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Le Shakhtar Donetsk peut-il remporter l’Europa League ?

Ce soir, 18h55, le Shakhtar Donetsk reçoit Wolfsburg au Stade Olympique de Kiev, dans le cadre du match retour des huitièmes de finale de l’Europa League. Après leur victoire 2 à 1 au match aller, les ukrainiens sont en ballotage favorable. Au tour suivant, ils rencontreraient le FC Bâle ou l’Eintracht Francfort, des équipes abordables en somme. Rallier les demi-finales apparaît comme un objectif réalisable, stade qu’ils ont atteint pour la dernière fois durant l’Europa League 2015-2016, ils avaient été éliminés par le FC Séville 5 à 3 au cumulé.

En battant Oleksandria dans son stade de Kharkiv, le Shakhtar a remporté, le 20 juin dernier, son treizième titre de champion d’Ukraine de son histoire, le quatrième d’affilée. Sur cette décennie 2010, le club du Donbass n’a laissé que des miettes à son concurrent historique : le Dynamo Kiev. En effet, le club de l’illustre attaquant Andrey Shevchenko n’a conquis que les titres de 2015 et 2016 sur les dix dernières années. Cette saison, l’équipe de Luis Castro a terminé le championnat avec 23 points d’avance sur son dauphin, aucune équipe n’avait fait mieux dans l’histoire du football ukrainien ! Une sur-domination locale donc pour le Shakhtar, mais quid de leurs parcours en Coupe d’Europe ?

Fernandinho avec le maillot du Shakhtar, l’un des cinq brésiliens remportant la C3 en 2008-2009, au duel avec Thorsten Frings lors de la finale face au Werder Brême. Crédits : zimbio.com

Beaucoup d’entre nous oublient que les Mineurs ont soulevé la dernière édition de la Coupe UEFA, c’était en 2009, il y a plus de dix ans ! Pourtant, cette année-là, ils avaient éliminé successivement Tottenham, le CSKA Moscou, l’OM, leur rival de toujours, le Dynamo Kiev et en finale, le Werder Brême. En somme, une belle campagne couronnée d’un premier sacre européen. Nous sommes en 2020, et hormis un quart de finale de Ligue des Champions perdu face au FC Barcelone en 2011 et donc une demi-finale de Ligue Europa en 2016, le Shakhtar Donestk peine énormément à répondre présent sur la scène européenne. 2019-2020 est-elle enfin la bonne saison ?

Un recrutement brésilien toujours autant efficace

Les cinq meilleures ventes de l’histoire du club furent brésiliennes : Fred à Manchester United en 2018 pour 60 millions d’euros, Alex Teixeira au Jiangsu Suning en 2016 pour 50 millions d’euros, Fernandinho à Manchester City en 2013 pour 40 millions d’euros, Willian à l’Anji Makhatchkala en 2013 pour 35 millions d’euros et Douglas Costa au Bayern Munich en 2015 pour 30 millions d’euros. Le monde a découvert le Shakhtar Donetsk au début de ce siècle, par Mircea Lusescu – l’illustre entraîneur roumain du Shakhtar entre 2004 et 2016 -, et sa capacité à recruter des jeunes brésiliens très prometteurs, afin de les vendre le plus cher possible. Faire un peu comme Porto ou Benfica par exemple. Cela a très bien fonctionné puisque beaucoup de brésiliens qui évoluent, ou ont évolué dans les meilleurs championnats au monde, sont passés par le Shakhtar. On pense par exemple à Bernard, Luiz Adriano ou même Brandão.

Fred, ici avec le maillot de Manchester United, est la vente la plus chère de l’histoire du Shakhtar Donetsk. Crédits : dailyactive.info

Il y eut plusieurs générations de brésiliens au Shakhtar, celle de Jadson, le buteur victorieux de la finale face au Werder en 2009, celle de Douglas Costa dont certains de ses compatriotes jouent encore pour le champion d’Ukraine en titre et puis il y a la génération actuelle. On ne la connaît pas bien encore, mais pourtant, quelques très gros talents s’y cachent.

Jadson, au duel avec Peter Niemeyer, fut le buteur victorieux, à la 97ème minute, de la finale de la C3 en 2008-2009 et l’un des brésiliens emblématiques de l’histoire du Shakhtar. Crédits : zimbio.com

Vitão, Dodô, Maycon, Marcos Antonio, Fernando, Marquinhos Cipriano et Tetê Cardoso. Voici les nouvelles têtes d’affiches brésiliennes dénichées par le Shakhtar. Ils ont tous 23 ans ou moins et pour certains, ils font partie déjà des meilleurs joueurs de l’équipe. Le plus prometteur d’entre eux est sans doute Marcos Antonio.

C’est un milieu de terrain polyvalent qui présente un profil relativement singulier. Très technique, sa gamme de jeu ressemble à un 10 en retrait, mais dans le même temps, il sait jouer plus bas, car il sait faire les efforts défensifs tout en guidant son équipe. Il possède également un bon volume de jeu, faisant de lui un possible box-to-box. Mesurant 1m68, Marcos Antonio, du haut de ses 20 ans, possède le talent pour remplacer, par exemple, un Marco Verratti au PSG. De plus, le brésilien a tout récemment prolongé son contrat, lui permettant de pouvoir confirmer les espoirs placés en lui. En somme, le Shakhtar Donetsk a une nouvelle fois réussi à aller chercher des jeunes pépites brésiliennes, qu’ils revendront très vite, à prix d’or.

Marcos Antonio est convoité par son ancien entraîneur, maintenant à la Roma, Paulo Fonseca. Crédits : giallorossi.net

L’année ou jamais ?

Outre sa colonie brésilienne dont l’héritage est tout de même lourd à porter, le club du Donbass possède d’autres joueurs talentueux qui sont tous ukrainiens excepté un seul israélien : Manor Solomon. Bien connu des joueurs de Football Manager, le joueur formé au Maccabi Petah Tikva représente bien la génération de joueurs allant de 1999 à 2001. Parmi eux, nous avons les ukrainiens Danylo Sikan, Artem Bondarenko, Mykhaylo Mudryk, Valeriy Bondar, ainsi que le gardien Anatoliy Trubin.

Konoplyanka, un joueur d’expérience qui peut faire la différence ce soir face à Wolfsburg. Crédits : shakhtar.com

Cependant, tous ces jeunes joueurs sont chapeautés par les cadres, qui sont : Andriy Pyatov, gardien titulaire depuis 2007, Sergiy Kryvtsov, Mykola Matvienko, arrière gauche ukrainien de 24 ans qui ne devrait pas tarder à rejoindre le top 5 européen, Alan Patrick, Taras Stepanenko, cadre de la sélection ukrainienne, Taison, brésilien au club depuis 2013, Evegen Konoplyanka, l’ancien de Schalke et du FC Séville, Marlos, le capitaine brésilien naturalisé ukrainien au club depuis 2014, Victor Kovalenko, ukrainien de la génération de Zinchenko, et Junior Moraes, lui aussi naturalisé, mais il est surtout le meilleur buteur de cette équipe du Shakhtar.

Le mélange est parfait, car il y a beaucoup de joueurs expérimentés pour épauler les plus jeunes et cette saison est peut-être la bonne pour l’équipe championne d’Ukraine. Deux facteurs viennent argumenter cette idée. Tout d’abord, le coach : Luis Castro. C’est un portugais comme son prédécesseur, Paulo Fonseca, qui possède la même philosophie de jeu, et même s’il ne fait pas partie de cette jeune génération d’entraîneurs portugais moderne, Luis Castro a su surfer sur la dynamique. Très joueuse, cette équipe est équilibrée et est peut-être enfin armée pour passer chaque tour jusqu’à la finale : l’expérience mêlée à la jeunesse. Les années précédentes, ce n’est pas le niveau qui manquait aux hommes de Fonseca, mais la gestion des matchs à enjeux comme ceux en phase finale de Ligue Europa.

Luis Castro, l’entraîneur qui peut écrire une nouvelle page de l’histoire du Shakhtar durant ce mois d’août. Crédits : shakhtar.com

Ainsi, ces éléments couplés au tirage clément qu’a bénéficié le Shakhtar, font que cette équipe peut vraiment aller loin. En effet, au prochain tour, sur un seul match, les hommes de Luis Castro affronteront Bâle ou Francfort, équipes largement prenables. Ensuite, ils seront en demi-finale et devront faire face possiblement à l’Inter ou Getafe ou Leverkusen ou aux Rangers. Encore une fois, sur un match, tout est possible. En finale, stade qu’ils n’ont pas atteint depuis 2009, les adversaires les plus probables seront le FC Séville, la Roma ou Manchester United. La route paraît longue, mais à la fois très courte, tout le paradoxe de cette saison est là. Toutefois, ces prévisions ne sont possibles que si le Shakhtar élimine Wolfsbourg ce soir dans le stade leur rival historique, le Dynamo Kiev…

En ce début du mois d’août, il est clair que le Shakhtar Donetsk jouit de conditions favorables. Attention à ne pas faire les mêmes erreurs que les années précédentes, la qualification n’est pas encore acquise et Luis Castro va devoir réussir ce que Paulo Fonseca n’a pas fait, emmener son équipe là où elle mérite d’être. Rendez-vous à 18h55 sur RMC Sport !

(Crédits photo de couverture : espn.com)

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