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Débrief tactique : Leipzig vainqueur d’un Atlético accrocheur

Les hommes de Julian Nagelsmann ont dû patienter pour se défaire d’un Atlético accrocheur dans ce quart de finale de Ligue des Champions. Un but victorieux de Tyler Adams a permis aux Allemands de s’impose sur la pelouse du stade José Alvalade et de découvrir les demi-finales pour la première fois. En face, l’Atlético s’est battu mais a été trop juste offensivement pour réussir à s’imposer.

Les compositions d’équipes :

Côté allemand, Nagelsmann a reconduit sa défense à trois habituelle avec Upamecano entouré de Halstenberg et Klostermann. Sur l’aile gauche, Angelino était chargé de prendre le couloir alors qu’à droite, c’était Laimer et Klostermann qui alternaient pour dédoubler. Dans l’axe, Kampl et Sabitzer étaient parfois épaulés par Laimer à la récupération et par Nkunku et Olmo dans la construction. En pointe, Poulsen se retrouvait seul attaquant depuis le départ de Werner à Chelsea. Le hongrois Gulasci, portier habituel, était chargé de garder les cages de Leipzig.

Côté espagnol, c’est le 4-4-2 classique de Diego Simeone qu’on retrouve avec Oblak dans les buts, la charnière SavicGimenez devant lui et les latéraux Trippier et Lodi sur les côtés de la défense. Au milieu, Saul et Herrera sont chargés de faire de le lien avec les ailiers Carrasco et Koke et les attaquants Costa et Llorente.

Un premier acte équilibré

La confrontation tactique entre le Chulo et Nagelsmann était prometteuse sur le papier mais nous a laissé un peu sur notre faim en première mi-temps. Leipzig a rapidement mis le pied sur le ballon mais le bloc compact des Madrilènes a su contenir les assauts et se procurer des occasions en contre et sur coups de pied arrêtés comme ils en ont l’habitude. Ce sont d’ailleurs les Cochoneros qui se sont le mieux sorti de cette première période grâce à une défense solide et deux occasions franches. Seul un but a manqué aux Madrilènes pour que le scénario soit parfait. En face, la créativité de Sabitzer n’a pas réussi à mettre suffisamment en difficulté les défenseurs de l’Atlético et le manque de disponibilité de Olmo et Nkunku ont empêché Leipzig de se montrer dangereux.

Leipzig remotivé après la mi-temps

Au retour des vestiaires, la configuration était la même. Le bloc bas de l’Atlético contient les assauts allemands qui privilégiaient le surnombre sur les ailes pour attaquer. Et c’est du côté droit que viendra finalement l’ouverture grâce à un centre de qualité de Sabitzer pour la tête d’Olmo. Un but où Leipzig a exploité une phase de possession pour créer le surnombre sur l’aile et étirer la défense compacte des Espagnols. Ceci a permis à Olmo de glisser sa tête entre les défenseurs et de marquer à la 51e. Par la suite, les Cochoneros, désormais obligés d’attaquer, se sont heurtés à une défense de Leipzig bien positionnée et intraitable.

Olmo ouvre la marque. Source : Sporting Life.

Le joker de Simeone

Il va falloir attendre l’entrée du jeune talent portugais Félix pour avoir un élan de créativité dans le jeu bien fade jusqu’alors de l’Atlético. Remplaçant Herrera et glissant sur le flanc gauche (Koke retrouve Saul dans l’axe et Carrasco passe à droite), Félix enchaîne les bons appels et les dribbles chaloupés. Insaisissable, le Lisboète réussit un une-deux avec Costa et provoque un pénalty qu’il transforme avec brio pour ramener l’Atlético à 1-1 (71′). Seulement, l’Atlético va poursuivre son effort offensif et continuer d’évoluer plus haut qu’à 0-0, apportant ainsi le danger dans la surface allemande mais s’exposant aux contres.

Adams offre la qualification à Leipzig

Plus haut et coupé en deux, les deux lignes de quatre joueurs de l’Atlético se sont fait prendre à revers par la gauche sur une remontée de balle rapide. Angelino adresse une passe en retrait bien sentie pour Adams, entré en jeu pour Laimer un quart d’heure plus tôt, qui frappe et voit son tir dévié par Savic. 2-1, Leipzig exulte et les derniers assauts brouillons d’un Atlético en manque cruel de créativité seront vains.

Les clés du match

Les flops du match

Les joueurs offensifs de l’Atlético (hors Félix) : Sans solution et en manque d’idées, Carrasco, Costa (puis Morata) et Llorente n’ont pas été à leur avantage sur ce match. Carrasco a enchaîné les mauvais choix tandis que Costa, Llorente et Morata ont été introuvables dans la surface. Un match à oublier pour ces derniers, et un mercato à lancer dans le secteur offensif pour l’Atlético.

Carrasco en difficulté face à la défense allemande. Source : Cadena SER.

Le flanc droit de la défense de Leipzig : Le seul danger amené par l’Atlético sur les buts de Gulasci ce soir est venu de la gauche. L’occasion de Carrasco, le pénalty de Félix, ses percées en dribble, chaque approche dangereuse faite par les Madrilènes est venue sur le côté de Klostermann et Laimer (et Halstenberg sur le pénalty).

Les choix forts

Simeone : l’entrée de Félix. L’équipe madrilène manquait cruellement de créativité et s’est retrouvé avec un but de retard sur Leipzig. Joker de luxe à l’engagement, Félix a changé la manière dont l’Atlético attaquait dès qu’il a posé un orteil sur la pelouse. Il a amené la vivacité et le mouvement qu’il manquait cruellement aux Cochoneros et son pénalty provoqué témoigne de cet apport.

Nagelsmann : insister sur les ailes. En difficulté pour se procurer des occasions en première mi-temps, Leipzig a persévéré en attaquant toujours plus sur les côtés pour étirer le bloc de l’Atlético. Sur le premier but, c’est ce qui a permis à Olmo de se retrouver seul dans la surface. Sur le deuxième but, c’est en attirant le bloc compact de l’Atlético puis en renversant que l’ouverture s’est faite.

L’homme du match

Avant de décerner un trophée d’homme du match amplement mérité à Dayot Upamecano, Sabitzer mérite aussi son lot de félicitations. Toujours juste et menace principale pour la défense madrilène, son jeu de passe a permis de débloquer peu à peu la situation et il s’est vu récompensé d’une passe décisive pour Olmo. Il finira le match avec 91% de passes réussies et un joli 5/5 en longues passes. Son pressing a été de qualité avec 6 duels remportés et il fut le moteur de Leipzig.

Upamecano gagne son duel face à Costa. Crédits : Miguel A. Lopes/Pool Photo via AP.

Quant à Upamecano, sa performance est de haut-vol. Défenseur le plus en vue de Leipzig, il a remporté 9 de ses 11 duels, réussit 6 contres et 3 interceptions (tous records de son équipe). Sa seule erreur a été sur le pénalty provoqué par Félix où il est trop loin pour couvrir la course du Portugais. Le reste du temps, Upamecano a été le leader de la défense allemande et a écœuré les Cochoneros.

Leizpig l’a fait. Se défaire de l’Atlético a été une tâche ardue mais les Allemands, victorieux, vont pouvoir continuer leur aventure portugaise. Les Cochoneros, quant à eux, ont une défaite à oublier et des solutions à trouver dans un secteur offensif bien pauvre tout au long de la saison.

Crédits de la photo de couverture : AFP.

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