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Course aux playoffs – San Antonio pour une qualification inespérée ?

Ce n’est plus un secret pour personne : la NBA est de retour. Le 31 juillet prochain, 22 équipes disputeront 8 matchs de classement in the House of Mickey Mouse, à Orlando. L’objectif est simple : établir une hiérarchie pour les dernières places qualificatives aux Playoffs. À l’Est, seuls les Wizards de Washington peuvent bousculer les plans du Magic et des Nets. À l’Ouest, l’équation est bien plus complexe. Les Grizzlies de Memphis tiennent la 8ème place de la Conférence depuis l’arrêt de la compétition le 12 mars dernier. Derrière, 5 équipes peuvent encore espérer décrocher le dernier spot pour les Playoffs : Portland, New Orleans, Sacramento, San Antonio et Phoenix. Face à cette situation inédite, le CCS vous propose d’évaluer les chances de qualification de toutes ces franchises en course pour les Playoffs. Aujourd’hui, place aux San Antonio Spurs, une franchise historique qui s’apprête à vivre un tournant.

SAN ANTONIO SPURS

SAISON RÉGULIÈRE

« Death, taxes and Spurs in playoffs », telle est l’expression utilisée aux USA depuis 1997 et la draft de Tim Duncan. Cela fait aujourd’hui 22 ans que la franchise coachée par Gregg Popovich n’a pas manqué la phase d’après-saison. Tout simplement un record, partagé avec Philadelphie. Pourtant, cette série est sur le point de s’arrêter très bientôt. Sur le déclin depuis plusieurs années et les départs consécutifs de Duncan, Parker, Ginobili et Leonard, les éperons ne se classent que 12ème à l’arrêt de la saison. Le bilan de 27 victoires pour 36 défaites n’est qu’un juste reflet du médiocre basket proposé par les Texans sur certaines rencontres. On ne compte plus les non-matchs, ainsi que les désillusions qu’ont dû subir les fans de San Antonio. Entre des superstars incapables de porter l’équipe, un manque de motivation flagrant sur le parquet, de grosses lacunes défensives, ainsi qu’une rotation plus que douteuse, la chance laissée aux Spurs en cette fin de saison a tout d’un miracle.

Demar DeRozan a réalisé une bonne saison indiciduelle avec les Spurs

Pourtant, tout avait bien commencé dès octobre et début novembre. Malgré énormément de points encaissés, San Antonio accroche le wagon de tête à l’Ouest. Dans le Texas, on se dit alors qu’il suffit simplement de resserrer la défense avant d’être réellement compétitif pour accrocher les playoffs. Mais tout ne se passe pas comme prévu. Les Spurs passent la quasi-totalité de la saison avec un bilan négatif et enchaînent les déceptions. Au niveau individuel d’abord, LaMarcus Aldridge n’est largement pas au niveau attendu (53 matchs joués pour 18.9ppg). L’ailier-fort de 34 ans se montre trop peu présent dans les moments où son équipe a besoin de lui. Pour ne rien arranger, il se blesse à l’épaule fin-février et est forfait pour la suite de la saison. Ajoutez à cela un Dejounte Murray trop irrégulier et maladroit offensivement, un Rudy Gay presque jamais au niveau, un Marco Belinelli plutôt effrayant en sortie de banc, ainsi qu’un Popovich incompris dans les rotations, et vous obtenez une équipe en manque d’équilibre.

Parce qu’au-delà de tout ça, c’est sûrement collectivement que les Spurs ont le plus douté cette saison. Les lacunes défensives se ressentent match après match. Les largesses laissées sur les tirs extérieurs ne peuvent qu’être sanctionnées dans cette Ligue. San Antonio a, en plus, une capacité impressionnante à laisser filer des victoires en fin de match. L’exemple parfait est sans doute ce duel contre Denver en février, où les Texans ont mené de 23 points avant de s’incliner. Pour autant, tout n’est pas à jeter. Les éperons s’offrent des succès de prestige contre Milwaukee, les Clippers et Boston. Demar DeRozan (22.2ppg à 52% au tir) se montre plus qu’intéressant durant la majeure partie de la saison, frôlant la sélection au All-Star Game. Entre la fin 2019 et le début 2020, il enchaîne même une série impressionnante de matchs à au moins 20 points à 50% au tir.

Du côté des guards, Dejounte Murray, malgré ses difficultés offensives, montre beaucoup de caractère en défense. Plusieurs fois dans la saison, il replace ses coéquipiers, parfois même en les poussant pour essayer de maintenir un semblant d’équilibre défensif. Le sophomore Loonie Walker est la belle révélation de la saison mais il n’arrive pas vraiment à profiter des minutes qui lui sont offertes devant Belinelli. Patty Mills est un des leaders de cette équipe, il réalise d’ailleurs sa meilleure saison statistique (11.7ppg et 38% à 3pts), avec notamment des points importants dans des moments cruciaux. Dans cette tâche, il est d’ailleurs souvent imité par un Derrick White déterminant sur le parquet. Enfin, Jakob Poetl est un des éléments clé de la défense texane et garde encore une grosse marge de progression, surtout offensive.

Les Spurs doivent donc montrer un autre visage en juillet pour espérer jouer les playoffs. Malgré de bonnes séquences et des espoirs placés sur les jeunes joueurs, il manque un équilibre certain dans cette équipe. La blessure d’Aldridge n’arrange en rien la fin de saison, puisque l’ailier-fort aurait pu amener son expérience dans ce genre de situation. Pop va devoir trouver la formule et il n’y a pas le droit à l’erreur.

SITUATION À LA REPRISE

Malgré beaucoup d’incertitudes et un bilan négatif, les Spurs gardent une chance d’aller en playoffs cette saison. 12ème avec 27 victoires pour 36 défaites, la franchise profite de la décision de la Ligue de garder en course les équipes à moins de 6 victoires de la 8ème place. Dans le dur, ils terminent la saison régulière sur un match horrible face aux Nets. La qualification devrait alors être dure à aller chercher pour les éperons, qui sont à 5 victoires de Memphis. Ils essayeront néanmoins de s’en approcher un maximum, et ce, en grillant la politesse à Sacramento, New Orleans et Portland. Pour cela, voici les 8 matchs qui sont à venir pour DeRozan et les siens :

Au niveau des affrontements directs :

-Sacramento : V 107-105 (AP), D 102-122

-Memphis : D 109-113, V 145-115, D 121-134

-Philadelphie : D 104-115

-Denver : D 120-127

-Utah : V 127-120, V 113-104

-Nouvelle-Orleans : V 121-117

-Houston : V 135-133 (AP), D 107-109

Sur le papier, le calendrier des Spurs peut être jugé comme « favorable » au vu des franchises restantes. Des confrontations directes pour la 8ème place sont de rigueur, avec des matchs contre les Kings, les Grizzlies et les Pelicans. En saison régulière, les hommes de Gregg Popovich avaient accroché une victoire presque inespérée contre Sacramento après prolongation, avant de recevoir une leçon lors du second match. Dans la prochaine rencontre, le duel extérieur sera déterminant entre Murray, White, DeRozan et Fox, Hield, Bogdanovic. Contre Memphis, les éperons ont du mal. Ils perdent d’ailleurs 2 fois lors des 3 dernières confrontations, mais une grosse défense sur Ja Morant pourrait changer la donne. Enfin, San Antonio avait gagné de justesse contre New-Orleans, mais avait été largement bousculé par Zion Williamson. Le rookie, alors en restricted minutes, s’était montré très fougueux et avait fait des dégâts.

Pour les autres matchs, la double confrontation face à Utah sera délicate à gérer sans Aldridge. Néanmoins, les Spurs l’ont emporté lors des deux rencontres de saison régulière. Denver sera aussi sur le chemin des Texans, une équipe qui ne leur réussi pas trop. Une défaite lors du seul match de saison régulière et surtout une élimination au premier tour des playoffs l’année passée. Contre Houston, c’est une des rivalités texane qui est en jeu. En plus de cela, les Rockets n’ont pas oublié le match improbable gagné par les Spurs en prolongation en décembre. Harden et les siens avaient ensuite pris leur revanche dans un match serré. Enfin, il semble difficile de s’imposer face à Philadelphie sans réel intérieur dominant capable de contrer Embiid et Horford. Les Sixers l’avaient emporté en novembre.

LES SECTEURS CLÉS

✔️ Le mid-range, force offensive

Le secteur offensif de San Antonio va bien, et c’est en grande partie grâce au mid-range. Avec plus de 111 points par match, les Texans possèdent un très bon rating offensif. C’est tout simplement la franchise NBA qui marque le plus entre 1,5m et 6m du panier. Peu étonnant lorsqu’on sait que Demar DeRozan et LaMarcus Aldridge sont des gros consommateurs de tirs à mi-distance, mais il n’y a pas qu’eux. Même si l’ailier-fort est forfait pour la suite de la saison, celui qui pourrait le remplacer au poste 4, Rudy Gay, aime ces tirs à mi-distance, qu’il peut dégainer grâce à ses longs bras. Aussi, Dejounte Murray, peu adepte du tir longue distance sait se créer des espaces derrière les écrans pour pull-up à 5 mètres. De même pour White, qui a lui, par contre, une vraie gâchette à 3pts. Loonie Walker et même Trey Lyles peuvent aussi s’adonner à ce petit jeu, qui permet à San Antonio d’assurer des points offensivement.

 ❌ Défense et fins de matchs, un problème de motivation ?

S’il y a bien une chose que les Spurs doivent corriger, c’est bien cela. Réputée comme une franchise sérieuse et appliquée, c’est le manque d’implication collectif qui est évident cette année. Murray et White sont pourtant de bons guards défensifs. Poetl, qui s’est blessé au genou début mars, se montre comme le gardien de l’arceau Spur. Malheureusement, tout cela est masqué par des manquements collectifs assez flagrants lorsqu’il s’agit de protéger son camp. Ce n’est pas étonnant que les éperons sont la 24ème défense du pays si des tirs extérieurs ouverts sont laissés tous les matchs aux adversaires (37% au tir par rencontre pour les adversaires de San Antonio à 3pts).

Un des autres gros problèmes, c’est cette fâcheuse habitude de laisser les victoires s’envoler alors que les Texans avaient le match bien en main. Plusieurs fois cette saison, les hommes de Popovich perdent des rencontres qu’ils menaient pourtant de plus de 20 points (!) Alors, manque de motivation ou fébrilité lorsqu’il s’agit de tuer les matchs ? Ce qui est sûr, c’est qu’il ne faudra pas laisser passer des victoires acquises lors des 8 prochaines rencontres.

🕵️ Le facteur X : Les rotations de Pop

Au micro des médias américains, Davis Bertans décrit son ancienne franchise : « La différence entre les Wizards et les Spurs, c’est qu’il y a plus de démocratie à Washington. À San Antonio, on fait ce que Popovich dit ». En même temps, comment ne pas donner raison à celui qui a amené gloire et respect aux Spurs depuis plus de 20 ans. Malheureusement pour le coach de la prochaine Team USA aux JO, il faut se rendre à la l’évidence : il y a de l’incompréhension autour de son coaching. Assisté par Tim Duncan et Becky Hamon, le septuagénaire est la cible de nombreuses remises en question.

Dans ses rotations, il essaye de varier un maximum en donnant peu de temps de jeu, même aux jeunes joueurs. Seuls DeRozan et Aldridge disposent d’un zèle un peu plus conséquent de minutes passées sur le parquet. Pourtant, Pop n’a pas fait jouer Demarre Carroll, dont l’aspect 3&D aurait fait beaucoup de bien dans l’équilibre de l’équipe. Il change très (trop) souvent de 5 majeur, hésitant sur tous les postes. Pour cette fin de saison, la blessure d’Aldridge devrait l’obliger à stabiliser Poetl en 5, malgré le recrutement de Tyler Zeller. Mais pour le reste, rien n’est sûr, loin de là. En plus, il n’arrive pas à doser les temps de jeu de ses joueurs à potentiels comme Murray et surtout Walker qui joue très souvent moins que Belinelli, pourtant à court de forme. Enfin, même s’il est de coutume de ne pas exposer les rookies à San Antonio, peut-être que Keldon Johnson et Luka Samanic peuvent avoir leur rôle à jouer. Le Croate pourrait d’ailleurs profiter de la blessure d’Aldridge pour se montrer… tout comme Chimezie Metu, auteur d’un gros mondial avec le Nigeria.

L’AVIS DE @SASpursFR

« Ça va être assez concis hein : toute la saison on a été incapable de terminer nos matchs, ça n’a jamais changé et on a quasiment vu aucune amélioration. En plus on a perdu Aldridge pour la fin de la saison. Nos chances de se qualifier : 0.Le record à la limite je m’en cogne, ce qui est triste c’est l’état catastrophique de l’équipe. Dans la saison, il y a eu des choix très étranges. »

@SASpursFrance

CHANCES DE QUALIFICATION

Il ne faut pas se faire trop d’illusion à San Antonio, accrocher une place en playoffs relèverait presque du miracle. Entre les lacunes affichées en saison régulière et le déficit à rattraper sur Memphis, le calcul s’annonce compliqué. D’autant plus que les éperons sont les moins bien classés avec Phoenix et qu’ils doivent composer sans une de leurs deux superstars. La franchise, en déclin depuis quelques années, s’apprête peut-être à tourner une très grande page de son histoire.

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