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Marash Kumbulla, le défenseur « qui ne tacle pas »

Quatrième meilleure défense de Serie A, le Héllas Vérone repose sur une étonnante association albano-kosovare avec, au centre, tantôt Gunter, Bocchetti ou Dawidowicz. A droite, le capitaine de la sélection Kosovare, Amir Rarhmani. A gauche, le grand espoir albanais Marash Kumbulla, 18 matchs de Serie A au compteur et pourtant, tous les grands clubs Italiens à ses pieds. Mais, qu’il finisse à la Juve ou au Milan, quelles sont les qualités de Kumbulla ?

Avant propos : nous remercions le compte @FranceHellas, compte Twitter fan de l’Hellas Vérone, qui a accepté de répondre à quelques questions afin d’enrichir l’article. Allez les suivre!

Né en Italie, le droitier évolue depuis plus de 12 ans à l’Hellas. D’origine Albanaise et enfant d’un père ayant quitté le pays en 1996 en raison des difficultés économiques et des conflits naissants, le défenseur central a connu sa première saison en Serie A Malgré sa naissance à Peschiara del Garda, une commune proche de Vérone, Kumbulla a fait ses classes avec les équipes de jeunes albanaises, avant de connaître, en novembre, sa première sélection face à la Macédoine. Une sélection qui en appelle d’autres, tant les promesses qu’il a démontrées en Serie A ont attiré l’oeil de l’ensemble des recruteurs et des observateurs Européens. Installé cette saison dans la défense des Gialloblu, son éclosion a surpris :  » Son éclosion a été très rapide, et a bien collé aux performances du club cette saison » souligne @HellasFrance. Petit Rappel, le Hellas, promu, se place huitième. Et Kumbulla n’y est pas pour rien.

Kumbulla, le défenseur qui ne tacle pas.

2 tacles glissés tentés, 0 réussis. Une stat hors du commun, qui dénote forcément et attire le regard. Comment expliquer, alors, la qualité du joueur né en 2000? Dans un premier temps, il est pertinent de parler de son placement. Dans la défense à 3 assez rigide des pensionnaires du Stadio Marcantonio Bertigodi, il est essentiel de rester à sa place, de ne pas chambouler l’équilibre défensif, et ça, Kumbulla l’a bien compris. @FranceHellas souligne : «  Kumbulla est un joueur qui impressionne par sa vision de jeu, il est toujours là au bon moment. » En effet, avec 4,66 interceptions par match, 2,62 dégagements et 0.76 tirs contrés par 90 minutes, Kumbulla donne l’impression de pouvoir bloquer les attaques, peu importe la manière dont elles arrivent. Mais il excelle surtout dans un domaine : les duels. En disputant 11.58 duels par match, il est le défenseur central qui en dispute le plus en Serie A, et avec réussite : il est 6e au pourcentage de duels remportés.

Le n°24 véronais, ici face à CR7, dans ce qu’il préfère : le duel. (Crédits : Opta)

Que ce soit dans les airs ou au sol, l’albanais a une technique bien particulière : en mêlant anticipation et agressivité, il aime passer devant l’attaquant en utilisant sa force physique du haut du corps afin d’intercepter le ballon. Avec ses épaules de déménageur d’Europe de l’Est, il parvient souvent à remporter son duel. Cela lui permet d’intercepter énormément de ballons au sol, 56% de duels sont d’ailleurs remportés. Et il est encore meilleur dans les airs, ou son tempo et son jeu de tête lui confèrent une réelle force : Kumbulla remporte 65% de ses duels aériens.
Et pour mettre tout cela en oeuvre, le droitier se base sur quelques qualités : énormément d’agressivité, la capacité à toujours garder le ballon en contact visuel, toujours orienter son corps en fonction de ce dernier et de ses coéquipiers. « De plus, au contact il ne lâche rien et est solide. » enchérit @FranceHellas. Une détermination à toute épreuve, qui se marie à son assurance, à son aura qui effraie les défenseurs adverses. Mais Kumbulla n’est pas qu’une bête de force : sa capacité d’appuis en reculant est phénoménale : elle pousse l’attaquant à vouloir tenter un dribble, et Kumbulla peut à ce moment-là réussir son tacle debout.

Un bon résumé des qualités de Kumbulla.

Si Kumbulla brille dans le duel, dans l’anticipation, ces deux capacités lui permettent très souvent de chiper le ballon à l’attaquant adverse sur sa première touche de balle en anticipant son mouvement. Nous avons mentionné plus haut l’orientation de son corps, qui se voit aussi sur sa couverture des zones dangereuses. Par le sens qu’il donne à ses épaules et à son torse, il pousse l’attaquant vers les zones les moins « intéressantes », en couvrant les positionnements et les courses défensives de ses coéquipiers. Intelligence.

L’impact collectif dans le plan de jeu de Juric.

En 3-4-2-1, le collectif gialloblu est assez restrictif, assez mécanique. En se basant sur une défense solide, agressive, et en cherchant à contrer, le Hellas concède peu mais marque peu. Et cela fonctionne bien mieux lorsque Kumbulla est là : 1,59 points par match lorsqu’il est dans le 11, 1 point par match quand il ne joue pas. Ce qui se mesure aussi par le nombre de buts concédés : 0.82 lorsqu’il joue, 1.5 lorsqu’il ne joue pas. Dans une équipe en surperformance si l’on s’en fie aux XGoals concédés (26 buts concédés contre 35Xgoals), Kumbulla est un rouage de l’équipe, sans en être le moteur : la clé de son jeu se trouve dans la simplicité. Pour cause, depuis le début de saison, il n’a tenté que 5 dribbles, alors qu’il a touché 800 ballons environ, dont 52 dans la zone offensive. Rahmani, qui a disputé 8 matchs de plus, a tout de même touché 127 ballons dans la zone offensive, ce qui montre tout de même la volonté des défenseurs centraux de côté de prendre part au jeu.

Kumbulla, haut sur le terrain pour donner de la liberté de déplacement à son milieu latéral. (Crédits: SerieA)

@FranceHellas confie : « Il apporte confiance à l’équipe et la pousse vers le haut avec des interventions décisives. » Plus que ça encore, ces interventions décisives précèdent souvent une relance rapide, courte, qui est une des marques de fabrique de l’Albanais. Avec sa très grande capacité d’interception , il est un danger permanent grâce à sa quélité de passe. De manière générale, il cumule 84% de passes réussies, avec 45% de passes vers l’avant. Parmi celles-ci, 2 passes par match sont dans le dernier tiers du terrain, en raison notamment de sa (perfectible) qualité de passe longue. Entre simplicité, rapidité et danger créé par la passe, Kumbulla reste cependant, avant tout, un excellent défenseur.

« On a besoin de lui! »

« En gagnant en expérience et en maturité, il peut jouer dans un club à haut niveau. »

@FranceHellas

Annoncé un temps à Lyon, un temps à la Lazio, un temps à Manchester United, l’international albanais dispose d’une grande cour de prétendants. Si aujourd’hui, la Juve et le Milan semblent tenir la corde, rien n’est définitif. Et, au vu des prétentions du directeur sportif Véronais Tony D’Amico, rien n’est fait : « Il est fondamental dans notre projet, nous espérons pouvoir le faire avancer dans notre programme. 25 millions? Ce n’est pas suffisant. C’est un joueur fort, il a fait un championnat extraordinaire pour son âge. » Des propos qui résonnent à ceux de @FranceHellas: « J’espère qu’il ne partira pas, car nous en avons besoin l’année prochaine et il pourrait confirmer à Vérone pour ensuite partir. » assure-t-il avant d’ajouter : « Si le club décide de s’en séparer je pense qu’il faut qu’il reste en Italie. L’Inter me paraît bien car c’est une équipe qui possède des joueurs expérimentés en défense qui pourront aider Marash dans sa progression. »

Défenseur central fort dans les duels, utiles à la relance et impressionnant physiquement, le n°24 véronais va devoir faire un choix cet été. Sa force dans les airs sévira-t-elle encore en Vénétie, ou les sirènes du Piémont ou de la Lombardie seront-elles trop fortes ? Et pour vous, quel choix doit faire Marash Kumbulla ?

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