Articles NBA

[DOSSIER] OKC : outsider n°1 ? Analyse tactique des secrets du Thunder

Tous les spécialistes NBA s’accordaient à dire que la saison 2019/2020 du Thunder d’Oklahoma City allait ressembler à un long chemin de croix. Sam Presti avait décidé de repartir sur des bases totalement nouvelles en récupérant un Chris Paul au contrat XXL en échange de Russel Westbrook, meilleur joueur de l’histoire de la franchise, ainsi qu’un package Gallinari/Gilgeous-Alexander (et une tonne de picks de draft) en provenance des Clippers contre Paul George. Les ambitions sportives à court terme étaient logiquement revues à la baisse après une intersaison tranchante signée Sam Presti. Les prévisions étaient désespérantes pour l’équipe d’Oklahoma City. Beaucoup d’observateurs s’attendaient à voir CP3 quitter la franchise durant la saison, et des sites spécialisés dans les previews, comme Persources, Sportingnews ou SBNations annonçaient le Thunder largement hors des Playoffs, aux alentours de la 12ème place… Nous mêmes, l’été dernier, prédisions une saison de transition pour OKC. Aujourd’hui le constat est clair : le Thunder a surpris son monde.

L’équipe la plus clutch de NBA

Après une mise en route délicate, les automatismes se trouvent et le Thunder devient une équipe difficile à battre en fin d’année civile. Coach Billy Donovan tente des ajustements qui fonctionnent, avec notamment CP3, Shai Gilgeous-Alexander et Dennis Schroder sur le terrain lors des fins de match à suspens. C’est justement dans ce secteur que le Thunder excelle cette année, sur les 40 victoires de l’équipe, 29 ont été remportées lors des cinq dernières minutes, en plus d’être l’équipe marquant le plus de points dans le clutchtime (10,7 par match) et ayant le meilleur +/- (2,7). D’une ténacité époustouflante, OKC se démarque par sa capacité à se battre tous les soirs durant 48 minutes et à ne jamais renoncer, mais également par sa maîtrise des moments décisifs. Et les résultats sont étonnants : depuis mi-décembre, les coéquipiers de Steven Adams sont la troisième meilleure équipe de NBA avec un magnifique bilan de 30 victoires pour 11 défaites, juste derrière les Raptors (31-10) et les Bucks (30-10).

Chris Paul joue le rôle d’un mentor parfait pour Shai Gilgeous-Alexander cette saison (Photo : NBA.com)

L’arme fatale du Thunder : une death lineup dominante
CP3 – SGA – Dennis « The Menace »

Alors comment expliquer la domination du Thunder en fin de match ? Sans aucun doute, la réussite d’OKC tient dans l’association des trois guards, un backcourt surprenant que beaucoup d’observateurs ne voyaient pas comme une menace en début de saison (BleacherReport ne considérait pas l’arrière garde du Thunder dans le Top 10 de la ligue). Oklahoma City a battu ses adversaires par un incroyable 28,6 points pour 100 possessions en 401 minutes au total avec Paul, Shai et Dennis sur le terrain. C’est le meilleur NetRtg (différentiel sur 100 possessions), avec une bonne marge sur le reste de la ligue, parmi les 602 combinaisons à trois joueurs qui ont joué au moins 300 minutes ensemble. Sur ces 401 minutes, 212 interviennent dans la dernière période ou en prolongations. Plus de 104 minutes sont disputées par ce trio dans les minutes dites clutch. Avec Paul, Shai et Dennis, le trio bat ses adversaires de 268 points au cours de ces 401 minutes, soit une évaluation combinée de +32,1 (!!!). Sans le trio aligné ensemble, OKC perd de 111 points sur les 2691 minutes disputées… Chris Paul, Shai Gilgeous-Alexander et Dennis Schroder sont bons individuellement mais rien de comparable avec leurs apports offensifs et défensifs lorsqu’ils partagent le terrain. Et pourtant, là est probablement la plus grosse surprise, ils ne jouent pas « souvent » ensemble. En moyenne, les trois arrières jouent moins de 7 minutes ensemble par match, mais leur association est l’origine de pas moins de 13 victoires dans les matchs chauds ! Souvenez-vous de ce match face à Phoenix le 31 janvier dernier. En 9,8 minutes, le trio composé de CP3, Shai et Dennis a inscrit 38 points (11/16) pour une évaluation de +22 et une victoire de 4 points. Hallucinant. Cette saison, en NBA, 14 joueurs ont tiré à plus de 50% sur au moins 40 tentatives dans le clutch-time. D’après vous, qui retrouvons-nous dans ce classement ? Shai Gilgeous-Alexander (58,8% – leader du classement), Chris Paul (52,2%) et Dennis Schroder (51,1%). Avec ses 122,5 points inscrits en 100 possessions lors des moments chauds, le Thunder mène la ligue sans contestation possible.

*Les statistiques utilisées pour cette article sont arrêtées à la date du 11 août 2020,
ne prenant donc pas en compte les stats des deux derniers matchs de la saison régulière du Thunder

Source : NBA.com

Contrairement aux apparences, ce n’est pas par le collectif que le trio brille dans les moments chauds mais bien grâce à la multiplicité des menaces offensives de l’équipe comme nous vous l’expliquions dans le paragraphe précédent. Chacun de ses arrières exploitent les espaces laissés par les défenses adverses, trop occupées à tenir les autres armes de l’équipe. Le talent en un-contre-un de chacun fait le reste. Alors que le Thunder possède la meilleure attaque dans le clutch-time, il est aussi l’équipe avec le moins de passes décisives délivrées dans cette période cruciale. Seulement 33,8% des paniers d’OKC dans le money-time viennent sur une passe décisive, le 30ème pourcentage de la Ligue, loin derrière les 29ème, les Blazers avec 42,9%. Toute la force du Thunder réside donc dans la capacité de ce trio à scorer en isolation, en création et en utilisation des pick and roll. OKC est la seule équipe à avoir trois joueurs dans le classement de ceux qui ont au moins 7 possessions à jouer sur P&R par match. Ces trois joueurs sont évidemment CP3, Shai et le meneur allemand. On retrouve ce trio dans le classement des joueurs effectuant au moins 10 drives par match. Là encore, le Thunder est la seule franchise de NBA ayant 3 joueurs dans ce classement.

CP3 en mode Point God

Si critiqué et pourtant si précieux. Sa mésaventure estivale nous aurait presque fait oublier à quel point Chris Paul est un excellent joueur de basket. Cette saison, en 68 matchs disputés, CP3 a inscrit 1,08 points par possession lorsqu’il se retrouve dans une situation de pick-and-roll. Soit, la deuxième meilleure moyenne de la ligue, derrière uniquement Damian Lillard, sur les 49 joueurs ayant au moins 5 possessions sur ces plans de jeu. On continue dans la démonstration ? Chris Paul a un pourcentage d’efficacité en field goal de 54,8% sur les pull-up jumper. Boum ça calme. Soit le troisième meilleure pourcentage de la ligue, juste derrière DAME et George Hill. Et là où CP3 excelle le plus c’est évidemment dans l’utilisation des P&R. Il sait comment diriger son adversaire direct vers l’écran de son partenaire (à l’aide de dribbles arrière ou d’hésitations). Il utilise à merveille les doubles écrans, souvent l’un d’entre eux est posé par Gallinari qui n’a plus qu’à prendre position à 3pts et attendre la passe du meneur. Paul a assisté sur 59 des 3 points de Gallinari. C’est le deuxième plus grand nombre de passes décisives sur 3 points d’un joueur à un seul coéquipier. Avec sa qualité de tir à mi-distance et à 3pts, sa science des pick-and-roll combinée à la densité des options offensives du Thunder rendent le rôle de Paul crucial et surtout létal. Pour comprendre et apprécier les chiffres et les idées développés par apport au jeu de CP3, nous vous invitons à consulter cette vidéo :

La progression constante de SGA

Si CP3 se classe 2ème dans le classement des joueurs les plus efficaces sur P&R, Shai n’est pas mal non plus avec une belle 15ème place et ses 0,96 points par possession lorsqu’il est en situation de P&R. Le sophomore ne passe pas autant que son aîné CP3, mais il arrive très souvent sur le ligne des lancers. SGA obtient la faute sur 9,2% de ses drives, soit le 10ème taux le plus élevé de la ligue sur les 46 joueurs exécutant au moins 10 drives par match. Son secret ? Serpenter dans la défense, user et abuser des changements de direction. Shai Gilgeous-Alexander utilise très bien les pick-and-rolls, changeant de direction après avoir utilisé l’écran pour garder son défenseur derrière lui et se rendre au milieu de la peinture. Ses deux derniers pas sont généralement lents et prévisibles, mais pourtant vous ne savez pas jamais de quel pied il décollera ou avec quelle main il finira. Polyvalance et versatilité offensive, voilà les armes principales de notre chouchou à tous, SGA. Et avec ses 80,4% de réussite aux lancers, il aurait tort de se priver d’attaquer le cercle comme il le fait. En moyenne, Shai obtient 5,2 lancers par match. Cette saison le Thunder a surclassé ses adversaires de 5 points par match sur des lancers francs, le plus gros différentiel de la ligue, largement devant la deuxième franchise, les Rockets avec 2,7 points par match. Une agressivité intelligente, une excellente gestion du corps et des mouvements… Shai est un très bon complément de CP3, notamment dans le money-time où l’obtention de lancers est particulièrement important.

Schroder : enfin intégré dans un collectif

Le meneur allemand a souvent été critiqué pour son manque d’implication collective au cours de ses dernières années, que ce soit avec les Hawks ou avec le Thunder de RW0. Cette saison, Dennis Schroder est le membre de ce trio infernal scorant le plus sur passes décisives, que ce soit en temps normal ou dans le money-time. Il a été assisté sur 49,5% de ses field goals, le taux le plus haut de sa carrière. La saison dernière, Schroder était assisté sur seulement 33,7% de ses paniers. L’évolution est stupéfiante, c’est la troisième plus grande progression parmi 218 joueurs avec au moins 100 field goals au cours des deux dernières saisons. Ses qualités sont reconnues depuis longtemps : rapidité, bonne vision du jeu et grosse capacité à scorer en peu de temps. Avec ce Thunder 2.0, The Menace a trouvé un exutoire. Il est très à l’aise face à des défenses en rotation provoquées par les nombreux écrans de ses intérieurs. Schroder utilise sa rapidité pour attaquer le cercle sur demi-terrain. Il est aussi plus adroit avec son tir et on peut supposer que sa confiance envers des gens d’expérience comme Chris Paul n’y est pas étrangère. Cette saison, l’arrière allemand tir à 41,5% à 3pts sur catch-and-shoot alors que l’année dernière il tournait à 35%. Avec ce pourcentage, Schroder est tout simplement le 20ème meilleur joueur dans cette catégorie parmi les 67 joueurs ayant tentés au moins 100 tirs. Sa vitesse et ses qualités de tirs sont parfaitement exploitées et complémentaires avec le profil de SGA et de CP3. Un Schroder qui se fond dans un collectif, et bien sa mérite une place parmi les finalistes au titre de 6ème homme de l’année, tout simplement.

Un trio tout aussi efficace en défense

L’une des grandes clés de cette death lineup est que le Thunder ne souffre pas défensivement en leur présence. CP3, SGA et Schroder ont accordé moins d’un point par possession au cours de leurs 401 minutes passées ensemble sur le terrain. Ce succès s’illustre et s’explique principalement par une forte augmentation des turnovers adverses en leur présence. OKC, l’équipe générale, force 14,4 revirements par 100 possessions, soit le 19ème plus haut total de la ligue cette saison. Avec le trio d’enfer, le chiffre augmente à 15,5 TOV sur 100 possessions. La réussite de la défense du Thunder tient également dans le tir extérieur des adversaires. OKC est la seule franchise à être dans le top 10 en matière de 3pts adverses concédés et de 3pts adverses tentés. La mobilité de ces trois guards, combinée à leur science du placement et leur lecture des écrans, rendent vraiment effrayante leur capacité à faire déjouer l’attaque adverse. Si on ajoute un protecteur de cercle, titulaire et sur le banc, en plus d’un ailier défensif comme Dort… L’équipe du Thunder a de quoi faire peur à beaucoup de franchises…

Un effectif complémentaire

Dans l’effectif, aucun scoreur très prolifique, mais un quatuor très complémentaire composé de Shai Gilgeous-Alexander (19,1 pts/match), Danilo Gallinari (19,1), Dennis Schroder (18,9) et Chris Paul (17,7). Avec ses quatre fantastiques, OKC est la seule équipe NBA avec Boston à compter dans ses rangs au moins quatre joueurs à plus de 17 points par rencontre. Et c’est cette belle répartition, et donc le fait que le danger puisse venir de partout, qui fait la force du Thunder cette saison. Nous en parlions dans le paragraphe précédent, le trio Paul/Shai/Schroder est le premier en NetRtg. Devinez qui est le second ? Chris Paul – Danilo Gallinari – Dennis Schroder avec 21,2 points pour 100 possessions. Le temps où le Thunder se reposait sur une ou deux superstars est révolu, il est désormais possible de remporter une rencontre même si un des joueurs majeurs connaît un coup de mou. Danilo Gallinari a le huitième pourcentage de tir réel le plus élevé (61,1%) parmi les 55 joueurs avec une moyenne d’au moins 18 points par match. Steven Adams a un énorme impact sous le cercle, Nerlens Noel s’est montré efficace aussi bien offensivement que défensivement en tant que perturbateur en sortie de banc. Leurs rôles sont beaucoup plus essentiels que ce que les statistiques veulent bien laisser voir. La présence de deux intérieurs de leur gabarit a été très importante pour permettre à la death lineup d’aller vers le cercle. Luguentz Dort et Terrance Ferguson sont deux autres raisons pour lesquelles le Thunder a une défense dans le top 10 pour une quatrième saison consécutive. C’est dans cette situation que la saison de Chris Paul, vivement critiqué pour son contrat imposant, joue une excellente partition. Exactement ce dont Oklahoma City avait besoin pour encadrer cet effectif jeune et talentueux. Les belles promesses nommées Darius Bazley, auteur de 23 points à 5/8 à 3pts contre Washington dimanche, et Luguentz Dort, signé à prix d’or en juin dernier et qui a su convaincre au point d’être titulaire une bonne partie de la saison, sont là pour redonner le sourire aux supporters de la Chesapeak Energy Arena. Sur la question des multiples options offensives, Shai Gilgeous-Alexander déclare :

« Nous avons cinq gars qui peuvent faire en sorte que deux défenseurs les gardent. […] Que ce soit Steven sous le poteau, attirant les prises à deux, moi-même, Dennis ou Chris qui entrent dans la raquette et attirent un autre défenseur ou Gallo dans un décalage… Cela met la défense en rotation et ils doivent jouer à partir de là et le basket devient très simple. Je pense que nous sommes un cauchemar en termes de discordance. »

Shai Gilgeous-Alexander

Le quatrième mousquetaire : Danilo Gallinari recule pour des tirs longue portée efficace

Lors de la saison 2018-2019, Gallo était assurément l’option offensive numéro 1 des Clippers, notamment après le départ de Tobias Harris vers les Sixers. Un statut qu’il a parfaitement assumé puisqu’il est l’une des raisons pour lesquelles Los Angeles s’est hissé en Playoffs contre toute attente la saison dernière. Au Thunder, il n’y a pas de hiérarchie précise au scoring : les lignes arrières contrôlent et orientent le jeu, la balle circule et celui qui a la « main chaude » hérite du ballon. Une situation qui convient parfaitement à l’Italien qui est libre de marquer tout étant moins responsabilisé sur le front de l’attaque. Régulier, précis et capable de marquer sur les trois niveaux, Gallinari est un maillon essentiel dans la réussite d’OKC cette saison. Bon manieur de ballon, capable de poser des écrans, sa polyvalence offensive multiplie les options pour la franchise et facilite l’efficacité du trio CP3, SGA, Schroder. En terme de ligne statistique, il n’y a pas beaucoup d’évolution par rapport à la saison dernière. En revanche, certains points et secteurs se démarquent. Danilo Gallinari tente en moyenne 7,2 tirs à 3pts par match, ce qui constitue son plus haut total en carrière. Progressivement, Gallo a diminué son nombre de tir mi-distance et notamment ses long two. Aujourd’hui, il fait ce pas arrière nécessaire pour augmenter sa productivité extérieure. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il constitue une réelle menace pour les défenses adverses : avec ses 41,2% de réussite à 3pts sur plus de 7 tentatives par match, il fait tout simplement parti des 4 seuls joueurs NBA a réussir plus de 40% de leurs tirs longue distance tout en prenant plus 7 3pts par match (les autres sont Bojan Bogdanovic, Davis Bertans et Duncan Robinson). Surtout, Gallinari utilise cette menace extérieure pour exercer une pression vers l’intérieur. Avec son dribble plus que correct pour un ailier-fort, Gallo peut attaquer le cercle, ressortir ou jouer avec ses pivots pour s’en aller scorer. Son efficacité, il l’a tient d’une excellente maîtrise des fondamentaux en attaque : pas de vague, pas de mouvements spectaculaires mais une application robotique des bases du basketball. Dans des systèmes dessinés intelligemment, Gallo s’éclate surtout en compagnie de joueurs dotés d’un énorme QI Basket comme SGA ou Chris Paul.

Steven Adams : le kiwi inconstant mais toujours précieux

L’un des seuls survivants de l’ère Kevin Durant a vu son statut et son jeu progresser constamment avec le Thunder. Cette saison, Adams s’est montré irrégulier dans ses performances. Parfois, il apparaît à contre-temps, en décalage avec l’énergie de l’équipe alors que certains soirs, le kiwi joue au niveau All-Star en donnant le ton en défense. Lors des trois dernières saisons, Steven Adams a joué de longues périodes épuisantes en raison du manque de pivot secondaire. Avec l’arrivée de Nerlens Noel, les choses ont changé, notamment cette année où le 6ème choix de la Draft 2013 a affiché un superbe visage. Cette charge de travail semble l’avoir épuisé lors des trois dernières années et le staff du Thunder a choisit de le préserver davantage au cours de la saison. Son temps de jeu est passé de plus de 32 minutes au cours des deux dernières saisons à 27,1 pour l’exercice actuelle. Plus de repos pour Adams, plus de temps de jeu pour développer Noel. Le Kiwi continue de développer ses forces : protection du cercle, défense au poste bas, gros poseur d’écran et finisseur dans le trafic après pick and rolls. Et avec 3 manieurs de ballon comme SGA, CP3 ou Schroder, le néo-zélandais se régale ! Le pivot d’OKC a montré une belle progression dans la compréhension du jeu et dans la conservation du ballon. Cette saison, il totalise 146 passes décisives en 61 matchs, soit son plus haut total en carrière. Plus altruiste et avec un jeu complémentaire de ses lignes arrières (plus qu’avec Westbrook c’est une certitude), Adams commence a développé de nouveaux aspects de son jeu. S’il parvient à ajouter un shoot à mi-distance fiable, il sera encore plus dangereux.

Luguentz Dort : la révélation canadienne

Alors que Terrance Ferguson a débuté la saison comme titulaire au poste d’ailier, progressivement le Canadien non-drafté s’est installé confortablement dans le 5 majeur du Thunder. Pour expliquer cela, il y a d’abord la régression évidente de Ferguson qui n’a plus le même rôle depuis le départ de RW0. L’année dernière, il profitait essentiellement des kick-out de Westbrook et semblait plutôt adroit de loin tout en assurant une belle défense extérieure. Il faut également ajouter à cela des ennuis personnels pesant pour un gamin d’une vingtaine d’années… Terrance Ferguson a donc peiné à trouver sa place dans ce nouveau Thunder où les exigences sont grandes en ce qui concerne la science du jeu. OKC a trouvé le maillon parfait pour compléter son 5 en la personne de Luguentz Dort. Excellent défensivement sur le porteur avec une hargne et une combativité sans discontinue, Dort est taillé dans le même moule qu’un Marcus Smart. Cette saison celui qui arrive de l’Université d’Arizona State a du défendre sur les meilleurs extérieures du monde : Damian Lillard, James Harden, Donovan Mitchell… Mais si Dort a pris la place de Ferguson c’est surtout grâce à la confiance qu’il a en son tir extérieur, quelque chose que Ferguson n’a pas. Le dunker fou hésite et rend ainsi son jeu plus lisible pour les adversaires. Avec Dort, rien à faire, il prendra le tir sans problème. Autant son pourcentage n’est pas très élevé, autant il l’est suffisamment pour rendre méfiant la défense adverse. Tout le monde se souvient de sa performance contre les Kings en janvier dernier et son 5/6 à 3pts. Il y a quelques jours face à Memphis, Dort a récidivé avec un 4/5 longue distance. Une grosse défense et un shoot extérieur fiable, voilà les forces du Canadien. Très précieux pour espacer le jeu et laisser la death lineup rentrer dans la raquette balle en main. Evidemment, Dort est encore un produit brut qui doit s’améliorer dans de nombreux domaines. Mais à l’instant T, l’ailier sait déjà se rendre utile dans le collectif du Thunder.

Billy Donovan : un chef d’orchestre lucide

Une équipe parfaitement taillée pour Donovan ?

L’ancien coach remarquable des Gators en NCAA a souvent été pointé du doigt pour son incapacité à faire réussir le Thunder en Playoffs. Et comme point central de ces critiques : sa gestion des superstars. Mais voilà, cette année, Billy Donovan devait composer avec un effectif complètement redessiné, sans star majeure, mais avec un potentiel collectif intéressant. Car oui, pour lui aussi, l’intersaison du Thunder est un véritable bouleversement : exit Westbrook et PG, bonjour CP3 et compagnie. Pour former un groupe et en tirer le meilleur, nous avons vu mieux comme contexte. Pourtant, sans superstar, Billy Donovan semble toucher son plein potentiel et la raison est simple : l’effectif actuel du Thunder correspond parfaitement à la mentalité du coach formé par Rick Pitino.

En NCAA, avec Florida, Billy Donovan a remporté trois fois le titre de Coach of The Year au sein de la SEC. Les médias américains l’ont souvent décrit comme le jeune coach le plus talentueux de sa génération. Lorsqu’on relit les articles datant de la signature de Donovan au Thunder en 2015, on s’aperçoit que ses qualités de coach n’ont pas réellement évolué mais ont été mises entre parenthèses durant la période « Russell Westbrook ». Billy Donovan est reconnu pour ses capacités de planification d’un match, séquences par séquences, à court ou à long terme. Adepte des nuits blanches devant de l’analyse vidéo, Donovan s’est imposé, grâce à cette rigueur technique, comme un spécialiste des upsets lors de sa carrière universitaire. En revanche, un reproche que les analystes lui faisait souvent porte sur la liberté qu’il accorde à ses arrières dans les derniers instants du match. Ça ne vous dit rien ? Et oui, Donovan a toujours eu ce brin de folie permettant aux leaders d’une équipe de développer leur créativité dans le money-time. Relisez les paragraphes précédents, le constat est sans appel : le style « Billy Donovan » est parfaitement appliqué et applicable par le trio du Thunder.

Donovan n’a jamais joué avec des superstars à l’Université et a toujours réussi à bâtir sa réussite sur le force du collectif. Encore une fois, c’est un constat que nous venons de faire dans les lignes précédentes. Idéologue, fin tacticien et observateur, Billy Donnovan sait aussi adapter ses stratégies prédéfinies sur les conseils de ses assistants ou des joueurs chevronnés. Coucou Chris Paul ! Et oui, évidemment lorsqu’on parle d’expérience et de QI Basket, le nom de CP3 arrive très vite. Nul doute que les deux discutent sur les meilleures stratégies à mettre en place pour remporter un match. Donovan adore la défense. Il a réussi à faire de Florida, un programme avec une identité défensive hallucinante dont Joakim Noah pourrait probablement vous parler. Le français a remporté deux titres NCAA sous les ordres de Donovan. Il connait les forces et les faiblesses de ses équipes, comme nous allons le voir dans quelques instants. Grand stratège, il aime répartir les rotations en unités spécialisées. Ainsi, Donovan a réussi à améliorer considérablement la sélection des tirs de ses joueurs en limitant les tirs à mi-distance. Coucou Dennis Schroder ! Si la défense à outrance et le contrôle stratégique semblaient difficiles sous l’ère Westbrook, maintenant, Donovan peut largement instaurer son style à OKC.

Enfin, Donovan a toujours fait plus avec moins que pratiquement tout autre entraîneur universitaire en raison de sa capacité à développer des joueurs. Lorsque les Oh-Fours (Corey Brewer, Joakim Noah, Al Horford et Taurean Green) ont mené les Gators à deux titres, aucun n’était proche du niveau qu’ils montraient en tant qu’étudiants de deuxième année et ou de juniors. Le coaching de Donovan a aidé à transformer leurs flashs en repères, en compétences acquises et surtout, il est parvenu à faire d’une équipe constituée de talents individuels, un groupe de frères désintéressés et solidaires. Avant d’être devenu l’ombre de lui-même en raison des blessures, Chandler Parsons était considéré comme le principal talent en sommeil (sleeper) de la draft 2011, la raison ? Billy Donovan. Bradley Beal est aujourd’hui un franchise player incontestable, la raison ? Billy Donovan. Il lui a appris qu’il était normal de s’affirmer comme le meilleur joueur sur le terrain en tant que recrue et ce malgré sa précocité. Des joueurs random qui éclosent ? Coucou Ferguson, Dort et Bazley. Des jeunes prodiges qui progressent intelligemment ? Coucou Shai. On vous le dit, l’une des clés de la réussite du Thunder et que ce Thunder est enfin celui de Billy Donovan.

Un coach qui connaît les forces et les faiblesses de son effectif

Dans une interview accordé le 30 juillet au ThunderWire, un média spécialisé dans le suivi d’OKC affilié au groupe USA Today Sport, Billy Donovan a expliqué en toute simplicité ce qui faisait la principale force de son équipe : « Nous avons été une très, très bonne équipe défensive sur demi-terrain, nous avons été une très, très bonne équipe offensive sur demi-terrain« . Un constat clair qui va de paire avec la présence de Chris Paul qui s’est toujours épanoui dans les matchs au rythme ralentit où il peut développer sa science du jeu face à des défenses placés. Et en toute logique, lorsque le journaliste Logan Newman lui demande quelles sont les lacunes de l’équipe, le coach du Thunder répond : « Nous ne sommes pas à notre meilleur lorsque nous sommes sur nos talons et que nous nous battons pour revenir en transition, lorsque les équipes nous attaquent avec du rythme. Notre transition doit donc être meilleure.» Une lucidité qui n’est pas toujours de rigueur chez les coachs en NBA. Ce jeu en transition est une véritable faille dans le jeu ultra-rapide de la NBA moderne. Cette saison, OKC a inscrit 9,5 points en contre-attaque… Soit la 29ème moyenne dans cette catégorie.

Plus précisément, Billy Donovan et son Thunder excellent dans deux catégories : l’obtention de lancers-francs et la défense. Cette saison, OKC est l’équipe qui enregistre le plus de lancers en NBA, à égalité avec les Clippers. Le Thunder obtient tout simplement 17,9% de ses points sur lancer-franc, soit le ratio le plus élevée de la ligue. En moyenne, les hommes de Donovan obtiennent 24,8 lancers par match, le 5ème rang en NBA cette saison, pour un taux de conversion de 79,8%. De même, en jouant d’avantage les un-contre-un sans passer par l’isolation permanente, OKC pousse les défenses à tourner et donc provoque davantage de fautes. Il est donc logique de voir le Thunder être en tête de la ligue cette saison en matière de fautes subies avec 22,8 coups de sifflet en sa faveur. Sur ce fait, Billy Donovan s’exprime :

 » Quand vous regardez la situation des lancers francs pour nous, nous avons été une équipe qui attaque la peinture, nous avons trois guards agressifs, plus un gars comme Danilo Gallinari, nous arrivons sur la ligne à cause de la façon dont ils jouent le jeu. « 

Billy Donovan

Cette agressivité offensive, on la retrouve de l’autre côté terrain, en défense. Et sous Billy Donovan, le mot d’ordre est clair : « défendre juste, défendre propre ». Le Thunder de Billy Donovan a été très discipliné et concentré dans les situations de défense en un-contre-un. En ce qui concerne l’unité des cinq joueurs, ils semblent réciter une chorégraphie rondement répétée. Donovan sait que les erreurs commises à l’entraînement seront optimisées lors des matchs, signifiant que son équipe sera mieux positionnée et contrôlera mieux son agressivité sur toute la ligne défensive. L’entraîneur du Thunder a opté pour une stratégie d’entraînements à haute énergie.

Les joueurs sont constamment mis dans des situations compromettantes dans les matchs lorsque les adversaires attaquent le cercle, contournent les écrans et multiplient les feintes. Pour faire face à ses situations, les hommes du Thunder apprennent à éviter de sauter de manière directionnelle dans les airs, choisissant plutôt d’aller tout droit de haut en bas. Si un joueur tire un jump-shot, une main dans le visage suffit, pas besoin de risquer d’essayer de bloquer le tir. Avec les nouvelles règles mises en œuvre par la NBA sur la liberté de mouvement, les joueurs d’OKC apprennent également à défendre davantage avec leurs pieds et à maîtriser parfaitement leurs mains lorsqu’ils défendent des arrières recherchant en permanence les fautes sur tir. Le Thunder parvient ainsi à limiter le nombre de lancer concédé en faisant faute loin du cercle. Cette pratique se confirme en statistique puisque OKC ne concède que 19,3 lancers par match, le 3ème total le plus bas de la ligue. Sur cette propreté défensive, Donovan s’exprime :

« Il y a beaucoup de zones sur le terrain où vous pouvez renoncer à des fautes idiotes ou à des lancers francs stupides. C’est quelque chose sur lequel nous essayons juste de nous concentrer, nous essayons de mettre vraiment l’accent sur le fait de ne pas ramasser ces fautes bon marché, car aussi physique que soit le jeu et autant de contacts qu’il y en a autour du panier, vous allez naturellement avoir fautes. »

Billy Donovan

Bien évidemment tout n’est pas rose chez le Thunder. La défense intérieur manque de mobilité, les jeux en transition ne sont pas rentables, les pertes de balles sont encore trop élevées, et surtout le secteur des rebonds est une véritable difficulté pour l’équipe comme l’affirme Billy Donovan :

« Un autre domaine sur lequel nous devons nous concentrer et qui a été un défi pour nous est que lorsque vous jouez avec trois guardes ou que vous n’avez pas de grand ailier fort, nous devons être capables d’être plus présent aux rebonds. Nous avons été une équipe très régulière en terme de rebonds défensifs, et notre capacité aux rebonds sera essentielle. »

Billy Donovan

Le coach est lucide et ça fait du bien. Qu’importe les défauts de cette équipe, elle fera peur à de nombreuses franchises dont une en particulier. Une franchise qu’elle retrouvera au premier tour des Playoffs.

Quel avenir en Playoffs pour OKC ?

Round 1 –Thunder vs. Rockets : les retrouvailles

Lorsque nous écrivons ce dossier, nous sommes le jeudi 13 août et la plupart des équipes viennent de disputer leurs derniers matchs. Résultat : nous connaissons 7 affiches sur 8 du premier tour, dont celle du Thunder. Avec sa remontée contre le Heat, les défaites de Houston et Denver, OKC s’attribue la 4ème place à l’Ouest. Impensable et pourtant, les hommes de Billy Donovan l’ont fait. Regardez le tableau des Playoffs 2020 :

Russell Westbrook s’attendait-il à retrouver OKC au premier tour des Playoffs ? C’est peu probable. L’ancienne star du Thunder est incertaine pour ce premier tour. Les Rockets ont annoncé hier que RW0 souffre d’une entorse au quadriceps de la jambe droite. Un élément qui aura une importance certaine sur le destin de la série.

Cette saison, les deux équipes se sont affrontées à 3 reprises. D’abord en tout début de saison, les Rockets se sont imposés 116-112 sur OKC avec 40 points de James Harden et un Westbrook en 21 points, 12 rebonds et 9 passes. Puis le Thunder a trouvé à son rythme et s’est imposé dans les deux autres rencontres. Le 9 janvier, victoire d’OKC 113-92 avec 5 joueurs au-delà des 15 points dont 23 de Gallinari et ce, malgré les 34 points de Westbrook. Le 20 janvier, nouvelle victoire du Thunder 112-107, avec Chris Paul à 28 points et Gallo compilant 25 points, 13 rebonds.

L’ensemble de cet article a vocation à décrire les forces du Thunder : l’efficacité de la death lineup, la force du collectif, la défense propre et intelligente… OKC semble être bâtit pour vaincre les Rockets. Le Thunder est l’équipe qui défend la mieux sur les tirs extérieurs et la force principale de Houston est, sans surprise, leur faculté à prendre feu à trois points. Les Rockets sont en tête de la ligue dans toutes les catégories touchant les tirs longue distance : 1ère équipe en 3pts inscrits, 1ère équipe en 3pts tentés, 1ère équipe en pourcentage de réussite extérieure… Et oui, les Rockets tirent à 39,9% à 3pts sur plus de 45 tentatives par match pour un total de 47,1 points par match. Mais voilà, sur les 3 matchs face au Thunder, Houston s’est cassé les dents dans ce secteur. Regardez plutôt :

  • Match 1 (Victoire des Rockets) : Tirs à 3pts – 10/44 soit 22,7% de réussite.
  • Match 2 (Victoire du Thunder) : Tirs à 3pts – 11/40 soit 27,5% de réussite.
  • Match 3 (Victoire du Thunder) : Tirs à 3pts – 9/45 soit 20% de réussite.

Nous sommes très loin des standards stratosphériques des Rockets. Sur l’ensemble des rencontres, Houston termine à 30/129 soit 23,26% de réussite… Plus encore, la défense mise en place par Donovan expliquée précédemment a complètement fait déjouer James Harden. Le barbu tente en moyenne 12,4 tirs à 3pts par match cette saison pour une réussite de 35,4%. Face au Thunder cette saison, il a tenté 40 3pts et en a rentré seulement 6 soit une réussite de… 15%. Incroyable. Dans le dernier match entre les deux franchises, Harden nous a sorti un 1/17 (!!!) à 3pts.

En revanche, la défense sur les drives du barbu sera un point clé de la série. Nous l’avons mentionné précédemment, lors des entraînements, Donovan apprend à ses joueurs à défendre proprement pour notamment contenir des joueurs comme Harden qui cherchent beaucoup la faute sur tir. Lors de la défaite du Thunder, en tout début de saison il faut le dire, le barbu est allé à 22 reprises sur la ligne des lancers. Au deuxième match, en janvier, les consignes et les enseignements de Donovan ont porté leurs fruits : Harden n’a eu que 5 lancers ! En revanche dans le dernier match, le finaliste pour le Trophée MVP a obtenu 13 lancers. Mais ces fautes dans la raquette sont à nuancer avec le fait que la défense d’OKC ait réussi à éteindre le barbu à 3pts.

Sans contestation possible, le Thunder est le pire adversaire possible pour les Rockets.

Et ensuite ?

Ensuite, c’est une tout autre histoire. Si OKC l’emporte sur les Rockets, les troupes de Billy Donovan affronteront le vainqueur du Lakers vs le huitième à l’Ouest qui reste encore à déterminer… Bien évidemment nous sommes tentés d’étudier une potentielle affiche entre les Lakers et le Thunder en demi-finale de la Conférence Ouest. Dans cette situation, si OKC aura l’avantage sur les lignes arrières avec sa death lineup composée de CP3, SGA et Schroder, il paraît évident que la défense sur LeBron et Davis sera une tâche bien plus compliquée… Mais c’est une autre histoire.

En revanche, pour l’avenir à moyen terme, OKC semble extrêmement bien armé. Billy Donovan a désormais la main sur son équipe et peut ajouter les pièces qu’il souhaite en fonction des tours de draft qu’il possède. Il va exploiter au maximum les dernières années de Chris Paul pour former ses jeunes et leur faire engranger un maximum d’expérience. Personnellement, je ne pense que le Thunder tentera de nouveaux blockbuster trades dans les prochaines années. La raison est simple : OKC est désormais l’équipe de Donovan et non celle d’un joueur comme ce fût le cas avec Westbrook. Le coach excelle sans superstar et je pense qu’il préfère créer son franchise player plutôt que d’en récupérer un. Expert en développement des jeunes, Donovan et le Thunder possèdent 15 picks pour les 6 prochaines années ! En fonction des places, OKC peut tenter de récupérer des joueurs intéressants ou conserver leurs choix pour sélectionner, comme à l’habitude de Sam Presti, d’excellents prospects !

Sans contestation possible, le Thunder est la surprise de cette saison NBA. Une équipe presque entièrement reconstruite avec le départ de joueurs historiques atteint la 4ème place de la terrible Conférence Ouest, impensable. Le travail de Billy Donovan est colossal. Son style est enfin révélé et l’effectif lui correspond parfaitement. De l’intensité, un trio d’arrières sensationnel et équilibré, un collectif parfaitement exploité et une défense de fer sur les extérieurs… Voilà les forces du Thunder 2.0. Les chances du Thunder de vaincre les Rockets au premier tour sont grandes puisque leurs qualités correspondent aux défauts de l’équipe de James Harden. Pour le reste de la compétition, c’est une autre histoire. Dans tous les cas, l’avenir s’annonce radieux à Oklahoma City si Billy Donovan parvient à garder le plein contrôle sur son équipe.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :