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Seattle : la mal-aimée des sports américains ?

Qu’est-ce que la ville de Seattle vous évoque ? Port de la côté Ouest des États-Unis, berceau du grunge, sol fertile de nombreuses multinationales… La liste est longue et nous nous devons d’ajouter une autre caractéristique : une ville de sport. Une ville de passionnés, de véritables mordus du sport qui vivent pour et avec leurs équipes. L’histoire du sport à Seattle n’est pas un long fleuve tranquille comme toutes les métropoles américaines, non, loin de là. Cassures, déceptions, désillusions… Le sport dans la Ville d’émeraude rime avec de nombreuses blessures qui restent, pour certaines, encore ouvertes. Mais l’objectif de ce dossier est surtout de vous montrer que Seattle possède une véritable culture sportive inébranlable.

Le CCS a décidé de se focaliser sur cette magnifique ville, symbole de résilience, en s’attardant sur ses relations historiques avec les différents sports américains. Du football américain au baseball, en passant obligatoirement par les SuperSonics et l’espoir susciter par l’arrivée d’une franchise NHL dans la ville. À déguster avec un café et un soupçon de crème, évidemment.

Le sport à l’ombre des géants économiques

Avec ses 725 000 habitants, Seattle, longtemps associée au chanteur Kurt Cobain et à la scène grunge, est la plus grande ville de l’Etat de Washington et son aire urbaine se place à la 14ème position sur le plan national. C’est par ailleurs l’une des villes américaines qui croît le plus vite : sa population a augmenté de près de 20% depuis 2010 (la 4ème hausse du pays), conséquence de l’implantation de plusieurs géants de la technologie (Amazon, Google, Microsoft). Un secteur dont l’influence sur le plan économique de la ville, qui ne fait que croître depuis les années 90. Pour preuve, la moyenne d’âge des habitants est d’à peine 36 ans et seuls trois habitants sur dix y sont nés, signe d’une attractivité contractuelle agressive. Il faut dire que le cadre de vie y est particulièrement agréable puisque la cité émeraude profite de la proximité des montagnes, de l’océan et du Canada. Seattle est aussi un important port maritime, tourné vers le marché asiatique et a longtemps profité du développement économique de la firme Boeing.

Amazon City à Seattle, symbole de la puissance économique de la ville (Photo : SeattleTimes)

Depuis sa fondation, la grande force de Seattle réside dans la diversification de son économie. Après avoir exploité le charbon lors de ses premières années, la ville s’est tournée vers le bois de construction, puis vers le chemin de fer pour fonder sa richesse. Depuis le début des années 1960 et 1970, la ville se transforme en un centre industriel et technologique de premier plan grâce notamment au développement de différents secteurs de pointe comme l’aérospatiale, l’informatique, la biotechnologie, les équipements médicaux et l’ingénierie environnementale. Seattle est le berceau de l’informatique grâce notamment au succès de Microsoft, créée dans les années 1970 par Bill Gates et Paul Allen. La ville, championne dans la consommation de café par habitant aux Etats-Unis , a permis l’émergence, dans les années 70, des firmes Tully’s et surtout Starbucks.

Le géant de l’informatique et celui de la chaîne de vente au détail ne sont pas anodins dans le développement du sport dans la ville. En effet durant cette période de réorganisation à la suite d’une crise majeure, la ville est attractive sur les échelles économiques et démographiques, de quoi faire naitre un marché assez grand pour plusieurs franchises de sport. Dans le même temps, les grandes ligues sont en pleines extensions (NFL, MLB, Soccer), seul les Sonics, présents depuis 1967, occupent la scène sportive. C’est donc dans ce contexte favorable que l’émeraude city accueille trois équipes en l’espace de trois ans : Les Sounders en NASL en 1974, les Seahawks en NFL en 1974 et les Mariners en MLB en 1977.

l’ex propriétaire des Seahawks, Paul Allen, décédé en 2018, figure iconique du sport à Seattle (Photo ; SeattleTimes)

Etant à l’origine de ces expansions, le tissu économique local s’est impliqué dans le développement des nouvelles franchises. Hermann Sarkowsky, déjà fondateur des Portland Trail Blazers (NBA), accompagné de Ned Skinner et du groupe de produit de luxe Nordstrom, gère les intérêts des Seahawks lors de leur création, avec notamment la construction d’une nouvelle enceinte, le Kingdome. Ce nouvel outil de 66 000 places est utilisé conjointement avec les Mariners. Symbole de la puissance économique de la richesse locale, la majorité des propriétaires de franchise proviennent des firmes de la région. Pour des résultats malgré tout mitigés.

Mariners, Seahawks, Sounders : les porteurs d’une ferveur et d’un héritage

Howard Schulz, multimilliardaire et PDG historique de Starbucks, s’empare des Sonics et des Storms (WNBA) en 2001 avant de les revendre en 2006, faut de résultat concluant tant sur le plan financier que sportif. Sa gestion catastrophique des Sonics amènera le départ de la franchise en 2008 à Oklahoma City. À l’inverse Paul Allen, également propriétaire des Trail Blazers -comme Sarkowsky- fait des Seahawks une franchise à succès. Son rachat de la franchise en 1997 à débouché en 2013 au premier Superbowl gagné par cette dernière. La passion sans retenue que les fans des Seahawks manifestent pour leur équipe semble presque dévorante. Lorsque les Seahawks ont remporté le Super Bowl, jusqu’à 450 000 personnes se sont présentées à la traditionnelle parade de la victoire malgré le froid hivernal. Car à Seattle, l’équipe des Seahawks est synonyme de charité, chaque joueur ayant l’habitude de donner son temps, son argent et d’autres ressources à ceux qui en ont besoin dans les communautés locales. Pour leur rendre, le CenturyLink est connu pour être l’une des pires ambiances pour les équipes visiteuse en raison du niveau sonore émis par les supporters locaux. Dans les années 1980, les fans de Seattle ont fait une telle différence pour l’équipe et pour le jeu que le président de l’époque, Mike McCormack, a retiré le maillot numéro 12 en hommage à un public, considéré comme l’un des meilleurs de la NFL.

Le douzième homme des Seahawks, symbole de la ferveur des fans de sports à Seattle (Photo : M I K E M O R R I S / Flickr)

Ce même esprit vit toujours aujourd’hui. Une réputation qui vient trancher avec l’image trop poli, impartial, non connaisseur, qui caractérisent de façon stéréotypée, les fans de sport à Seattle. Ces derniers ne sont pourtant pas sans fondement. En outre, les chiffres de fréquentation des Mariners et de l’équipe de football de l’Université de Washington ont baissé ces dernières saisons, en raison du manque de résultats sportifs. Les Mariners sont ainsi l’une des deux seules équipes sur les 30 de la Major League Baseball (MLB) à n’avoir jamais joué dans les World Series. Et ce n’est pas la multitude de joueurs légendaires qui ont porté les couleurs locales qui réconforte les fans. Face à ce constat, Seattle sera toujours la ville dont les fans ne sont pas amateurs de sport. « Je sais qu’il y a beaucoup de fans de sport frustrés à Seattle« , a déclaré Russ Dille, un historien du sport local. « Nous avons perdu deux franchises sportives, les Pilots et les Sonics. Dans les années 1960, nous avons été occultés par la Ligue nationale de hockey. D’une part, nous avons de nombreux inconditionnels qui aiment le sport plus que tout. D’un autre côté, nous avons des amateurs de sport très amers qui sont frustrés ». Si les Sounders viennent contraster cette dynamique par leurs apparitions récurrentes en Play-Offs MLS, leurs 4 coupes MLS, leur victoire finale en championnat en 2016 et des chiffres records d’affluence, ils pâtissent du manque d’engouement pour le Soccer en raison de sa médiatisation trop récente. Un cas qui symbolise l’ensemble des franchises de sport à Seattle, 50 ans n’est pas forcément suffisant pour créer une réelle culture dans un cadre si peu propice.

Une étude menée par Sharecare (un site Web sur la santé et le bien-être) a déclaré que Seattle est l’une des villes les plus solitaires des États-Unis en se classant 5ème en partant de la fin de la liste. Un constat peu surprenant et en lien avec l’évolution perpétuelle du marché du travail local. Peut-être parce qu’elle est solitaire, Seattle est aussi un endroit socialement froid, ce qui lui vaut le surnom de « Seattle Freeze ». Autre problème, la plupart des équipes de sport US considèrent que leur zone de marché se mesure à un rayon de 75 miles autour de leur siège. Ce qui correspond à environ 4,8 millions d’habitants pour Seattle. Ce qui reste peu (22ème marché), face aux mastodontes comme Los Angeles, Chicago, New York, qui non seulement possèdent des franchises dans toutes les ligues majeures, mais aussi plusieurs franchises dans le même sport (2 équipes MLB à Chicago, 2 en NFL et NBA à NY et LA). Car si Seattle ne rencontre pas de concurrent dans son rayon des 75 miles, l’existence de plusieurs franchises sur un même territoire, disperse la richesse locale et les préférences des fans. Avec la présence déjà affirmée des Mariners, des Seahawks, des Sounders et des universitaires des Huskies, il semble difficile d’imaginer de nouvelles équipes s’y implanter. Pourtant c’est le défi que se lance Seattle à travers le réaménagement accéléré de la KeyArena.

Seattle à l’assaut des patinoires et des partisans

Des Metropolitans à l’expansion NHL

Le 4 décembre 2018, la NHL annonce qu’elle valide le projet du groupe Seattle Hockey Partners pour donner à la ville la 32ème équipe de Ligue National de Hockey. Une équipe d’expansion qui rêve d’un destin similaire aux Golden Knights de Las Vegas et qui débutera en NHL à partir de la saison 2021-2022. Lorsque Seattle a lancé la vente des abonnements pour assister aux matchs : 10 000 ont été vendus en 12 minutes, 25 000 en une heure et 32 000 au total. La fièvre du hockey a envahi la ville. Une fièvre qui n’est pas nouvelle, mais qui date un peu. L’histoire du hockey à Seattle est lointaine, glorieuse et surtout endormie.

Fait remarquable et fierté de la ville d’émeraude : Seattle a déjà son nom inscrit sur la célèbre Coupe Stanley. L’existence de cette coupe est antérieure à la NHL. Une anecdote cocasse qui donne tout son charme à cette immense récompense argentée. De 1893 à 1906, la coupe était remise à la meilleure équipe de hockey amateur canadienne. En 1910, l’Association Nationale de Hockey, précurseur de la NHL, a pris possession de la Coupe Stanley et a commencé la tradition d’une série de championnats inter-ligues à la fin de la saison, en compétition avec la Pacific Coast Hockey Association (PCHA). Au sein de cette fédération, on retrouve les Metropolitans de Seattle. En 1917, dans leurs chandails à rayures vertes, blanches et rouges, les « Mets » remportent la Coupe Stanley et deviennent la première équipe américaine à inscrire son nom sur ce trophée. Cette année-là, avec des joueurs légendaires comme le gardien Hap Holmes ou l’attaquant Franck Foyston, les Mets écrasent la concurrence sous les ordres de l’entraîneur Pete Muldoon. Seattle rend un bilan de 16-8, dont la fameuse victoire 16-1, le 2 février, face aux Canaries de Spokane (WSH). En finales, les Mets écrasent le Canadien de Montréal, 3-1, avec notamment une victoire 9-1 lors du dernier match où le gardien légendaire, Georges Vézina, était aux abois. Le lendemain, le Seattle Times rapporte l’événement : « Le lexique du sport ne contient pas de langage adéquat pour décrire la ferveur des fans qui ont vu le triomphe de Seattle la nuit dernière. »

Les Mets’ vainqueurs de la Coupe Stanley de 1917

Les Mets retrouveront les Finales en 1919, dans une revanche avec Montréal. Un triste événement marqué par la pandémie de grippe espagnole qui frappe l’équipe canadienne de plein fouet. L’entraîneur de Seattle accepte que les noms de deux équipes figurent sur le palmarès de Coupe Stanley. Quelques jours après, l’attaquant vedette du CH, Joe Hall décède du virus : il avait 37 ans. Seattle aura une dernière chance de remporter la Stanley, l’année suivante, mais cette fois-ci, les Mets doivent s’incliner contre la franchise montante du hockey canadien : les Sénateurs d’Ottawa. Quatre ans plus tard, la PCHA disparaît et emporte dans son sillage funeste, les Metropolitans de Seattle, nous sommes en 1924. La page la plus glorieuse du hockey à Seattle se tourne.

Montréal & Seattle, ensemble, sur le Coupe Stanley

Seattle se retrouve sans patinoire artificielle et doit attendre quatre années avant de voir émerger la Civic Ice Arena qui accueillera des matchs de hockey jusqu’en 1995. De nombreuses équipes ont patiné sur cette glace. De 1928 à 1931, ce sont les Eskimos de Seattle qui essayent non sans mal de se faire faire une place au sein de la nouvelle fédération, la Pacific Coast Hockey League (PCHL). Une nouvelle fois, la franchise disparait en même temps que la fédération suite à des soucis financiers. Le hockey professionnel revient à Seattle avec la formation de la Ligue de hockey du Nord-Ouest (NWHL), composée de cinq équipes, et la création des Sea Hawks en 1933. Malgré un titre interne à la fédération en 1936, les Sea Hawks n’arrivent pas redonner à Seattle la grandeur des Mets. En 1941, la franchise disparait. La suite de l’histoire du hockey à Seattle ressemble trait pour trait à ce que nous venons de décrire. Plusieurs équipes naissent et disparaissent en même temps que l’apparition et le déclin de petites fédérations. Ainsi, entre 1944 et 1958, Seattle va connaître trois équipes professionnelles de hockey : les Ironmen de Seattle (1944-1952), les Seattle Bombers (1952-1954), et les Americans de Seattle (1954-1958). Au sein de ces équipes éphémères, de grands noms en devenir se sont illustrés comme Gordon Kerr, le meilleur buteur de l’équipe au cours de ces années avec 235 points en 244 matchs, Guyle Feilder, le plus grand buteur de ligue mineure de tous les temps ou encore Charlie Hodge, futur vainqueur du Trophée Vézina.

Après des années de galère, l’heure du renouveau est arrivée pour Seattle. Lorsque les amateurs de hockey de la Ville d’émeraude se remémorent le « bon vieux temps », ils font allusions aux Totems de Seattle. Construite dans la continuité des Ironmen, cette équipe est sans aucun doute la plus viable des équipes ayant patinées à Seattle. Après les Mets, de 1958 à 1968, voici le second « âge d’or » du hockey à Seattle. Bien évidemment, les Totems n’ont pas brillé sur la grande scène de la NHL. Ils se sont illustrés au cours des années glorieuses de l’actuelle WHL, la Ligue de hockey mineure de l’Ouest. Alors qu’elle porte encore le nom de WCHL, cette ligue est reconnue comme la meilleure ligue junior de l’Ouest canadien dans les années 1970. Au cours de son existence, et dans deux nombreuses rivalités historiques avec Calgary et Vancouver, les Totems de Seattle sont apparus dans cinq finales de la Ligue de l’Ouest, remportant trois championnats et cinq fois le joueur par excellence de la ligue à Seattle (quatre récompenses pour Guyle Fielder, une pour Bill MacFarland). Après 1968, les affaires se dégradent pour les Totems qui ne parviennent pas à rester au plus haut niveau de Ligue. En avril 1974, la NHL annonce que Seattle et Denver se sont vu octroyer des franchises, qui devaient toutes deux commencé à jouer au cours de la saison 1976-1977. Cette décision pousse la WCHL à sombrer après 1973-1974. Les Totems ont déménagé dans la Ligue centrale de hockey (LCH) pour attendre le lancement de leur équipe en NHL. Malheureusement, le président des Totems, Vince Abbey peine à trouver une repreneur pour l’équipe dans les standards attendus par la grande ligue. Embourbée dans des affaires financières, la ville de Seattle sort du monde du hockey par la petite porte en 1975 lorsque la NHL suspend l’accord sur l’implantation d’une équipe à Emerald City.

Le hockey reviendra à Seattle qu’en 1977 lorsque les Chiefs de Kamloops déménagèrent à Seattle pour prendre le nom des Breakers. Une franchise évoluant, comme les Totems, au sein de la WCHL qui prend son nom contemporain de WHL en 1978. Pour cette ligue junior, les années 1980 sont synonymes de violences mais aussi de talents. Plusieurs bagarres entre équipes ont nécessité l’intervention de la police. Une période tragique pour le hockey. Pendant huit saisons, les Breakers de Seattle ont évolué dans la Seattle Center Ice Arena, rendent une fiche de 225-319-32 et 11-21 en Séries. Ils ont également disputé deux fois dans les finales de la Division Ouest. En 1985, les Breakers changent de propriétaires pour prendre le nom des Seattle Thunderbirds. Toujours en activité aujourd’hui en WHL, les Thunderbirds constituent une équipe formatrice reconnue qui atteint deux fois les Finales en 1997 et tout récemment en 2016, sans remporter de titre pour autant. Au rang des grands joueurs ayant portés le chandail des Thunderbirds, on retrouve de nombreuses légendes comme par exemple Petr Nedved qui inscrit 145 points lors de son unique saison avec Seattle en 1989-1990, ou encore Chris Joseph et Turner Stevenson. Parmi eux, c’est probablement Patrick Marleau qui a marqué le plus les esprits à Seattle avec ses 83 buts et 199 points en deux années alors qu’il n’avait que 16 et 17 ans ! Sa carrière en NHL est tout aussi impressionnante avec de nombreux records de franchise au sein des Sharks de San José. Il est tout aussi naturel de citer Oleg Saprykin, Nate Thompson, Thomas Hickey ou plus récemment Shea Theodore et évidemment le centre des Islanders, Matthew Barzal.

Et bien vous voyez ? Le hockey n’a jamais Seattle, il était simplement à l’écart du focus médiatique que provoque la NHL. Suffisant pour que les observateurs extérieurs considèrent le hockey comme un « sport de niche » dans l’état de Washington. Les chiffres rapportés plus haut sur le nombre d’abonnements vendus en si peu de temps témoignent du contraire.  

La ville de Seattle s’intéresse à la NHL depuis 2012, même si les locaux rapportent que cet intérêt date tout simplement de 2008, année du déménagement des SuperSonics à Oklahoma City. C’est certain, la Ville d’émeraude veut revenir sur la scène principale des sports américains. Toutes les tentatives se sont montrées infructueuses. En 2013, une étude mené par le statisticien et correspondant pour ABC News, Nate Silver, délivre le constat suivant : Seattle est la ville comptant le plus de personnes passionnées par le hockey n’ayant pas de franchise en NHL. Un verdict sans appel. Toutes les problématiques se concentrent autour d’une seule : rénover la Key Arena. Une problématique que les fans des SuperSonics connaissent par cœur. En 2017, le conseil municipal de Seattle approuve le projet de la société Oak Views pour rénover la salle. Les travaux débuteront en 2018 et achèveront la salle mythique de Seattle en 2020. Trois jours après, la NHL accepte d’étudier le dossier d’expansion de Seattle, chiffrant à près de 650 millions de dollars. La campagne est menée par David Bondermann, fondateur du groupe d’investissement TPG, et Jerry Bruckheimmer, producteur de films (Flashdance, Top Gun, Armageddon, Pearl Harbor…). Devant l’intérêt suscité par la vente d’abonnements, la NHL ne peut qu’accepter, à l’unanimité, le projet d’expansion de Seattle. L’équipe intégrera la Division Pacifique, les Coyotes passeront dans la Centrale, pour la saison 2021-2022. À l’heure actuelle, aucun nom, aucune couleur, aucun logo n’a été déposé. Les partisans sont sollicités pour donner leur point de vue et proposer leurs idées.

Si un conte de fée similaire à Las Vegas est difficilement envisageable (et pourquoi pas ?), mais la nouvelle équipe de Seattle devra s’efforcer de forger le même type de connexion avec ses partisans. Ce sera sans aucun doute plus difficile. Seattle a des équipes sportives professionnelles depuis plus de 50 ans, depuis le début des Sonics en 1967-68, tandis que les Golden Knights étaient les premiers à Vegas. La première étreinte entre une ville et ses fans ne peut être reproduite, demander aux fans de Sonics à vie.

Bring back our Sonics

Une ville orpheline de NBA. Pour combien de temps ?

L’histoire tragique des SuperSonics constitue assurément la blessure la plus profonde de Seattle. Cette franchise, pilier de la NBA moderne, fut la plus grande fierté sportive de la ville : une romance de 40 ans, balayée en un claquement doigt politique. Si le basket n’a jamais réellement quitté la Ville d’émeraude, l’espoir de voir revivre les Sonics est une cause commune pour tous les habitants de Seattle. Depuis le déménagement de 2008, les rumeurs et les espoirs n’ont jamais cessé sur un retour de la NBA dans l’état de Washington.

Comme chaque franchise NBA, l’histoire des Sonics est cyclique. Créés en 1967, les SuperSonics ont été la première équipe sportive professionnelle à Seattle, avant les Seahawks et une décennie avant l’arrivée des Mariners. C’est à partir de 1975 que les Sonics deviennent une place forte de la NBA, de la Conférence Ouest, année où ils inaugurent leur première participation en Playoffs. En 1978, sous les ordres de l’ancien joueur devenu coach, Lenny Wilkens, les Sonics atteignent les Finales NBA. Un événement majeur pour Seattle qui cristallise la relation passionnelle entre la balle orange et la ville. Un événement vécu comme un drame pour les fans puisque leur équipe s’incline lors du game 7 face aux Bullets de Washington, dans leur propre salle. Preuve de l’engouement de Seattle pour ses Sonics, ce dernier match reste à ce jour, la plus grande affluence pour un match NBA avec 39 457 personnes présentes dans le Kingdome. C’est une véritable tragédie pour les fans de Seattle. L’année suivante, en 1979, l’affront est lavé. Seattle prend sa revanche sur les Bullets pour remporter leur premier, et unique, titre NBA. Déchaîner, les Sonics explosent Washington en cinq matchs grâce des joueurs devenus de véritables icônes dans leur ville comme Gus Williams, Dennis Johnson ou encore le pivot Jack Sikma. La victoire finale lors du game 5 est à Washington, il faut attendre un peu pour pouvoir célébrer ce titre avec la ville. Lorsque les Sonics arrivent à Seattle, c’est un véritable triomphe : plus de 200 000 personnes suivent leurs héros dans les rues de la ville.

Célébration dans les rues de Seattle pour le titre NBA des Sonics en 1979

L’année suivante, les Sonics atteignent, pour une troisième année consécutive, les finales de la Conférence Ouest. Cette fois-ci, ils ne peuvent que s’incliner face aux Lakers du rookie « Magic » Johnson. C’est le début du déclin pour Seattle, une traversée du désert qui durera près d’une décennie. Évidemment lorsque l’on évoque les Sonics, c’est la période glorieuse des années 1990’ qui nous vient tout de suite à l’esprit : le second âge d’or de Seattle correspond à un duo légendaire, Gary Payton et Shwan Kemp.

« The Glove » & « Rainman » font face à MJ en 1996

Comment présenter ces deux légendes de la NBA ? Payton c’est une gueule tout aussi grande que son talent. Référence ultime du trashtalking, « The Glove » c’est aussi l’un des meilleurs meneur de jeu de l’histoire de la NBA. Passeur, défenseur incroyable (probablement le meilleur), scoreur, leader indéboulonnable… Gary Payton, c’est l’ange gardien des Sonics, le visage de la franchise, le diable des parquets. À ses côtés, on retrouve un athlète extraordinaire qui a dévasté les raquettes de la NBA et exploser les arceaux pendant près d’une décennie : Shawn Kemp. Sous les ordres de l’immense George Karl, les Sonics sont tout simplement candidats au titre chaque année entre 1991 et 1998. Lors de la saison 92-93, Seattle termine avec un bilan de 55-27 mais doit s’incliner en finales de Conférence Ouest face aux Suns de Charles Barkley. Les Sonics sont capable du meilleur comme du pire. La saison suivante en est la parfaite illustration. Les hommes de Karl finissent la saison régulière avec le meilleur bilan de la Ligue, 63-19 (!), mais s’incline au premier tour des Playoffs face aux Nuggets de Dikembe Mutombo et Chris Jackson. Avec cette défaite de 1994, les Sonics deviennent la première équipe tête de série numéro 1 à se faire éliminer au premier tour. Après un passage d’une année dans la salle du Tacoma Dome, les Sonics retournent au Coliseum Theater, rebaptisé en 1995 : Key Arena, haut lieu du basket américain. Dans cette nouvelle salle, les Sonics présentent tout simplement leur meilleure équipe de leur histoire. Aux côtés de Payton et Kemp, on retrouve le parfait lieutenant Detlef Schrempf, le pivot Sam Perkins et la ligne arrière composée de Harsey Hawkins et Nate McMillan. Ensemble, ils terminent la saison régulière avec le meilleur bilan de la franchise, 64-18. Après des victoires sans encombre contre les Kings au premier tour (3-1) et les Rockets au second (4-0), les Sonics retrouvent le Jazz de Stockton et Malone dans une Finale de Conférence sous haute intensité. Une série incroyable, où les Sonics démontrent toute leur puissance défensive et s’imposent 4-3. Mais voilà, la dernière marche est la plus dure à gravir puisqu’en face, se dresse l’ogre aux cornes de taureau : les Bulls de Chicago, les Bulls de Jordan et Pippen. Le tournant de ces Finales à assurément lieu lors du game 3 à la KeyArena. Les Bulls ont facilement remporté les deux premiers matchs à domicile mais la tâche sera moins facile à Seattle, salle réputée pour son ambiance folle. Au cours de cette rencontre, MJ plante 36 points, Pippen délivre 9 passes décisives, les Bulls mènent 3-0. Lors des deux rencontres suivantes à la KeyArena, les Sonics, bien aidé par le retour du capitaine Nate McMillan, remportent deux succès, symbole de la résilience de cette franchise. Mais voilà, pour le game 6, à Chicago, la bande à Payton ne peut rien face aux Bulls et notamment l’excellent Dennis Rodman qui capte 19 rebonds. Une défaite qui scelle la fin du second âge d’or des Sonics de Seattle. Bien évidemment, Seattle reste présent au sommet de la Conférence Ouest avec 57 victoires en 1997 et 61 en 1998, mais ce sera les dernières heures de gloire de la franchise.

À la fin de la saison 97, Shawn Kemp demande son transfert après un désaccord avec la direction à propos de son contrat, il part pour les Cavaliers de Cleveland. L’année suivante, c’est George Karl qui quitte Seattle après avoir, lui-aussi, été en conflit avec la direction… La même année, Nate McMillan prend sa retraite et c’est toute la période dorée des Sonics qui s’éteint. Dernière phase de ce déclin, l’échange de l’emblème des Sonics, Gary Payton. « The Glove » s’est disputé avec le nouveau propriétaire de la franchise, le controversé Howard Schultz. En 2003, Payton s’en va pour la première fois de Seattle et rejoint les Bucks de Milwaukee. Les débuts des années 2000’ était synonyme de reconstruction avec même un vent de fraîcheur, incarné par le duo Ray Allen et Rashard Lewis. Mais sans aucun doute, le nouvel âge d’or des Sonics devait être brillant à l’image du jeune Kevin Durant, sélectionné en deuxième position lors de la draft 2007 et élu Rookie of the year la même année.

KD sous le maillot des Sonics en 2007

En 2009, Jason Reid réalise un documentaire exceptionnel intitulé Sonicsgate : Requiem for a team. Avec la voix du célèbre acteur et speaker de Seattle, John Keister, Sonicsgate raconte l’élévation et la chute brutale des SuperSonics. Une œuvre bouleversante qui témoigne de la passion des habitants de la Ville d’émeraude pour la balle orange, contextualise la délocalisation de la franchise en impliquant les pouvoirs publics et les intérêts économiques qui ont eu raison d’une franchise mythique de la NBA. Ce documentaire que vous pouvez voir en ligne ici, rafle une multitude de récompenses aux Weeby Awards 2010.

Les raisons de la disparition des Sonics sont nombreuses et complexes. Si en surface, la raison principale est la nécessité de faire une nouvelle salle aux normes NBA, en profondeur, ce sont bien les rivalités politiques et les exigences économiques qui ont eu raison des Sonics. En effet, la KeyArena, rénovée en 1995, était la plus petite salle de NBA avec ses 17 072 sièges en plus de son manque d’infrastructures d’accueil. Les travaux sont estimés à hauteur de 220 millions de dollars. Premier problème, le mandat du propriétaire des Sonics, Howard Schultz, PDG de Starbucks, s’est soldé par d’importantes pertes financières. Second problème, les élus de l’état de Washington n’ont jamais voulu accorder les fonds nécessaires. Nous sommes en 2006 et l’avenir des Sonics semble déjà incertain. Dans l’impasse, Schultz est obligé de vendre. Le 24 octobre 2006, la NBA valide la vente des Sonics à Clay Bennett, président du Professionnal Basket Club LCC. Il en va de même pour le Storm de Seattle, la franchise de WNBA, dont nous parlerons évidemment dans quelques instants. Dès l’achat, le nouveau propriétaire annonce qu’il fera tout pour garder les Sonics à Seattle… Mais voilà, pour ne pas arranger la situation, et plutôt l’enterrée, en 2006, le gouvernement de l’état de Washington vote la terrible Initiative 91 qui suspend les financements publics pour les salles sportives. Selon le journal Seattle Post-Intelligencer, ce manque de soutien de la part des pouvoirs publics, combiné avec les pertes des dernières années, « a probablement condamné l’avenir des Sonics dans la ville ». Bennett propose à la ville de financer une nouvelle salle à hauteur de 500 millions de dollars au début de l’année 2007. C’est un nouvel échec qui pousse Clay Bennett a annoncé le déménagement des Sonics à Oklahoma City dès la fin du bail de la franchise avec la KeyArena, prévu pour 2010. Après une longue bataille juridique, et les déboires financiers de la ville n’aidant pas, Clay Bennett parvient à racheter le bail de l’équipe et l’envoi directement dans l’Oklahoma. C’est la fin des Sonics. L’avocat de la franchise déclare à la suite de l’annonce de délocalisation : « L’annonce de M. Bennett aujourd’hui est une tentative transparente d’aliéner la base de fans de Seattle et de poursuivre son plan de déplacer l’équipe à Oklahoma City … Faire ce mouvement maintenant continue le comportement insultant du propriétaire actuel envers les fans dévoués des Sonics et les citoyens de la ville. » Ce déménagement forcé à Oklahoma est vécu comme un véritable traumatisme par la population, une blessure ouverte qui perdure aujourd’hui.

Seattle SuperSonics’ Phoenix Suns’ in the Sonics home opener in an NBA basketball game Thursday, Nov. 1, 2007, in Seattle. (AP Photo/Elaine Thompson)

Bien évidemment, le basket n’a pas quitté Seattle et l’état de Washington. Nous en parlions il y a quelques lignes de cela, le Storm de Seattle, créé en 2000, est également une place forte de la WNBA. La franchise est parvenue à rester dans la Ville d’émeraude et possède l’un des palmarès les plus fournis de la ligue féminine. Le Storm a remporté pas moins de trois titres, en 2004, 2008 et plus récemment en 2018. En ce qui concerne les joueuses, comment ne pas évoquer la meneuse américaine Sue Bird, véritable légende du basket féminin avec ses 3 titres WNBA, ses 11 sélections All-Star et ses 4 médailles olympiques : elle est tout simplement la meilleure passeuse de l’histoire de la WNBA. Évoquons également l’Australienne membre de Hall of Fame Lauren Jackson ou la MVP de la saison et des Finales WNBA 2018, Breanna Stewart.

Breanna Stewart & Sue Bird en 2018

Le basket universitaire n’est pas en reste non plus avec plusieurs équipes de Division I en NCAA. Les Redhawks de l’Université de Seattle ont connu leurs heures de gloire au cours des années 1950’ et 1960’ avec un joueur notable passé dans ses rangs, un certain Elgin Baylor de 1956 à 1958. Mais ce sont surtout les deux universités de la Conférence Pac-12, à savoir les rivaux de Washington : les Cougars et les Huskies. Ces dernières années, le nom le plus connu ayant porté les couleurs des Cougars est évidemment le membre des Splash’ Bro, Klay Thompson et son numéro 1 retiré en 2020. Les Huskies de Washington est sûrement la plus célèbre de toutes avec de nombreux talents qui ont brillé en NBA : James Edwards, triple champion NBA (2x Pistons, 1x Bulls) ou évidemment le futur Sonics, Detlef Schrempf. Les Huskies fourniront ensuite d’autres grands noms dans les années 2000’ avec notamment Nate Robinson, Brandon Roy, Jamal Crawford, Jason Terry ou encore plus récemment Terrence Ross et Isaiah Thomas. Washington continue d’alimenter la NBA au cours des dernières années avec évidemment le numéro 1 de la draft 2017, Markelle Fultz, l’excellent défenseur Matysse Thibulle ou encore le meneur des Spurs, Dejounte Murray. Et c’est loin d’être fini, cette année, les spécialistes attendent pas moins de deux joueurs des Huskies au premier tour de la draft NBA 2020 avec Jaden McDaniels et Isaiah Stewart. Le basket n’a jamais disparu de Seattle, c’est la NBA qui manque à la Ville d’émeraude.

Seattle a toujours soif de basket, de basket NBA. La ligue d’été Seattle Pro-Am, créée en 1996, et maintenant géré par Jamal Crawford, est réputée pour être une des ligues les plus relevées des États-Unis où les jeunes talents de la région viennent s’affronter pour se former aux joutes de la NBA. Le bilan est sans appel, l’événement fait salle comble chaque année. L’épisode témoignant le plus l’amour de Seattle pour le basket remonte à l’automne 2018 où la NBA a décidé de délocaliser un match de présaison entre les Golden State Warriors, champions en titre, et les Kings de Sacramento. L’occasion pour Kevin Durant de se remémorer ses premiers pas, devant le même public, toujours aussi chaleureux.

« Tout le monde dans le milieu du basket sait qu’on a besoin d’un retour des Sonics à Seattle. J’ai hâte de rejouer ici. J’espère qu’on leur donnera une franchise. L’ambiance, franchement, est indescriptible. Je n’ai pas de mots pour évoquer l’énergie de la salle. C’est incroyable« , confiait KD lors de son retour. Seattle est vraiment un endroit spécial. De quoi marquer chaque joueur passé dans la ville. Quand on lui demande s’il se voit investir dans une franchise un jour, Dwayne Wade répond sans détour : « Je veux une équipe à Seattle. Je veux que les Sonics reviennent. Je pense que Seattle est une super ville de basket. » Plus récemment c’est Kevin Garnett qui a raviver la flamme des Sonics : « J’ai un rêve, c’est celui de ramener les Sonics en NBA. Il y a de l’amour pour le basket dans cette zone. Je pense que nous en avons besoin. Je pense que c’est essentiel. Les Sonics étaient très importants pour notre ligue. » De nombreuses pistes pour une réinstallation des Sonics ont été envisagées dans les années 2010’. La plus célèbre et la plus proche d’aboutir est sans doute celle concernant les Kings de Sacramento en 2012. Évoquons également les projets des Bucks et des Hawks qui se sont tous soldés par un échec. Mais voilà, la rénovation de la KeyArena pour la nouvelle équipe de NHL que nous avons détaillé plus haut représente une avancée considérable pour un retour des Sonics en NBA.

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Avec un public électrique et fidèle, une histoire riche, le douzième plus gros marché des Etats-Unis, une culture du sport, de nombreux joueurs pros originaires de l’état du Washington et même une nouvelle salle… Seattle a tous les ingrédients pour retrouver une franchise NBA. La meilleure solution est sans doute une expansion de la ligue, chose qui serait « inévitable » pour le commissionnaire Adam Silver. Mais une expansion « n’est pas au programme pour le moment« , selon le même homme. Dans les circonstances actuelles de crise sanitaire mondiale, les franchises vont perdre de l’argent et elles n’auront certainement pas envie de partager un gâteau déjà plus petit avec une franchise supplémentaire. La patience et donc de rigueur, une nouvelle fois. Mais comme de nombreux fans, je garde l’espoir de revoir un jour les Sonics briller sur les parquets NBA. Seattle le mérite amplement.

Symbole de la réussite de nombreuses grandes entreprises, représentante officielle du soft power américain et haut lieu de l’économie moderne des États-Unis, Seattle était aussi, est et restera une ville qui entretient une formidable culture du sport. Les Seahawks en NFL, les Mariners en MLB, les Sounders en MLS et bientôt une équipe en NHL… Seattle parvient à exister sur la vaste scène sportive américaine malgré le traumatisme toujours présent de la perte des Sonics et des matchs NBA. Loin de l’aide des multinationales de la région et avec une aide plus qu’approximative des pouvoirs publics, les sports à Seattle parviennent à exister et à performer grâce à un soutien inconditionnel des fans. De véritables passionnés qui, grâce à leur persévérance, pourront peut-être un jour voir revivre leurs chers Sonics. Le CCS l’espère pour cette ville où le sport est devenu une véritable identité.

(4 commentaires)

  1. Et tu sais pourquoi les grandes Ligues pros ont mis autant de temps à s’installer à Seattle (fin des années 60 pour la NBA et fin des années 70 pour la NFL et la MLB)? C’est tard quand même! La raison est-elle seulement géographique (ligues créées dans l’Est du pays)?

    1. Excellente question ! Géographiquement, l’état de Washington est très éloigné des premiers centres décisionnaires des grandes Ligues. Ensuite, et comme toujours, il y a les raisons économiques. Si aujourd’hui Seattle est une ville prospère, ce ne fut pas toujours le cas. L’état a subit de nombreuses crises avant de saisir l’opportunité des nouvelles technologies. Ajoutons à cela que les communautés étrangères principales de Seattle sont majoritairement asiatique et ne sont pas passionnées de Sport US (surtout dans ces années), à part le baseball. Voilà, j’espère que nous réussi à répondre à ta question 🙂

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