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NHL – Jonathan Toews, un leader à part entière

Peu de joueurs peuvent se vanter d’avoir autant marqué une décennie. Jonathan Toews fait partie de cette classe unique. Lorsqu’il est sélectionné par Chicago, il est promis à un grand avenir grâce à ses performances dans la ligue universitaire américaine . Dès ses débuts, il s’impose comme le futur leader de la franchise de l’Illinois en quête de la Stanley Cup depuis 1961. L’entraîneur de l’époque, Joel Quenneville, décide même de le nommer capitaine au début de la saison 2008. Sous son capitanat, il mène les Blackhawks à trois Stanley Cup, bien aidé par Patrick Kane, l’autre star offensive de cette franchise. A côté de sa carrière en NHL, il est sélectionné à plusieurs reprises par l’équipe du Canada lors des grandes compétitions internationales. A l’instar de son parcours en club, il remporte tout avec le Canada faisant partie de la génération dorée menée par Sidney Crosby. Ainsi il devient, après sa première Stanley Cup remportée en 2010, le plus jeune joueur à devenir membre du Triple Gold Club à l’âge de 22 ans. Une décennie couronnée de succès dans l’une des franchises les plus populaires des Etats, faisant de Jonathan Toews l’un des meilleurs joueurs de l’histoire. 

Un canadien dans le Dakota

A la différence de nombreux joueurs canadiens, Jonathan Toews décide de jouer en ligue universitaire américaine. Il joue alors pour l’université du Dakota du Nord où il a pour coéquipier TJ Oshie. Ses performances sont satisfaisantes dès sa première saison où il inscrit 39 points en 42 matchs menant son équipe au ‘Frozen Four’, l’équivalent des demi-finales en ligue universitaire. A la fin de la saison, il participe aux Championnats du monde juniors de 2006 avec le Canada en compagnie de certaines futures stars de la ligue que sont Kristopher Letang, Carey Price ou encore Marc Staal. Avec eux, il parvient à remporter son premier titre international, finissant la compétition avec 2 points inscrits. Après cette première saison universitaire, il se présente aux repêchages de 2006 de la NHL. Toutes les projections des repêchages le placent parmi les premières places. Finalement, ce sont les Blackhawks qui le sélectionnent en troisième position. Pourtant, Jonathan Toews prend la décision de continuer sa progression dans la ligue universitaire en prolongeant d’une saison supplémentaire. Une décision pleine de maturité pour ce jeune joueur qui préfère prendre son temps plutôt que de se lancer trop tôt dans la grande ligue.

Source : The Chicago Sun-Time

Pour sa seconde année à l’université, il poursuit sa progression en inscrivant 46 points en 34 matchs menant une nouvelle fois son équipe en demi-finale. Encore une fois, il fait partie de l’équipe victorieuse du Canada lors des Championnats du monde juniors de 2007. Il finit la compétition avec 7 points inscrits. La même année, Il rejoint l’équipe senior championne du monde. A la suite de ses deux saisons dans la ligue universitaire américaine, Jonathan Toews signe son premier contrat avec les Blackhawks le 16 mai 2007.

Lorsqu’il arrive à Chicago, les Blackhawks restent sur une seule qualification pour les séries lors des neuf dernières saisons. Il arrive alors avec la lourde tâche de faire revivre cette franchise historique que sont les Blackhawks. Pour ses débuts, Jonathan Toews fait parler son expérience universitaire. Il parvient ainsi à inscrire 54 points en 64 matchs, lui permettant de faire partie des trois finalistes au trophée Calder, remporté par son coéquipier Patrick Kane. Des statistiques qui sont satisfaisantes pour un joueur faisant ses débuts dans la grande ligue. Néanmoins il reste plus discret que les deux autres stars de sa génération que sont Sidney Crosby et Ovechkin qui dominent la ligue depuis leur arrivée. Sur le plan collectif, malgré la belle saison de ses deux jeunes stars, les Blackhawks ne parviennent pas à accéder aux séries pour la cinquième saison consécutive. 

Source : NBC

Pour mettre fin à cette longue série, la direction de la franchise décide de placer sur le banc Joel Quenneville, l’ancien entraîneur de l’Avalanche du Colorado. Avec lui, les BlackHawks comptent retrouver les sommets de la ligue. Au début de la saison 2008/2009, il fait de Jonathan Toews le capitaine de cette franchise à seulement 20 ans. Le jeune Canadien ne le sait pas encore, mais cette saison marque le début d’aventure de l’une des plus grandes équipes de tous les temps.

Un capitanat couronné de succès

Pour sa première saison en tant que capitaine, la franchise retrouve les séries. Il réalise alors sa première saison complète avec 69 points inscrits dont 34 buts. Pour sa première expérience lors des séries, il impressionne avec 13 points inscrits parvenant à guider la franchise jusqu’en Finales de la Conférence Ouest. Il inscrit d’ailleurs un tour du chapeau lors du cinquième match contre les Canucks en demi-finale. Malheureusement pour lui et les Blackhawks, les séries s’arrêtent en finale de la Conférence Ouest contre les Red Wings de Détroit, les derniers vainqueurs de la Stanley Cup. Lors de cette saison, il se fait remarquer par son leadership sur la glace et dans les vestiaires malgré son jeune âge. Il est bien secondé par le jeune marqueur Patrick Kane et par les défenseurs d’expérience que sont Duncan Keith et Brent Seabrook

Lors de la saison 2009/2010, Jonathan Toews continue sur sa lancée avec 68 points inscrits et qualifie les Blackhawks pour les séries pour la seconde année consécutive. En tant que capitaine il mène sa franchise durant les séries avec 29 points inscrits dont 7 buts, lui permettant de remporter le trophée Conn Smythe, récompensant le meilleur joueur des séries. Toews mène la franchise d’une main de maître pour lui faire retrouver la Stanley Cup qu’elle attendait depuis sa dernière victoire lors de la saison 1960/1961. D’un point de vue personnel, il ponctue avec la Stanley Cup une saison formidable à laquelle il faut ajouter une médaille d’or olympique remporté lors des Jeux Olympiques de Vancouver. Ces deux succès lui permettent de rejoindre le club très fermé du Triple Gold Club, réunissant les joueurs ayant remporté la Stanley Cup, l’or olympique et les championnats du monde. Il devient d’ailleurs le plus jeune joueur à intégrer ce club composé de seulement 30 membres.

BRUCE BENNETT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Durant l’exercice suivant, il réalise l’une de ses meilleurs saisons sur le plan personnel avec 76 points inscrits. Il se fait particulièrement remarquer par son travail défensif lui permettant d’être nommé parmi les finalistes au trophée Franck J. Selke, récompensant l’attaquant ayant démontré le plus de compétence défensive. Jonathan Toews montre qu’il est un joueur capable d’être fort que ce soit sur le plan offensif mais aussi sur le plan défensif. Pour ce qui est de l’aspect collectif, les Blackhawks ont eu plus de mal, en se qualifiant lors du dernier match pour les séries. Ils échouent alors dès le premier tour contre les Canucks en sept matchs. 

Lors de la saison 2011/2012, il se blesse à la suite d’un accident de voiture au cours duquel il contracte une blessure au haut du corps. Il ne dispute alors que 59 matchs. Pourtant les Blackhawks se qualifient une nouvelle fois pour les séries mais ils sont éliminés dès le premier tour par les Coyotes de Ray Whitney. Durant cette période, la franchise est en difficulté, ne parvenant plus à dépasser le premier tour des séries. Contre toutes attentes, les Blackhawks retrouvent le Stanley Cup lors de la saison 2012/2013, particulièrement raccourcie en raison de l’absence d’accord entre la ligue et l’association des joueurs de la ligue menant à un lock-out. Encore une fois Jonathan Toews est décisif avec 48 points inscrits en saison régulière dont 23 buts. Il remporte cette même année, le trophée Franck J. Selke. Durant les séries, il inscrit 14 points permettant à lui et son équipe de gagner une deuxième Stanley Cup en quatre saisons grâce à une victoire contre les Bruins en finale en six matchs. 

Après deux saisons compliquées, il a su remobiliser ses coéquipiers pour les guider vers une nouvelle Stanley Cup. A seulement 25 ans, il possède un palmarès impressionnant avec plusieurs titres nationaux et internationaux. Mais le capitaine des Blackhawks ne s’arrête pas là et gagne de nouveau une médaille olympique avec le Canada lors des Jeux Olympiques de Sotchi en 2014 et une troisième Stanley Cup, seulement deux ans après la dernière. Il termine sa compagne des séries avec 21 points dont 10 buts, faisant de lui le deuxième meilleur marqueur pour Chicago durant ces séries. Sur le plan personnel, il remporte le trophée Mark Messier, attribué au joueur ayant montré le plus grand leadership au cours de la saison régulière. Avec trois Stanley Cup remportées alors qu’il était le capitaine, il entre dans le club très restreint des capitaines ayant remporté au moins trois Stanley Cup dont Sidney Crosby ou encore Jean Béliveau font partie. 

Source : Sportsnet

Après cette victoire, Jonathan Toews poursuit sa régularité sans réaliser des statistiques offensives affolantes, mais conserve son précieux impact sur le plan défensif. Ses performances ne suffisent pas, les Blackhawks échouent par deux fois au premier tour des séries. Durant ces saisons, seuls Patrick Kane et Jonathan Toews sortent la tête de l’eau. La franchise est alors vieillissante, sonnant la fin du cycle commencé lors de l’arrivée de Quenneville. La baisse de résultats signe la fin de cette génération dorée du côté de Chicago. La franchise échoue à se qualifier pour les séries lors de la saison 2017/2018, mettant fin à une série de 7 qualifications consécutives en séries. L’année suivante, la direction choisit de limoger Joel Quenneville après seulement 15 matchs mettant fin au cycle qu’il avait commencé à son arrivée. Pour ce qui est de Jonathan Toews, il réalise la meilleure saison de sa carrière avec 81 points inscrits en 82 matchs dont 35 buts. Il dépasse pour la première fois de sa carrière les 80 points. Pourtant les Blackhawks ne parviennent pas à se qualifier pour les séries. Ces trois dernières saisons compliquées sur le plan collectif, ne doivent pas faire oublier l’incroyable décennie des Blackhawks, vainqueur de trois Stanley Cup. Au cours de ces victoires, Jonathan Toews a eu un rôle considérable par son leadership sur la glace et dans le vestiaire. 

Le leader psychologique des Blackhawks

Certains joueurs mènent leur équipe vers les sommets grâce à leurs performances statistiques impressionnantes d’autres le font par leur leadership. Jonathan Toews fait partie de cette seconde catégorie. Certes il réalise de très bonnes performances avec une cinquantaine de points inscrits en moyenne par saison. Néanmoins, l’objectif de Jonathan Toews n’est pas forcément d’affoler les compteurs statistiques mais de permettre à sa franchise de se mettre dans les meilleures dispositions pour l’emporter à chaque match. 

Il accepte de se sacrifier pour récupérer le palet par ses nombreuses mises en échec. Par ailleurs, il n’hésite à faire les retours défensifs nécessaires pour soulager sa défense. Enfin, il se montre agressif pour casser les passes des attaquants adverses, menant à des échappées fructueuses. Ses performances défensives sont largement reconnues au sein de la ligue, le joueur ayant été nominé à plusieurs reprises pour le trophée Franck J. Selke, récompensant l’attaquant ayant démontré le plus de compétence défensive. Il finit même par remporter ce trophée lors de la saison 2012/2013. 

Au-delà de ses performances défensives, Jonathan Toews montre toujours le chemin de la victoire à sa franchise lors des rencontres à forts enjeux. Ainsi à l’arrivée du printemps, synonyme de début des séries, Jonathan Toews passe la vitesse supérieure. Pour sa première compagne victorieuse, il termine meilleur marqueur avec 29 points inscrits, constituant la quatrième meilleure performance durant les séries depuis la saison 2009/2010. Lors des matchs à haute tension, il fait gagner son équipe comme lors du match 5 contre les rivaux de Saint-Louis au premier tour des séries 2014 où il inscrit le but vainqueur en prolongation. Il a été aussi important dans la quête de la troisième Stanley Cup lors lors des séries de la saison 2014/2015 au cours desquelles il a eu un rôle prédominant. Lors de la demi-finale contre les Ducks d’Anaheim, il a inscrit cinq buts lors des quatre derniers matchs de la série dont un but lors du match 7. Sur ses quatre matchs, les Blackhawks en ont remporté trois. Il montre qu’il est capable de se mettre en avant sur le plan offensif dès que son équipe en a besoin, laissant le reste du temps son coéquipier Patrick Kane mener l’attaque de la franchise. Contrairement aux capitaines que sont Crosby et Ovechkin, Jonathan Toews réalise des performances moins impressionnantes mais il joue un rôle tout aussi important que les deux joueurs précédemment cités. 

Source : AP Photo/Jae C. Hong

Ainsi, son leadership a été la clef des nombreux succès de la franchise durant la dernière décennie. Cette capacité à mener ses troupes est salué par l’ensemble de ses coéquipiers y compris son entraîneur qui a déclaré après la victoire contre les Ducks que « Jonathan Toews est une personne extraordinaire, un joueur de hockey extraordinaire. Lorsque la scène est grande, il semble exceller. Il montre qu’il est un bon leader dans n’importe quel sport« . Son rôle de leader ne se cantonne pas seulement à la glace mais aussi en dehors de celle-ci. Il est celui qui prend la parole dans le vestiaire pour motiver ses troupes. Son coéquipier sur sa ligne, Brandon Saad, déclare à propos de Jonathan Toews à la suite de leur victoire en demi-finale contre les Ducks « qu’il est leur leader sur et en dehors de la glace. Il leur permet de se mettre en confiance après avoir inscrit ses buts« . Son leadership a été récompensé avec le trophée Mark Messier lors de la saison 2014/2015. Cette capacité à mener sa franchise est d’autant plus remarquable que Jonathan Toews évolue dans l’une des franchises les plus médiatisées. Il est donc sous le feu des projecteurs des médias mais cela ne semble pas l’effrayé. 

Avant l’interruption de la saison 2019/2020 en raison de la crise sanitaire, les Blackhawks ne faisaient pas partie des équipes qualifiées pour les séries. Avec la forte concurrence au sein de la Conférence Ouest, il était d’ailleurs difficile de les voir jouer ces séries. Mais avec le nouveau format proposé par la ligue aux franchises, les Blackhawks font partie des équipes sélectionnées pour intégrer les barrages. Ils seront opposés aux Oilers du duo McDavid/Draisaitl. Face à ces deux joueurs redoutables, Toews risque d’élever son niveau de jeu pour mener sa franchise durant cette série. Son expérience sera un atout important pour les Blackhawks s’ils parviennent à arriver dans de bonnes conditions physiques. Avec des circonstances particulières, Jonathan Toews et les Blackhawks pourraient créer la surprise et ainsi remporter une quatrième Stanley Cup. Il sera dans tous les cas le joueur à suivre de la franchise durant les séries. 

Jonathan Toews a marqué la dernière décennie avec trois Stanley Cup remportées et plusieurs  compétitions internationales conquises avec l’équipe du Canada. Mais les suiveurs de la ligue retiennent surtout de lui son leadership au sein de la franchise de Chicago. Il n’hésite pas à se sacrifier sur le plan individuel pour le bien de son équipe, faisant les efforts défensifs pour soulager ses défenseurs. Toutes ces performances lui ont permis d’être nommé parmi les 100 meilleurs joueurs de l’histoire de la ligue pour les 100 ans de cette dernière. Une juste récompense pour l’un des meilleurs capitaines de l’histoire de la ligue. 

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