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Comment la QSI a-t-elle fait grandir le PSG féminin ?

Arrivés en 2012, les Qataris ont permis une rapide professionnalisation de la section féminine du Paris-Saint-Germain. Vice-championnes de France à plusieurs reprises, le club de capitale tente progressivement de s’imposer en concurrence directe avec le club le plus titré d’Europe, l’Olympique Lyonnais. Comment le PSG s’est-il imposé en France et en Europe depuis 2012 ?

Un peu d’histoire…

Créée en 1971 soit un an après la filière masculine, la section féminine du club de la capitale participe, pour la première fois en 1979, au championnat de France (1ère division). Mais les débuts au sein de l’élite française sont compliqués pour les Parisiennes, seulement trois saisons plus tard, le club doit redescendre en deuxième division. Et faute de bons résultats, le club parisien oscille, pendant dix-neuf ans, entre première et deuxième division. Après être passées très près de la D1 lors de la saison 1999-2000, l’équipe entraînée par Sébastien Thierry se renforce pour la saison d’après. En effet, avec peu de moyens alloués à la section féminine, l’effectif était plutôt maigre. 

L’équipe du PSG pour la saison 2000-2001 (Source : Paris Canal Historique)

En septembre 2000, avec l’arrivée de l’internationale française Aude Banasiak, le PSG compte bien accéder et faire sa place en première division. Aussitôt dit, aussitôt fait, le club parisien retrouve la D1 en 2001. Le début des années 2000 sont décisives pour le PSG. Dans un championnat où des équipes comme Montpellier et l’OL sont largement implantées, les parisiennes doivent s’imposer. L’effectif est de plus en plus cohérent et des internationales comme Laura Georges ou encore Morgane Couteille apportent du renfort à l’équipe. La saison 2005-2006 est marquée par le recrutement de joueuses venant du centre de formation parisien : Émilie L’Huillier, Laure Boulleau et Sabrina Delannoy. Malgré un statut amateur, le club continue de se structurer. Lors de la saison 2009-2010, les Parisiennes remportent pour la première fois, le Challenge de France, 5-0 contre Montpellier.

Laure Boulleau signe au PSG en 2005 et devient une joueuse phare du club de la capitale (Source : Pinterest)

Arrivée des Qataris et stratégie de recrutement 

En 2012, les Qataris rachètent le Paris-Saint-Germain. Mais alors que tous les yeux sont braqués sur la folie des recrutements côté masculin, les choses bougent aussi dans la section féminine. Les nouveaux propriétaires veulent construire une équipe compétitive, une équipe capable de concurrencer l’OL, le FCF Juvisy, Montpellier, et s’illustrer sur la scène européenne. Une nouvelle ère dans l’histoire du PSG féminin qui commence par l’arrivée d’un entraîneur renommé : Farid Benstiti. Ancien entraîneur de l’OL, Benstiti a toutes les qualités pour élever un riche effectif. Mais le recrutement ne s’arrête pas au poste de technicien. Pour se mettre au niveau des grandes équipes, il faut recruter des joueuses de classe internationale, des stars. Ainsi, les Qataris font venir dans la capitale deux internationales allemandes, l’internationale Costaricienne Shirlez Cruz (37 buts avec l’OL avant son arrivée au PSG), et la jeune internationale américaine Lindsey Horan. 

Shirley Cruz Traña inscrira 31 buts avec le PSG (Source : BeFoot)

Si l’objectif de cette première phase de recrutement était non seulement sportif mais aussi médiatique, le Paris-Saint-Germain mise progressivement sur l’arrivée de jeunes pousses. Après avoir réuni un florilège de grandes joueuses : Marie-Laure Délie, Laura George, Tobin Heath ou encore l’internationale espagnole Marta, le club prend à l’été 2016, un nouveau tournant. Avec l’arrivée de Patrice Lair sur le banc parisien, le club renouvelle son effectif et recrute à l’image d’Ève Perrisset ou Amanita Diallo, de jeunes joueuses. Le PSG compte aussi sur les espoirs du football français, des filles formées dans la capitale : Grace Geyoro, Kadidiatou Diani et Marie-Antoinette Katoto, meilleure buteuse de D1 en 2018-2019 avec 22 réalisations.) L’investissement des Qataris a permis au club d’avoir plus de liberté sur les recrutements. L’effectif s’est progressivement étoffé afin de concurrencer les équipes françaises et européennes.

Marie Antoinette Katoto et Kadidiatou Diani sont les espoirs du football français ( Source : Tribuna)

Des résultats et la reconnaissance européenne

Les recrutements et le nouveau projet de jeu du Paris-Saint-Germain portent rapidement leurs fruits. Dès 2012, les parisiennes enchaînent les bons résultats et s’illustrent dans le championnat français. Face aux trois autres clubs importants de la D1, le PSG ne perd que deux fois, contre Lyon, et termine deuxième avec 78 points, un record pour le club. La saison suivante les Parisiennes attaquent leur mission européenne avec de grandes ambitions. Mais, faute d’expérience, leur aventure se termine dès le premier tour, éliminées par le club suédois Tyresö F.F. La même année, Paris se qualifie pour la finale de Coupe de France mais échoue face au rouleau compresseur lyonnais. Mais avec la meilleure défense de D1, le PSG termine une nouvelle fois deuxième du Championnat de France. Plus les années passent et plus les prestations européennes sont de qualités. En 2014, les Parisiennes éliminent l’OL en huitièmes de finale, et se qualifient pour la première fois de leur histoire pour les quarts de la compétition. Après s’être largement imposées face au Celtic Glasgow, le PSG sort l’ogre allemand, le Vfl Wolfsburg, double tenant du titre, et accède en finale de WCL. Même si le titre européen leur échappe (1-2 face à Frankfurt), le club de la capitale fait maintenant office de redoutable adversaire en Europe. En 2017, le PSG accède une seconde fois en finale de WCL mais chute finalement face aux Lyonnaises. Un an plus tard, en finale de Coupe de France, les Parisiennes remportent leur premier titre face à l’OL, depuis la professionnalisation du club. 

Les parisiennes une seconde fois pour la finale de WCL en 2017 (Source : l’Équipe)

Médiatisation et rapport aux supporters parisiens 

Qui dit recrutement et bons résultats dit engouement du public. Et à Paris, l’histoire d’amour entre les joueuses et le CUP parisien, est bien présente. En 2012 déjà, les filles avaient réuni 1.350 spectateurs au stade Charléty pour la finale de WCL face à Frankfurt. Mais l’engouement autour de l’équipe de s’arrête pas là. Aidées par les bons résultats de l’équipe nationale lors de la Coupe du Monde en Allemagne (2011), et les recrutements stars, le PSG voit certains de ses matchs rediffusés à la télévision. Rapidement, les CUP parisiens sont pris d’affection pour l’équipe féminine qui prend de plus en plus de place en France et en Europe. « On s’est vraiment découvert une passion pour cette équipe. (…) très vite on a pris énormément de plaisir à les suivre et à les encourager un peu partout en France et à l’étranger. » avait déclaré un supporter au média 20 Minutes. En quart de finale de WCL face au Bayern, plusieurs centaines d’ultras sont venus encourager les Princesses du Parc depuis le virage Auteuil. Quelques semaines plus tard, en demi-finale face au FC Barcelone, pas moins de 15.000 supporters sont venus encourager les Parisiennes, du jamais vu pour un match féminin à Paris. Les ultras parisiens sont fidèles et apprécient que leur équipe soit aussi bien représentée du côté masculin que féminin. C’est certain, la QSI a permis aux joueuses, de bénéficier d’une reconnaissance médiatique, semblable à celle des grandes équipes européennes.

La communion entre le CUP parisien et les joueuses après leur qualification en finale de WCL en 2017

Le rachat du Paris-Saint-Germain par les Qataris a largement profité à la section féminine du club. Alors que peu de moyens étaient alloués aux Parisiennes, les nouveaux propriétaires ont rapidement pris la dimension du football féminin. Le PSG comme beaucoup d’équipes en Europe aujourd’hui, misent de plus en plus sur leur section féminine et participent, à la bonne médiatisation du football féminin. 

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