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Course aux Playoffs – À Disney, Orlando doit prolonger la magie

Ce n’est plus un secret pour personne : la NBA est de retour. Le 31 juillet prochain, 22 équipes disputeront 8 matchs de classement in the House of Mickey Mouse, à Orlando. L’objectif est simple : établir une hiérarchie pour les dernières places qualificatives aux Playoffs. À l’Est, seuls les Wizards de Washington peuvent bousculer les plans du Magic et des Nets. À l’Ouest, l’équation est bien plus complexe. Les Grizzlies de Memphis tiennent la 8ème place de la Conférence depuis l’arrêt de la compétition le 12 mars dernier. Derrière, 5 équipes peuvent encore espérer décrocher le dernier spot pour les Playoffs : Portland, New Orleans, Sacramento, San Antonio et Phoenix. Face à cette situation inédite, le CCS vous propose d’évaluer les chances de qualification de toutes ces franchises en course pour les Playoffs. Aujourd’hui, place au Magic d’Orlando, en bonne position pour participer à la post-season NBA une deuxième saison consécutive.

ORLANDO MAGIC

SAISON RÉGULIÈRE

Après avoir mis un terme à six ans de disette en se qualifiant en Playoffs l’an passé (et en s’offrant le match 1 chez les Raptors, futurs champions NBA, sur un game winner de D.J. Augustin) les troupes de Steve Clifford sont de nouveau attendues en post-season avec un bilan sensiblement égal à celui de la saison précédente selon les spécialistes : 40,5 victoires. Avec pour seul renfort l’ex-Blazer Al-Farouq Aminu, Orlando a l’avantage d’être l’une des seules franchises dans laquelle les joueurs se connaissent et ont l’habitude de jouer ensemble. L’objectif de la saison est donc d’assurer au minimum une place parmi les huit meilleures équipes de l’Est tout en continuant de développer les prometteurs Jonathan Isaac et Mohamed Bamba, respectivement draftés par la franchise en 2017 et 2018. La plus grande interrogation concerne Markelle Fultz. Après deux années de galères, le first pick de la Draft 2017 peut-il avoir un réel impact au Magic ?

Fultz peut-il laisser ses problèmes derrière lui au Magic ? (Photo : Orlando Magic Daily)

Le début de saison n’est pas celui espéré avec un déficit à la mène et Markelle Fultz intègre le cinq de départ au profit de D.J. Augustin au bout de cinq matchs. Malgré ce changement, les coéquipiers d’Aaron Gordon restent dans le dur avec sept défaites lors des dix premières rencontres. Les premiers mois sont frustrants et le manque d’adresse globale est vraiment pénalisant pour les floridiens. Nikola Vucevic, qui est censé être la première option offensive du Magic, est moins efficace que sa saison 2018/2019 d’All star et cela se ressent sur l’équipe. Malgré ce manque d’efficacité offensive, Orlando parvient à se maintenir entre la 8ème et la 10ème place grâce à une défense solide menée par un Jonathan Isaac en pleine progression et promis à une place dans une All-Defensive TeamMais le sort s’acharne. C’est d’abord lors d’une défaite face à Toronto le 20 novembre que Vucevic et Gordon, deux titulaires, se blessent et doivent quitter leurs coéquipiers. Puis dix jours plus tard, c’est la recrue Aminu qui se blesse au genou. La Franchise se retrouve alors dépouillée sur les postes intérieurs mais le Français Evan Fournier permet au Magic de rester à flots avec plusieurs cartons offensifs. En effet, malgré les absences de joueurs cadres, Orlando réussit à remporter cinq rencontres sur les dix disputées sur la période. Alors que les hommes de Clifford sont enfin au complet, c’est malheureusement Isaac qui subit une entorse du genou gauche qui l’empêchera de retrouver les terrains cette saison.

Jonathan Isaac avait réalisé de beaux progrès offensifs et défensifs avant sa blessure le 1er Janvier (Photo : CBS)

Les rotations évoluent suite à la grave blessure d’Isaac et après avoir testé le canadien Khem Birch dans le cinq en décalant Gordon au poste 3, c’est finalement Wes Iwundu qui est promu titulaire. L’alchimie n’est pas mauvaise jusqu’au 16 janvier où Orlando rentre dans la pire phase de sa saison. Alors qu’ils n’étaient pas loin d’un bilan équilibré (20-22), les Floridiens se retrouvent le 8 février à seulement 41% de victoire (22-31) après une défaite à domicile face aux Bucks de Giannis. L’équipe est prévisible et manque d’une étincelle autre qu’un Fournier régulier ou qu’un T-Ross toujours efficace en sortie de banc. Clifford organise une défense presque élite mais ses joueurs ne courent pas assez en transition malgré les qualités pour cela dans l’effectif (Fultz, Gordon, Ross, Bamba) et l’équipe manque de shoot lors des possessions sur demi-terrain. Il faut réagir et c’est ce que font les coéquipiers de Fultz dès la rencontre suivante face aux Hawks : 135 points pour ce qui est alors le record de la saison, quatre joueurs à plus de 20 points (Gordon, Vucevic, Fournier et Ross) mais aussi et surtout une efficacité tout autre avec 52% au tir et un magnifique 18/38 à trois points. Ce match les relance et ils amorcent alors une bien meilleure série avec huit victoires en douze matchs grâce à une attaque totalement renouvelée à plus de 120 points de moyenne, le meilleur Offensive Rating de la ligue sur la période avec une adresse générale bien meilleure. Le Magic est dans une tout autre dynamique et est à la lutte avec Brooklyn pour la septième place lorsque la saison s’arrête brusquement le 12 mars.

La saison a été mouvementée mais le Magic est finalement là où on l’attendait. Orlando possède une des meilleures défenses de NBA mais son attaque lente et prévisible est très pénalisante pour espérer mieux. En réalité, les coéquipiers de Fournier assurent face aux non playoffables mais peines à surprendre les meilleures écuries de NBA avec seulement 9 victoires sur 30 face à des équipes dans les huit premiers de leur conférence. Il va falloir garder la dynamique d’avant-coupure lors de la reprise qui, on le rappelle, s’effectuera à Orlando chez leur sponsor maillot, Disney.

SITUATION À LA REPRISE

Dans cette situation, le Magic compte 5,5 victoires d’avance sur Washington et seulement 0,5 de retard sur les septièmes de la conférence Est, à savoir les Brooklyn Nets. En suivant le format de reprise voté par la NBA et les joueurs, Orlando disposera donc de 8 matchs pour s’assurer de garder au moins 4 victoires d’avance sur les Wizards afin d’éviter le play-in tournament. Ils pourront également tenter de prendre le septième rang de la conférence Est aux Nets.

Rien n’est encore officiel mais il semble que le calendrier de reprise soit calqué sur celui de la saison régulière en retirant les équipes 8 équipes éliminés. Ainsi, les 8 rencontres du Magic seraient :

Avec ce système, quatre franchises ne peuvent remplir leur calendrier (Magic, Lakers, Trail Blazers et Heat). Le huitième et dernier match de saison régulière devrait donc se disputer entre ces quatre équipes.

Première chose qui saute aux yeux dans le calendrier du Magic, les hommes de Steve Clifford affronteront à deux reprises consécutives Brooklyn, leur concurrent direct pour la lutte aux playoffs (voire pour la septième place), et auront donc leur destin entre leurs mains.

Orlando et Brooklyn se sont déjà affronté à deux reprises cette saison et cela a sourit à chaque fois aux Floridiens. Lors de ce premier affrontement disputé au Barclays Center quelques jours après la blessure d’Isaac le 7 janvier, Fultz réalisait un des meilleurs matchs de sa saison et les hommes de Clifford avaient sorti les barbelés en bloquant les Nets à 89 points avec un pourcentage au shoot affligeant de 33% (score final 101-89). La deuxième rencontre entre les deux franchises s’était disputée le 25 février et c’était une nouvelle fois Orlando qui en était sorti vainqueur en ayant pourtant été dominé une majeure partie du match (115-113). Aaron Gordon, utilisé pendant 41 minutes, avait été déterminant en plantant les six derniers points du match ainsi qu’en bloquant Caris LeVert dans les ultimes secondes. À noter que ces deux matchs se sont déroulés sans Irving mais que le néo-Nigérian Spencer Dinwiddie avait pris les rênes sans trembler.

Afin d’assurer de garder au moins 5 matchs d’avance sur Washington, il faudra également remporter plusieurs matchs contre des adversaires qui auront tous quelque chose à jouer sur cette fin de saison (hormis peut-être les Lakers). Ce sera difficile d’aller battre Indiana et Toronto contre qui Orlando a perdu les cinq rencontres disputées. En revanche, les Sixers, avec un style de jeu plus proche du leur, New Orleans et Sacramento ont bien réussi au Magic cette saison avec 5 victoires en 5 rencontres. Les coéquipiers de Fournier devront donc capitaliser sur cette confiance pour remporter au minimum 4 des 7 derniers matchs de la saison. Enfin, la dernière rencontre de régulière les opposera soit aux Lakers de Lebron, soit aux Blazers de Lillard. Même si Portland pourrait déjà être éliminé de la course aux Playoffs à ce moment, il serait sans doute plus aisé de rencontrer les Lakers qui auront mis au repos leurs cadres pour aborder au mieux une post-season dans laquelle ils partent favoris.

Il ne faut pas trop se fier à ce qu’il s’est passé au cours de la saison. Mais certaines des équipes que le Magic s’apprête à affronter leur ont mieux réussi que d’autres cette saison et cela permet de donner un premier aperçu de ce qu’attend Orlando à Disney. Les deux rencontres face à Brooklyn seront déterminantes pour le Magic, qui essayera de réitérer les bonnes performances de la saison face aux Kings, aux Pels et à Phila.

LES SECTEURS CLÉS

Une défense quasi-élite

Orlando possède en la personne de Steve Clifford l’un des meilleurs coach réputé défensif de la ligue. Cela s’est vérifié cette saison sur le terrain. Avec le quatrième plus faible total de points encaissés, un match face au Magic promettait à ses adversaires d’avoir des difficultés à trouver le chemin du panier. Mais ce faible total de point est également à mettre en perspective avec la très faible rythme de jeu des coéquipiers de Nikola Vucevic (26ème Pace de NBA) qui influe sur le total de points marqués des équipes. En réalité, Orlando est la dixième franchise au Défensive Rating, ce qui est tout de même très bon. Malgré l’absence du meilleur défenseur de l’équipe en 2020 (Isaac), le Magic a réussi à étouffer des adversaires en coupant les lignes de passes (6ème aux interceptions), en stoppant les courses de transitions (2ème aux pertes de balles et 1ère aux points encaissés sur pertes de balles) et avec une excellente protection d’arceau (4ème aux blocks). Pour cela, les progrès défensifs d’Aaron Gordon ont été remarquables et les apports de Fultz, Fournier, Aminu, Birch, James Ennis et Michael Carter-Williams ont été indéniables. Mo Bamba a bien sûr été de ceux-là mais son rendement est tout de même moins bon qu’espéré avec un très faible temps de jeu de 14,5 min/match. De plus, Orlando, pourtant milieu de tableau en ce qui concerne les rebonds, n’encaisse que très peu de points sur seconde chance grâce à de bonnes contestations dans la raquette. Dans ce domaine encore, Orlando est la meilleure équipe de NBA.

Le Magic est fort collectivement en défense et ne possède pas de joueur à cibler pour leurs adversaires, avec de bons défenseurs d’équipe dans leur second unit, à l’image de Bamba et du Rookie of the Year 2014, Carter Williams. Orlando s’est trouvé depuis la fin de saison dernière une réelle identité défensive et une chance de gagner chaque soir avec sa défense, ce qui est caractéristique d’une bonne équipe. Sans avoir de dispositions défensives extraordinaires dans l’effectif, c’est dans l’intensité collective que le Magic met à mal ses adversaires. À l’image de ce dernier quart temps du 4 janvier lors duquel ils ont maintenu le voisin Miami à seulement 6 petits points, ce que reconnait le coach du Heat, Eric Spoelstra : « Ils ont fermé la raquette, éteint nos layup et beaucoup d’autres choses qu’on est habitué à faire, nos 3 pts notamment ».

Tout le monde met la main à la pâte en situation défensive au Magic (Photo : Getty Images).

X Pace lente et adresse douteuse

À contrario d’une défense parmi les meilleures de NBA, le Magic a connu cette saison de grande difficulté en phase offensive. Si l’on regarde les statistiques, Orlando est la 24ème attaque NBA au Rating Offensif et la 27ème en points/match avec seulement 106,4 points de moyenne. Clifford n’adopte pas un jeu moderne et le rythme de jeu est très lent (26ème Pace) qui n’est malheureusement pas compensé par de bonnes adresses au tir. Effectivement, malgré la meilleure saison en carrière de Fournier à 19 points de moyenne avec de beaux pourcentages (47% au tir, 40% à 3 pts et 82% aux lancers), le Magic est cette saison la 27ème franchise au pourcentage de réussite avec un petit 44% de moyenne et n’est pas mieux derrière l’arc avec seulement 34% de réussite, ce qui les classe 25ème de la ligue malgré malgré l’apport de Terrence Ross, 18ème de NBA au nombre de 3 pts marqués. L’équipe manque d’un vrai créateur capable d’accélérer le jeu quand il le faut et de trouver les décalages pour ses coéquipiers, même si Fultz en prend le chemin. Avec, en Vucevic, un leader offensif légèrement en retrait par rapport à ses standards de l’an passé (même s’il est monté en puissance au fur et à mesure de l’année), le Magic a manqué d’une alternative offrant de réelles garanties au jeu au poste du pivot Monténégrin, à l’image d’un Gordon trop irrégulier.

Cette défense quasi-élite et ce manque d’efficacité offensive est à nuancer au regard du dernier mois de compétition des floridiens. En effet, dans sa série de victoires d’avant-coupure du 10 février au 10 mars, le style de jeu d’Orlando était radicalement différent. Clifford optait pour un rythme de jeu plus rapide, avec une adresse bien meilleure, le meilleur ratio offensif de NBA sur la période mais un ratio défensif en retrait, cela leur permettant de remporter 2/3 de leurs matchs.

🕵️ Le facteur X : un retour inespéré d’Isaac ?

Le point fort de cette saison pour le Magic est sa défense étouffante, malgré l’absence en 2020 d’un des meilleurs de la ligue dans ce domaine, Jonathan Isaac. Mais ce dernier pourrait venir renforcer son équipe pour finir cette saison. C’est en effet ce qu’annonce le jeune ailier fort dans le podcast « Full 48 » de Howard Beck, lors duquel il s’est montré particulièrement enthousiaste à l’idée de reprendre la saison en août, ainsi que sur ses chances de le voir de retour en pleine forme pour disputer la fin de la saison avec le Magic d’Orlando : « J’adore l’idée ! Pouvoir disputer ce tournoi à Orlando, ça sera presque comme jouer à domicile pour nous et nos proches. C’est  une idée vraiment génial ! » Isaac pourrait faire la différence pour son équipe en apportant toute sa panoplie défensive (rapidité latérale, switch sur les cinq postes, protection de cercle, interceptions sur les lignes de passes) mais également une plus value offensive, en transition ou sur jeu placé grâce à sa vitesse, sa percussion et sa qualité de shoot en progression. Mais ce retour n’est absolument pas garanti, comme celui d’Aminu d’ailleurs, et c’est ce qu’explique Jeff Weltman, le président des opérations basket d’Orlando : « Il y a une différence entre être en bonne santé, et être en bonne santé sans risque de rechute. Ils n’ont pas joué depuis un long moment et on ne va pas mettre ces gars dans une position où ils risquent de se reblesser. On va malgré tout voir leurs progrès. » 

CHANCES DE QUALIFICATION

Orlando a connu une saison contrastée. On pouvait espérer de meilleurs résultats pour les troupes de Clifford mais l’effectif limité ainsi que les blessures ont eu raison de ces espoirs. Malgré tout, et d’autant plus avec un retour possible d’Isaac, Orlando a de grandes chances de valider leur participation aux Playoffs 2020 organisés dans leur ville, même s’il faudra faire attention aux excès de confiance pour ne pas se faire surprendre par Washington. Leur style de jeu adapté à la post-season dans laquelle ils pourraient étouffer défensivement leurs adversaires sera-il suffisant pour dépasser les Nets et faire mieux que l’an passé ? Rien n’est moins sûr mais, sauf surprise, le Magic devrait participer aux Playoffs à Disney.

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