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Chicago : la ville où les sports ne dorment jamais

Comme Michael Jordan et Scottie Pippen, Patrick Kane et Jonathan Toews ou les White Sox et les Cubs… Chicago est indissociable des sports américains. Un véritable couple qui vit une longue histoire d’amour où la passion ne semble jamais s’estomper. Bien évidemment, il y a eu des hauts et des bas, des succès retentissants et de longues périodes de disette, mais en aucun cas l’engouement des Chicagoiens pour leurs équipes ne s’est éteint. Depuis son origine, le sport tient une place particulière dans le développement et la cohésion de la ville. Chicago possède cinq franchises dans les quatre plus grandes ligues sportives nord-américaines et chacune a réussi à remporter un championnat. La dimension culturelle du sport à Windy City est difficilement mesurable tant elle est complexe et pluriel. Le CCS vous propose un regard croisé sur Chicago, entre culture, passion et succès, afin de mettre en avant le particularisme des relations entre cette ville et les sports américains.

Chicago, la ville omnisports par excellence

Windy City : un centre urbain à la riche histoire sportive

Difficile d’exister dans l’ombre de New-York et du nord-est des États-Unis. Centres culturels, politiques et économiques du pays, la Big Apple et ses voisins concentrent la grandeur et les vices du rêve américain. Seule la Californie, à l’Ouest, semble faire exception. D’abord New‑York évidemment, puis Boston, suivi de Philadelphie, Pittsburgh et Washington… Au‑delà, ce trouve la région des Grands Lacs, le froid canadien et les souvenirs d’une industrialisation massive. Pourtant, c’est bien ici qu’une ville a réussi à se construire une véritable réputation de « ville sportive », devenant une référence historique en matière de succès. Cette ville, située au sud du Lac Michigan entre Milwaukee, Detroit et Indianapolis, c’est Chicago, Windy City.

Ville la plus peuplée de l’état de l’Illinois, Chicago compte plus de 2,7 millions d’habitants, ce qui fait d’elle la troisième ville la plus peuplée des États-Unis. Au cœur de Chicagoland, sa région métropolitaine, la ville de Chicago a fait des sports américains l’un des piliers de son développement et de son histoire. Fondée officiellement en 1837, Chicago saisie rapidement l’importance des sports pour stimuler l’attractivité de son centre urbain. Le premier épisode marquant de l’histoire sportive de Chicago se déroule en 1895 avec l’organisation de la première course automobile officielle. Une course précaire rassemblant 6 véhicules, 4 voitures et 2 motos, pour un prix exceptionnel à l’époque de 5000$. Une initiative audacieuse de la part de la ville de Chicago puisque l’automobile n’était produite en série que depuis deux ans, tout comme la moto qui fut introduites aux États-Unis en 1893. La course de 87 km de long est remporté par un certains Frank Duryea à bord d’un wagon motorisé. Le succès est loin d’être au rendez-vous : peu de spectateurs et seulement deux véhicules atteignent la ligne d’arrivée. Mais là n’était pas l’objectif. Avec cette course, Chicago souhaite se placer comme une ville novatrice, ambitieuse et courageuse pour inciter les jeunes entrepreneurs à s’installer en ville. Pari réussi puisque les hommes ayant participé à l’événement ont développé certaines des avancées technologiques qui ont facilité la croissance de l’industrie automobile et ont été des pionniers de la course automobile et de la culture américaine. Au premier rang, le vainqueur de la course qui créé la Duryea Motor Wagon Company, première entreprise américaine constructrice de voiture à essence.

Frank Duryea lors de la course à Chicago en 1895 – Source : The Saturday Evening Post

Événement essentiel et fondateur pour la relation entre les sports et Chicago, cette course inscrit la ville dans un développement industriel symptomatique de la région. Dans la continuité, le début du XXème siècle confirme cette dynamique mais laisse entrevoir les travers d’une époque. Passons sur les relations suspectes entre le crime organisé et les courses de chevaux, les combats de boxe à mains nues ou les affrontements sauvages entre chiens, pour nous concentrer sur les premiers succès sportifs de Chicago. Les sports s’implantent au rythme de l’immigration. Fait marquant dès les années 1900, Chicago est inondé de sports. Un constat qui s’explique par le fait que les frontières entre les sports amateurs et les sports professionnels étaient beaucoup plus poreuses qu’aujourd’hui. Au premier rang, on retrouve évidemment le sport préférés des Américains à l’époque : le baseball.

En ce début de siècle, les deux équipes de Chicago dominent le baseball américain. La preuve absolue date de 1906 où les White Sox affrontent les Cubs lors World Series. C’est la première fois que deux équipes d’une même ville s’affrontent en finale. Devant plus de 12 000 personnes à chaque rencontre, les White Sox remportent les séries contre toutes attentes tant les Cubs avaient dominé le championnat avec un record de 116 victoires. La ville est en ébullition, Chicago est au centre du sport américain. Les Cubs se rattrapent au cours des deux années suivantes avec deux titres consécutifs, en 1907 et 1908. Les White Sox retrouvent le succès aux World Series de 1917 mais c’est surtout le scandale des « Black Sox » qui marquent les esprits de ces années. En 1919, plusieurs membres des Chicago White Sox ont comploté avec des joueurs pour perdre délibérément les World Series face aux Reds de Cincinnati. En jeu, d’énormes paris sportifs et la réputation immaculée du baseball. Cette tragique histoire se solde par le renvoi de 8 joueurs de Chicago et un décret draconien du commissaire de la ligue souhaitant dire que le passe-temps national était nettoyé.
Il faudra attendre 2005 pour que le baseball soit de nouveau couronné de succès à Chicago… Une très longue période de sécheresse pour les Cubs et les White Sox qui est loin d’être synonyme d’un recul de l’intérêt des Chicagoiens pour les sports américains, au contraire.

West Side Park en 1906 – Source : Digital Commonwealth

En dehors du baseball, le sport professionnel à Chicago se développe à partir des années 1930 avec la naissance des Blackhawks et l’émergence de l’intérêt de Windy City pour le hockey sur glace. Membres de la célèbre période des Originals Six, les Blackhawks de Chicago remportent deux fois la Stanley Cup en 1934 et 1937. Comme pour le baseball, les fans de hockey devront attendre le XXIème siècle pour renouer avec le succès. Néanmoins, cette époque marque la naissance d’une véritable passion pour ce magnifique sport sur glace dans la ville de Chicago. Pour approfondir la question des sports à Chicago avant la Seconde Guerre Mondiale, le CCS vous recommande l’ouvrage de Steven Riess et Gerald Gems intitulé The Chicago Sports Reader: 100 Years of Sports in the Windy City, parfait au petit déjeuner.

De cette époque lointaine, il faut retenir que le sport est indissociable du développement de la ville de Chicago. Après la Seconde Guerre Mondiale, le sport se professionnalise et s’internationalise depuis les États-Unis. Chicago incarne à merveille cette mutation des sports américains et de la société en générale. Avec Boston, Chicago est la seule ville à accueillir en permanence depuis 1871 les principaux sports américains. Aujourd’hui, Chicago est un pilier de la culture sportive aux États-Unis. Windy City est l’une des huit villes des États-Unis à avoir remporté au moins un titre dans les quatre grands championnats. Elle possède également 5 franchises dans ces grandes ligues, le troisième plus gros total derrière les zones métropolitaines de New-York et Los Angeles. Impressionnant. Les Bulls en NBA, les Bears en NFL, les Blackhawks en NHL, les White Sox et les Cubs en MLB… Ajoutons également le Chicago Fire FC en MLS, champion en 1998, ou le Chicago Sky en WNBA pour être complet. Une impressionnante armada de franchises de très haut-niveau qui fait de Chicago l’une des villes américaines où la culture sportive est la plus développée.

NFL, NBA, MLB, NHL… Chicago a tout remporté – Source : Commonwealth Digital

Au total, les grandes équipes de Chicago ont remporté pas moins de 19 titres entre le baseball, le basket, le hockey et le football américain. Ce n’est pas rien si le magazine Sporting News a attribué trois fois le titre de « meilleure ville sportive de l’année » à Chicago, en 1993, 2006 et 2010.
Dans ce Midwest décontracté, la passion pour les sports est visible dans toute la ville de Chicago. Les fans des Bears font partis des plus fidèles des États-Unis et sont toujours présents dans le plus ancien stade de NFL, le Soldier Field. Ceux des Blackhawks affluent en nombre à l’United Center depuis les récents succès de la franchise et compensent la désertion relative des fans des Bulls avec qui, ils partagent la salle. Les fans de baseball peuvent se retrouver pour soutenir les Cubs dans le Wrigley Field, la deuxième plus ancienne enceinte du pays. Des infrastructures fascinantes, riche d’histoires et de légendes qui participent à l’entretien de la passion des habitants de Chicago pour leurs équipes. Mais il n’y pas que les sports professionnels à Windy City. La région de Chicago possède six programmes de Division I en NCAA, parmi lesquels on retrouve l’Université de DePaul ou celle de Loyola. De même, les sports des ligues mineures sont très développés et offrent un spectacle très accessible pour les familles de l’Illinois.

Parade lors de la victoire des Cubs en 2016 – Source : Chicago Tribunes

Une preuve de l’engouement de Chicago pour les sports ? La célébration du dernier titre de la ville, celle des Cubs en 2016 lors des World Series. Environ 5 millions de personnes se sont rassemblés à Chicago pour célébrer le titre, une parade qui est devenue le 7ème plus grand rassemblement de l’histoire de l’humanité.

Vous l’aurez compris, si vous souhaitez déménager dans une ville et que le sport est votre passion : bienvenu à Chicago ! Entre le succès des Bears, l’avènement de la meilleure équipe de basket de tous les temps et la domination des Blackhawks… Chicago demeure l’une des villes américaines où le sport de dort jamais. Voyons en détails ces événements sportifs qui ont marqué l’histoire de Wind City.

Chicago bouleversa la NFL

De la rivalité à l’hégémonie, l’histoire des Bears

La NFL est aujourd’hui la ligue de sports US la plus puissante sur le territoire américain. Au fur et à mesure de sa construction, la National Football League partage une histoire singulière avec Chicago. Avant même de l’intégrer, la ville accueille dès 1898 le Morgan Athletic Club, une équipe de quartier basée dans le sud de Chicago. L’équipe a acquis son surnom des « Cardinals » en 1901 lorsque son fondateur, Chris O’Brien, a reçu un envoi de maillots décolorés de l’équipe de football de l’université de Chicago Maroons, de couleur rouge cardinal. Désormais connus sous le nom de Racine Cardinals – du nom de la rue de Chicago sur laquelle se trouvait le terrain de jeu de l’équipe -, l’équipe a joué dans une «ligue» peu organisée composée de clubs amateurs de la région de la Windy City.

Match des Cardinals en 1921 (source : Chicago Mag)

La passion pour ce sport au sein de la ville est débordant. C’est d’ailleurs après un barrage contre une autre équipe locale, les Tigers, que les Cardinals gagnent leur ticket pour l’American Professional Football League (précurseur de la NFL), lors de sa fondation en 1920. Face à l’explosion des droits médiatiques (diffusion grâce à un nouveau média, la radio et couverture importante dans les journaux) et de ses retombées financières, le foot US commence son développement en dehors des universités, soumises à l’interdiction du professionnalisme. l’AFL s’organise autour d’entrepreneur et la région de l’Illinois n’est pas en reste. Outre Chicago, à 150 km la ville de Decatur accueille également une franchise. Elle est fondée par A.E. Staley et porte le nom de son entreprise pour la saison inaugurale : Decatur Staleys.

En 1921, la Staley Starch Company a donné à George Halas, ex coach universitaire très réputé, l’équipe, 5000 $ et la permission de déplacer la franchise à Chicago s’il accepte de garder le nom de Staleys pendant un an. Ces derniers remportent le championnat cette même année et un an plus tard, deviennent les Chicago Bears, du nom de leur enceinte -Wrigley Field- partagée avec les Cubs (ourson en anglais). La rivalité avec les Chicago Cardinals est lancée et si les Cards remportent le premier affrontement 7-6, l’avantage tourne rapidement en faveur des Bears.

En effet, les années 1920 ont vu l’émergence de Red Grange comme première véritable célébrité du football. Grange reçoit une notoriété nationale pour ses brillantes performances avec l’Université de l’Illinois. Il provoque pourtant la plus grande controverse du sport US lorsqu’il quitte celle-ci, sans diplôme, pour rejoindre les Bears dans Ligue nationale de football professionnelle, rebaptisée depuis en NFL. Le «professionnalisme» sous quelque forme que ce soit – le paiement des entraîneurs, le recrutement et la subvention des athlètes, la commercialisation du jeu – violait les principes du sport universitaire. Un choix de raison car les débuts de la NFL ne sont pas rentables. Les Bears sont également les premiers à acheter un joueur d’une autre équipe (100 $ pour Ed Healey de Rock Island en 1922).

En 1940, les Bears marquent les esprit en remportant le championnat grâce à une victoire 73-0 face aux Redskins de Washington (source : ChicagoBears.com)

Grâce à ses innovations, l’équipe impose son hégémonie à partir des années 1930, en remportant symboliquement le premier match éliminatoire de l’histoire de la ligue (23-21 contre les Giants) et deux victoires au palmarès final en 1932 et 1933. Des résultats qui contrastent avec ceux des Cardinals, qui malgré un titre en 1925, après avoir aligné le chiffre record de 11 victoires en 14 matchs, ne peuvent rivaliser sur le long terme. La famille Bidwill maintient la franchise à flot à partir de 1932 et se voit toutefois recomposée en arrachant le titre 1947 aux Bears, pourtant ultra dominants sur cette période avec des victoires en 1940, 1941, 1943 et 1946 grâce au quarterback Sid Luckman et au coach George Halas qui garde son poste de 1920 à 1968. Une longévité qui lui fait détenir le record de victoire jusqu’à ce que Don Shula le dépasse 27 ans après.

Les Bears sont une nouvelle fois novateur et décident de ressortir une ancienne formation, la T-formation, axée 100% course avec une ligne offensive, deux Tight Ends, le Quarterback et trois coureurs derrière. Ils rajoutent un joueur en mouvement au départ pour créer l’incertitude défensive. La Franchise gagne le surnom de « Monsters of the Midway« . L’après Seconde Guerre mondiale est moins glorieux pour la ville dans son ensemble. Les Bears connaissent une période de disette et les Cardinals déclinent complètement, leur dernière qualification en Play-Off remonte en 1948 et pire, ils n’alignent que 33 victoires en 10 ans. Face à la perte de revenues, la franchise déménage en 1960 du côté de St-Louis puis tard à Phoenix pour devenir les Cardinals d’Arizona d’aujourd’hui. Cependant, la rivalité avec les Bears existe toujours.

Les Bears sont à la fête en 1985, ils ont remporté le Superbowl face aux Patriots, le seul de leur histoire (source : ChicagoBears.com)

Désormais seul en ville, les Bears ont remporté un autre titre en 1963 mais connaissent un vrai renouveau avec la draft du Running Back, Walter Payton en 1975, amorçant une décennie de domination. Payton a battu le record de Jim Brown pour le plus grand nombre de yard parcourus au sol de tous les temps (qui a été à son tour battu par Emmitt Smith en 2002). Derrière lui, Chicago remporte quatre titres de division et leur seul Super Bowl (1985). Dirigée par l’entraîneur-chef Mike Ditka, une personnalité grandeur nature, et le QB iconoclaste, Jim McMahon (le «punky QB»), l’équipe des Bears de 1985 se montre d’une solidité sans limite défensivement et signe un bilan record de 15-1 en saison régulière, et n’accorde que 10 points au total lors des trois matchs de l’équipe en Play-Offs. L’équipe est devenue une sensation nationale avec la sortie de «The Super Bowl Shuffle», une chanson de rap qui meten vedette des membres de l’équipe se vantant d’aller au Super Bowl, qui a été publiée avec confiance, voir arrogance, avant la fin de la régulière saison.

Malgré le froid, les fans garnissent en massse les travées du Soldier Field (source : Chicago Tribune)

Les Bears connaissent depuis un succès limité, que seul le Superbowl perdu en 2006 vient troubler. Par deux fois, ils ont connus les Play-Offs sur ses dix dernières années, une finale de conférence en 2010, perdu contre les rivaux des Packers et une défaite frustrante en Wild Card contre les Eagles en 2018. Pourtant l’image de leur solidité défensive se pérennise avec des icones comme Brian Urlacher ou dernièrement, Khalil Mack. La Franchise peut se targuer de posséder l’un des publics les plus fidèles de NFL, qui n’hésite pas à braver les froids polaires de la région du lac Michigan pour garnir l’iconique Soldier Field, stade le plus ancien de la Ligue. L’équipe, de par son histoire, rassemble toutes les catégories sociales de la ville.

Chicago : la Mecque du basket ?

Des Harlem Globetrotters aux Bulls de Jordan

Pour Anthony Davis, actuel joueur des Los Angeles Lakers, Chicago est une ville à part sur la planète Basket-ball. « C’est du basket quelles que soient les conditions. On trouve toujours un moyen de jouer. L’amour pour le basket est dingue ici » déclare-t-il en juillet 2019 avant de poursuivre. « Peu importe qu’il fasse chaud ou froid dans une salle, ou qu’il pleuve dehors, pour n’importe quel joueur né à Chicago, ça compte beaucoup plus car c’est la ville du basket. Nous sommes la Mecque du basket, et vous pouvez l’écrire. » Un terme symbolique, généralement réservé à la ville de New-York, pourtant la ville de l’Illinois à des arguments à faire valoir. Outre Davis, Chicago a vu nombre d’icône de la balle orange, naitre et grandir en son sein : Isiah Thomas, Derrick Rose, Dwayne Wade, Doc Rivers, George Mikan, Kevin Garnett (ce dernier y a effectué une partie de ses années High School) pour ne citer que les plus marquantes. L’histoire du Basket est intimement liée à celle de la Windy City.

Les traces des premières rencontres se trouvent dès 1894. Amos Alonzo Stagg, entraîneur légendaire de football universitaire, était l’un des étudiants du Dr James Naismith (l’inventeur du jeu) à la YMCA Training School de Springfield (Massachusetts). Stagg a participé au tout premier match de basket-ball jamais joué le 21 décembre 1891, et trois ans plus tard, il a introduit le jeu à l’Université de Chicago. L’histoire continue en 1925, lorsque l’icône des Bears, George Halas, prend part à la création des Bruins de Chicago. L’équipe intègre l’ABL, la première ligue de Basket à l’échelle nationale. L’expérience dure six ans et prend fin en raison de la grande dépression, sans grand succès pour les locaux (bilan de 101 victoires et 152 défaites). Dans le même temps, une autre équipe de la ville démarre de manière discrète.

Abe Saperstein et les Harlem Globetrotters après le déménagement de l’équipe à New-York (source : ChicagoBulls.com)

En 1927, Abe Saperstein, un homme d’affaire, fonde les Harlem Globetrotters. Ces derniers, aux uniformes distinctifs rouges, bleus et blancs, prennent pour nom le quartier du nord de New-York en raison de la présence d’une majorité de joueurs afro-américains, fortement représentés à Chicago, dans l’équipe. Harlem est, déjà à cette époque, symbolique de la culture afro-américaine et les Globetrotters se déplacent souvent dans des villes rurales à forte population blanche, le basket étant principalement pratiqué à l’échelle régionale. L’équipe est dominante (101 victoires en 117 matchs) et incorpore rapidement des éléments de fantasy dans son jeu en raison du manque de compétitivité.

Avant la création des Bulls, plusieurs équipes professionnelles tentent en vain de s’imposer à Chicago. Aux Studebakers, du nom de l’usine qui embauchent les joueurs de l’équipe, succèdent dans les années 40, les Gears. La franchise évolue en NBL et possède la première superstar du basket dans ses rangs, George Mikan. Le Big Men de 2m08, enfant de Chicago, gagne la somme record de 12 000 $ par saison avec un contrat de cinq ans. Il conduit son équipe au titre lors de la saison 46-47, affichant une moyenne inhabituelle, pour l’époque, de plus de 20 points par match. Cependant, malgré ce succès les Gears quittent la NBL pour une ligue concurrente dirigée par leur propriétaire Maurice White. L’expérience est un échec et Mikan préfère rester en NBL en signant chez les Minneapolis Lakers, où il remportera cinq titres d’une toute nouvelle ligue, la NBA.

George Mikan sous le maillot des Minneapolis Lakers (Source : ChicagoBulls.com)

Les Stags, membre fondateur de la BAA – qui fusionnera avec la NBL pour créer la NBA – remplacent de manière éphémère les Gears. Faute de public (2000 spectateurs maximums), la franchise cesse d’exister en 1950 avec seulement quatre saisons au compteur, dont une en NBA. Même sort pour les Packers au début des années 60, après deux dernières places et un changement de nom pour les Zephyrs, l’équipe de Walt Bellamy a déménagé à Baltimore et est finalement devenue les Washington Bullets (aujourd’hui Wizards). Chicago est dès lors la plus grande ville américaine sans franchise NBA, résultant de la mauvaise gestion des propriétaires des ex-franchises.

Pourtant, la ville, troisième plus grand marché du pays, possède un incroyable réservoir de jeune talent grâce aux universités réputées de la région : DePaul, Loyota notamment. Dick Klein, ex-joueur des Gears, profite de l’expansion médiatique et numérique de la ligue (passage à 10 équipes), qui renégocie avec ABC le contrat des droits télévisuels, pour faire renaitre une franchise à Chicago. Malgré des réticences, c’est chose faite pour la saison 1966-67, grâce au soutien d’un groupe d’une dizaine d’investisseurs de la ville. Klein voulait un nom qui dénote la force et l’importance de la tradition de l’économie bovine qui était liée à la ville. Le nom devait également être dans la lignée des autres franchises professionnelles de Chicago, à savoir avec une seule syllabe : Bears, Cubs, (White) Sox et (Black) Hawks. C’est ainsi que les Bulls sont nés.

Un nom approprié qui se rapporte à la ténacité et à la détermination. Sous-estimée, l’équipe menée par « l’Original Bull » Jerry Sloan et le meneur Guy Rodgers, démarre fort en battant les Hawks de Wilkens, les Warriors de Barry et les Lakers de Baylor et West. Confirmation en fin de saison avec une qualification historique en Play-Offs (la seule dans l’histoire pour une équipe d’expansion) et le titre de COY pour Johnny Kerr. Des débuts tonitruants qui peinent à se confirmer par la suite, l’équipe connaissant des hauts et des bas, malgré des joueurs de talent : Bob Love, Chet Walker, Norm Van Lier, Artis Gilmore, Reggie Theus, Orlando Woolridge. Dans l’ombre des Bears et des Blackhawks, la franchise attire son public, mais ne parvient pas à atteindre les finales NBA.

Il faut attendre 1984 pour voir les Bulls faire basculer l’histoire. Après une saison piteuse ponctuée par un bilan de 27 victoires, Chicago obtient le troisième choix d’une draft légendaire et choisit l’arrière de North Carolina : Michael Jordan. Au même moment, Jerry Reinsdorf, le propriétaire des White Sox, devient celui des Bulls. L’histoire est en marche, mais il faudra de la patience pour en voir la finalité. La NBA n’est pas prête pour le phénomène, Jordan sourit, tire la langue, vole pour arracher le plus de victoire possible, c’est un leader qui domine toutes catégories statistiques de sa franchise dès sa première année. La reconstruction doit se faire autour de lui et Jerry Krause l’a bien compris, il lui ajoute tour à tour Scottie Pippen et Horace Grant, tout est prêt, la domination ne fait que commencer.

Il y apporte une nouvelle dimension, à travers l’influence et le divertissement, car Jordan devient à l’ère de Magic et Bird la figure la plus populaire dans le basket. Il fait des apparitions dans des émissions télévisées de fin de soirée, des couvertures de magazines et a commencé son influence massive sur le marché avec ses baskets Nike, des shorts plus longs et bientôt une acceptation chauve avec des boucles d’oreilles pour hommes. Michael a rendu tout cool et la ville aime ça. À l’heure où les Bears déclinent, c’est au tour des Bulls de prendre la lumière. La franchise démarre en 87 une série de 610 matchs en soldout qui durera jusqu’en.. 2000.

D’un joueur aux simples performances individuelles, Jordan va réussir à lutter et dominer les Celtics de Bird, les Pistons de Thomas et les Lakers de Johnson. Les Bulls créent une dynastie à travers un trio : Jackson, Jordan, Pippen, l’hégémonie va durer de 1991 à 1998 et rapporte six titres et un nombre hallucinant de record. En dehors du terrain, aucune franchise n’a jamais été aussi médiatisée et généré autant de revenus. La valeur de cette dernière explose (+1000 % depuis l’arrivée de Jordan), tout comme la NBA et les droits TV, MJ est une figure reconnue et adulée mondialement. Son impact sur l’économie américaine est évalué à 10 milliards de dollars, son image est source de profit et Chicago devient indissociable d’elle. Preuve en est, son maillot est accroché du tout nouveau United Center et une statue est édifiée dès sa première retraite en 1993.

Attendu comme le successeur de Jordan à la tête d’une équipe des Bulls de nouveau victorieuse, Derrick Rose n’aura jamais pu développer tout son talent à Chi-Town (source : Chicago Bulls.com)

Six titres pour les Chicago Bulls entre 1991 et 1998. Et depuis… plus rien ? La franchise mythique de l’Illinois se morfond dans le bas de tableau de la Conférence Est. Hormis une courte période au cours de laquelle les supporteurs des taureaux se sont remis à rêver. Une lueur d’espoir venue d’un prodige local. Derrick Rose. Sous l’impulsion du meneur originaire de la ville, l’organisation a retrouvé de sa splendeur pendant quelques années. Jusqu’à ce qu’il se blesse gravement au genou en 2012. Tout a changé ensuite.

Plus jeune MVP de l’Histoire en 2011, D-Rose est l’un des nouveaux visages de la ligue. Une superstar ultra-spectaculaire et donc ultrapopulaire. Un All-Star en pleine ascension. Malheureusement, ses genoux ont lâché lors d’un match de Play Offs, que les Bulls tenaient, contre les Sixers au premier tour. S’en sont suivis des saisons difficiles pour le jeune homme, rarement opérationnel et constamment à la recherche de son rythme. Et surtout de son niveau passé. Au point de le consumer de l’intérieur. Chicago n’a pas réussi à franchir le cap puis l’organisation a finalement tourné la page en envoyant l’ex-chouchou du public vers New York en 2016 et tente aujourd’hui de se reconstruire, rentrant peu à peu dans le rang en connaissant des saisons bien moroses.

De l’ombre à la lumière : les Blackhawks de Chicago

Pour le meilleur et pour le pire

Depuis le dernier titre des Bulls en 1998, les équipes sportives de Chicago ont peiné pour retrouver les sommets des grandes ligues nord-américaines. Plus précisément, c’est 12 longues années que les Chicagoiens ont dû patienter pour renouer avec les célébrations d’un titre dans un sport majeur. Le 9 juin 2010, les Blackhawks de Chicago remporte la Stanley Cup, mettant fin à 49 ans sans titre. Une victoire qui en entraînera deux autres faisant des Hawks, l’équipe la plus dominante du hockey nord-américain des années 2010.

Comme nous le soulignons dans le premier paragraphe de dossier, les Blackhawks ne sont pas des novices sur la scène du hockey sur glace. Outre les deux (très) anciens titres de 1934 et 1938, les Hawks ont remporté une troisième Stanley Cup en 1961, symbole de la résurrection de la franchise. La belle histoire commence avec l’acquisition du directeur général des Red Wings de Detroit, un certain Tommy Evan, probablement la première grosse opération pour les Hawks. A la fin des années 1950, Chicago repêche trois énormes espoirs du hockey : les attaquants, Bobby Hull et Stan Mikita, ainsi que le défenseur Pierre Pilote. La machine met quelques années avant de devenir compétitive et la raison a un nom : les Canadiens de Montréal de Beliveau, Moore, Richard ou Bernie Geoffrion. Le CH écrase tout sur son passage et notamment les Blackhawks en première ronde des Séries de 1959 et 1960. Après une nouvelle saison en tête du championnat, les Canadiens sont encore favoris pour le titre et personne n’ose donner les Hawks vainqueurs. Et pourtant, grâce à un plan de jeu défensif parfaitement mise au point par l’entraîneur Rudy Pilous, Chicago surprend le CH et remporte la série en 6 matchs avec deux blanchissages lors des deux dernières rencontres.

En finale, les Blackhawks retrouvent les Red Wings d’un certains Gordie Howe. Au cours de cette saison, « Mr. Hockey » devient tout simplement le premier joueur de la NHL à atteindre le plateau des 1000 points sur un exercice. Menés par leur capitaine, Ed Litzenberger, les Blackhawks continuent leur tactique d’épuisement sur les attaquants des Red Wings. Les Hawks parviennent à remporter la Stanley Cup de 1961 en 6 matchs. Bobby Hull inscrit deux buts lors du premier match alors Stan Mikita délivre Chicago avec le but gagnant lors de la dernière rencontre. Ces deux joueurs, introduits au Temps de la Renommée du Hockey, auront marqué l’histoire de la franchise. Mikita reste aujourd’hui encore le meilleur pointeur de Chicago avec 1 457 points en 1 394 parties, alors que Hull est deuxième au classement des points et reste le meilleur buteur des Blackhawks avec 604 buts en 1 036 matchs.

Source : ESPN

Chicago reste compétitif durant toute la décennie 1960, retourne deux fois en finale contre les Leafs en 1962 et contre le CH en 1965. Deux défaites, mais une époque glorieuse pour le hockey à Chicago qui fait salle comble chaque soir au Chicago Stadium, « The Madhouse on Madison ». Au cours de la première ère d’expansion de la NHL, les Blackhawks tiendront les premiers rôles dans la ligue avec 8 titres de Champions de Division au cours des années 1970 mais ils ne parviendront pas à remporter une nouvelle coupe. Après 22 ans sous les couleurs noir et rouge de Chicago, Stan Mikita tire sa révérence en 1980 et une page se tourne pour les Blackhawks. La relève est assurée par un certain Denis Savard qui permettra aux Hawks de se qualifier régulièrement pour les Séries sans pour autant briller jusqu’à la Coupe Stanley. Au début des années 1990, un espoir renaît pour Chicago avec des joueurs comme Jeremy Roenick, Steve Larmer, le défenseur Chris Chelios et surtout le gardien légendaire : Ed Belfour. Avec cette équipe, Chicago atteint les finales au cours de la saison 1991-1992 mais s’incline lourdement 4-0 face aux Penguins du « Magnifique », Mario Lemieux. Cette année 1992 raisonne comme l’apogée de la dimension « omnisports » de Chicago puisque la ville accueille à la fois les Finales NBA et les Finales NHL.

À l’avènement du nouveau millénaire, le hockey à Chicago rime avec déception. Avec des joueurs comme Eric Daze, Alexei Zhammov ou Tony Amonte qui ne parviennent pas à confirmer, les Hawks sombrent au cours des années 2000. Hormis une sortie prématurée au premier tour des Séries 2002, les Blackhawks sont toujours hors des séries éliminatoires entre 1998 et 2009… Une situation terrible qui rime avec le crépuscule de l’ère Bill Wirtz, au poste de président depuis 1983. Depuis la dernière finale NHL, les Chicagoiens se désintéressent des Blackhawks. Constat terrible pour la franchise que ne semble pas en mesure de remonter la pente. En 2004, ESPN donne aux Hawks le titre affreux de « pire franchise du sport ». Les arguments sont cinglants. Aucun titre depuis 1961, remise en question de la famille Wirtz, critique acerbe à l’encontre de la politique commerciale de la franchise, mauvais choix de repêchage… Tout se rejoint, et toutes ces critiques sont loin d’être infondées. Celui que l’on surnomme à Chicago « Dollar Bill » met en place différentes mesures commerciales intolérable pour les partisans des Hawks. Il interdit notamment la diffusion à domicile prévu sur l’antenne nationale estimant que c’est injuste pour les abonnés de l’United Center. Les billets coûtent en moyenne 50$, le plus haut prix de la NHL. Le journaliste d’ESPN, George Johnson écrit : « Mauvais repêchage. Mauvaises embauches. Mauvais transferts. Pensée archaïque. Stagnation. » Les partisans désertes la salle et les Blackhawks, dirigés comme une entreprise, perdent de sa splendeur. Le dernier souffle avant le retour, avant l’explosion de la franchise. Deux événements précipitent la rédemption de Chicago sur la scène du hockey nord-américain : le repêchage de Jonathan Toews en 3ème position en 2006 et la mort de Bill Wiltz en 2007.

À Chicago les Wiltz se suivent mais ne se ressemblent pas. C’est le fils de Bill, Rocky Wirtz, qui prend les commandes de l’équipe et il change radicalement le visage austère de la franchise. Son message est clair : il souhaite reconstruire les Blackshawks. Lors du repêchage 2007, Chicago sélectionne en première position, la pépite : Patrick Kane. « Showtime » débarque à Windy City. Au cours de l’été 2008, la direction décide de confier le capitanat au jeune Jonathan Toews, recrute le gardien français Christobal Huet et engage l’entraîneur Joel Quenneville. La révolution est en marche à Chicago. Lors de cette saison 2008-2009, les Blackshawks terminent deuxième de leur division et accèdent pour la première fois aux séries depuis 2002. Après avoir vaincu les Flames de Calgary et les Canucks de Vancouver, ils trébuchent en finale de Conférence face aux Red Wings. Qu’importe la franchise semble avoir regagné leur place dans le cœur des partisans puisque les Hawks ont mené la NHL en termes d’affluence à domicile avec une moyenne de 22 247 personnes.

Pour la saison 2009-2010, Chicago fait l’acquisition d’une pièce majeure sur le marché des agents libres : Marian Hossa. Les Blackhawks assurent leurs arrières en prolongeant les attaquants Kane, Toews, et Kris Versteeg ainsi que le défenseur emblématique, Duncan Keith qui remportera son premier Trophée Norris. Au cours de cette saison, Chicago est en feu : les Hawks battent leur record de victoires avec 52 gains et celui du nombre de points, 112. Après avoir remportés les Jeux Olympiques d’Hiver de 2010 au Canada, Jonathan Toews, Duncan Keith et Brent Seabrook retrouve leur ennemi d’un soir, Patrick Kane, pour les Séries NHL. Au premier tour, les Blackhawks effacent difficilement les Predators de Nashville, 4 matchs à 2 avant de défaire les Canucks. En finale de Conférence, Chicago blanchit avec violence des Sharks de San José et se retrouve à jouer la Stanley Cup face aux Flyers de Philadelphie, en ce mois de mai de l’année 2010. Après une série très disputée où les deux équipes gagnent leurs matchs à domicile, Chicago prend l’avantage en gagnant le match 5 à l’United Center. Les Hawks ne sont qu’à un match de brandir la Stanley Cup. Lors du match 6 à Philadelphie, les deux équipes doivent se départager lors de prolongations sous pression. À 4:06, Patrick Kane navigue dans la défense des Flyers, et tir dans un angle impossible. Personne ne bouge, tout le monde cherche la rondelle. Seul Patrick Kane commence à exulter : la rondelle est entrée, CHICAGO WINS. Un but qui sera tout simplement élu « but de la décennie ».

Quatrième Stanley Cup pour des Blackhawks qui mettent fin à 49 années de sécheresse et 12 ans sans titre pour la ville de Chicago.

Jonathan Toews & Patrick Kane devant leurs partisans – Source : ABC Chicago

Tout récemment, les Blackhawks ont reçu le titre de « l’organisation de la décennie », Joel Quenneville celui de « l’entraîneur de la décennie » alors que Patrick Kane et Duncan Keith ont tous les deux été nommés dans la première équipe des étoiles de la décennie. Incroyable pour cette franchise qualifiée quelques années plus tôt de « pire franchise du sport »… La raison de ces récompenses est simple : les Blackhawks ont continué leurs prouesses de 2010 et ont soulevé deux autres Stanley Cups, en 2013 et 2015.

Source : bit.ly

De 2010 à aujourd’hui, les Blackhawks ont toujours été dans les discussions pour remporter les Séries de NHL. Même si leur rayonnement n’est plus aussi lumineux depuis deux ans, Chicago est sans contestation l’équipe la plus dominante des dix dernières années. L’alignement de départ des étoiles de Chicago laisse rêveur : Patrick Sharp à gauche, Jonathan Toews au centre, Patrick Kane à droite, derrière la paire Duncan Keith/Brent Seabrook et devant les filets, Corey Crawford. Cette séquence de neuf années de séries éliminatoires s’est donc conclue par trois Stanley Cup, cinq finales de Conférence et seulement trois sorties au premier tour. Toews, Kane et Keith ont chacun remporté le trophée Conn Smythe. Patrick Kane a également remporté le titre de joueur par excellence de la ligue et a mené la NHL en points tout au long de la décennie. Les gardiens Corey Crawford, Ray Emery et Scott Darling ont tous remporté le trophée William M. Jennings. Une domination sans partage, sauf peut-être avec les Kings et les Penguins.

La passion de la ville de Chicago pour les Blackhawks est tout simplement incroyable. Vous ne pouvez pas traverser la rue sans voir des chandails aux couleurs noir et rouge ou des sweats arborant fièrement le visage de l’indien symbole de la franchise. Vous ne pourrez retenir votre émotion lorsque les partisans de l’United Center applaudiront lors de l’hymne national américain. Essayez donc de contenir vos sentiments lorsque la chanson Rock Like a Hurricane de Scorpions retentira dans le stade après un but de Patrick Kane ou Johnny B. Good pour Jonathan Toews. Bien évidemment, les dernières années ne sont pas aussi brillantes et on peut craindre un retour dans l’anonymat pour les Hawks mais une chose est sûre : la domination des Blackhawks a rallumé la flamme de Chicago pour le succès et pour ses sports qu’elle aime tant.

Chicago est, à l’instar de Los Angeles et New-York, une des capitales du sport aux États-Unis. Non pas grâce au brillant palmarès de ses équipes professionnelles mais en raison de la ferveur que celles-ci soulèvent chez leurs supporters. La quasi-totalité des habitants voue un amour sans faille à l’une ou l’autre des équipes de la ville et les grandes victoires sont fêtées avec un enthousiasme débordant, à l’image de Barack Obama et les Bulls. Lorsque les Blackhawks ont remporté la Stanley Cup en 2013, plus de 2 millions de personnes ont envahi Grant Park pour célébrer l’événement. En 2007, la qualification des Bears pour le Super Bowl a fait l’objet de toutes les conversations et certaines entreprises demandaient même à leurs employés de venir travailler en maillot bleu et orange. Une ferveur qui représente l’héritage de 100 d’histoire du sport à la Windy City.

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