonies

Comme dit plus haut, le début du siècle a été marqué par l’hégémonie Ferrari et son pilote vedette Michael Schumacher ; entre 2000 et 2004, le pilote originaire de Cologne fait une razzia et remporte tous les championnats du monde. Au-delà des titres remportés, c’est l’impression de facilité et l’avance qu’il mettait à ses adversaires qui ont marqués les suiveurs de la discipline, puisque sur ces cinq saisons, Schumi a réussi à avoir une moyenne de 36 points d’avance sur le second… du jamais vu ! Et hormis la saison 2003, où Kimi Räikkönen termine à deux petits points du pilote Ferrari, personne n’a été en mesure de mettre fin à la domination Ferrari durant cette période. Puis la saison 2005 débuta…

« Schumi » au volant de la F2004 lors de la saison de son dernier titre de champion (Wikipédia)

En 2005 certaines règlementations sont apportés, ce qui ne réussit pas aux Ferrari, Renault en profite et règne en maître pendant deux saisons sur la Formule 1, c’est également la consécration pour le pilote espagnol, Fernando Alonso, ce dernier devient double champion du monde (2005 et 2006) et montre au monde entier que Michael Schumacher n’est pas invincible.

Fernando Alonso célebrant son deuxième titres de champion du monde de F1, en 2006 (El Mundo)

Depuis 2010 deux autres dynasties ont régnés sur la Formule 1, il s’agit de Red Bull (2010 – 2013) et Mercedes (2014 – 2019), toutes deux emmenées par un pilote d’exception : Sebastian Vettel pour l’écurie autrichienne et Lewis Hamilton pour l’écurie allemande, à eux deux, ils comptabilisent 10 titres de champion du monde, 9 sur la décennie. Le seul regret étant qu’ils n’ont pas eu l’occasion de se mesurer frontalement avec leurs meilleures voitures sur cette période. En revanche ces deux pilotes ont dû faire face à une rivalité féroce au sein de leur propre écurie. En effet, Mark Webber (coéquipier de Vettel) et Nico Rosberg (coéquipier de Hamilton) ont été plus que des sparing-partners, le pilote Mercedes réussissant même à devenir champion du monde, en 2016, après une saison dantesque où lui et Hamilton se sont rendus coup pour coup. Suite à ce sacre, Rosberg prend sa retraite et est remplacé par le pilote finlandais, Valtteri Bottas.

Lewis Hamilton et Sebastian Vettel, deux pilotes ayant marqués la décennie et l’histoire de la Formule 1 (lexpress.fr)

Records et palmarès

Michael Schumacher domine le classement des pilotes ayant remportés le plus de titres de champion du monde, mais pourrait être rejoint par le pilote britannique, Lewis Hamilton… à moins que la crise actuelle et l’âge assez avancé de ce dernier (35 ans) ne l’empêche d’aller atteindre Schumi. En revanche, s’il y a bien un record que Hamilton peut aller chercher, c’est bien celui du nombre de victoires en Grand Prix. Ce record est toujours détenu par le pilote allemand, avec 91 victoires mais l’ancien pilote McLaren n’est qu’à quatre longueurs, avec 87 victoires.

Derrière ces deux monstres sacrés nous retrouvons Fangio, la première légende de ce sport, puis Alain Prost (seul français à avoir été champion du monde) et Sebastian Vettel avec quatre titres.

Du côté des écuries, Ferrari domine largement le classement avec 16 titres et devrait rester premier pendant encore de nombreuses années.

Pilotes
7Michael Schumacher (1994, 1995, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004)
6Lewis Hamilton (2008, 2014, 2015, 2017, 2018, 2019)
5Juan Manuel Fangio (1951, 1954, 1955, 1956, 1957)
4Alain Prost (1985, 1986, 1989, 1993), Sebastian Vettel (2010, 2011, 2012, 2013)
3Jack Brabham (1959, 1960, 1966), Jackie Stewart (1969, 1971, 1973), Niki Lauda (1975, 1977, 1984), Nelson Piquet (1981, 1983, 1987), Ayrton Senna (1988, 1990, 1991)
2Alberto Ascari (1952, 1953), Graham Hill (1962, 1968), Jim Clark (1963, 1965), Emerson Fittipaldi (1972, 1974), Mika Häkkinen (1998, 1999), Fernando Alonso (2005, 2006)
1Giuseppe Farina (1950), Mike Hawthorn (1958), Phil Hill (1961), John Surtees (1964), Denny Hulme (1967), Jochen Rindt (1970), James Hunt (1976), Mario Andretti (1978), Jody Scheckter (1979), Alan Jones (1980), Keke Rosberg (1982), Nigel Mansell (1992), Damon Hill (1996), Jacques Villeneuve (1997), Kimi Räikkönen (2007), Jenson Button (2009), Nico Rosberg (2016)
Classement des pilotes ayant remportés le titre de champion du monde.
Écuries
16Ferrari (1961, 1964, 1975, 1976, 1977, 1979, 1982, 1983, 1999, 2000, 2001, 2002, 2003, 2004, 2007, 2008)
9Williams (1980, 1981, 1986, 1987, 1992, 1993, 1994, 1996, 1997)
8McLaren (1974, 1984, 1985, 1988, 1989, 1990, 1991, 1998)
7Lotus (1963, 1965, 1968, 1970, 1972, 1973, 1978)
6Mercedes (2014, 2015, 2016, 2017, 2018, 2019)
4Red Bull (2010, 2011, 2012, 2013)
2Cooper (1959, 1960), Brabham (1966, 1967), Renault (2005, 2006)
1Vanwall (1958), BRM (1962), Matra (1969), Tyrrell (1971), Benetton (1995), Brawn GP (2009)
Classement des écuries ayant remportées la coupe des constructeurs ou le championnat du monde des constructeurs.
Nb de victoires en GPPilotes
91Michael Schumacher (1991-2006 et 2010-2012)
87Lewis Hamilton (2007-…)
53Sebastian Vettel (2007-…)
51Alain Prost (1980-1993)
41Ayrton Senna (1984-1994)
32Fernando Alonso (2001-2018)
31Nigel Mansell (1980-1995)
27Jackie Stewart (1965-1973)
25Jim Clark (1960-1968), Niki Lauda (1971-1985)
24Juan Manuel Fangio (1950-1958)
Top 10 des pilotes ayant remportés le plus de victoire en GP.

Vous l’aurez compris, l’histoire de la Formule 1 est extrêmement riche (et encore nous aurions pus parler de mille événements de plus, tant l’histoire regorge d’épopées, de drames et d’aventures incroyables). Malheureusement les 70 ans ne pourront pas être fêtés comme il se doit : en piste. Ceci dit nous avons tous hâte de revoir la jeune génération en action pour voir les Max Verstappen, Charles Leclerc, Pierre Gasly, Lando Norris, Esteban Ocon et les autres inscrire leurs noms sur le grand livre qu’est l’histoire la Formule !

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