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Phoenix Suns : Gagnants ou perdants de la reprise NBA ?

Le soleil va briller de mille feux sur la planète NBA en Août prochain ! Cette semaine, on a appris la décision définitive de la ligue sur la reprise de la compétition. Pendant les mois d’Août et Septembre, 22 équipes vont se battre pour couronner le champion NBA de cette saison 2019/2020 si particulière. Parmi ces équipes, les Phoenix Suns participeront à la fête malgré leur retard assez important sur Memphis, actuel huitième de la conférence Ouest. Après une saison régulière sous le signe de l’espoir, les Suns sortent-ils gagnants ou perdants de cette décision ?

Une qualification en playoffs utopique ?

Pourtant, la présence des Suns à Orlando en compagnie des autres prétendants au titre NBA n’a pas été acquise facilement. D’abord, les premières rumeurs ont évoqué un retour à la compétition à 16 équipes, puis à 20, et ce n’est que dans les dernières négociations que le plan à 22 s’est imposé. Ces 8 matchs de saison régulière supplémentaires seront la conclusion d’une saison où rien ne s’est passé comme prévu dans l’Arizona. Dès le lendemain de leur victoire inaugurale face aux Kings, le ton fut donné lorsque Deandre Ayton apprit sa suspension pour 25 rencontres suite à la consommation d’un diurétique interdit par le règlement. Par la suite, les blessures et autres résultats frustrants ont condamnés les Suns à respecter la distanciation sociale dans la course aux playoffs. Qu’à cela ne tienne, la NBA a malgré tout adopté un plan où les Suns seront de la fête.

Blessé avant la suspension de la saison, Frank Kaminsky est de nouveau apte à jouer. Impatient à l’idée de retrouver les parquets, il s’est déclaré prêt ‘’à jouer sur Saturne’’ chez nos confrères d’Arizona Central. (Crédits : Brightsideofthesun.com)

Néanmoins, on peut se demander pourquoi la NBA a tant souhaité inviter les Suns. L’équipe de Monty Williams possède un retard de 6 victoires sur les Memphis Grizzlies à la huitième place de la conférence Ouest. Un retard plus important que les Spurs, Kings, Pelicans et Trail Blazers, tous à 4 victoires ou moins sur la route de Memphis. En réalité, les Suns ne tiennent peut-être leur place à Orlando que grâce aux Washington Wizards. En effet, on peut penser que la NBA ne voulait pas créer de déséquilibre en invitant des équipes hors du Top 8 dans la conférence Ouest, mais pas dans la conférence Est. Ainsi, la décision d’étendre les invitations jusqu’au Top 22 de la ligue, clôturé par Washington, a été prise. Dans cette situation, il aurait été difficile de déclarer : « Nous invitons les 22 meilleures équipes de la ligue à Orlando… Sauf les Suns (21èmes) ! Parce que c’est comme ça. »

Le classement de la conférence Ouest, avant les festivités estivales à Orlando. (Source : Bleacher Report)

Alors quelles sont les chances de voir les Suns sortir vivants de ce format ? Faibles, au moindre mot. Les Suns risquent de faire de la figuration pour remplir un calendrier et aider les autres équipes à se préparer en vue des playoffs. Seul un miracle peut sauver les Suns tant l’épopée qu’ils devront traverser s’annonce Homérique. D’abord, ils doivent remporter au minimum 7 de leurs 8 rencontres de saison régulière restantes. Même avec cet exploit en poche, leur destin n’est pas entre leurs mains. Dans ce scénario, ils dépendent également des Trail Blazers, Pelicans et Kings qui ne doivent pas remporter plus de 4 matchs. Enfin, les Suns gardent aussi un œil sur les Grizzlies qui éviteront un barrage en gagnant plus de 5 matchs. S’ils atteignent le barrage, c’est deux victoires consécutives supplémentaires qui attendent les Suns, condition sinéquanone pour une place en playoffs. L’équation est très complexe. Ce jeu pour finir dans les griffes des Lakers de LeBron James et Anthony Davis au premier tour des playoffs en vaut-il la chandelle ?

« S’ils nous disent : « Vous devrez vous battre corps et âme pour avoir une faible chance seulement de figurer en playoffs », ça n’aura pas de sens à mes yeux de revenir pour 5 ou 10 matchs, et simplement me montrer sachant qu’une autre saison est à venir. »

Kelly Oubre Jr au micro de Cameron Cox (12 Sports Arizona), le 2 Juin dernier.

Des raisons de croire à un exploit ?

De plus, les interrogations sur la santé des joueurs comme Kelly Oubre Jr (retour de blessure) ne sont pas à prendre à la légère. Même avec une remise en forme exemplaire, les athlètes vont subir les effets de la reprise après plus de 4 mois sans jouer ; Et les Suns ont peut-être plus de chances de voir l’un de leurs cadres se blesser que d’accrocher les playoffs. Est-ce une raison pour déposer les armes ? Non. Comme l’a déclaré l’artiste Georgio dans le morceau éponyme en 2016 : « L’espoir meurt en dernier ». Le calendrier des Suns, bien que chargé, n’est pas le plus difficile avec une double confrontation des Mavericks, ou encore des duels contre Indiana, Washington et Oklahoma City tout sauf impossibles à gagner. Les armadas que constituent Lakers ou Bucks sont évitées. Pour rappel, les Suns ont trop rarement été au complet cette saison. Seul Mikal Bridges n’a jamais manqué à l’appel là où des titulaires comme Ricky Rubio, Kelly Oubre Jr ou même Aron Baynes ont tous raté une dizaine de matchs.

Suspendu 25 matchs pour la consommation d’un diurétique, puis blessé à la cheville lors de son retour, Deandre Ayton a beaucoup manqué aux Suns cette saison. (Crédits : ArizonaSports.com)

8 matchs supplémentaires ne sont pas de trop pour un groupe jeune en quête de repères. L’instabilité n’a que trop guidé les choix de Monty Williams cette saison, où le coach des Suns a été contraint d’imaginer pas moins de 15 cinq majeurs différents. La qualité collective est présente et ne demande que du temps. Lors des 21 petits matchs (226 minutes) où il a pu jouer ensemble, le cinq majeur composé de Ricky Rubio, Devin Booker, Kelly Oubre Jr, Mikal Bridges et Deandre Ayton s’est élevé sur le podium de la NBA en termes de Net Rating (ratio de l’offensive et defensive rating). En se basant là-dessus, les Suns peuvent trouver une bonne raison de croire en leurs chances de qualification pour les playoffs. Compte tenu de l’aspect unique de cette saison, on peut imaginer le groupe surpasser ses limites devant le défi de grande ampleur qui l’attend. En allant à Orlando, les Suns vont profiter d’une chance que les 8 équipes recalées à l’entrée ne connaîtront pas, celle de grandir. Grandir en tant que groupe et grandir individuellement pour les plus jeunes d’entre eux.

Parmi les combinaisons de joueurs ayant joués plus de 100 minutes ensemble, le cinq majeur des Suns se classe à la troisième place du Net Rating. (Source : NBA.com)

Tous les professionnels le disent : Rien ne remplace l’intensité des matchs ; Et les entraînements qui attendent les Timberwolves, Bulls ou Pistons sont bien maigres comparés à la lutte intense qui se déroulera à DisneyLand. Lloyd Pierce (coach Atlanta Hawks) l’avouait encore volontiers la semaine dernière : « Cela va nuire à notre développement » (ESPN). Les Suns vont eux conserver une certaine dynamique et éviter la longue pause de 10 mois sans jouer (jusqu’en Décembre 2020) qui attend les huit équipes malheureuses. Enfin, la franchise de l’Arizona va connaître ce qu’il lui manque depuis une décennie : des matchs à enjeux. On ne peut pas (encore ?) parler de playoffs, mais ces 8 matchs s’annoncent haletants tant chaque résultat sera décisif pour le classement final. Devin Booker en tête, que certains décrient comme inapte à être le leader d’une équipe compétitive, a l’occasion de prouver sa valeur et contredire ses détracteurs. Le nouvel All-Star a une chance de se muer en guide d’un groupe à la conquête des playoffs, ce que les Suns n’ont plus connu depuis 10 ans.

En se rendant à Orlando, les Suns n’ont presque rien à perdre. Leurs chances de qualification pour les playoffs, aussi infimes soient-elles, existent. Ce groupe jeune obtient la chance de se développer au moins jusqu’à la mi-Août, avant une intersaison acceptable que les plus grandes écuries n’obtiendront pas. C’est une occasion unique de se construire que Phoenix doit saisir, à l’image de sa Talking Stick Resort Arena qui a profité de cette trêve prématurée pour lancer sa refonte plus tôt que prévu.

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