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Carey Price, l’éternelle insatisfaction

Le rôle de gardien n’a cessé d’évoluer depuis le début de la NHL. Les gardiens restent en retrait des joueurs offensifs aux yeux des médias. Il est rare d’ailleurs qu’un gardien soit la tête d’affiche de son équipe malgré l’importance qu’il peut avoir dans une saison. Pourtant Carey Price fait partie de ces rares gardiens à être le visage d’une franchise. Depuis son arrivée dans la ligue, il est probablement le meilleur gardien de celle-ci malgré les débats autour de son niveau depuis quelques saisons. Son rôle primordial au sein des Canadiens de Montréal depuis son arrivée en 2005, fait de lui l’un des joueurs les plus médiatisés de la ligue. Il a remporté de nombreuses récompenses individuelles mais sur le plan collectif il n’a pas eu autant de réussite avec comme meilleur résultat une finale de conférence. Ses performances lors des series sont vivement critiquées entrainant de nombreuses interrogations sur sa capacité à mener la franchise au sommet de la ligue. 

Les prémices d’une superstar 

Avant d’entamer sa carrière dans la NHL, Carey Price a commencé à jouer pour l’équipe de William Lake, une cité située dans la province de Colombie-Britannique. Il décide avant la fin de la  saison de rejoindre la ligue de hockey de l’ouest en 2003. Il évolue alors au sein des Americans de Tri-City. Ses débuts sont timides, évoluant au rôle de doublure derrière Tyler Weiman. Il ne dispute alors que 29 matchs pour ses deux premières saisons. Pourtant il se fait remarquer avec des statistiques intéressantes.

Lors de la saison 2003/2004, il finit avec un pourcentage d’arrêts de 91,5%. Ses bonnes performances durant la saison régulière, lui permettent de prendre la place de titulaire à Weiman durant les séries. Ils s’arrêtent en demi-finale de conférence mais la carrière de Carey Price est définitivement lancé. Il prend la place de titulaire la saison suivante. Il joue 63 matchs et termine la saison avec un pourcentage d’arrêt de 92%. Son équipe se qualifie une nouvelle fois pour les séries mais échoue lors des quarts de finale de conférence. Carey se montre pourtant à la hauteur de l’événement avec un pourcentage d’arrêt de 93,7% en cinq matchs. Ses prestations lui permettent de faire partie de l’équipe du Canada pour les Championnats du Monde des moins de 18 ans. Au cours de cette compétition, il est accompagné de certaines futures stars de la ligue comme Kris Letang ou encore James Neal. Carey Price est désigné gardien numéro un pour ce tournoi. Après un bon début de compétition, son équipe parvient à se hisser en finale du championnat face à leurs rivaux américains emmenés par un Phil Kessel déjà impressionnant. Carey Price et ses coéquipiers s’inclinent lourdement cinq buts à un dans cette finale. 

A la suite de cette campagne internationale, il décide de se présenter au repêchage de la ligue en 2005. Il fait alors partie des jeunes gardiens les plus prometteurs à se présenter. Les spéculations des différents sites outre-atlantique le classent parmi les 20 premiers joueurs au repêchage. Il est finalement sélectionné par les Canadiens de Montréal à la cinquième position à la surprise générale. La franchise compte alors dans ses rangs José Théodore, ancien vainqueur du trophée Hart et Vézina lors de la saison 2001/2002. Les Canadiens font donc un pari sur l’avenir en choisissant Price aussi haut dans le classement. Le principal intéressé est d’ailleurs surpris par cette sélection.

Des commentateurs surpris du choix de la franchise de Montréal

Lors de la saison 2005/2006, Carey Price poursuit sa jeune carrière chez les Americans de Tri-City pour prendre en expérience avant de rejoindre la grande ligue. Il réalise une très bonne saison avec un pourcentage d’arrêts au-dessus des 90%, permettant à son équipe de se qualifier pour les séries. Malheureusement pour lui, son équipe échoue une nouvelle fois en quart de finale de conférence. Lors de sa dernière saison au sein de la ligue de hockey de l’Ouest, Carey Price se montre de plus en plus en confiance. Il est alors élu meilleur gardien de la ligue canadienne de hockey. Sur le plan collectif, il ne fait pas mieux que les saisons précédentes avec comme meilleur résultat un quart de finale de Conférence.

En avril 2007, il signe avec les Canadiens un contrat de trois ans. Il est directement envoyé chez les Bulldogs, franchise évoluant en ligue américaine. Au moment de son arrivée, son entraîneur Don Lever n’était pas vraiment enchanté d’après les propos rapportés par Harry Neale l’analyste de ‘Hockey Night in Canada’. Pourtant Price réalise de très bons matchs et obtient la confiance de son entraîneur qui le titularise pour les series éliminatoires. Il dispute 22 matchs et termine avec un pourcentage d’arrêts de 93,6%. Il permet alors à l’équipe de rempoter sa première coupe Calder, attribuée à l’équipe vainqueur de la ligue américaine. Carey Price est élu meilleur joueur des séries éliminatoires en remportant le trophée Jack‑A.‑Butterfield. Il devient le plus jeune joueur de l’histoire a remporté ce trophée. Après une arrivée remise en question par son entraîneur, Carey Price a su montrer tout l’étendue de son talent. Il se présente désormais aux portes des Canadiens de Montréal pour devenir le gardien titulaire de cette franchise mythique. 

Un parcours délicat en séries éliminatoires  

Avant de rejoindre définitivement la grande ligue, Carey Price a déjà remporté un trophée avec les Bulldogs. Au niveau international il s’est fait remarquer au cours des Championnats du Monde de -20 ans avec l’équipe du Canada. Il termine la compétition avec six victoires en autant de matchs pour un pourcentage d’arrêts de 96,1%. Il se fait particulièrement remarquer à l’occasion de la demi-finale contre le rival américain. Lors des tirs de barrage, il arrête les tirs de Patrick Kane, par deux fois, et de Peter Mueller permettant au Canada de l’emporter. ‘Team Canada’ remporte le tournoi en finale contre la Russie. Carey Price est élu meilleur gardien et meilleur joueur du tournoi.

Un Carey Price déjà préparé pour affronter ses futurs adversaires dans la ligue.

Il arrive à Montréal grandi de ces deux campagnes glorieuses. Lors de son arrivée, les Canadiens sortent d’une saison décevante au cours de laquelle ils ont échoué à se qualifier pour les séries en terminant dixième de la conférence Est, à seulement deux points des Islanders, derniers qualifiés. A son arrivée, il est mis en concurrence avec Cristobal Huet pour le poste de gardien numéro 1. Il signe sa première victoire contre les Penguins le 10 octobre 2007. Malgré un bon début dans la ligue, il est renvoyé en AHL chez les Bulldogs et Cristobal Huet récupère le poste de gardien numéro 1. Ce retour chez les Bulldogs lui permet de s’améliorer sur sa technique et de reprendre confiance en lui après quelques matchs difficiles dans la ligue et douze buts concédés lors de ses trois derniers matchs. Après moins d’un mois, il est rappelé par les Canadiens dans l’effectif malgré les bonnes performances de Cristobal Huet qui signe huit victoires sur les onze matchs de l’équipe durant cette période. Depuis son retour, Price enchaîne les bonnes performances. Il signe alors son premier blanchissage contre les Flyers le 16 février 2008. A la suite de ces bonnes performances, la direction de Montréal prend la décision d’échanger Cristobal Huet aux Capitals en échange d’un deuxième tour pour les repêchages de 2009. Avec ce départ, la direction envoie un message à Carey Price en lui montrant la confiance qu’ils ont en lui pour le futur de la franchise. Depuis son retour dans l’équipe principale, les Canadiens remportent 16 matchs sur les 22 disputés. La franchise termine alors première de la conférence Est pour la première fois depuis l’instauration des conférences lors de la saison 1993/1994.

Carey Price dispute alors ses premières series éliminatoires contre les Bruins. Il réalise quatre premiers matchs de bon niveau avec seulement cinq buts encaissés, réalisant par la même occasion son premier blanchissage en série lors du quatrième match. Les Canadiens remportent trois de ces matchs mais furent plus en difficultés lors des matchs quatre et cinq au cours desquelles Price encaisse cinq buts. Il doit alors jouer son premier match sept à Montréal. Malgré la pression autour de ce match, Price n’encaisse aucun but et réalise alors son deuxième blanchissage en série. Une performance admirable qu’il convient de saluer tant la pression est importante lors de ces matchs à double tranchant. Malheureusement pour lui les séries s’arrêtent lors des demi-finales de conférence contre les Flyers en cinq matchs. Price aura été en difficulté lors de cette série. Il est sortie par son entraîneur au cours du troisième match après le deuxième tiers. Il manque également le quatrième match de cette série. Malgré cette série décevante, la première saison de Price en NHL est saluée par les suiveurs de la ligue. Il termine alors quatrième des votes pour le Calder et neuvième pour le Vézina. Les Canadiens ont alors peut-être trouvé leur gardien titulaire pour les prochaines saisons.

LA PRESSE CANADIENNE / PAUL CHIASSON

Les Canadiens décident logiquement d’installer Price comme gardien numéro 1 lors de la saison 2008/2009, célébrant le centième anniversaire des Canadiens de Montréal. Carey Price et ses coéquipiers ont donc pour mission de représenter de la meilleure des manières Montréal durant cette année anniversaire. Il réalise une nouvelle saison intéressante avec un pourcentage d’arrêts de 90,5% en 52 matchs joués, lui permettant d’être élu pour participer au match des étoiles à Montréal. Sur le plan collectif, la franchise accroche la dernière place qualificative pour les séries éliminatoires. Lors du premier tour, ils affrontent les Bruins. Carey Price est désigné titulaire durant cette série mais ils terminent avec quatre défaites en autant de matchs avec quinze buts encaissés.

A la suite de cette déception, les Canadiens font le choix de partager les cages entre leurs deux jeunes gardiens que sont Carey Price et Jaroslav Halak lors de la saison 2009/2010. « Pricey » réalise alors de très bonnes performances en saison régulière mais Jacques Martin, l’entraîneur des Canadiens, décide de titulariser Jaroslav Halak lors des séries éliminatoires. Carey Price n’est titularisé qu’une fois contre les Capitals, un match au cours duquel il encaisse quatre buts. Il participe à trois autres rencontres lors des séries pour remplacer Halak en cours de certains matchs. Cette année-là, les Canadiens accèdent à la finale de la Conférence Est où ils s’inclinent contre les Flyers. C’est la première fois qu’ils accèdent à ce stade de la compétition depuis leur dernière victoire lors de la saison 1992/1993. Des séries remarquables durant lesquelles Price est resté principalement spectateur. En fin de saison, se pose alors la question du gardien numéro 1 au sein de la franchise, les deux étant alors en fin de contrat. La direction de la franchise décide alors de conserver Price en le prolongeant de deux saisons pour 5,5 millions de dollars et d’échanger Halak aux Blues de Saint-Louis. Un échange qui fait parler après les bonnes performances de Halak durant les séries éliminatoires. Cet échange est même critiqué par Justin Trudeau, le futur Premier ministre du Canada. La pression est donc sur Carey Price qui doit montrer les raisons qui ont motivé le choix de sa direction. 

Source : Agence Reuters

Lors de la saison 2010/2011, Price réalise une très bonne saison régulière avec 38 victoires et 8 blanchissages. Il bat ses records statistiques avec un pourcentage d’arrêts de 92,3% et avec 2,35 buts encaissés en moyenne. Des performances remarquables qui permettent aux Canadiens de se qualifier une nouvelle fois pour les séries. D’un point de vue personnel, Price termine septième au classement des votes pour le trophée Hart et cinquième pour le Vezina. « Jesus Price » semble infranchissable cette saison. Mais une nouvelle fois, les Canadiens échouent dès le premier tour des séries contre les Bruins en sept matchs malgré deux belles victoires lors des deux premiers matchs à Boston au cours desquelles il encaisse seulement un but. La saison suivante, il réalise de bonnes prestations mais cela ne suffit pas à qualifier sa franchise pour les séries éliminatoires. C’est la première fois que Price échoue à mener sa franchise au tournoi printanier. Malgré cette désillusion, les Canadiens sont satisfaits des performances de Price. Il décide de lui offrir un nouveau contrat de 6 ans et 39 millions de dollars. Il s’inscrit un peu plus dans la durée avec les Canadiens de Montréal. 

Lors de la saison 2012/2013, il permet à son équipe de retrouver les séries au cours d’une saison tronquée par l’absence d’accord entre la ligue et l’association des joueurs. Pour la deuxième fois consécutive, les Canadiens échouent au premier tour contre les Sénateurs en cinq matchs. Price est une nouvelle fois en difficulté lors de cette série avec 13 buts encaissés en 4 matchs, manquant alors le dernier match en raison d’une blessure à l’aine. La saison suivante, il améliore une nouvelle fois ses records personnels, permettant à son équipe de voir une nouvelle fois les séries éliminatoires. Price est attendu au tournant durant ces séries. Il répond présent pour mener sa franchise en Finale de la conférence Est après des victoires contre le Lightning en quatre matchs et les Bruins en sept matchs. Price est l’un des artisans de cette magnifique campagne avec deux immenses performances lors des matchs six et sept contre les Bruins. Alors que les Canadiens sont menés trois victoires à deux, ils accueillent, à Montréal, les Bruins pour tenter de garder une chance de se qualifier pour la finale de la conférence Est. C’est le moment choisi par Price pour réaliser un nouveau blanchissage en série. Il permet alors à Montréal d’entrevoir une possible qualification lors d’un ultime match à Boston. Encore une fois, il réalise une grosse performance avec un but encaissé et un pourcentage d’arrêts de 96,7% permettant à la franchise de se qualifier pour la finale. Malheureusement pour lui et les fans de la franchise, Price se blesse au bas du corps lors de la seconde période du premier match contre les Rangers à la suite d’un choc avec Chris Kreider mettant fin à sa saison. Les Canadiens perdent en six matchs, échouant une nouvelle fois à atteindre la finale. La saison de Price reste malgré tout réussie après sa victoire avec le Canada lors des Jeux Olympiques de Sotchi en 2014, où il est élu meilleur gardien de la compétition, et son beau parcours durant les séries même si sa blessure laisse un goût amer pour lui et les fans des Canadiens. 

Ryan Remiorz/CP, via Associated Press

Pourtant Carey Price ne se démoralise pas lors de la saison 2014/2015. Il réalise alors une saison historique au sein de la ligue, terminant la saison avec des statistiques impressionnantes. Tout d’abord il finit la saison avec 44 victoires en 66 matchs joués, dépassant les anciens records de Jacques Plante et Ken Dryden au sein de la franchise canadienne. Par ailleurs il bat ses propres records personnels avec un pourcentage d’arrêts de 93,3% et seulement 1,96 but encaissé en moyenne. Enfin, il bat son record de blanchissage sur une saison avec 9 matchs sans encaisser de buts. Son excellente régulière permet aux Canadiens de terminer premier de la division Atlantique. Il est récompensé par de nombreux trophées individuels à l’issu de cette saison historique. Il remporte tout d’abord avec Corey Crawford, le Trophée William M. Jennings, récompensant le gardien ayant accordé le moins de buts. Il remporte également le trophée Hart et le trophée Vézina devenant le troisième gardien à réaliser ce doublé. Il ajoute à toutes ces récompenses, le trophée Ted-Lindsay faisant de lui le second joueur après Guy Lafleur, lors de la saison 1976/1977, a remporté quatre récompenses individuelles. Son incroyable saison dépasse la ligue de hockey puisqu’il se voit décerner le trophée Lou‑Marsh, récompensant le meilleur ou la meilleure athlète au Canada et le prix Lionel‑Conacher, attribué par la Presse canadienne au meilleur athlète canadien masculin. Pour revenir aux Canadiens, Price réalise des séries convaincantes même s’ils flanchent à certaines reprises encaissant parfois jusqu’à six buts lors d’un seul match comme lors du match 2 contre le Lightning en demi-finale de conférence. Le parcours des Canadiens s’arrête en demi-finale mais cette saison restera marquée dans l’histoire de la franchise grâce à un Carey Price exceptionnel.

John Locher/AP

Avec une saison comme celle-ci, les fans pensent que les Canadiens sont enfin sur la bonne voie pour retrouver la Stanley Cup mais les saisons suivantes sont plus délicates pour lui et les Canadiens. 

Un joueur sous le feu des critiques 

Depuis sa saison historique, Carey Price est moins impressionnant, son cas étant sujet à de plus en plus de discussions. Ses prestations sont plus délicates lorsque les Canadiens jouent. Il a tout d’abord connu une blessure au genou contracté lors d’un match contre les Rangers le 25 novembre entraînant son absence pour le reste de la saison 2015/2016.

Cette blessure ne l’empêche pas de disputer la saison 2016/2017. Il la commence d’ailleurs de la meilleure des manières en remportant ses dix premiers matchs de la saison, une première dans l’histoire de la ligue. Cette saison-là, il devient le premier gardien à être nommé capitaine lors du match des étoiles. A la suite de cette saison, il signe un nouveau contrat de 8 ans et 84 millions de dollars faisant de lui le gardien le mieux payé de la ligue. Ce nouveau contrat met alors une grosse pression sur lui et peut interroger. Une franchise doit elle engager autant d’argent sur un gardien même si c’est le meilleur de la ligue alors qu’elle est en difficulté dans d’autres secteurs du jeu ? La direction des Canadiens a fait son choix mais depuis cette prolongation, la franchise de Montréal ne connait  plus les séries éliminatoires remettant en cause le projet commencé autour de Carey Price. Le joueur originaire de Anahim Lake connait lui aussi une période plus délicate depuis cette prolongation de contrat à cause de nombreuses blessures.

Sa saison 2017/2018 est entachée en partie d’une blessure au bas du corps qui serait une récidive de sa blessure subite en 2015. La même année, il subit une commotion cérébrale contre les Flyers, le privant pendant un mois de compétition. Il faut ajouter à ses nombreuses blessures, des statistiques en baisse, faisant de cette saison la pire de sa carrière. Il termine avec un pourcentage d’arrêts de 90%, son taux le plus faible en carrière et 3,11 buts encaissés en moyenne. Ces mauvaises statistiques entraînent une remise en question du projet dont il est le coeur. Carey Price est-il en train de payer ses nouvelles blessures ? Peut-il retrouver le niveau qui était le sien lors de la saison 2014/2015 ? Tant de questions dont Carey Price devait répondre sur la glace lors de la saison suivante. 

Cette saison 2018/2019 est meilleur pour lui d’un point de vue personnel avec des statistiques auquel il nous a habitué. Le 27 octobre 2018, à la suite d’un blanchissage contre les Bruins, il remporte sa 290ème victoire chez les Canadiens, dépassant Patrick Roy. Il reste désormais que Jacques Plantes devant lui dans ce classement. Carey Price finit par le dépasser le 12 mars 2019 avec sa 315ème victoire sous l’uniforme des Canadiens. Avec cette victoire, il entre un peu plus dans la légende de la franchise. 

Mais d’un point de vue collectif, les Canadiens échouent pour la seconde année consécutive à se qualifier pour les séries, une première depuis la saison 1999/2000. Ce nouvel échec entraîne des critiques à l’égard de Marc Bergevin, le directeur général de la franchise dont les choix sont critiqués, et de Claude Julien l’entraîneur de Montréal. Malgré un début de saison 2019/2020 convaincant de la part de Carey Price, les résultats ne se sont pas améliorés pour les Canadiens. A la fin de la saison, le futur de Price semble en suspend du côté de Montréal. La principale raison est son salaire élevé, bloquant la franchise de Montréal pour entreprendre des mouvements afin d’entamer un nouveau projet. De son côté, le joueur possède une clause de non-échanges et n’acceptera pas un échange dans une franchise ne jouant pas la Stanley Cup. Le choix est alors restreint pour les deux parties. 

LA PRESSE CANADIENNE / GRAHAM HUGHES

Aujourd’hui, le principal reproche fait à Carey Price est son manque de résultats au cours des séries éliminatoires. Avec lui comme gardien titulaire, les Canadiens n’ont dépassé le premier tour des séries qu’à trois reprises. Sur ces trois campagnes, ils n’ont atteint qu’une seule fois la finale de la conférence Est. On peut alors comprendre légitiment les critiques à son égard. Alors qu’il réalise de bonnes performances durant la saison régulière, il semble plus en retrait durant les séries éliminatoires, les défaites lui étant imputés la plupart du temps. Pourtant, il n’est pas le seul responsable des difficultés de son équipe. Sur le plan offensif, Price ne peut pas faire plus pour aider ses attaquants en difficultés tandis que sur sur le plan défensif, il sauve à de nombreuses reprises les erreurs de ses coéquipiers. Il n’a pas toujours été aidé par sa défense. Même si certains bons défenseurs sont passés par cette équipe comme Mike Komisarek ou Andreï Markov. Le défenseur russe a évolué 16 ans avec Carey Price, recevant de nombreux votes pour le Norris sans jamais l’emporter. Price a aussi évolué au côté de P.K. Subban, vainqueur du trophée Norris lors de la saison 2012/2013. De bons défenseurs restés trop peu de temps avec Price pour l’aider dans sa mission. Des individualités qui ont entretenu le mirage autour de la défense collective du CH. Depuis trop longtemps déjà il est quasiment impossible de citer un duo de défenseurs performant, encore moins des joueurs de seconde ou troisième rotation… Le Canadien manque de profondeur en défense, et ça ne date pas d’aujourd’hui. Dans une ligue qui compte de nombreux talents en attaque, difficile pour un gardien, même le plus talentueux, de réussir à les empêcher de marquer. Pour nuancer l’incapacité de Price à mener sa franchise vers la finale, il ne faut pas oublier qu’il répond toujours présent lorsque son équipe est face à l’élimination, élevant son niveau de jeu pour éviter la défaite de son équipe.

Sportsnet

Les résultats de Price avec les Canadiens remettent en cause son classement parmi les meilleurs gardiens de la ligue aux yeux de certains partisans et suiveurs. Ainsi l’ancien gardien de but des Bruins, Gerry Cheevers a critiqué le joueur en déclarant Je ne suis pas un fan de Price, il n’a rien gagné. Il a perdu certains matchs qu’il ne devrait pas perdre’. Il a d’ailleurs déclaré lors de la même entrevue, préférer Tuukka Rask à Carey Price. Cette déclaration est à mettre dans son contexte lorsque l’on connait la rivalité qui existe entre les Bruins et les Canadiens. Une rivalité à laquelle Cheevers a participé au cours de sa carrière de joueur. Si l’on prend un peu de hauteur dans ce débat, les résultats de Carey Price sont décevants avec les Canadiens mais les récents vainqueurs de la Stanley Cup n’ont pas gagné qu’avec un gardien talentueux. Ils ont bâti des équipes avec des joueurs forts à chacune des positions tandis que les Canadiens n’ont pas forcément cherché à attirer des stars au sein de la ligue, même si les désavantages fiscaux n’aident pas la franchise de Montréal. Carey Price a d’ailleurs montré qu’il peut être présent lorsque la compétition s’intensifie en remportant une médaille olympique et une coupe du monde avec le Canada, montrant qu’il peut gagner des trophées lorsqu’il est aidé devant lui. 

Si la franchise décide de ne pas le transférer, la direction devrait alors essayer de chercher un deuxième gardien pour le mettre en concurrence avec Carey Price. Cette idée est mis en avant par Mathias Brunet, journaliste pour Lapresse. Il est vrai que cette option est envisagée par de nombreuses franchises depuis plusieurs saisons. Que ce soit les Penguins, les Bruins ou encore les Predators, ces franchises ont décidé de mettre en concurrence leurs deux gardiens s’en décider lequel serait le numéro 1. Ce choix peut parfois avoir des effets négatifs pour les gardiens manquant de confiance mais pour les franchises, ce choix permet d’avoir deux bons gardiens capables de prendre leur responsabilité lorsqu’un des deux est en difficulté. Il faut reconnaître que depuis le départ de Jaroslav Halak, Carey Price n’a pas été concurrencé par un autre gardien de la franchise de Montréal. Pour les Canadiens et Price, l’arrivée d’un deuxième gardien capable de le suppléer dans les périodes difficiles serait bénéfique. Pour donner quelques indices sur l’opportunité de recruter un deuxième gardien compétitif, il faut se remémorer les déclarations de Don Sweeney, le directeur général des Bruins lors de l’arrivée de Halak en juillet 2018: On a parlé de compétition à l’interne. Peut-être l’arrivée de Halak placera-t-il Tuukka dans un meilleur état d’esprit. Il a eu à jouer plusieurs fois dans des situations de deux matchs en deux soirs par le passé. C’est beaucoup de pression sur un gardien de savoir que l’auxiliaire ne peut pas remporter de matchs. Nous avons désormais deux gars capables de porter le ballon pour l’équipe, et qui vont se pousser l’un et l’autre. Nous n’avons plus de soucis maintenant’.

Un dernier élément pouvant motiver la franchise a faire ce choix: l’état de santé de Carey Price. Depuis plusieurs saisons, il enchaîne les blessures mettant toujours plus de temps à se remettre. Par ailleurs Carey Price a déjà passé une grande partie de sa carrière et il ne lui reste plus beaucoup d’années au haut niveau, même si les gardiens peuvent rester compétitif jusqu’à 40 ans. L’arrivée d’un gardien suppléant permettrait à Price de se reposer et de se préserver pour évoluer plus longtemps. Il serait alors utile pour les séries aux Canadiens en arrivant dans une meilleure condition physique. Il faudra suivre les choix faits durant l’été par la direction de la franchise. 

Carey Price reste l’un des meilleurs gardiens de ces dernières années. Il est le seul dans l’histoire de la ligue à avoir remporté quatre récompenses au cours d’une même saison. Il est l’une des têtes d’affiche de la ligue au milieux des Crosby, Ovechkin et McDavid. Le gardien des Canadiens a su monter en puissance au cours des saisons et se remettre en question malgré les échecs en série éliminatoire. Il a réussi à faire abstraction des critiques sur son niveau au cours des séries éliminatoires et à la forte médiatisation autour de la franchise. En dehors de la glace, il reste un personnage emblématique. Il est un modèle pour les jeunes Autochtones, n’hésitant pas à rappeler  qu’il est possible de réussir. Il appelle d’ailleurs à être fière de cette héritage. Par ailleurs, il oeuvre avec sa famille pour des oeuvres de charité. Il a ainsi fait plusieurs dons d’équipements pour des jeunes de Williams Lake mais aussi des dons alimentaires en fournissant plus de 10000 repas à des enfants d’Anahim Lake. Pour tous ses accomplissements, il reçoit le prix ‘Indspire’ dans la catégorie sport en 2016. Que ce soit sur la glace ou en dehors, Carey Price reste une figure incontournable, prêt à tout pour aider ceux qui l’entourent. Il a marqué à jamais l’histoire des Canadiens de Montréal et de la ligue, faisant de lui l’un des meilleurs gardiens de l’histoire. Il ne lui reste plus qu’à remporter la Stanley Cup pour parfaire son héritage. La question est désormais de savoir s’il l’emportera du côté de Montréal ou dans une autre ville. 

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