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Le présent et l’avenir incertain des Maple Leafs de Toronto

La deuxième franchise la plus titrée de l’histoire de la NHL n’a plus connu la victoire depuis 1967. Pire encore, la franchise n’a plus atteint les finales depuis cette date. Une longue période que les partisans espèrent voir arriver à son terme avec l’arrivée d’une nouvelle génération qui a tout pour réussir dans la ligue. Pourtant, des zones d’ombre persistent aussi bien au sein de l’effectif que dans les coulisses de la franchise. Décryptage de la situation des Maple Leafs, en route pour de nouvelles désillusions.

Une attaque flamboyante, une défense en souffrance : Toronto en déséquilibre

Il est vrai que la ligue connaît une période où les attaques sont mises en valeur et de plus en plus de joueurs dépassent la barre symbolique des 100 points. Pourtant peu d’équipes peuvent se vanter d’avoir un trio d’attaque aussi productif que celui des Leafs composé de l’expérimenté John Tavares et de ses deux jeunes lieutenants que sont Marner et Matthews. Le premier a rejoint les Leafs en 2018 lors du marché des agents libres mettant fin à son aventure chez les Islanders qui l’avaient drafter en 2009. Il fut recruté pour mener Toronto le plus loin possible lors des séries. Et le moindre que l’on puisse dire c’est que son intégration fut réussie puisque celui-ci est parvenue à battre son record de points dès sa première saison du coté de Toronto avec 88 points inscrits.

Mitchell Marner et Auston Matthews sont présents depuis plus longtemps dans l’effectif deToronto malgré leur jeune âge, 23 et 22 ans. Ils ont tous les deux été draftés lors du premier tour de la draft 2015 pour le premier (4ème choix) et de la draft de 2016 pour le second (1er choix) par la franchise de Toronto. Ces deux joueurs étaient particulièrement attendus d’autant qu’ils avaient fait leurs preuves dans les ligues juniors et toutes les prédictions pour leurs drafts respectives les plaçaient dans les dix premiers. Leurs arrivées à Toronto apparurent alors comme une forme résurrection pour la franchise de Toronto. Ainsi depuis leurs débuts en NHL, Marner et Matthews n’ont cessé d’impressionner les observateurs avec des statistiques déroutantes : si l’on regarde la saison 2019-2020, en 70 matchs, Matthews a déjà inscrit 47 buts et se retrouve à la lutte pour finir meilleur buteur de la saison régulière. Pour Marner malgré une saison 2019-2020 tronquée par une blessure à la cheville celle-ci reste très correcte avec 67 points inscrits en 59 matchs. Avec des débuts réussis dans la grande ligue, les deux Leafs sont parvenus à obtenir deux contrats sur le long terme avec plus de 10 millions de dollars. Des salaires que les deux joueurs méritent au vu de leurs performances mais qui font l’objet de débats sur l’équilibre de l’effectif. Certes l’équipe possède une première ligne capable d’inscrire de nombreux points mais les rotations offensives se retrouvent pour leur part affaiblies. Ainsi parmi tous les autres joueurs d’attaque de la franchise, seul William Nylander a tiré son épingle du jeu avec 59 points inscrits cette saison. Aucun autre attaquant n’a dépassé la barre des 40 points… Sans leur premier trio, les Leafs semblent tout simplement inoffensifs. Une difficulté majeure lorsque l’on connait l’importance des rotations au hockey. 

(Source d’image:Getty)

Ce problème de profondeur offensive se double par une problématique bien plus récurrente du côté de Toronto : la défense. Le déséquilibre de part et d’autre de la ligne bleue, entre l’attaque et la défense, est un point primordial pour comprendre la situation des Leafs. C’est une évidence, la défense de Toronto est aux abois. Ainsi parmi les matchs où l’équipe fut en difficulté nous pouvons citer celui contre les Penguins, le 19 février 2020, qui auront réussi à inscrire cinq buts en 32 minutes alors que ces derniers n’étaient clairement pas sur un temps fort de leur saison. Par ailleurs il suffit de regarder les statistiques : la défense de Toronto est la 5 ème pire défense de la ligue avec (nombre de buts encaissés) et se retrouve au milieu des Devils, Senators, Red Wings, Ducks ou encore des Sharks qui sont des équipes qui occupent le fond du classement. Un déséquilibre dans le jeu qui cache une problématique encore plus compromettante, accès sur les finances de la franchise.

Un déséquilibre difficile à résoudre pour le management

Les Leafs possèdent l’une des masses salariales les plus élevées de la ligue avec environ 95 millions de dollars forçant la franchise à placer Nathan Horton et David Clarkson sur la liste des blessés à long terme pour pouvoir rentrer dans le cap imposé par la ligue. À l’approche du marché des agents libres, les préoccupations de la franchise ne sont pas de savoir quelle pièce apporter à l’effectif pour le renforcer mais comment parvenir à renouveler certains joueurs tout en restant dans le cap? 

Une problématique inquiétante pour une franchise qui est censé joueur les premiers rôles au sein de la Conférence Est. Il suffit de regarder les premiers mouvements qui ont été entamés par les Leafs pour leur défense : la signature pour un an du Finlandais Mikko Lehtonen qui arrive de KHL pour 1 an et 925 000 dollars. Ce dernier a réalisé une bonne saison 2019-2020 avec 49 points inscrits en 60 matchs mais cette arrivée montre que les Leafs n’ont pas les moyens d’aller chercher des grands noms de la ligue en défense. Ils doivent se rabattre sur des joueurs d’autres ligues et surtout sur des contrats courts. Ces contrats peuvent se justifier lorsqu’une équipe joue le titre et qu’elle cherche des joueurs de compléments qui pourront apporter lors des séries. C’est d’ailleurs l’option choisie par le Lightning en allant chercher cet hiver, par l’intermédiaire de transferts, Blake Coleman et Barclay Goodrow. De son côté, Toronto n’a pas beaucoup avancé pour prolonger ses défenseurs d’expérience. Seul Jake Muzzin a prolongé pour 4 ans et 22,5 Millions de dollars mais pour Cody Ceci et Tyson Barrie la question est tout autre. Ces derniers n’ont pas prolongé alors que leurs contrats s’arrêtent à la fin de la saison. Leur départ serait un échec pour les Leafs qui les avaient attiré l’été dernier. Ils n’auront pas apporté ce que le management espérait pour renforcer cette défense et même si leur départ libérera de la place dans le cap, il sera difficile pour la franchise de trouver des joueurs expérimentés pouvant les remplacer. D’autant que Tyson Barrie est le 5 ème meilleur pointeur de la franchise cette saison, le premier des défenseurs. Même si sa saison n’est pas du calibre des précédentes sous la tunique de l’Avalanche, il aura réussi à se démarquer avec 39 points inscrits apportant des solutions en attaque mais aura été plus en difficulté en défense avec 62 revirements concédés ce qui est beaucoup pour un défenseur et seulement 76 tirs bloqués ce qui le place quatrième chez les défenseurs de Toronto. 

(Cole Burston/CP)

Malgré ces difficultés, les Leafs ont tout intérêt à essayer de le conserver puisqu’ils ne trouveront pas d’autres défenseurs avec autant d’expérience sur le marché cet été et malgré une saison délicate sur le plan défensif, Tyson Barrie a déjà montré qu’il était capable de mieux faire. Mais le principal problème reste toujours la place dans la masse salariale laissant peu de marge de manœuvre pour le management de la franchise de Toronto. De son côté Barrie n’a pas l’intention de revoir ses exigences salariales à la baisse, lui qui a un contrat de seulement 2,75 millions de dollars par an.

Le premier tour des Séries : une barrière psychologique ?

Les arrivées de Marner et Matthews devaient permettre à la franchise de revenir sur le devant de la scène pourtant les Leafs ne sont pas parvenus à passer la barrière du premier tour des séries. Sur les trois dernières saisons: une défaite face aux Capitals et deux défaites face aux Bruins lors d’un match sept. De quoi laisser des regrets à la franchise. Pourtant une défaite lors d’un match décisif contre les Bruins n’a rien d’un échec tant cette équipe est dominante au sein de la ligue avec 10 présences en séries sur les 12 dernières saisons. Mais il  semble que l’équipe fait un blocage à ce niveau. Une sorte de plafond de verre pour Toronto dont la meilleure opportunité était le match 6 à domicile lors des Séries 2018-2019, l’occasion d’enfin défaire les Bruins. Mais les Leafs craquent laissant les Bruins revenir à égalité avant que ces derniers ne terminent la série à domicile lors du match 7. Cette série est symptomatique de cette barrière que n’arrive pas à franchir la franchise : alors qu’elle a tout pour finir la série, elle craque laissant son adversaire l’emporter. On peut se demander si le fait de passer cette barrière ne permettrait pas à la franchise d’enfin se lancer et pourquoi pas, envisager un meilleur parcours en séries. Mais pour l’instant le management n’est pas parvenu à trouver les solutions pour passer cette barrière.

(Photo by Jared Wickerham/Getty Images)

Sheldon Keefe, l’homme providentiel pour un changement à Toronto?

Après un début de saison compliqué où la franchise occupait le fond du classement de la division atlantique, le management des Leafs a décidé de se séparer le 20 novembre de Mike Babcock pour engager Sheldon Keefe qui était l’entraîneur des Marlies de Toronto l’équipe affiliée des Leafs en AHL. Les résultats sont plutôt satisfaisants depuis son arrivée avec 15 victoires sur ses 20 premiers matchs. Il devient l’entraîneur des Leafs réalisant le meilleur début dans l’histoire de la franchise pour un nouveau coach.

La patte de Keefe ? Son approche avec les joueurs : il essaye de les mettre dans les meilleures conditions, d’avoir une plus grande proximité avec eux à en croire les propos de Spezza à TheAthletic: où il déclare que cette nouvelle approche « aide à construire plus de camaraderie ». Alors ce changement d’entraineur va-t-il aider les joueurs à passer cette barrière psychologique?

(Photo by Norm Hall/NHLI via Getty Images)

Ses premiers matchs à la tête de l’équipe ont semblé prometteurs puisqu’il a remporté 27 matchs sur ses 47 premiers à la tête de la franchise. mais il faudra voir ce que cela donne sur une saison entière et surtout lors des séries, là où les Leafs ont le plus de mal depuis plusieurs saisons.

Le projet de Toronto est complexe tant l’équipe est bloqué par sa trop grosse masse salariale au point de ne pas pouvoir améliorer ses faiblesses sur le plan défensif mais l’arrivée de Sheldon Keefe s’apparente à un rayon de soleil dans le ciel gris de Toronto. L’avenir nous dira s’il parvient à ramener le beau temps à Toronto.

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