Draft NBA

Profil NBA Draft 2020 : Cole Anthony, « best » ou « bust » ?

Évènements indissociables des sports aux États-Unis, les drafts sont le moteur du renouvellement perpétuel des grandes ligues sportives nord-américaines. Coup de théâtre, coup du destin, déceptions, interrogations… Les drafts sont des éléments essentiels de la culture sportive américaine. Alors que les incertitudes planent toujours autour de la reprise de la NBA, la draft est toujours au programme et ce, malgré l’interruption du championnat universitaire ainsi que l’annulation de la célèbre March Madness. S’il semble logique que la date sera déplacée en fonction de la reprise ou non du championnat, la draft NBA 2020 aura bien lieu. L’occasion pour le CCS de se mobiliser pour vous proposer un profil détaillé des meilleurs prospects du pays. Sans hiérarchie particulière, vous trouverez ici toutes les informations nécessaires pour connaître les futurs rookies, voire même les futures stars de la NBA.

COLE ANTHONY

Date de naissance : 15 mai 2000 – Classe : Freshman

Université : North Carolina Tar Heels (ACC) – Bilan 2019/2020 : 14v/19d

Poste : Meneur (#2)

Mensurations*
Taille : 190 cm – Poids : 86 kg – Envergure : 196,5 cm
(source : sport-reference.com)

Statistiques saison
22 matchs joués // 18,5 pts // 5,7 reb // 4 ast // 1,3 stl // 0,3 blk
34,9 minutes joués/match // 38% FG // 34,8% 3Pts // 75% FT // 3,5 Tov // 2,9 PF

PROFIL

À l’occasion de notre fiche consacrée à Nico Mannion, nous évoquions la saison difficile des Wildcats d’Arizona… Mais que dire de celle des Tar Heels de North Carolina ? Le terme de « déception » semble être un euphémisme lorsque l’on écoute les propos de Roy Williams, entraîneur en chef d’UNC depuis 17 saisons. En décembre, à la suite d’une séquence de 4-7, il déclare que son équipe est « l’équipe la moins douée qu’il est entraîné ». Le 12 mars dernier, après une défaite 81-53 face à Syracuse au deuxième tour du tournoi de l’ACC, la saison des Tar Heels est terminée. Roy Williams déclare au soir de la rencontre « Pour la première fois de ma vie, je me sentais en quelque sorte sans espoir. […] Je n’ai trouvé aucun remède, je n’ai trouvé aucune solution ». Pour la première fois depuis 2002, UNC affiche un bilan négatif dont un très triste 6-14 au sein de l’ACC. Pour certains, ces résultats sont logiques : année de transition après le départ d’une génération incarnée par Cameron Johnson ou Luke May. Pour d’autres, cette saison est tout simplement décevante. Les raisons de cette déception s’articulent autour d’un même joueur, notre sujet du jour : Cole Anthony. Annoncé 2ème de sa classe de draft par ESPN, le meneur devait garantir à UNC une nouvelle saison au sommet de la NCAA. Fils du joueur NBA, Greg Anthony, Cole commence sa carrière de lycéen à l’Archbishop Molloy avant de terminer du côté de l’Oak Hill Academy en Virginie. L’année 2019 fut glorieuse pour lui : MVP du McDonald’s All-American, vainqueur du concours à 3pts, MVP de la Jordan Brand Classic 2019, meilleur lycéen de Virginie etc… Il coche toutes les cases qui fondent la réputation des meilleurs prospects. Ses débuts en NCAA sont particulièrement scrutés, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a impressionné. Premier match contre Notre-Dame : 34 points & 11 rebonds. Deuxième match face à UNC Wilmington : 20 points & 10 rebonds. Des débuts remarqués et remarquables qui révèlent également les faiblesses de l’effectif : personne ne semble être en mesure de scorer autour de lui, aucune option offensive numéro 2 et surtout un manque cruel de spacing. Pire, après des débuts flamboyants qui nous laissaient imaginer un Anthony survoler la NCAA comme un Trae Young auparavant, la réalité le rattrape et ses performances sont trop justes pour donner de l’espoir aux Tar Heels. En décembre, Cole Anthony doit être opérer du ménisque, le cauchemar continue pour UNC. Heureusement, dans cette sombre séquence, le junior Garrison Brooks a montré ses talents de scoreur qui lui vaudront le titre de « meilleure progression de l’année en ACC ». Cole Anthony revient le 1er février, mais le constat est sans appel : il n’y aucun alchimie dans ce groupe. Nous reviendrons sur ses défauts plus tard, mais il faut bien avouer que le jeu d’Anthony est loin de mettre en avant ses coéquipiers. Lorsqu’il revient les Tar Heels enchaînent une série de 7 défaites consécutives. Leur dernier match, contre Syracuse, représente parfaitement la saison difficile qu’a connue UNC, une saison où le programme affiche le deuxième pire bilan de son histoire. Bien évidemment, les Tar Heels n’ont pas été épargnés par les blessures avec 98 matchs manqués par 11 étudiants boursiers… Les mésaventures collectives d’UNC ont probablement eu raison de la cote de Cole Anthony. Beaucoup d’analystes mettent sa mauvaise saison au crédit des lacunes de l’effectif des Tar Heels. Il n’en demeure pas moins que les attentes sont au moins aussi élevées que les doutes à son sujet.

Pour commencer, Cole Anthony possède un physique athlétique très intéressant. Bien qu’il ne mesure que 1,90 mètres, Anthony compense grâce à une belle envergure, un corps robuste et musclé ainsi qu’une détente verticale impressionnante. Récemment, sa détente fût mesurée aux environs de 110 cm ! (source : 247Sports – 11 avril). Un physique qu’il utilise à merveille pour être un redoutable scoreur. Avec des appuis rapides, explosifs et une belle palette de dribbles, Anthony attaque facilement la raquette. Si cette année le spacing catastrophique d’UNC ne l’a pas aidé, il a montré qu’il était capable de se séparer facilement de son défenseur direct pour se frayer un chemin vers le panier. Cole Anthony est capable de terminer des deux mains, en convertissant des lay-up difficiles, en finissant fort en puissance ou bien en utilisant quelques floaters intéressants. Il possède également de solides bases pour être une menace à mi-distance avec une mécanique bien huilée, un haut point de relâchement, des pull-up et des step-back assez efficaces. Cette saison, Cole Anthony à 34,8% à 3pts sur plus de 6 tentatives par match. Il adore créé son propre tir extérieur notamment en sortie d’écrans où il essaye souvent de distancer son adversaire pour planter à 3pts. Vous l’aurez compris, Cole Anthony est un potentiel scoreur sur les trois niveaux. Une grosse palette offensive, qui peut être encore améliorée, un physique athlétique et une volonté de marquer à chaque instant, font de Cole Anthony un attaquant très prometteur au poste 1. Du côté défensif, il utilise son physique et son agressivité pour gêner la plupart de ses adversaires directs. Sa mobilité et son énergie lui permettent de rester au contact des guards adverses, même sur pick and roll. Anthony possède un bel instinct défensif, il joue avec beaucoup d’énergie et d’anticipation ce qui lui permet d’exceller sur les contres en transition. Pour un meneur de jeu, Cole Anthony possède une belle lecture des rebonds défensifs, il en a capté 5,2 en moyenne cette saison. Il est également important de souligner la mentalité du garçon. En défense, Cole Anthony parle beaucoup à ses coéquipiers, donne le tempo et s’est imposé progressivement comme un leader de ce côté du terrain. En attaque, c’est plus compliqué… Une transition parfaite pour évoquer les quelques zones d’ombre qui planent autour de Cole Anthony.

Le meneur d’UNC a montré des lacunes qui peuvent être très compromettantes pour lui dans différents secteurs. C’est d’ailleurs en raison de celles-ci que nous avons du mal à desceller le plafond de ce joueur. Premier point, et il est crucial : sa capacité à jouer en équipe. Cela déterminera son plein potentiel et sa valeur optimale au sein de la NBA. Cette saison, et même au lycée, Cole Anthony a peiné dans l’organisation de l’attaque et dans sa vision des jeux offensifs. Ses prises de décisions balle en main sont très contestables, souvent peu adaptées, risquées et impertinentes. Simple indicateur : en moyenne, cette saison, il a délivré seulement 3,9 passes décisives et perdu 3,5 balles par match. Si on combine ce piètre ratio avec ses 38% de réussite du terrain, on constate que Cole Anthony fait souvent cavalier seul. Trop de pénétrations, trop de tirs difficiles, et trop peu d’implication de ses coéquipiers. Il abuse de son dribble, cherche trop souvent la faute et se débarrasse du ballon qu’en ultime recours. Cole Anthony devra absolument étoffer sa vision et son sens du jeu pour devenir un meneur calibré pour la NBA. Bien qu’il soit un tireur extérieur honnête, Cole Anthony n’excelle pas dans ce domaine. Il devra améliorer son adresse longue distance, en travaillant notamment sa sélection des tirs, pour être une menace extérieure respectée et fiable. Enfin, en défense, même s’il joue avec intensité, son déficit de taille pourrait bien lui être préjudiciable face des joueurs plus grands.  

Cole Anthony possède les armes pour être un très bon attaquant en NBA. Scoreur sur les trois niveaux, il devra néanmoins améliorer son tir extérieur pour passer un cap au niveau supérieur. Mais attention aux excès : dans le dribble, dans le port de la balle, dans l’agressivité. Sa capacité à jouer en équipe est l’élément qui semble être le plus déterminant pour son avenir. Peut-on imputer ses difficultés à la faiblesse des Tar Heels ? Peut-être. Le programme de North Carolina ne lui a pas facilité la tâche : des intérieurs qui obstruent la raquette, des extérieurs incapables de scorer régulièrement… Néanmoins, même avec cette excuse, il semble que Cole Anthony ne possède pas (encore ?) cette faculté à driver son équipe. Une lacune qui lui a coûté de nombreuses places dans les mocks drafts, passant du top 3 au top 10.

✔️ FORCES

  • Excellent attaquant.
  • Capable d’être un scoreur sur les trois niveaux.
  • Rapide, athlétique, grosse détente verticale.
  • Dribbles rapides et efficaces.
  • Créateur pour lui-même.
  • Bonne utilisation des pick and roll pour lui-même.
  • Provocateur de fautes.
  • Bonne finition des deux mains.
  • Belle palette offensive pour finir près du cercle.
  • Bonne lecture défensive.
  • Bon rebondeur défensif.
  • Bon déplacement en défense.
  • Leader vocal en défense.
  • Grosse dépense d’énergie en défense.

FAIBLESSES

  • Taille.
  • Organisation et vision du jeu.
  • Abuse des dribbles et des pénétrations.
  • Choix de passes et de tirs très contestables.
  • Trop individualiste ?
  • Porte trop le ballon.
  • Adresse extérieur à travailler.
  • Palette offensive à étoffer.
  • Limite physique en défense.

PRÉDICTION DRAFT 2020

Premier tour (Top 10)

Hypothèse : #9 – Washington Wizards

Si les rumeurs envoient Cole Anthony chez les Knicks, il me semble que ce choix serait très préjudiciable pour New-York. Son jeu, selon moi, ne serait pas du tout adapté aux Knicks où il manque de gestionnaire justement, le point faible d’Anthony. En revanche, avec leur 9ème choix potentiel, les Wizards pourraient voir chez Cole Anthony un meneur back-up scoreur derrière un John Wall sur le retour. De même, aux côtés d’un Bradley Beal capable de passer le ballon, Anthony pourrait bien trouver le moyen d’exprimer tout son talent dans la Capitale. Les Wizards possèdent des systèmes où le spacing est plutôt efficace, une aubaine pour notre meneur.

NOTE DU CCS

« Best or Bust » ? Telle est la question que doivent se poser les franchises NBA au sujet de Cole Anthony. Ses capacités à scorer sont excellentes et prometteuses, autant que les doutes qui planent autour de ses capacités à devenir un véritable meneur de jeu en NBA. Cette année décevante avec UNC est peut-être à mettre au crédit du programme, dans ce cas, plusieurs équipes pourraient bien fermer les yeux sur cette année et se concentrer sur les prouesses de Cole Anthony lors de ses années lycéennes. Le flou flotte au-dessus de Cole Anthony. Alors quel futur aura-t-il ? Kemba Walker ou Shabazz Napier ?

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